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  • L'invité

    Claudio Capéo

    Invité : Claudio Capéo.

    De la gouaille et du soleil dans la voix, Claudio Capéo enchaîne les tubes. Accompagné de son accordéon, il a fait vibrer la scène des Francofolies de La Rochelle.

    Présentation : Patrick Simonin. Depuis les Francofolies de La Rochelle.

    Transcription

    "Comment ça va, ça va, ça va, ça va Sur ma planète Je te répondrai ça va, ça va, ça va Comme ci comme ça Les bières, les vins que je bois Ont maintenant pas le goût de la fête Mais tant qu'on a le cœur qui bat, qui bat Ça va, ça va" Claudio Capéo et tout son groupe. Ah, il est en train de téléphoner, Claudio. Il y a un coup de fil. C'est qui ? C'était maman. Elle est fière parce que là, c'est la grande scène ce soir ?

    Oui, bien sûr. C'est complètement fou. On est comme des gosses, (...)

    "Comment ça va, ça va, ça va, ça va Sur ma planète Je te répondrai ça va, ça va, ça va Comme ci comme ça Les bières, les vins que je bois Ont maintenant pas le goût de la fête Mais tant qu'on a le cœur qui bat, qui bat Ça va, ça va" Claudio Capéo et tout son groupe. Ah, il est en train de téléphoner, Claudio. Il y a un coup de fil. C'est qui ? C'était maman. Elle est fière parce que là, c'est la grande scène ce soir ?

    Oui, bien sûr. C'est complètement fou. On est comme des gosses, on est super excités. Il ne faut pas nous en vouloir, mais ils sont tous remontés à bloc, surtout Pucsy. Lui, c'est fini, on l'a perdu.

    Il est perdu. Tu peux peut-être nous présenter le groupe.

    Celui qui est jaune et qui attend. Le plus beau, c'est lui et quand même. Elle devient un petit peu ringarde, la blague à force. Picsou, Xavier. Bateria. C'est celui qui coûte le plus cher, donc ?

    Oui, ça va. Là, tu as Julien. Julien qui est coiffeur, mécanicien, il sait tout faire. Bon copain aussi. Et puis, Gilou qui a perdu certaines choses, mais il en a beaucoup d'autres ailleurs. Il a perdu ses cheveux, c'est vraiment dramatique, je compatis. Et ça y est, les Franco accueillent Claudio Capéo et son groupe. C'est un moment important, Claudio ? Pour nous, c'est un rêve de gosse. De se retrouver ici, pour nous c'était complètement impossible. C'était tellement loin, c'était tellement gros, c'était tellement fou. On jouait sur le trottoir juste à côté. On se montrait, on essayait de vendre des CD pour mettre de l'essence pour rentrer avec le camion. C'était déjà très bien comme ça. Et puis, on marquait sur notre page Facebook "On joue aux Franco." Cette fois-ci, on y est pour de vrai avec vous tous. C'est très beau.

    Il y a une chanson qui dit : "Un homme debout", "Je chante pour qu'on me regarde." Non, mais c'est vrai. Dans la rue, c'était ça la vie ?

    C'était ça. Et puis, il y en a beaucoup qui ne nous regardaient pas du tout parce qu'on emmerdait un peu les gens. Ça peut se comprendre, les gens qui vont au travail et qui sont dans le métro, ils n'ont pas forcément envie de prendre leur temps pour chaque musicien parce qu'il y en a un paquet et parce que ça peut être emmerdant au bout d'un moment. Pour nous, c'étaient des moments assez durs. Tu penses faire un truc bien pour le plaisir juste pour se faire du bien et puis finalement, il y en a qui t'engueulent presque. Ce n'était pas évident. Tout ça est né de tout ça, de cette expérience, de ces coups qu'on a pris dans la gueule, mais qui nous ont fait du bien, qui font du bien et qui nous font encore du bien. C'est un "Homme un debout" : de la rue à la grande scène des Franco. Claude Capéo.

    "Si je m'endors, me réveillerez-vous ? Il fait si froid dehors, le *ressentez vous? Il fut un temps où j'étais comme vous. Malgré toutes mes galères, je reste un homme debout."

