Ouvrir Menu
TV5MONDE+
Profitez de votre espace

Pas encore inscrit ?

Créez vos alertes selon vos préférences, partagez voc contenus favoris, et accédez à vos recommandations personnalisées

  • Ce programme n'est malheureusement pas disponible pour votre zone géographique.
    Découvrez d'autres programmes disponibles dans les recommandations ci-dessous.
  • L'invité

    Wim Wenders

    Invité : Wim Wenders.

    Le réalisateur de « Paris-Texas » et « Les ailes du désir » est considéré comme le père du nouveau cinéma allemand des années 1970. Son documentaire « Le Pape François, un homme de parole » est un plaidoyer personnel pour le Saint-Père, qu'il a pu suivre et filmer dans l'intimité pendant plusieurs mois.
    Une émission inédite enregistrée au Festival de Cannes.

    Présentation : Patrick Simonin.


    Transcription

    Quel bel endroit, Wim Wenders, pour une rencontre. Oui. Oui, pourrait faire une grande fête ici. C'est vrai, on pourrait accueillir le pape François. Finalement il va partout, le pape ? Il va partout, mais il n'est pas impressionné par le luxe. Et vous non plus, parce que ce film présenté à Cannes, il a fait vœu de pauvreté, votre film. Oui. C'est un film pauvre. (langue étrangère)

    On aurait pu faire un film luxueux, mais on s'est dit : "Si on a le privilège de travailler avec le p (...)

    Quel bel endroit, Wim Wenders, pour une rencontre. Oui. Oui, pourrait faire une grande fête ici. C'est vrai, on pourrait accueillir le pape François. Finalement il va partout, le pape ? Il va partout, mais il n'est pas impressionné par le luxe. Et vous non plus, parce que ce film présenté à Cannes, il a fait vœu de pauvreté, votre film. Oui. C'est un film pauvre. (langue étrangère)

    On aurait pu faire un film luxueux, mais on s'est dit : "Si on a le privilège de travailler avec le pape et de le filmer, il faut le filmer d'une manière modeste aussi. Alors, pas de film en 3D. Pas de film en 3D, comme avec Pina Bausch. Mais, un film qui rentre au plus profond de l'humanité du Saint Père. Oui. Et dans sa façon de communiquer, qui est d'un pouvoir émotionnel énorme. Il parle d'une manière simple, mais il parle du fond de son cœur et il arrive à toucher les gens auxquels il parle. Et je l'ai vu toucher des gens qui n'étaient pas religieux, des hommes durs, des gens vraiment qui n'avaient rien à faire avec le pape. Ils ont vu le film et ils ont été touchés même aux larmes. Il a ce pouvoir. Il a ce pouvoir, qui vient de son humanité, mais aussi de son amour pour les gens et de sa conviction qu'il faut un renouvellement moral du monde entier. (langue étrangère).

    Vous dites : "C'est un pape qui parle à l'humanité entière, aujourd'hui".

    Oui, il a compris que ça ne suffit plus de parler aux catholiques ou aux chrétiens, il faut parler au monde entier. Et il faut parler aussi à tous ces gens de ma génération aussi, qui n'ont plus confiance dans l'institution de l'Église. Et il faut parler au monde entier, dans une situation où ce monde a perdu tout sens moral ; où les Hommes, du point de vue moral, n'ont aucun droit à nous parler, parce qu'ils ne savent même pas de quoi ils parlent, moralement parlant. Ils parlent de pouvoir, ils parlent de toutes sortes de choses, mais ce ne sont pas des Hommes qui ont le droit de nous guider.

    Mais vous, le grand cinéaste, Palme d'Or au Festival de Cannes, évidemment "Paris, Texas", "Les Ailes du désir", vous avez été président du jury du Festival de Cannes - vous amenez le pape sur la Croisette, en gros, avec votre film - et vous dites : "C'est un acteur de cinéma", c'est quoi le Saint Père, aujourd'hui ? Ce n'est pas un acteur de cinéma, mais il a la présence des grands acteurs. Il a la présence, il a le courage, et il a l'ouverture de s'adresser à tous et de nous dire ce qu'il trouve qui est essentiel, aujourd'hui ; et de le faire avec un courage insensé, et aussi avec un optimisme, c'est quand même incroyable ! Il voit toute cette misère. Et quand il voyage, il va dans les prisons, il voit dans les hôpitaux, il va dans (l'Islam), il va dans les camps des réfugiés. Il voit la misère du monde, mais quand même il a un espoir et une attitude positive et optimiste incroyable. Il a une énergie folle. Mais quand, vous, Wim Wenders, vous le filmez comme vous aviez filmé Nastassja Kinski ou comme vous filmez des grands comédiens, avec ça ?

    Non, je ne lui ai jamais dit de répéter quoi que ce soit, on n'a pas fait de maquillage et on était étonnés d'être en face de lui, notre petite équipe, on était vraiment touchés par son humanité et par sa modestie, et par sa volonté d'être complètement là. Il n'avait pas de téléphone mobile, il n'avait pas d'assistant, il n'avait pas d'autre calendrier, que d'être là avec nous et répondre à chaque question ; n'éviter aucune question et répondre toujours spontanément et droit dans les yeux. Dans ce cas, droit dans les yeux de tout le monde. Et cet esprit-là a toujours guidé votre cinéma, Wim Wenders ? Jamais aussi fort que cette fois-ci. Ma femme m'a dit quelque chose au milieu du film, elle m'a dit : "Tu te rends compte que tu as répété pendant 50 ans pour faire ce film". Et j'ai dit : "Oui, tu as raison". Parce que, cette fois-ci, il y avait une autre responsabilité aussi. Si on un grand acteur (inaudible), oui, on est responsables pour qu'il soit à l'aise, pour qu'autour de l'histoire, c'est bien que le décor, que tout soit correct. Mais là, j'étais responsable des mots du pape. J'étais responsable de présenter son courage et sa volonté de parler à tout le monde. J'étais un peu responsable - ce n'était pas moi le messager- de faire passer ces mots à travers ce médium du cinéma. Quand même, c'était le premier pape avec cette ouverture, de prêter sa présence à un film. C'est une énorme responsabilité, surtout parce que le Vatican n'a fait aucune demande. Ils m'ont dit : "Tu fais la conception du film. Tu tournes, tu montes, on ne va interférer à aucune étape", et ils ont tenu la promesse. Aucune chose n'était interdite, ils n'ont pas demandé : "Il vaut mieux mieux que tu enlèves ça ou ça ou ça", non, ils ont tenu leur promesse. J'ai fait le film dans la plus grande liberté et c'était ça aussi, la chose la plus difficile. Parce que normalement, il y a des producteurs, des distributeurs, qui donnent certaines contraintes. Je n'avais aucune contrainte, ça c'est difficile aussi. Merci beaucoup, Wim Wenders. Merci. Le pape François, présenté ici au festival de Cannes.

    Voir plusmoins
    00:08:23
    Tous publics
    Tous publics