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  • L'invité

    Julien Doré

    Invité : Julien Doré.

    Le chanteur a été l'une des stars de l'édition 2017 des Francofolies de La Rochelle. Il se confie sur sa vie, ses chansons, ses engagements, en particulier contre la corrida, ce qui a valu récemment une polémique lorsqu'il a repris le titre « La Corrida » de Francis Cabrel aux arènes de Nîmes.

    Présentation : Patrick Simonin. Depuis les Francofolies de La Rochelle.

    Transcription

    "Sur la place coco câline Sur la plage coco De ta bouche coco naïve…" Julien, Francofolies de La Rochelle. Bonjour Julien. Oui, bonjour. C'est toujours émouvant de rencontrer le public, un album qui a cartonné comme ça et de se dire : "Il va y avoir cet échange ici". Il y a quelque chose de fort qui se passe à chaque fois ? Oui. Qui se passe à chaque fois que j'ai la possibilité de faire vivre un instant qui s'inscrit dans le spectacle vivant, c'est-à-dire un moment qui nous appartient, qui appa (...)

    "Sur la place coco câline Sur la plage coco De ta bouche coco naïve…" Julien, Francofolies de La Rochelle. Bonjour Julien. Oui, bonjour. C'est toujours émouvant de rencontrer le public, un album qui a cartonné comme ça et de se dire : "Il va y avoir cet échange ici". Il y a quelque chose de fort qui se passe à chaque fois ? Oui. Qui se passe à chaque fois que j'ai la possibilité de faire vivre un instant qui s'inscrit dans le spectacle vivant, c'est-à-dire un moment qui nous appartient, qui appartient à ma musique, à mes musiciens, à mon équipe et au public qui est venu nous voir et qu'à un moment donné, cette rencontre crée quelque chose de suspendu qui est sans doute ce qui va se passer ce soir, oui. Oui, c'est quelque chose qui ne se raconte pas, c'est quelque chose de… C'est quelque chose qui se ressent. C'est très difficile d'y mettre une analyse, qu'elle soit en amont ou a posteriori, c'est très difficile d'y greffer des mots parce que ces mots ne sont jamais vraiment à la hauteur de ce ressenti-là. Tout se passe dans le ressenti et dans l'instant. Oui et de se dire que ces chansons-là ont touché le public, c'est un bonheur de se dire que "Porto-Vecchio"… que les gens aiment ces chansons, finalement les partagent aussi. Oui. Au-delà du fait d'apprécier, j'arrive à ressentir parfois même que j'en suis désapproprié. Oui. Que ces chansons que j'ai pris le temps de soigner et qui se sont imposées à moi en termes d'envie d'écriture, ce besoin de les faire exister, des mois et des mois après comme aujourd'hui, je me rends compte que ces histoires que je raconte ne sont pas simplement les miennes, c'est qu'aujourd'hui, elles racontent aussi la vie d'autres personnes. Oui. Et que c'est justement parce qu'elles racontent la vie d'autres personnes qu'on arrive à se retrouver à un moment donné et que cette rencontre est une évidence et les rencontres d'évidence, elles sont assez rares dans la vie, mais en l'occurrence, j'ai l'impression de les sentir à chaque fois que je monte sur scène. Oui, il y a "Le lac", c'est une évidence, cette chanson, je pense qu'elle marque le temps, c'est un standard, c'est une musique déjà qui résonne, et le clip aussi qui marque aussi les esprits. Ce casque sur la tête, cette moto : c'est cela, ce sentiment de liberté, de corps à corps avec la nature. Oui et en même temps avec une grande humilité, c'est-à-dire que la moto, c'est un modèle réduit, c'est une mini moto. Je ne pollue pas beaucoup, je ne roule pas vite, je suis au ras du sol et le fait d'être au ras du sol presque avec une certaine lenteur, ça me permet de lever les yeux au ciel et c'est ça, ce que décrit cette mini moto, c'est que cette mini moto, c'est ma part d'enfance, c'est mon véhicule de bande dessinée. C'est grâce à lui que je voyage, mais je prends le temps comme un enfant d'observer ce qui m'entoure et surtout de le respecter, de le respecter par ma contemplation et par mon témoignage parce que ce témoignage-là se retrouve dans mes textes de chansons, mais se retrouve aussi dans toute l'imagerie au travers des clips, au travers des pochettes d'albums, au travers des photos, qui va venir envelopper ces chansons-là. Julien Doré, "Le lac". "La forêt se tord L'horizon soupire T'aimer sur les bords du lac Ton cœur sur mon corps qui respire Pourvu que les hommes nous regardent Amoureux de l'ombre et du pire" "Coco câline", "Sublime & silence", d'autres titres forts de ce disque qui recèle des pépites incroyables et qui parle aussi beaucoup d'amour et l'amour, c'est quelque chose de fondamental. Oui, c'est fondamental dans le vocabulaire des artistes depuis toujours. Alors