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  • L'invité

    Houleye Kane

    Invitée : Houleye Kane, journaliste mauritanienne

    Militante infatigable des droits des femmes dans son pays, Houleye Kane est également membre très active des Haut-Parleurs, la première chaîne web des reporters français.

    Présentation : Patrick Simonin.

    Transcription

    Bonjour Oulèye Kane.

    Bonjour.

    Vous êtes journaliste mauritanienne. Vous êtes l'un des haut-parleurs de TV5 Monde.

    Les haut-parleurs, évidemment, ce sont ces journalistes à travers le monde,

    ces jeunes reporters qui envoient des images, qui tournent, qui filment,

    comme vous le faites.

    C'est une expérience incroyable.

    C'est une expérience extraordinaire parce que c'est une opportunité

    of (...)

    Bonjour Oulèye Kane.

    Bonjour.

    Vous êtes journaliste mauritanienne. Vous êtes l'un des haut-parleurs de TV5 Monde.

    Les haut-parleurs, évidemment, ce sont ces journalistes à travers le monde,

    ces jeunes reporters qui envoient des images, qui tournent, qui filment,

    comme vous le faites.

    C'est une expérience incroyable.

    C'est une expérience extraordinaire parce que c'est une opportunité

    offerte à tous les jeunes francophones issus de tous les 5 continents

    pour parler sur un ton libre des sujets d'actualités, des sujets qui se passent dans leur pays,

    et les haut-parleurs nous offrent cette chance parce que nos médias en Mauritanie,

    certainement, ne nous donnent pas trop de liberté aussi pour parler de beaucoup de choses.

    Aujourd'hui, ce que les haut-parleurs font,

    c'est de nous donner cette possibilité de parler de ce qui se passe chez nous.

    Oui, on va regarder ces images parce que ça se passe dans le monde entier.

    Regardez, écoutez les haut-parleurs.

    Bonjour. Je m'appelle Oulèye Kane de la Mauritanie.

    Ils racontent des histoires.

    Aujourd'hui, on va vous montrer l'Irak, comme vous ne l'avez jamais vu.

    Avec leurs tons.

    Vous voyez, quand on vous prive de votre liberté ce que ça fait.

    Avec leurs personnalités.

    Les haut-parleurs du monde entier, et notamment donc en Mauritanie,

    qu'est-ce qu'ils disent ? Qu'est-ce que vous dites, vous, Oulèye ?

    En fait, on a des sujets qui sont très touchants, des sujets frappants,

    dont certainement, on n'a pas cette possibilité d'en parler chez nous.

    Donc ce que les haut-parleurs font,

    c'est de nous donner la possibilité de parler de ces sujets

    pour que le monde entier nous entende,

    et pour que l'opinion internationale sache qu'il y a des choses qui se passent chez nous,

    mais il n'y a pas que des choses qui fâchent,

    mais il y a aussi une beauté aussi africaine qui existe chez nous,

    une beauté peut-être culturelle, une histoire qui existe chez nous,

    et qu'on aimerait partager avec le monde entier.

    Je vous propose de regarder un extrait d'ailleurs d'un de vos reportages, Oulèye.

    Vous parlez du climat. Regardez.

    Bonjour, je m'appelle Oulèye Kane, je suis une journaliste mauritanienne.

    La hausse des températures induit une multiplication des événements climatiques.

    On parle de sécheresse, on parle d'inondations,

    on parle également de dégradation des écosystèmes.

    Parlons de Nouakchott.

    Cette ville conçue dans les années 50

    était conçue pour abriter 8 000 habitants jusqu'en 1970.

    Aujourd'hui, plus d'un million de personnes sur-peuplent la ville,

    créant des concentrations démographiques et une urbanisation anarchique

    dans les zones inondables comme Dar Nahibs.

    Oulèye, extrait donc de ce document.

    Vous nous racontez finalement votre pays.

    Vous le racontez au monde.

