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  • L'invité

    Virginie Efira, Niels Schneider

    Invités : Virginie Efira, Niels Schneider.

    La comédienne belge Virginie Efira et l'acteur canadien Niels Schneider sont à l'affiche du nouveau film de Catherine Corsini, adapté d'un livre de Christine Angot, "Un amour impossible", en avant-première au FIFF. Une histoire d'amour impossible qui traverse les époques et a obligé les comédiens à une véritable transformation.

    Présentation : Patrick Simonin. Depuis le 33e Festival international du film francophone de Namur (FIFF).


    Transcription

    Ah, quel amour impossible. Ah oui.

    Vous vivez un amour dans ce film, Virginie Efira et Niels Schneider.



    Il y a plusieurs amours impossibles dans le film. Il y a un amour impossible entre nos personnages, il y a un amour impossible entre une mère et une fille après.

    Entre un père et sa fille aussi, c'est le moins qu'on puisse dire.



    Ce film de Catherine Corsini d'après le roman de Christine Angot. Il est terrifiant (...)

    Ah, quel amour impossible. Ah oui.

    Vous vivez un amour dans ce film, Virginie Efira et Niels Schneider.



    Il y a plusieurs amours impossibles dans le film. Il y a un amour impossible entre nos personnages, il y a un amour impossible entre une mère et une fille après.

    Entre un père et sa fille aussi, c'est le moins qu'on puisse dire.



    Ce film de Catherine Corsini d'après le roman de Christine Angot. Il est terrifiant dans le film, votre ami là. On fait attention, il ne faut pas mélanger les rôles.

    Oui, il est terrifiant. Il est terrifiant, bien sûr.

    Il est aussi très charmant, il a plein de qualités, il est érudit.

    Et séduisant aussi parce que…

    Heureusement qu'il n'a pas que des défauts, sinon je vois pas pourquoi elle serait accrochée comme ça. Mais ça raconte aussi, effectivement, une histoire d'amour où il y a quand même une différence de classe sociale entre eux assez importante. Il y a plein de choses qui, de manière non intime et presque sociologique, infériorisent l'un par rapport à l'autre. Elle est d'origine juive, c'est une femme à une époque où les droits des femmes n'étaient quand même pas très conséquents. Elle est pauvre et lui a une aristocratie, etc. Il y a aussi chez elle, je pense, une forme de fascination pour ce qu'il est, pour son élégance, pour son intelligence, pour sa culture. Sa fille lui dit à un moment : "Ah, tu attendais un méchant''. Il y a aussi cette chose là qui existe.

    Et si on la regardait la bande-annonce, tiens ?

    Quelle excellente idée.

    On pourrait regarde la bande-annonce là, tout de suite là.

    D'accord, allons-y.

    On la regarde.

    Il était rentré dans sa vie, elle ne le voyait pas en sortir.

    Je t'aime, Rachel. Tu veux te marier ?

    Je ne sais pas, et toi ?

    Moi, non. Je veux pouvoir faire ce que je veux.

    Je sais que tu es enceinte, Rachel, mais ça ne change rien. Tu sais très bien que je ne t'épouserai pas, je te l'ai toujours dit. Évidemment, si tu avais été riche, ça aurait été différent.

    C'est un pervers narcissique ce personnage que rencontre Rachel, interprétée par Virginie.



    Ce n'est pas seulement un pervers narcissique, c'est quelqu'un qui est très attaché à sa classe sociale, qui était un peu un anar de droite, au départ, c'est-à-dire qu'il est un peu au-dessus des lois. C'est pour ça qu'il a cette histoire avec Rachel. Mais, il est totalement endigué par les codes de sa classe.

    Il est odieux à certains moments. Le film commence, on est dans les années 60, très, très belle reconstitution. Le personnage incarné par Virginie, c'est une femme qui travaille dans des bureaux. Elle est soumise, quelque part, à sa condition. Oui. C'est ça que montre le film, la puissance masculine. Mais, elle est forte aussi, Chantal…

    Ce que vous dites est très vrai, mais c'est vrai qu'elle est aussi solide, elle a une capacité à encaisser, à poursuivre, à se tenir debout. Ce que le film dit et qu'on peut remettre vaguement en résonance avec ce qu'il s'est passé récemment, c'est-à-dire #MeToo et tout ça, c'est que… On en a parlé ensemble beaucoup aussi de tout ce mouvement, et il y a plusieurs choses à retenir - on ne va pas parler de ça pendant des plombes - qui est que, à partir du moment où les choses sont nommées, là il y a quand même une parole qui est sortie, ça provoque un changement, puisque les choses sont dites, sinon elles existent dans la société. Mais pour en faire quelque chose, pour que chacun se responsabilise, et fasse ce qu'il veut après, il faut que la parole soit dite et nommée. Et dans le film, il y a cette chose-là aussi, c'est-à-dire qu'effectivement soumise à sa condition, et c'est que quand sa fille lui dit à un moment donné, lui explique, met des mots là-dessus, qu'il y avait une difficulté à se rebeller parce que c'était dans l'ordre des choses, que les femmes disaient moins, qu'une classe sociale dominante existe et que l'on n'a pas le choix… Des patrons, des machins, etc. À un moment donné, parce que la parole est donnée, ça change quelque chose.

