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  • L'invité

    Louis-Philippe Loncke

    Invité : Louis-Philippe Loncke, explorateur belge, sacré Aventurier européen de l'année.

    Présentation : Patrick Simonin.

    Transcription

    Aventurier européen de l'année, Louis-Philippe Loncke, bonjour. Bonjour. Vous êtes Belge et vous explorez le monde. Comment on devient aventurier européen de l'année ? Comment en est sacré par cette récompense ? Ça a été la remise d'un dossier sur un an de temps, donc en 2006. J'ai traversé trois déserts très extrêmes, quasi à la queue leu leu, à chaque fois une grosse semaine à deux jours : la Vallée de la mort, le désert de Simpson en Australie et les déserts de sel en Bolivie. Qu'est-ce qu'on (...)

    Aventurier européen de l'année, Louis-Philippe Loncke, bonjour. Bonjour. Vous êtes Belge et vous explorez le monde. Comment on devient aventurier européen de l'année ? Comment en est sacré par cette récompense ? Ça a été la remise d'un dossier sur un an de temps, donc en 2006. J'ai traversé trois déserts très extrêmes, quasi à la queue leu leu, à chaque fois une grosse semaine à deux jours : la Vallée de la mort, le désert de Simpson en Australie et les déserts de sel en Bolivie. Qu'est-ce qu'on cherche en prenant autant de risques ? Ce que je cherchais dans ce projet particulier, c'était de pousser la limite de savoir jusqu'où on pouvait aller en marchant rien qu'avec un sac à dos. Dans la plupart des déserts, quand on veut faire une grande distance, on tire une charrette, on met toute son eau et tous ses vivres pour plusieurs jours. Et là, l'idée était de pousser l'idée d'être en simplicité, en connexion plus grande avec la nature, rien qu'avec le sac à dos, même si on a le poids du sac à dos, mais un poids différent, et avoir une mobilité beaucoup plus grande. On voit les images, Louis-Philippe Loncke. C'est la Vallée de la mort. Vous êtes chargé avec 43 kilos dans le sac à dos. C'est très dur. C'est très dur. Au-dessus de 40 kilos, ce n'est même plus un poids, c'est une douleur qui s'installe. On écrase littéralement les épaules. À certains moments même, ce que j'ai eu surtout dans le Simpson où j'étais parti avec 61 kilos au départ, 40 kilos d'eau, quand je voulais planter mon bâton, je n'avais plus de force puisque le sang ne passait plus très bien dans mon bras.  On vous voit dans la Vallée de la mort. Pourquoi ce choix, cet endroit mythique sur la planète, aux États-Unis ? C'est un des plus extrêmes. Il est mythique. Il est intéressant. Un Américain avait tenté de la traverser deux fois. Je me suis dit : "Je vais essayer". Il avait tenté une charrette. Je me suis dit que c'était jouable vu la distance. Je croyais. Il faut essayer. C'est passé du premier coup et ça fait plaisir évidemment. Vous faites ces aventures-là, mais vous êtes, comme vous le dites d'ailleurs vous-même, un aventurier versatile. Ça veut dire quoi ? Malgré que j'ai fait pas mal de déserts aujourd'hui, j'ai fait des expéditions en kayak comme le Titicaca. Je suis le premier avec un Péruvien. On a fait 1 100 kilomètres. On est les premiers à faire le tour en kayak. J'ai fait des sommets. J'ai fait de la spéléo. J'ai été sur Clipperton également en expédition purement scientifique. C'est plus l'exploration pour retrouver des nouvelles espèces. Le côté aventure, c'est prendre des risques. J'ai fait un peu de tout. Vous faites de tout, de la plongée, du kayak, de la marche. On voit d'ailleurs une expédition en Pologne. On va voir des images. Vous partez du sommet le plus élevé de la Pologne pour aller jusqu'à la mer. Ça s'appelle un Summit to sea en anglais, du sommet au point le plus bas. On part du sommet, le mont Rysy. On fait à peu près 200 kilomètres de marche. J'ai trouvé la source de la Vistule, le plus long fleuve de Pologne. Je l'ai longé jusqu'à ce qu'on puisse pagayer, puis j'ai pagayé les 1 000 kilomètres jusqu'à la mer Baltique. Regardez ces images. Décrivez-nous ce que l'on est en train de voir. Il y a évidemment eu des rencontres particulières en Pologne, que ce soit avec des personnes culturellement intéressantes, qu'on a vues avec le vélo. Là, c'était en pleine nuit dans le (back kraft) au tout début. Les Polonais étaient très intéressés. Pourquoi un Belge, quelqu'un qui n'est pas Polonais était intéressé par eux ? Mais justement, en terre d'aventures, on ne parle pas de la Pologne. Il y a plein de pays qui sont "oubliés". On pense à l'Himalaya, au Pôle Nord, au