    Oui, parce qu'il est important aujourd'hui, comme je disais tout à l'heure,

    que le monde entier puisse comprendre qu'il y a des choses qui se passent,

    pas simplement dans mon pays, mais dans mon entourage, dans les pays voisins,

    et qu'il est nécessaire aujourd'hui qu'on nous offre des possibilités d'en parler.

    Ce sujet également parle des inondations, parle du changement climatique,

    et c'est un sujet qui est d'actualité, donc il faut qu'on en parle.

    Vous racontez finalement tout ce qui se passe avec la plus grande liberté ?

    C'est ce que nous offrent les haut-parleurs, cette opportunité de parler avec un ton libre.

    On n'a pas ça tous les jours.

    On est journalistes, mais aussi il y a des artistes parmi nous,

    il y a d'autres acteurs parmi nous.

    On n'a pas cette liberté parfois de dire tout ce qui se passe autour de nous.

    Mais "Les haut-parleurs" nous offre ce ton libre.

    Ce n'est pas des critères qu'on met en place.

    On met de côté la casquette de journaliste,

    et on parle avec un ton libre, avec une certaine liberté, avec une certaine force.

    C'est pour aussi atteindre l'opinion internationale et atteindre les gens qui nous entourent.

    Voilà, écoutez ce que vous racontiez dans Les haut-parleurs

    à propos des femmes en Mauritanie.

    En Mauritanie, beaucoup de cas de viols restent non traités, ou parfois même oubliés.

    La législation est presque inexistante.

    La protection est faible, et les textes juridiques ne définissent pas le viol.

    Bonjour, je m'appelle Oulèye Kane de la Mauritanie.

    Oulèye Kane de la Mauritanie.

    On signe donc le document, et finalement on dit la réalité des choses.

    Par exemple, sur les femmes.

    Je suis journaliste, mais j'ai aussi une autre casquette, je suis militante des droits,

    et je m'engage surtout sur la promotion des droits et des libertés des femmes en Mauritanie,

    parce que ça me concerne.

    Je n'ai pas vraiment subi le viol ou les agressions, mais mon entourage l'a subi,

    peut-être ma sœur, peut-être ma voisine, peut-être ma cousine.

    Donc il est important, même si on est journaliste,

    d'avoir aussi ce côté sensibilisateur et pas simplement informateur,

    de parler de ce qui se passe,

    et ce qui définit aujourd'hui la vidéo qui est sortie, c'est de réveiller un petit peu le monde,

    de réveiller les Mauritaniens, qu'il y a des choses qui se passent chez nous,

    il faut que ça s'arrête.

    Les femmes ne sont plus là à subir. Il faut aujourd'hui qu'il y ait des lois qui les protègent.

    Il faut qu'il y ait des textes qui les protègent.

    Il faut qu'il y ait un entourage, des voisins, ou une population qui les protège,

    et c'est ce que je n'ai pas ressenti, et c'est pour cela cette vidéo a été réalisée.

    Et il y a des réactions après, quand vous publiez sur Les haut-parleurs,

    un reportage comme celui-là ?

    Oui, il y a des réactions. Il y a une proximité en fait.

    Les gens qui m'entourent, les gens qui habitent avec moi réagissent,

    et reconnaissent qu'il se passe des choses comme ça en Mauritanie.

    Mais aussi, il y a une réaction internationale.

    Les gens qui ne connaissent pas la Mauritanie,

    ils disent : ah bon, c'est ce qui se passe toujours en Mauritanie ?

    Et pourquoi les femmes ne sont pas protégées ?

    Et là, il y a un regard de l'opinion internationale.

    Et c'est ce qui est l'objectif aujourd'hui de tout ce que nous réalisons,

    tout ce que nous faisons avec force, avec énergie.

    C'est pour réveiller aussi le monde qu'il se passe des choses chez nous,

    et il faut qu'on en parle.

    Oui, on voit la qualité de ces reportages.

    Coup de chapeau vraiment à votre travail.

