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  • L'invité

    Laura Smet

    Invitée : Laura Smet, actrice, membre du jury du 10e Festival du film francophone d'Angoulême.

    Présentation : Patrick Simonin. Depuis le Festival du film francophone d'Angoulême.


    Transcription

    Laura, membre du jury du dixième Festival du Film Francophone d'Angoulême, amie de Dominique Besnehard, depuis toujours ? Filleule en tout cas depuis toujours. Oui, et amie évidemment.

    C'est une fidélité d'être là, d'être à Angoulême ?

     Ce qui est amusant, c'est que je suis pour la première édition et la dixième, dix ans après. Et c'est toujours l'ambiance que j'aime : décontractée, des gens qui aiment le cinéma. Je suis ravie de voir plein de films.  Et juger les fil (...)

    Laura, membre du jury du dixième Festival du Film Francophone d'Angoulême, amie de Dominique Besnehard, depuis toujours ? Filleule en tout cas depuis toujours. Oui, et amie évidemment.

    C'est une fidélité d'être là, d'être à Angoulême ?

     Ce qui est amusant, c'est que je suis pour la première édition et la dixième, dix ans après. Et c'est toujours l'ambiance que j'aime : décontractée, des gens qui aiment le cinéma. Je suis ravie de voir plein de films.  Et juger les films, ce n'est pas facile ? Non, ce n'est pas facile parce qu'il y a des gens qui mettent des fois 10 ans, 20 ans, 5 ans… C'est quand même… Et nous, on arrive pendant deux heures, on dit : "Oui, non, oui, non". C'est une grosse responsabilité quand même d'être jury. Je ne le prends pas du tout, du tout, à la légère. Et j'ai eu la chance d'être déjà plusieurs fois membre de jury dans différents festivals. Et à chaque fois, c'était différent, des ambiances différentes. Ici, c'est vrai qu'il y a quelque chose de très familial. C'est fin de vacances, rentrée en douceur dans le monde du cinéma. 

    Il fait beau. On a un cadre magnifique. Et le public est là, c'est ça qui est dingue, il y a un contact avec les artistes. 

    Complètement. J'avais présenté un film, "Pauline et François", il y a quelque temps ici. Et les questions étaient tellement pertinentes du public, ça n'avait rien à voir avec certaines fois où j'ai pu présenter dans différents endroits. Ici, c'était des questions dont je n'avais même pas pensé, sur des cadres, sur des choses bien précises.

    C'est fou. Le cinéma, c'est une passion. À 19 ans, le premier film ? 19 ans, oui. 

    Avec Olivier Assayas. Non, avec Xavier Giannoli. Ah, avec Xavier Giannoli. En fait, Olivier m'a repérée chez Emergence, tenu par Élisabeth Depardieu. Et il en a parlé à Xavier qui cherchait sa comédienne pour "Les corps impatients". Et voilà, j'avais passé le casting à 18 ans et demi. Hey, hey, hey ! Qu'est-ce qu'il te prend ?! Ça fait combien de temps que (inaudible). Sac ! Tu ne sais pas que moi je suis en train de souffrir ! Je suis toute seule dans ce job de merde !

    J'en ai marre. C'est trop facile, elle a besoin de toi.  Foutez-moi la paix, bordel !

    Puis moi aussi, j'ai besoin de toi. Réponds-moi, s'il te plaît.  Réponds…

    Tu sais ce qu'on est en train de faire ?

    Prix Romy Schneider. Oui. Nominée aux César. Oui. Meilleur espoir. Oui. Tout ça ,c'est chouette.  C'est super chouette. Ce n'est pas ça qui est chouette, ce qui est chouette, c'est qu'alors que j'étais une piètre élève à l'école, découvrir d'un seul coup une passion qui n'était pas vraiment ce que je voulais faire. Moi, je voulais être comme Dominique à la base, je voulais être agent artistique. Agent de stars. De stars, je ne sais pas… Payé à 10%.

    Ouais… Mais je ne sais pas, il y avait quelque chose qui me fascinait. En tout cas, je trouvais ça très intéressant de s'occuper de la vie de quelqu'un, de lire des scénarios, de s'imaginer un tel dans un rôle. C'est quelque chose qui me plaisait. Et c'était surtout ça, c'était d'un seul coup de découvrir quelque chose… Je n'avais absolument pas imaginé faire ce métier, du tout.

    En même temps, la passion du cinéma,  c'est d'abord les premiers films. D'être dans une salle et de découvrir ce que c'est. 

    Pour tout vous dire, je n'allais pas à certains cours comme des mathématiques, et j'étais dans une salle de cinéma et je regardais déjà des films.  Vous séchiez les cours, Laura ? Mais pour le cinéma, pour la bonne cause. Il ne faut pas le dire… Si ce n'était pas pour la bonne cause, je ne le dirais pas.