Pôle Sud, mais il reste des tonnes de choses à faire. On vous voit franchir des barrages. Il y a des risques à certains moments. J'ai arrêté de compter le nombre de fois où j'ai failli mourir à vingt. Ça m'a peut-être porté chance d'arrêter de compter puisque depuis, ce n'est plus arrivé où j'étais vraiment très, très, très proche. Pourquoi ces risques ? Il y a le côté challenge. Je vais en expédition pour voir des beaux paysages. C'est la première règle. Je pourrais très bien y aller en 4x4 ou en hélico. C'est un coût différent. Il y a l'idée d'y aller seul, à deux ou à trois, d'aller voir ce qui se passe, d'être en communion avec la nature, d'avoir cette espèce de paix intérieure qui s'installe. En même temps, il y a un facteur stress énorme puisqu'on doit être sur le qui-vive et alerte à tout ce qui peut arriver. Vous le dites vous-même dans des interviews : "J'ai peur à certains moments". La peur est essentielle. C'est un mécanisme de défense. Aujourd'hui, je n'ai plus peur d'avoir peur, mais la peur fait évidemment partie du jeu. Je suis humain et je n'ai pas encore assez bu de bières aujourd'hui pour oublier ma peur. C'est vrai que les Australiens vous surnomment le Crazy Belgium. Parce que pour eux, c'est un gars qui vient d'un pays où il pleut tout le temps, qui vient s'attaquer au désert, dont le Simpson que j'ai traversé deux fois. Sur la longueur, je suis toujours le premier. Ils n'y avaient même pas pensé parce que ce n'était pas possible en autonomie complète. La première traversée dans les années septante, c'étaient deux personnes qui tiraient également une charrette comme moi, mais un avion était venu larguer, à deux reprises, nourritures et eau. Vous ne voulez pas de tout ça ? Vous ne voulez pas des sentiers, pas de soutien ? Ah non, pas de sentier. C'est embêtant. Autant le faire en 4x4, le sentier. L'idée, il n'y a rien autour de soi, c'est magique, c'est un peu mon royaume. Simpson, c'est fantastique. J'adore le Simpson parce que c'est six fois la Belgique. La Belgique, c'est petit. Six fois la Belgique, ça commence à compter. Il n'y a pas un humain qui y vit, les Aborigènes ont quitté le Simpson il y a 115 ans parce que ça devenait trop difficile pour eux de se nourrir. Ça vous plaît qu'il n'y ait pas un humain qui y vive. Vous dites : "J'aime la solitude". C'est une forme de plaisir quelque part. J'aime évidemment le contact social. On est Belge, c'est impossible de l'éviter, mais j'aime bien ce côté de la solitude. Ça permet de se reposer, de se ressourcer, de ne plus avoir de téléphone par exemple. On a l'impression que vous avez fui. Vous êtes originaire de Mouscron en Belgique. Vous avez travaillé en entreprise, dans les affaires. Vous fuyez tout ça aujourd'hui ? Ce n'est pas une fuite, c'est un projet qui a un temps, un départ et une fin. On essaie d'arriver au bout. Si on rate, on essaie de recommencer. J'ai raté une seule expédition, je l'ai recommencée, et heureusement, je l'ai réussie. Parce que la vie est ennuyeuse si on ne fait pas d'aventure. Tous ceux qui nous écoutent peuvent devenir aventuriers demain. Il y a plein de gens passionnés dans des domaines, quelqu'un qui va collectionner les timbres jusqu'à quelqu'un qui fait de la danse. Je suis tombé par hasard là-dedans. J'ai commencé suite à la plongée sous-marine. Je suis arrivé en Australie, j'ai commencé à faire de la rando, puis du trek, puis je me suis enfoncé dans les terres. Je me suis perdu dans des sentiers. Ça me plaisait d'être perdu, en tout cas de retrouver le sentier après. On a envie de pousser la chose plus loin, de se dire : "J'ai envie de faire un sentier de quelques centaines de kilomètres où il n'y a rien".  On est heureux quand même quand on revient en Belgique, Louis-Philippe Loncke. Bien sûr, on voit la famille et les amis. On pense déjà au projet suivant. On pense déjà à la Bolivie, je crois. Vous avez encore plein de projets. Vous n'arrêtez pas. La planète est vaste. Vous dites : "Il y a encore la moitié de la planète à explorer, qui n'est pas connue". Grosso modo, avec les jungles, les déserts et les terres polaires, ce sont des superficies gigantesques dont on ne connaît pas grand-chose. On va vous suivre, Louis-Philippe Loncke, l'aventurier européen de l'année 2016. Merci beaucoup d'avoir été avec nous d'autant que vous êtes pour votre première télévision hors Belgique. Merci beaucoup. Merci. Au revoir. À bientôt Louis-Philippe.

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