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  • L'invité

    Maripier Morin

    Invitée : Maripier Morin, animatrice et chroniqueuse de télévision québécoise.

    Maripier Morin fait ses débuts au cinéma dans "La Chute de l'empire américain", un film ravageur de Denys Arcand contre l'Amérique de Trump.

    Présentation : Patrick Simonin. Depuis le 33e Festival international du film francophone de Namur.

    Transcription

    Ça y est, c’est "La Chute".

    Oui !

    Il y avait "Le Déclin" et voici "La Chute", Maripier Morin.

    Oui, on est en plein dedans.

    C’est vrai ?

    Avec Trump au pouvoir, tout peut arriver.

    Oh là ! Ah oui, ça, ça, c'est clair. "La Chute de l’empire américain", le nouveau film événement de Denys Arcand…

    Oui.

    Qui arrive comme ça. Combien d'années, 1986 ?

    86, depuis "Le Déclin"…
    (...)

    Ça y est, c’est "La Chute".

    Oui !

    Il y avait "Le Déclin" et voici "La Chute", Maripier Morin.

    Oui, on est en plein dedans.

    C’est vrai ?

    Avec Trump au pouvoir, tout peut arriver.

    Oh là ! Ah oui, ça, ça, c'est clair. "La Chute de l’empire américain", le nouveau film événement de Denys Arcand…

    Oui.

    Qui arrive comme ça. Combien d'années, 1986 ?

    86, depuis "Le Déclin"…

    "Le Déclin de l’empire américain".

    2004 pour "Les Invasions Barbares" et ensuite, il y a eu "Le Règne de la beauté", "L’Âge des ténèbres" et là maintenant, "La Chute".

    1986, une date que vous aimez.

    L'année de ma naissance.

    Oui.

    Oui. C’est quand même fou quand on y pense.

    C’est fou ?

    Que "Le Déclin" a été fait l’année, où je suis née et que 32 ans plus tard, je me retrouve, comme ça, un peu accidentellement dans un film de Denys Arcand qui est un peu le pape du cinéma québécois. Il a fait tellement pour notre cinéma à l'international. Ça a été un grand ambassadeur et c’est une icône chez nous. Et donc, quand le téléphone sonne et que c’est Denys Arcand qui est au bout du fil qui dit…

    Oui, c’est comme ça que ça se passe ?

    À une animatrice… oui…

    Il vous appelle comme ça ?

    Il m'a téléphonée… En fait, moi, j'ai rencontré Denys Arcand il y a plusieurs années, alors que j'étais chroniqueuse culturelle pour une émission matinale, et Denys était porte-parole pour la Coupe Rogers qui est la coupe de tennis qu'on a au Canada. Mon caméraman est en retard et là, finalement, il s’est mis à parler pendant 10-15 minutes, je ne sais pas, et en rentrant à la maison, il s’est dit : "Cette fille-là serait bonne dans un film." Et six ans plus tard, le téléphone sonne et c'est lui qui me dit : "J’ai un nouveau film. J'aimerais que tu auditionnes." Mais, je n'ai rien compris. Au début, je pensais qu’il voulait que je fasse des entrevues avec les acteurs de son prochain film.

    Ah oui, non, non, non.

    Et finalement, à un moment donné, j'ai compris que c’est moi qu’il voulait voir en audition et ça m'a un peu troublée, parce que je n'ai jamais manifesté le désir de jouer. Mais, quand c'est un homme comme Denys Arcand, on considère l’offre.

    Allez, ça donne "La Chute de l'empire américain", regardez.

    Wow, ça pulse. Alors là, il y a de l'humour noir, c'est corrosif.

    Oui.

    Ça y va ?

    Oui et ça revient aussi aux premiers amours de Denys Arcand qui, au début de sa carrière, je ne sais pas si vous allez vous rappeler de Gina qui était du genre heist, comme ça, des espèces de films un peu avec une intrigue policière et des coups de fusil, il y a beaucoup d'action. Mais, ça reste aussi que le propos qu’il soulevait, c’est l'argent et ce qu’en fait qu’on en a beaucoup, ce qu'en fait quand on n’en a pas du tout, et notre relation personnelle à l'argent. On voit beaucoup aussi dans le film de gens en situation d’itinérance. Et ça, c'est quelque chose qui me touche beaucoup. Je trouve que le message qui passe est très fort, surtout vers la fin du film, il y a une scène avec un acteur incroyable qui s'appelle Vincent Leclerc et qui est absolument bouleversant. Et je pense que juste pour cette scène-là, ça vaut la peine de voir le film.

    Et Denys Arcand, il dit, en présentant son projet, ce film, il dit : "Au fond, on est tous des sujets, quel que soit l'endroit, on est dans le monde de l'empire américain….

    Un peu.

    Et cet empire est en train de pourrir, de gangrener le reste de la planète." Il a un discours très, très virulent.

