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  • L'invité

    Roschdy Zem, Naidra Ayadi

    Invités : Roschdy Zem, Naidra Ayadi.

    Le comédien Roschdy Zem est à l'affiche du premier film de la comédienne Naidra Ayadi « Ma fille », adapté du roman de Bernard Clavel et produit par Thierry Ardisson. Une histoire d'amour paternel qui a bouleversé le festival du film francophone d'Angoulême.

    Présentation : Patrick Simonin. Depuis le Festival du film francophone d'Angoulême.


    Transcription

    Naidra Ayadi et Roshdy Zem, ça s'appelle Ma fille. C'est un film événement présenté au Festival du Film Francophone d'Angoulême. Roshdy, c'était un personnage qu'il fallait incarner. Oui, c'est un personnage dont je suis tombé assez vite amoureux parce que le personnage qui m'a été proposé par Naidra était un personnage comme il m'a été rarement proposé, à savoir un personnage fragile, vulnérable, malgré sa carcasse , a peuré par ce qu'il a de plus cher. J'étais en quête d'émotions que j'avais r (...)

    Naidra Ayadi et Roshdy Zem, ça s'appelle Ma fille. C'est un film événement présenté au Festival du Film Francophone d'Angoulême. Roshdy, c'était un personnage qu'il fallait incarner. Oui, c'est un personnage dont je suis tombé assez vite amoureux parce que le personnage qui m'a été proposé par Naidra était un personnage comme il m'a été rarement proposé, à savoir un personnage fragile, vulnérable, malgré sa carcasse , a peuré par ce qu'il a de plus cher. J'étais en quête d'émotions que j'avais rarement abordées dans le cinéma. Et ce film me permettait de les exploiter et d'y prendre beaucoup de plaisir. Naidra, on vous a vu au cinéma dans Polisse, dans des rôles formidables. Là, vous réalisez ce film. C'était aussi essentiel que ce père, que le parcours de cet homme pour retrouver sa fille. Oui, j'avais envie de parler d'une histoire d'amour entre un père et une fille parce qu'il n'y a que des preuves d'amour. Je trouve que c'est une preuve d'amour très forte qui est faite tout au long du film. C'était important. Je pense que les enfants ont besoin de savoir que la filiation n'est pas suffisante. Il faut dire qu'on aime ses enfants, pour les aider à se construire, aussi. Je pense que les enfants nous rendent parents. Ça s'appelle Ma fille, de Naidra Ayadi, eegardez.

    C'est là. Leïla, c'est ça ? Voilà. Je suis désolée, mais elle n'est plus chez nous. Elle t'a dit quelque chose, toi ? Non. Tu me dis la vérité ? Viens, on traverse. C'est sur le trottoir en face, là.

    Viens Là ! Deuxième gauche. Allez, viens papa, grouille. Leïla, c'est papa ! Ça te manque pas l'Algérie ? C'est vieux tout ça. Mais papa, c'est bien de savoir. Dans le quartier, elle n'a pas des habitudes ? Il est un peu tard maintenant, vous croyez pas ? C'est une incarnation, Roshdy, ce père, dans ses silences et dans cette quête personnelle. Il ne sait pas ce qu'il peut trouver, mais au fond de relier ce lien qui le lie à sa fille. Il s'exprime essentiellement dans ses silences. Il fait partie de cette génération d'hommes de peu de mots. C'est aussi ce qui est peut-être la cause d'un conflit, d'un problème au sein de ses enfants. Ces hommes qui ont, par respect, par pudeur, peu transmis à travers les mots, mais ont donné beaucoup d'amour, un amour presque étouffant dont l'enfant a besoin de s'émanciper. Comme ce n'est pas passé par les dialogues, tout passe par des non-dits. Cette disparition, qu'on ne va pas expliquer, de cette fille, est le résultat de cette attitude. Ce qui est touchant, c'est qu'il y a une autre fille à ses côtés dans cette recherche, qui va s'apercevoir qu'elle ne travaille pas dans un salon de coiffure comme on le croyait. Il croit la trouver, et finalement, il va devoir la rechercher à travers une nuit très longue et très seule. C'est une quête d'elle. La cadette… Il part à la quête de l'aînée et il va rencontrer véritablement la cadette. Ça va lui permettre aussi une introspection. Cette résilience va vraiment permettre un questionnement, et c'est déjà énorme. Il n'a, finalement, rien d'un héros, mais c'en est un par ce qu'il fait. Au-delà de ses croyances, de ses origines, de ce qu'il est, de ses silences, de ce qu'il est, il va se surpasser. J'avais envie de voir ce héros. C'est presque un thriller à certains moments. Le personnage traverse Paris qu'il ne connaît pas, à la recherche de cet être cher. Et il va découvrir des choses qu'il ignore. Il va être confronté à un monde qui n'est pas le sien. Paris est aussi un des personnages principaux du film. Il découvre ce Paris interlope dans lequel sa fille s'est engouffrée avec beaucoup de crédulité. Ce sont des images qui sont, pour lui, très violentes, voire interdites, auxquelles il va être confrontées, et avec lesquelles il va devoir se battre. Ce combat qu'il va mener, comme le disait très bien Naidra, va lui permettre aussi de se révéler. À chercher l'aînée, est-ce qu'il n'est pas en train de perdre la plus jeune. C'est ce combat entre deux feux qu'il va devoir mener dans un laps de temps assez court, puisque le film se déroule sur une nuit. Cette unité de temps est essentielle dans le récit. C'est une histoire adaptée de Bernard Clavel, librement adaptée. Très librement, oui. Qui a été produite par Thierry Ardisson. Oui, co-produite. Très touché par cette histoire. C'est une histoire universelle, au fond ? C'est essentiel pour moi. Je l'ai écrit pour Roshdy, pour ce qu'il est, pour ce qu'il représente, pour ce qu'il a représenté pour moi dans le cinéma français, mais aussi tout ce que je fantasmais de lui. Pour moi, c'est universel, c'est un père. Au-delà de tout ce qu'on peut voir à l'image, c'est un père. J'espère que plein de pères vont se reconnaître. Vous donnez tout, Roshdy ? Je donne tout parce que j'ai un regard de la part du réalisateur, bienveillant, sensible, complètement investi. Ce sont des éléments essentiels pour pouvoir se sentir en confiance et donner tout. C'est un peu prétentieux, mais c'est vrai que je donne tout dans ce film parce que je me sens en sécurité. On a envie, dans ces cas-là, d'enlever tout ce qui est de l'ordre de la pudeur, de tout ce qui a fait que vous avez r arement eu l'occasion de passer ce cap qui vous permet d'accéder à une forme d'interprétation à laquelle vous avez rarement eu accès. Ce rôle me le permettait. Le regard de Naidra m'a conforté dans ce choix. Et le mérite lui revient essentiellement, évidemment. On l'a fait à deux. C'est vrai. S'il n'y a pas ce regard, il y a un blocage qui s'effectue naturellement de la part de l'acteur. On est dans l'hésitation, dans le doute, et dans la méfiance. On est fragile, on est très fragile. S'il n'y a pas cette assurance de la part du metteur en scène dans ce qu'il dit et dans ce qu'il vous propose, dans le voyage dans lequel il va vous emmener, si ce n'est pas un joli voyage dans lequel vous avez envie de vous laisser emporter, vous ne pouvez pas donner ces émotions-là. Merci beaucoup Roshdy Zem, Naidra Ayadi. Ça s'appelle Ma fille. C'est un film soutenu par TV5 Monde. Merci beaucoup d'avoir été nos invités. Merci.

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    00:08:15
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