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  • L'invité

    Reda Kateb

    Invité : Reda Kateb, acteur français.

    Acteur phare de la nouvelle génération, César pour son rôle dans « Hippocrate », Reda Ketab est à l'affiche de « Frères ennemis », de David Oelhoffen. Ce polar tendu, qui se déroule dans le milieu du trafic de drogue à Paris, est aussi un film choc sur fond d'amitiés et de vengeance.

    Présentation : Patrick Simonin.

    Transcription

    C'est un polar tendu, ciselé comme une corde à l'affiche, Reda Kateb, Frères ennemis, aux côtés de Matthias Schoenaerts, le film de David Oelhoffen. On est ravi de vous recevoir, Réda Kateb, parce que ce film est un polar comme on a rarement vu. Il se passe dans les milieux du trafic de drogue, à côté de chez nous, à Paris. Oui, c'est un polar. C'est aussi une histoire d'amitié, une histoire de trahison, une histoire de famille, une histoire qui nous raconte aussi quelque chose de la France aujo (...)

    C'est un polar tendu, ciselé comme une corde à l'affiche, Reda Kateb, Frères ennemis, aux côtés de Matthias Schoenaerts, le film de David Oelhoffen. On est ravi de vous recevoir, Réda Kateb, parce que ce film est un polar comme on a rarement vu. Il se passe dans les milieux du trafic de drogue, à côté de chez nous, à Paris. Oui, c'est un polar. C'est aussi une histoire d'amitié, une histoire de trahison, une histoire de famille, une histoire qui nous raconte aussi quelque chose de la France aujourd'hui, du rapport à sa diversité. Et en même temps, tout cela à travers une intrigue, comme vous le dites, tendue, musclée et une mécanique implacable. Impitoyable. Regardez, ça s'appelle Frères ennemis. Est-ce que tu sais qui vous a tiré dessus ? Je parle pas aux filcs, dégage je te dis. Sans moi, t'es mort, Manuel. Il y a tout le monde qui parle de toi. Ils disent que c'est toi qui a fait le (malin). Il faut que tu trouves qui a fait ça, sinon tu ne pourras pas faire taire les rumeurs. Vous étiez amis ? On a grandi au même endroit, les mêmes que toi. Ils ont grandi au même endroit. Ils ont grandi dans une cité. Ils sont deux frères, pas de sang, mais deux frères vraiment, mais leur parcours est complètement différent. Le personnage de Manuel, interprété par Matthias Schoenaerts, et vous, Reda Kateb, vous êtes Driss qui devient flic à la brigade des stups. C'est exactement ça. Ce sont deux personnes qui auraient pu continuer de vivre fraternellement, que des choix de vie vont finir par les opposer et réunir en même temps, c'est l'histoire du film, dans des lieux dans lesquels les choix se paient cher. Quand on choisit une voie plutôt qu'une autre, il y a des conséquences qui arrivent rapidement. Je joue Driss, un flic issu des quartiers. C'est une nouvelle figure dans le cinéma français parce que je n'ai pas vraiment vu dans les films français, cette figure-là de flic, alors que je la vois dans la rue et que je la vois dans notre société. Il est pris entre deux fidélités, en quelque sorte. Ça va être le choix qui va devoir être fait ? E n tout cas, au-delà de son dilemme moral qui est une espèce de friction, de lutte intérieure permanente chez ce personnage, qui est comme coupée en deux, il y a aussi un personnage qui est bloqué et écartelé dans l'ascenseur social. Il s'est engagé dans la police par ambition personnelle, par idéal républicain aussi. Pour progresser dans la hiérarchie, il va devoir utiliser ses amis d'enfance comme des indics et il va se retrouver dans une situation très complexe. Presque devoir se renier lui-même ou renier ce qu'il est au fond de lui, avoir ce choix devant lui. Le film parle de notre rapport à nos identités, à nos territoires. C'était le tout premier titre du film, Territoires. C'est aussi l'histoire de quelqu'un qui essaye de rentrer chez lui après s'en être affranchi, après avoir tout fait pour quitter sa cité, pour quitter sa famille, il essaie de revenir chez lui. Il y a le trafic de drogue qui est là, qui est présent, que l'on voit dans sa réalité, dans sa dureté aussi. Absolument. Le réalisateur, David Oelhoffen, a commencé par beaucoup se documenter avant de poser une histoire sur cette réalité. L'idée de ce scénario lui est venu en rencontrant des gros trafiquants, en parlant avec eux. Il