    Merci beaucoup ! On travaille avec des jeunes amateurs.

    On travaille avec des gens qui sont professionnels, et on essaie de faire avec.

    En fait, c'est ce qui fait la beauté aujourd'hui de notre travail.

    C'est une véritable passion qui vous anime.

    Oui. Je suis passionnée par non seulement le journalisme,

    mais je suis passionnée par les cultures, par la réalisation, par l'image, par la voix.

    Je suis passionnée par ce qui se passe dans le monde.

    Oui, passionnée aussi par la francophonie.

    Vous participiez à Paris pendant ces 2 journées internationales sur la langue française :

    "Mon idée pour le français", avec l'institut français et le soutien de TV5 Monde,

    à des tables-rondes, à des débats.

    Qu'est-ce que vous leur avez dit ?

    Ce qui s'est passé à la rencontre,

    c'est que des idées se sont convergées, des idées se sont retrouvées,

    non seulement pour promouvoir la langue,

    mais c'est pour promouvoir également le plurilinguisme,

    aujourd'hui, que nos langues nationales

    puissent être comprises par ceux qui parlent le français,

    puissent être parlées par ceux qui habitent en France,

    ceux qui habitent en Belgique, ou ceux qui habitent en Suisse.

    Donc ce plurilinguisme a été vraiment au cœur des débats,

    et c'est ce qui m'a frappée dans cette rencontre.

    Et des échanges avec finalement des personnes qui venaient de tous les pays

    finalement pour dire : la francophonie, c'est ça.

    Vous vous sentez francophone, d'une famille francophone ?

    Oui, j'ai partagé la table-ronde avec une Mexicaine, avec un Slovaque,

    mais aussi avec d'autres cultures.

    Juste pour vous dire que le français est là,

    mais il y a beaucoup de cultures qui tournent autour du français,

    et ça crée un ciment avec les autres langues.

    ça crée un lien fédérateur avec les autres langues,

    et c'est ce qui est intéressant,

    non seulement quand on parle la langue, mais on la vit aussi au quotidien.

    En fait, j'ai une anecdote.

    Je vivais dans une famille où ma grand-mère, mes oncles, mes tantes

    n'avaient pas fait l'école, n'ont jamais fait l'école française,

    mais quand ils regardaient des séries telenovelas ou écoutaient RFI,

    ils avaient cette facilité de résumer, et c'est comme s'ils étaient partis à l'école.

    Juste pour vous dire combien il est important aujourd'hui de bien manier cette langue,

    de la comprendre pour être émancipé.

    Oui, c'est une langue d'avenir. C'est ça que vous dites aujourd'hui ?

    Oui, une langue du futur.

    Oui, vraiment. Ce n'est pas seulement un slogan, ça ?

    Ce n'est pas seulement un slogan. Il n'y a pas tout simplement une beauté sur l'écriture.

    C'est vrai que le français, on l'écrit bien et tout,

    mais il y a une histoire derrière la langue française,

    et c'est une histoire pas tout simplement de la France,

    c'est une histoire africaine, c'est une histoire mauritanienne,

    c'est une histoire sénégalaise, et c'est une histoire ivoirienne.

    Donc c'est une langue qui est bien apprise chez nous, qui est bien parlée.

    Même si de côté, chez nous, on a l'arabe,

    c'est une langue de travail, mais c'est une langue de base.

    Chez nous, on lit le Coran avec, on apprend tout avec l'arabe,

    mais la langue française a été un plus,

    a créé un lien fédérateur avec beaucoup d'autres langues chez nous,

    et c'est ce qui fait la beauté culturelle chez nous.

    Merci beaucoup Oulèye Kane. On est tellement heureux de vous dire bravo. Bravo pour les haut-parleurs. Bravo pour ces contributions à la francophonie pour cette conférence internationale. Continuez ! Bonne route. On attend vos prochains reportages avec grand bonheur. C'était Oulèye Kane sur TV5 Monde.

    Merci !

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    00:08:18
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