    Oui et c'est drôle, parce qu'on a présenté le film à Toronto devant des anglophones qui riaient beaucoup. Et à Montréal, à la première, la salle ne riait pas tant que ça, mais j'ai l'impression que le Canada anglais, comme ils sont vraiment plus influencés par les États-Unis, il y avait une espèce de malaise et de mal-être dans les propos du film et qui forçaient les gens à rire, parce que quand tu es tellement mal à l'aise de la véracité des propos, tout ce que tu trouves à faire, c’est rire. Donc, j'ai hâte de voir comment le public européen va réagir au sujet, mais à ce jour, le film se porte bien et on en est très fier.

    Alors, il y a le personnage qui va se retrouver… qui est un intellectuel. On va dire qu’il adore les philosophes…

    Qui est un jeune Denys Arcand parce que Denys a étudié la philosophie, donc, il y a beaucoup de Denys dans le personnage de Pierre-Paul.

    Il se retrouve embringué dans une histoire avec des sacs de sport remplis de billets de banque après une attaque à main armée…

    Qui est une vraie histoire.

    …qui a mal tourné, deux morts.

    Mais, c’est une vraie histoire.

    C’est vrai ?

    C’est quelque chose qui est arrivé à Montréal en plein jour, il y a eu un braquage dans une bijouterie, deux jeunes…

    Tenez, on entend d’ailleurs le braquage là.

    Oui, ils arrivent ici… Et c’est quelque chose qui est arrivé et qui a inspiré Denys. Tout est parti de cet événement vécu.

    Alors, vous voilà, je voulais le dire quand même, vous êtes une actrice maintenant, mais d'abord animatrice uncroyable au Québec.

    Oui, ça va bien…

    Ambassadrice de marques de luxe. Vous êtes un personnage, vous aviez rêvé, finalement, c'est quand même fou ça ?

    Moi, je viens d’un petit village au Québec qui s’appelle Rivière du Loup qui a, je ne sais pas, 15 000 habitants. Mes parents ne sont pas du tout dans le milieu. Moi, je me suis un peu ramassée là par accident, et je dois dire que c’est le plus bel accident de ma vie, parce que je vis une vie incroyable, je suis aujourd'hui à Namur, en Belgique, en train de faire la promotion du film de Denys Arcand. Quelqu’un m’aurait dit ça il y a dix ans, je lui aurai demandé : "C'est quoi le nom de son dealer de drogue." Parce que c’est farfelu, vraiment je suis la première étonnée, mais je me sens vraiment privilégiée.

    À l'écran, vous êtes une amante religieuse, pas religieuse, vénéneuse…

    Peut-être un petit peu, on ne sait pas.

    On ne sait pas.

    On ne sait jamais.

    Mais, on voit un personnage qui est fantastique. Il y a une présence, il y a une espèce de force qui s'impose du personnage.

    Oui, mais en fait, Aspasie qui est une escorte de luxe, qui va tenter d'aider Pierre-Paul dans le blanchiment d'argent de ces sacs de sport-là qu’il a trouvés, c’est une femme qui très forte et qui a été, ma foi, écorchée par la vie et qui s’en sort drôlement bien. Mais, elle est "street smart" comparé à Pierre-Paul qui est "book smart". C'est ce qui va faire en sort qu’ils vont réussir, ou pas, surprise, à essayer de blanchir l’argent. Et c’est vraiment le catalyseur un peu de l’équipe qui est formé de Rémy Girard qui est un ancien comptable des bikers de Montréal et ce gars-là, cet espèce d’intello qui se ramasse avec une somme d'argent faramineuse et qui ne sait pas trop quoi faire avec.

    Un petit mot sur Denys Arcand.

    Un homme fabuleux.

    C’est quand même… Il est tranquille à Montréal.

    Oui. Denys Arcand, c’est un homme assez casanier et il est marié, il sort avec Denise Rober qui est sa productrice depuis plusieurs années, qui, elle, est une tornade. Denise, c’est le feu et Denys, c'est beaucoup plus calme. Mais, travailler avec lui, c’est un bonheur, un plaisir. C’est un gamin de 78 ans qui fait des films avec le même amour et la même passion qu'il faisait à l'époque. Donc, c'est vraiment un homme charmant.

    Et la même pêche.

    Ah oui !

    Il vous le dit : "Attention, l'empire américain est en train de dégringoler !"

    Oui, et on va faire quoi de tout ça ?

    Qu’est-ce que vous allez faire, vous, au Québec ?

    Je ne sais pas. Il n’y a pas que vous d’ailleurs.

    Moi, j’ai demandé à Justin Trudeau : "Qu'est-ce qu'on allait faire quand le président Trump a été élu." Il m'a dit : "Ne t’inquiètes toi pas, Maripier, je m’en occupe." J’ai dit : "Non, tu ne t’occupes de rien. Non là, ça ne va pas du tout. Là, qu’est-ce qu’on va faire ?" Moi, je suis un peu terrorisée, mais bon, en espérant que la suite sera plus lumineuse.

    Vous viendrez vous réfugier à Namur, ici…

    Avec plaisir.

    Bravo.

    Merci.

    Ça s’appelle donc "La Chute de l'empire américain", le nouveau film événement de Denys Arcand. Merci beaucoup, Maripier Morin, d’avoir été notre invitée.

    Un plaisir, merci.

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    00:08:17
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