s'est vite rendu compte que la réalité de leur travail, entre guillemets, était bien différente de celle qu'on voit au cinéma. On s'est également beaucoup nourri de discussions, de rencontres, de questions qu'on a pu poser à des policiers qu'on a rencontrés. C'était très important, pour nous, que le terreau soit le plus réel possible. Il navigue entre tout cela, ce personnage, Driss, parce que, effectivement, il y a les indics, vous l'avez dit, Reda Kateb, il y a cette volonté de respecter l'ordre pour lequel il travaille, mais cela veut dire aussi parfois des compromis dangereux. Bien sûr. Il est justement au cœur de choix cornéliens. C'est pour ça que je parle de tragédie, parce que quand je dis que les choix se paient cher, oui, ils se payent par sa vie, par celle des autres. Je n'ai pas envie de spoiler l'histoire du film, mais tout cela existe. Et en même temps, à travers un film de genre, j'aime l'équilibre dans ce film entre le genre et ce que ça peut raconter des gens et de notre société d'aujourd'hui. Il y a Sofiane Zermani et Sabrina Ouazani à l'affiche de ce film. On va revoir des images. Adel Bencherif et d'autres. Vous avez vraiment tourné aux Lilas, tout près du centre de Paris. Vous avez tourné dans ce milieu réel. On vit avec ça, c'est un film hyper réaliste quelque part. C'est une des choses que j'ai aimées dans ce tournage, c'est qu'on s'est vraiment inscrit sur un territoire , sur un périmètre autour des Lilas, Romainville , un petit peu autour. On s'est installé le temps du tournage dans une cité qui s'appelle la cité Gagarine, où on a été accueilli vraiment les bras ouverts par les gens. Des gens de la cité sont venus faire de la figuration. L'échange s'est vraiment fait. Pour moi, c'est important de tourner des films comme ça. J'ose espérer que ça imprime l'image, cette chose-là. Ça s'est fait avec les gens. On a aussi rarement vu la cité, les tours aussi cinématographiquement extraordinaires. Ce sont des images fantastiquement cinématographiques. Ce que j'aime aussi dans la manière dont David filme la cité, c'est que tour à tour, elle est belle et hideuse en même temps, à différents moments. C'est une chose que j'ai déjà ressentie. Je trouve qu'il y a une beauté graphique à ces lieux-là. À d'autres moments, il y a une laideur et quelque chose qui fait qu'on a envie de mettre les voiles, de partir de là. Très souvent, le cinéma nous propose une proposition : ou c'est esthétisant, ou au contraire, c'est misérabiliste. Ce qui n'est pas juste, la vie est faite de beaucoup plus de contrastes. C'est un film fascinant, tendu je le disais, passionnant jusqu'à la dernière seconde, haletant. Il y a aussi cette dimension psychologique des personnages qui est incroyable parce qu'on parle de fidélité, on parle d'amitié, on parle de racines, on parle de tout cela. Oui, c'est vrai. Et ça, dans un climat de violence, mais avec des êtres de chair et de sang. C'est vrai, je suis d'accord avec ce que vous dites. L e polar n'enlève pas l'humanité des personnages. La mécanique ne fait pas que les personnages, à un moment, deviennent juste des rouages de leur propre mécanique. Il y a de l'humanité prise dans des filets. Ce filet, ce n'est pas un fatum, un destin un peu abstrait, c'est un filet social. Un bon polar, ça fait du bien, non ? On n'a pas vu ça depuis longtemps. C'est à moi de vous poser la question. Je l'ai fait et j'espère qu'il fera du bien. Les balles fusent. Il y a des scènes d'une grande intensité entre les personnages. C'est un film prenant. J e pense que vous avez tellement de plaisir à être ce personnage. Oui, oui. J'ai adoré tourner ce film. J'ai adoré jouer avec Matthias Schoenaerts qui est un des meilleurs acteurs qu'on peut avoir actuellement. J'ai adoré faire un deuxième film avec David Oelhoffen, avec qui j'avais fait Loin des hommes à l'époque. C'était vraiment un bonheur de se retrouver , avec lui, avec notre troupe, notre équipe technique. Bien sûr, j'ai eu beaucoup de plaisir. Merci, Reda Kateb. Ça s'appelle Frères ennemis. Allez voir ce film. Vous allez voir, à l'écran, quelque chose de tout à fait phénoménal. Merci, Reda Kateb. Merci à vous.

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    00:08:22
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