    Vous alliez voir quoi, comme film ? Un peu de tout. Mais j'allais à l'Arlequin, je me souviens, voir des vieux films. Je me souviens de ça. J'allais à l'Arlequin où il y avait la Pagode aussi. J'étais juste à l'école à côté, donc il y avait la Pagode où il passait toujours des vieux films, et j'aimais bien ça.

    Vous vous êtes dit, un jour : "Je serai sur l'écran."  Je ne sais pas. Non, encore une fois, j'étais… Non, j'aimais ça. Même encore aujourd'hui, en une semaine, je dois aller deux ou trois fois au cinéma. J'adore ça. J'ai besoin qu'un film me transporte d'une manière ou d'une autre. Mis en scène, Love. Je pense aussi à Claude Chabrol. Incroyable film. Il nous manque, Claude.  Oui, qui manque. Beaucoup.  Un grand metteur en scène, être dirigée par un grand metteur en scène.

    C'est comme ce que je viens de tourner, avec Xavier Beauvois, ce sont des gens qui on n'a pas l'impress… Les plus grands, on a l'impression que c'est simple, c'est comme les sportifs de haut niveau. Ils font des trucs hallucinants, mais on a l'impression que c'est simple. Nous, on essaye et on se casse la tête tout de suite. Mais Xavier Beauvois ou Claude Chabrol, ou Xavier Giannoli, font partie des gens qui… Ou Philippe Garrel, avec qui j'ai eu la chance de travailler, font partie des gens où on ne sent pas l'effort. Il y a quelque chose, on se laisse porter par eux, par leur regard. On leur fait totalement confiance. Et même eux, on a l'impression que ce n'est pas un effort. C'est un don qu'ils ont. Les personnages : qu'est-ce que vous aimez incarner, Laura ? Qu'est-ce qui vous fascine dans un personnage ? Rentrer dans la peau de quelqu'un.

    Ce qui me fascine… Il faut qu'il y ait quelque chose de ressemblant. Je n'ai jamais vraiment fait de rôles complètement différents de moi. De toutes les façons, même si c'est très différent, il y a toujours une ressemblance et je m'appuie là-dessus puisque ça me rassure. Et après, ce que j'aime, c'est s'oublier. Et une fois que la scène est finie, si le réalisateur est content, moi j'ai passé la plus belle journée de ma vie. C'est de voir la satisfaction dans le regard de ta réalisatrice ou de ton réalisateur, pour moi, ça vaut tout l'or du monde.

    S'oublier, c'est-à-dire être quelqu'un d'autre ? C'est oublier tout.

    Carrément.

    Oui, c'est un truc qu'on est comme en… Des fois, comme une espèce de sortie de corps. Des fois, ça m'est arrivée de me dire "Ouh là, je suis partie très, très loin", et avoir du mal à revenir. Il me faut toujours deux, trois heures après une journée de travail pour redescendre un peu de la journée, ppour être un peu moi. C'est vrai ? Un peu, des fois oui. Là, vous êtes vous ? Là, complètement. Là, c'est Laura. Vous êtes vous. Vous avez de la chance. C'est bien d'être soi. Ou pas, je ne sais pas. C'est bien d'être soi quand on peut être quelqu'un d'autre de temps en temps. Parce quand on est tout le temps soi-même, en tout cas pour moi, c'est fatigant. Ah bon, pourquoi ? 

    Parce que c'est fatiguant. Sans explication. Ça fait bien de changer un peu. 

    C'est génial. Et alors, ici, à Angoulême, découvrir tout un tas de films qui sont en compétition, de la francophonie, ça veut dire qu'on a des regards du monde entier, finalement ?

    Oui, et on porte le regard sur toutes ces belles œuvres. Il y en aura une ou deux qui seront récompensées. C'est toujours délicat. Mais voilà. Il y a une sublime sélection, cette année.

    C'est un bonheur, Laura, d'être Laura ? C'est gentil.



    D'être vous ? Vous êtes dans mon cerveau, en fait ? Ça y est, là je suis rentré. D'accord.

    C'est vrai ?

    Vous faites une sortie de corps en direct ? C'est incroyable. Je vis un moment exceptionnel. Et ce n'est pas du cinéma.  C'est ça qui est encore plus flippant.  C'est vrai.



    Merci, en tout cas. En tous les cas, ce qui touche, c'est le public. Oui. Qui est là. Quand le public vous dit : "Vous nous avez fait passer un moment formidable." C'est ça, on est là pour ça. On est là pour essayer de faire rêver des gens, essayer de leur faire oublier certains tourments de leur vie, essayer de les faire rire, essayer de les faire pleurer. Enfin, c'est de donner une petit respiration à chaque fois, c'est ce que j'essaye de faire.

    Merci, Laura. Vous allez faire quoi, maintenant ? Je ne sais pas, je vais peut-être changer de chaise.

    Non ! Non, non, non. On a signé un contrat d'exclusivité. Ah bon ? Alors, je pars. C'est vrai ?  Voilà, j'ai terminé ma journée, on se retrouve ce soir. Je suis ravie. Je termine avec vous et je commence avec vous, c'est parfait. Merci, Laura.  Merci à vous.

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