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  • L'invité

    Fabrice Éboué, Guillaume de Tonquédec

    Invités : Fabrice Éboué, Guillaume de Tonquédec.

    Le réalisateur et humoriste fait son grand retour dans une comédie qui s'annonce comme l'un des triomphes de l'année : « Coexister » avec notamment Guillaume de Tonquédec. Un groupe de musique composé d´un rabbin, d´un curé et d´un imam ? Comme dit sur l´affiche : C´est pas gagné ! ».
    Une émission inédite enregistrée lors du festival du film francophone d'Angoulême.

    Présentation : Patrick Simonin.

    Transcription

    Bonjour Nicolas Lejeune, Demanche musique.

    Pourquoi Demanche musique est au point mort depuis deux ans ?

    On a essayé de lancer des projets artistiquement très ambitieux.

    Voilà ça c'est de la merde, ça peut cartonner !

    C'est la grande forme hein, Fabrice ? Parce que ça a été un triomphe hier le film !

    On ne sait jamais, parce qu’on ne reste dans la salle pendant que les gens regardent. Et puis après, comme c'est un mé (...)

    Bonjour Nicolas Lejeune, Demanche musique.

    Pourquoi Demanche musique est au point mort depuis deux ans ?

    On a essayé de lancer des projets artistiquement très ambitieux.

    Voilà ça c'est de la merde, ça peut cartonner !

    C'est la grande forme hein, Fabrice ? Parce que ça a été un triomphe hier le film !

    On ne sait jamais, parce qu’on ne reste dans la salle pendant que les gens regardent. Et puis après, comme c'est un métier très hypocrite, tout le monde nous dit que c'est génial. Mais quand tu fais une merde aussi, donc tu ne sais jamais ce qu'il en est.

    C'est vrai ?

    Oui, le vrai résultat, ce sera les vraies gens dans les vraies salles.

    Oui, Guillaume de Tonquedec est un curé !

    Je ne savais pas !

    Enfin ! Enfin ! C'est l'aboutissement d'une carrière, il joué les bons cathos dans "Fais pas ci, fais pas ça", et là il s'est lâché complètement. Il est a dit : "Je veux être curé. "

    Oui, mais il va falloir résister parce qu'il y a des tentations.

    Ah bah c'est d'abord un être humain avant d'être un… comment dire, un curé, donc c'est normal.

    C'est une comédie hilarante, Fabrice. Alors, le personnage que tu incarnes, il va devoir faire un groupe parce que sinon il perd sa place, pour faire de la musique. Il faut qu'il remplisse l'Olympia.

    Eh oui, vous savez qu'aujourd'hui le divertissement en général et les comiques aussi d'ailleurs, je connais ça très bien, sont tous rachetés par des grands groupes, qui font aussi bien dans la lingerie, que dans le voyage, que dans la chanson ou l'humour.

    Ils sont cotés en bourse.

    Voilà ! Donc il faut du rendement. Et moi je joue un petit dirigeant de label à qui on demande de faire un gros succès ou de dégager, tout simplement.

    C'est ça, oui. Et bien, allez ! Il faut coexister les amis. C'est le message du film. Allez, regardez la bande-annonce.

    Et pourquoi on ne fait pas ça ?

    Quoi ?

    Un prêtre.

    Très bien.

    Un rabbin.

    Mazeltof !

    Et un imam.

    J'ai une gueule d'imam, moi ?

    Réunis sur scène pour chanter ensemble.

    T'es con !

    Non, mais je ne rigole pas là !

    Le groupe Coexister, il y a quelque chose qui est vous lie à la communauté juive ?

    Ah, moi, c'est rabbi Jacob.

    J'ai dormi comme un bébé.

    Comme ou avec ?

    Oh non !

    Dois je vous rappeler que nous sommes dans un pays de culture chrétienne ?

    Judéo-chrétienne.

    Ah non ! Chrétienne ! Les rois de France n'étaient pas juifs !