    C'est vrai, Niels, que sur le tournage, vous avez dit à un moment : "C'est trop dur de jouer ce personnage. Il est trop dur, c'est horrible !"

    Je le trouve à la fois écœurant et à la fois fascinant. Et puis un fou comme ça, parce que c'est vraiment un fou, on ne peut pas totalement le cerner, un personnage comme ça.

    Il y a même de l'inceste à un moment. Oui…

    C'est terrifiant !

    Du coup, quand tu dois incarner un personnage comme ça, tu dois essayer de le comprendre, d'être au plus proche de lui, mais c'est impossible, on ne peut pas comprendre…



    On n'arrête pas de dire qu'il est monstreux et je sens que Niels veut le défendre, et c'est normal… Pas le défendre lui parce que… Le comprendre, d'abord. En fait, la figure du monstre n'existe pas vraiment.



    Lui, il dit les choses à chaque fois, il annonce tout avant, il est hyper cash. Il lui dit : "Je ne me marierai jamais avec toi." Il n'y a pas de non-dits, il dit les choses les plus atroces avec une décontraction et une désinvolture absolument folles.



    Sauf que, à un moment donné, il est question d'inceste. Et à partir de là, c'est très difficile d'essayer de…



    C'est la force de ce film. La narratrice, c'est l'enfant qui raconte cette rencontre entre ses deux parents. Et finalement qui, quelque part, dialogue avec sa mère, retrouve sa mère, et qui vieillit dans le film. C'est incroyable, d'ailleurs, la transformation physique, tous les deux. Vous vous retrouvez Virginie, on vous voit…

    Au cinéma, c'est impressionnant de vous voir comme ça.

    C'est intéressant. Il y a six heures de maquillage environ. Après, j'avais plusieurs étapes, parce qu'à un moment j'ai 65 ans. Je me souviens, la première fois que je joue et que j'ai 65 ans, j'ai ce visage-là. Je me mettais à marcher comme si j'en avais 150. C'est vrai ?

    Oui. J'exagère un peu mais, alors que non, à 65 ans on marche de la même manière. Voilà. C'est que tout à coup, il y a un costume, il faut comprendre les choses. Il y a quand même peut-être une lenteur un tout petit peu plus, c'est de comprendre cette chose-là. Moi, j'étais plus paniquée sur la jeunesse en fait, parce je commence j'ai 28 ans et je n'ai pas l'air d'avoir 28 ans. Du coup, j'avais un peu peur de ça, est-ce que ça va être crédible ou pas ?

    C'est absolument crédible. Hein, Niels ?

    Absolument.



    C'est ça qui est fort, c'est que ce film est vrai, et finalement moderne, quelque part, cette histoire-là.

    Ça raconte une vie simple avec une tragédie au cœur de ça, qui est arrivée à quelqu'un de bien. Elle aimait cet homme-là. Quand il a commis cet acte fou, elle vit une chose qui est terrifiante quand même, que sa fille ait pu endurer une chose comme ça, et qu'elle ne l'ait pas vu. Qu'est-ce qui a aveuglé cette mère ? C'est son complexe d'infériorité.



    C'est ça qui est génial, c'est que ce n'est pas un personnage qui est bête. Ce n'est pas une amoureuse éperdue qui est aveuglée par l'amour. À un moment, elle décroche. Et si elle continue à le voir, c'est vraiment pour sa fille, en fait. Jusqu'à la fin, elle n'est pas aveuglée par simplement…



    Elle accepte assez bien. Elle n'exige pas quelque chose de lui. La seule chose qu'elle exige, c'est de reconnaître l'enfant à un moment.



    Merci à tous les deux. Extraordinaires à l'écran. C'est une belle aventure cinématographique que ce film-là. Merci beaucoup Virginie et Niels. Ça s'appelle "Un amour impossible" de Catherine Corsini, présenté au Festival international du film francophone de Namur. Merci !

    Merci.

    Merci.

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    00:08:15
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