malheureusement, le fait que ce soit fondamental dans le vocabulaire des artistes, c'est parfois pris un peu à la rigolade. On a toujours l'impression que c'est un peu cul-cul ou désuet dès lors qu'un artiste et surtout des auteurs-compositeurs, mais bon, surtout des chanteurs ou chanteuses utilisent ce mot-là. Mais en fait, c'est fondamental, pourquoi ? C'est fondamental, pourquoi ? Parce qu'aujourd'hui, dans cette époque-là, dans ce monde-là, utiliser ce mot-là, c'est une bataille, c'est une guerre en soi, ce qui est un énorme paradoxe par rapport à la signification du mot. Mais aller chercher l'amour aujourd'hui, le provoquer, l'imposer, l'injecter, c'est une bataille en soi. Et de dire ça aujourd'hui, ça me désole malheureusement. Mais essayer d'injecter du lien, de l'amour dans ce qu'on fait, c'est devenu malheureusement un combat. Oui malheureusement. Ce qui devrait être une évidence, ce qui devrait être une grande évidence. Malheureusement oui, ce n'est pas si évident que ça. Et dire par exemple que l'on défend le règne animal, ça paraît une évidence. Pourtant, ce n'était pas évident de chanter "La corrida" de Cabrel dans les arènes de Nîmes. Je pense que dans chaque instant, il peut y avoir un symbole. Le fait que les animaux soient présents dans chacun de mes clips, c'est quelque chose d'important pour moi parce que je sais que mes clips, mes vidéoclips touchent les enfants. Et donc je me dis que quand je tends un miroir dans mon clip en montrant l'animal à l'homme, en expliquant que nous sommes une espèce parmi d'autres, c'est une façon pour moi de me dire que peut-être, ça va soulever quelques questions. Quand il y a un panda, mais qui est un costume de panda que j'humanise d'une certaine façon avec ma présence, je me dis que ce costume-là et cet animal-là va peut-être susciter, au travers de ce vidéoclip, une question d'un enfant qui va voir ce vidéoclip, qui va peut-être demander à ses parents : "Où est-ce que je peux voir cet animal-là sans Julien dedans, le vrai, où est-ce que je peux le voir ?" Et la réponse à chaque fois va être le zoo malheureusement. Et même si dans les zoos, il y a de moins en moins de pandas. Évidemment que se responsabiliser immédiatement sur le fait que la plupart des espèces disparaissent de notre planète, c'est au-delà de l'urgence. C'est au-delà d'une prise de conscience à partir du moment où on sait scientifiquement qu'il est déjà trop tard. Oui, mais maltraiter un animal, un taureau ou un autre animal, ce n'est pas possible. C'est ça aussi. C'est-à-dire qu'encore une fois, l'animal est pour moi un miroir. Oui. Si on refuse de se regarder soi-même dans la glace, alors on ne peut rien faire, on ne peut rien soulever. Ce qui est incroyable, Julien, c'est qu'au fond, il y a un lien avec le public, toujours, qui finalement t'accompagne derrière, qui est là et c'est le titre du disque, c'est "&". Finalement c'est le lien, toujours. C'est une proposition de partage, une proposition de témoignage aussi du ressenti qu'on peut avoir quand on écoute l'album. Je me dis, moi j'ai proposé le mot "&" parce que je me dis peut-être que quand on traverse ce disque, on a peut-être envie soi-même d'y mettre les mots. Et c'est pour ça que la pochette de l'album aussi est particulière. Elle est percée. Oui et c'est presque immaculé, là, je ne sais pas si on voit, elle est blanche. Ah ça, c'est sur le vinyle, c'est assez différent. Oui. En fait, sur ce disque-là, le titre de l'album est absent. J'aimais bien cette idée aussi d'une disparition. On a parfois tendance à imposer le titre et j'aime bien aussi quand il s'absente et que c'est au travers de lui qu'on peut imaginer l'univers du disque. Merci beaucoup Julien. Merci à vous, merci beaucoup. Merci pour cette sincérité. Aux Francofolies ici donc le public attend sur la grande scène. Oui alors malheureusement, ils vont attendre encore un petit moment parce que je monte sur scène assez tard, bon voilà, c'est comme ça. Mais ému quand même toujours par cet amour que le public te donne ? Toujours… c'est plus qu'ému, c'est-à-dire que je suis toujours étonné que des gens soient restés pour me voir, pour m'attendre et me dire : "Bon maintenant, c'est à moi", et c'est parti, quoi. Donc ça, ce sera encore dans quelques heures. Mais là, pour le coup, personnellement, l'impatience commence à monter fortement. Le stress n'est pas encore là, mais je sais qu'il va arriver sur un bateau par là, il arrive, là. Il est par là-bas, il approche. Merci beaucoup. Merci Julien, merci beaucoup.

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    00:08:30
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