    Ça c'est dommage, hein, parce que vaut mieux avoir la bite coupée plutôt que la tête.

    Un rabbin, un curé, un imam. C'est le groupe idéal, finalement. C'est l'équilibre idéal.

    Écoute… Non parce que moi j'avais vu le succès, je ne sais pas si tu te rappelles, le groupe "Les prêtres".

    Énorme succès.

    À l'époque où plus personne ne vend de CD, eux en ont vendu 1 million, c'est-à-dire le public qui les suit. Mais… de là, je me dis, il y a quand même une comédie à faire sur ce truc-là. Et puis rapidement je me trouve un peu cloisonné. Trois curés… moi, je connais ça par cœur la religion catho, j'ai grandi là dedans, mais je dis : il faut ouvrir. Et là, j'ai cette idée, je me dis : on va faire un prêtre, un imam et un rabbin.

    Excellente idée, parce qu'évidemment, ça ne passe pas forcément bien. Et de parler de ça aujourd'hui, c'est une très bonne idée.

    Mais il le, fait Fabrice, avec beaucoup d'humour, de délicatesse et de respect mutuel. Donc c'est surtout une histoire d'amitié en fait, au bout du compte, qui nous raconte une histoire d'amour aussi. Il nous parle de l'humanité.

    C'est exactement ça. Une fois qu'on a un but en commun, on met rapidement sous le tapis, je dirais, nos divergences culturelles, ou autres d'ailleurs.

    Cultuelles aussi.

    Et puis rapidement, on avance ensemble. Donc, voilà. Par contre, ce n'est pas un film du tout démago. Ça me ressemble, pour ceux qui aiment l'humour qui va un peu loin, c'est là-dedans qu'on est.

    Ramzi Bédia, Cohen, Audrey Lamy…

    C'est pour ça que c'est bien, c'est à la fois drôle et culotté. Moi, c'est ce que je lui ai dit à Fabrice quand je l'ai appelé. J'ai lu deux fois le scénario très vite et je lui ai dit oui tout de suite. Parce que c'est drôle et que c'est ta facture, mais aussi parce que c'est culotté et que c'est aussi ta facture.

    Non, parce que si ça s'était appelé : "Coexister", et que ça avait été un bon gros truc démago, une bonne tarte, ça aurait été complètement indigeste. Donc, il fallait aller loin avec un titre comme ça, sinon ce n'était pas intéressant.

    Alors ce qui est incroyable, c'est les ressorts de comédie que ça donne, les gags, les situations invraisemblables, hein ! Le curé qui se retrouve dans une boîte de strip-tease. Enfin, quand même !

    Oui mai c'est pour la bonne cause, car il veut convaincre son ami qui a un peu lâché l'affaire de reprendre le groupe. Ils ont une vraie nécessité de le reconvaincre lui, qui était pourtant venu les chercher au départ. Donc c'est très bon, la situation est forte, et ça permet tout. À partir de là, la comédie peut naître et ça explose.

    C'est justifié, ça n'est pas gratuit. Alors, je sais qu'on est dans un super festival à Angoulême avec des grands acteurs. On a vu hier Gérard Depardieu, Catherine Deneuve. Moi, mon acteur favori c'est Paul Préboist. Je ne sais pas si vous vous souvenez de Paul Préboist ?

    Oui, grand acteur de ciné.

    Il jouait le curé aussi au cinéma.

    Il avait fait un film qui s'appelait : "Mon curé chez les nudistes", un grand classique du cinéma français, et déjà, on voyait le curé dans des situations rocambolesques. Je m'en suis un peu inspiré, très rapidement.

    Tu n'as pas pu les emmener dans un camp de nudistes, c'est difficile.

    C'était une autre époque.

    Alors les vannes, elles viennent comment, Fabrice ?