    Il y a une chanson sur ce disque qui se dit : "Un homme, ce n'est pas un chien, c'est de l'amour en poussière. Ça fait tourner le monde." C'est ça, c'est l'amour qui fait tourner le monde ? C'est l'amour, c'est tout ce qui nous entoure. C'est tout ce qu'on peut se prendre dans la gueule, c'est tout ce qui peut nous faire du bien. C'est toutes ces façons qu'on a de pouvoir s'aider et d'être ensemble et d'être plus forts à deux, à mille. C'est se porter tous les uns et les autres. Tout ça nous fait du bien et nous fait avancer. Ça a toujours été l'amour qui t'a poussé ? D'abord, apprendre l'accordéon à l'âge de 6 ans, ce n'est pas évident. Pas du tout. Tu as 14 ans, tu fais de l'accordéon, tu es un couillon. Ça ne fonctionne pas du tout, ça ne passe pas, ça ne marche pas. Il y a des trucs qui ne fonctionnent pas. Et puis, c'est ma mère qui me force comme une dingue pour que je continue. Et puis, finalement, on en est là aujourd'hui. C'est vrai qu'au départ, j'ai choisi l'accordéon parce que je ne savais pas du tout ce que c'était. Et puis, je me suis dit : "J'ai envie de tenter un truc. J'ai envie de tenter ça", et c'est parti de là.

    Après, il y aura le jazz africain. Entre temps, il y aura un groupe de métal. Mais finalement, le retour à l'accordéon aussi, quelque part, à la chanson.

    C'est ce qui nous a toujours plu, c'est ce qu'on a essayé à l'époque et puis on a sorti quelques albums qui n'ont pas forcément super bien marché. On était en auto production et ce n'était pas évident. Le plus important pour nous, c'était d'être sur scène et de faire de la musique, ce n'était pas de gagner du pognon et encore maintenant, ça nous est juste vraiment tombé sur la face. Et puis, on n'en est pas malheureux et on en profite à fond et puis tant mieux. On va se dire que du coup le travail paye un peu. Le plus important pour nous, c'est vraiment de faire de la musique.

    Les chansons parlent beaucoup des éclopés de la vie, l'ambulance qui vient soigner les bleus à l'âme, et finalement d'une certaine nostalgie, nostalgie aussi de Paris, des grandes villes, sur ce qui s'y passe. C'est ça, la poésie urbaine ?

    C'est des petits mecs de la campagne qui débarquent dans une grande ville comme la capitale et qui découvrent, je n'ai pas envie de dire la vraie vie, mais l'envers du décor, des choses qui font mal au cœur. Tu te dis "Ce n'est pas possible à notre époque qu'il y ait des gens de plus en plus dans la rue qui sont complètement laissée pour compte." Il y a un souci quelque part alors qu'il y aurait moyen de changer les choses en s'entraidant et en étant un peu plus unis. Le chacun pour sa gueule en ce moment, il y en a un petit peu ras-le-bol.

    Il y a une chanson qui s'appelle "Mon pays". Elle parle du déracinement de ceux qui doivent quitter leur pays, forcés. C'est une chanson qui est universelle, au fond. C'est pareil, les gens n'ont pas envie de partir de chez eux. Ils sont très bien chez eux, ils ont leur famille, ils ont leur maison, c'est juste qu'ils n'ont pas le choix. Ensuite, ils arrivent en France ou dans d'autres pays et on les prend comme si c'étaient des mange-merdes. Putain, ce n'est pas leur choix, ce n'est pas leur envie. Ils n'ont pas eu le choix. Ils s'adressent à leur pays et ils disent : "Je reviendrai, j'ai une sorte de fidélité. Je ne te trahis pas." C'est touchant.

    Tout à fait.  Il est bon ! Lui est plus bavard à côté, vraiment il va nous sortir du truc.  Les réfugiés, la chanson "Mon pays". Très simplement, c'est une chanson qui retrace un petit peu aussi l'histoire des parents de Claudio. Ses parents qui sont eux-mêmes immigrés italiens qui ont dû vivre ça et lui qui l'a vécu de manière très forte et de voir un peu le parallèle entre ce qui se passe aujourd'hui et ce que ses parents ont vécu à l'époque. Je pense que c'est simplement ce qu'il a voulu dire. Il a tout dit, Claudio. Tu vas peut-être reprendre le micro. Il parle bien quand il veut.

    Et c'est ce qui fait que ça, ça touche tout le monde, c'est un magnifique album, et que le public est là aux Franco pour saluer Claudio. On donne tout sur scène ? Bien sûr, la scène c'est notre récréation, c'est notre plaisir. On a tellement travaillé en amont. Avec plaisir tout le temps, c'est toujours pour le kiff de la musique, pour s'éclater. On est en tournée et on est en récré. Vraiment, on peut faire du bien, on peut se faire plaisir, on peut faire plaisir aux gens et ils nous donnent du plaisir, ils nous font plaisir. C'est un gros partage, c'est la récré, c'est l'apéro, c'est la fiesta, c'est le bonheur, on est bien.

    On va prendre l'apéro et faire la fiesta. Le public est là, sur la grande scène des Franco de La Rochelle. Merci Claudio, merci à tous d'avoir été avec nous avec TV5 Monde. Bon concert !

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    00:08:22
    Tous publics
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