    Dans un premier temps, elles viennent dans un petit cahier où je note à peu près tout ce qui me passe par la tête. Ensuite une fois que j'ai eu l'idée du scénario, moi c'est vraiment la partie que je préfère, le dialogue. Et puis après, il ne faut pas non plus sous-estimer le travail qu'on a fait avec chaque comédien. J'ai été revoir mon prêtre, mon rabbin, mon imam entre guillemets. Et puis on a rebossé chaque partie. Et ensuite, il y a encore une autre partie, qui est le tournage en lui-même, où j'ai eu droit à des improvisations fantastiques de mes comédiens, où on a retravaillé. Parce que le film s'appelle Coexister, mais je vous assure que la coexistence, ça a été aussi le tournage. Ça a marché dès le premier jour, et je crois qu'une bonne comédie, quand ça prend, c'est aussi que ça a pris sur le plateau.

    C'est vrai.

    Non, non, mais notre métier, c'est quand même d'oser. Et puis on est là pour essayer de, entre guillemets, de faire rêver public, surtout de lui permettre de prendre un peu de recul. On ne fait pas des métiers du quotidien, entre guillemets, si on veut parler comme ça. Donc quand ils viennent dans la salle, pour qu'ils en aient pour leur argent, comme on dit, eh bien on est là pour qu'ils prennent du recul. Il faut rire de ces choses-là.

    On peut rire de tout ça ?

    Oui, mais je veux dire, il n'y a rien de gratuit, c'est ça qui est important. Tout amène au récit, tout contribue à l'histoire et tout contribue à cette histoire d'amitié. C'est ça qui important.

    Ils rient. C'est vraiment la qualité de Fabrice aussi dans l'écriture. Encore une fois, tout ça a été fait dans le grand respect les uns des autres. Il nous a dit : s'il y a des choses qui vous choquent à l'écriture les uns ou les autres, n'hésitez pas. On les change ou on ne les fait pas, ou on trouve un autre moyen de les faire passer quoi. Donc c'est d'abord une qualité humaine qui te ressemble à toi, c'est tout.

    Et une fois de plus, quand tu fais un sujet comme ça, si tu fais exprès d'éviter les sujets qui peuvent sembler un peu tendancieux ou autre, tu rates ton film.

    Parce que les gens vont dire : "c'est un peu facile de dire on va mettre un prêtre, un rabbin et un imam. Et que le mec, il louvoie en permanence. "

    Non, il faut y aller. Il faut y aller en essayant de prendre les bons contrepieds, de ne pas tomber dans la caricature trop grasse, mais il faut y aller, c'est notre travail.

    Oui.

    Vous voulez peut-être que Guillaume de Tonquedec chante ? Je crois que c'est un film où on chante beaucoup. Rappelons que c'est un groupe de musique, hein, donc peut-être que Guillaume va vous interpréter quelque chose ? Je vous laisse avec Guillaume de Tonquedec.

    C'est vrai ? Ah, enfin !

    Ça c'est très très vache. C'est le truc le pire qu'on dit à un acteur : "Fais-nous rire".

    Qu'est-ce que tu vas nous chanter guillaume ?

    "Coexister, coexister, apprenons le vivre ensemble, il faut se réveiller"

    Il est 10 heures du matin. Oui, j'ai joué le producteur, j'aurais aussi pu jouer les trois chanteurs.

    Ça, c'est un tube ! C'est un tube !

    Non non ! Ça marche dans le film parce qu'il y a un contrepied, sinon c'est…

    Ah non, ça, c'est un tube, c'est énorme !

    On vous fera un disque juste pour vous, alors ! Dédicacé par les trois.

    Voilà ! Courez voir Coexister. Vous allez passer un moment formidable, comme ici. D'ailleurs, vous allez montrer le film dans une prison à Angoulême.

    Oui tout à fait. Je ne sais pas pourquoi on m'a choisi moi.

    Je ne sais pas si vous allez en ressortir.

    Ils vont nous garder.

    Oui, c'est ça. Ils vont dire que la prison, c'est pour toi Eboué. Bon, j'y vais moi !

    Coexister. Merci à tous les deux d'avoir été nos invités.

    Merci à vous.

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    00:08:04
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