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  • L'invité

    Gérard Pont et Georgio

    Invités : Gérard Pont et Georgio.

    Gérard Pont, le directeur des Francofolies de La Rochelle, et Georgio, le nouveau rappeur star, issu du Chantier des Francos en 2015, sont les invités de Patrick Simonin pour l'édition 2017 du festival, qui rassemble les plus grands noms de la chanson francophone.

    Présentation : Patrick Simonin. Depuis les Francofolies de La Rochelle.

    Transcription

    Combien ont pris les paradis artificiels pour tremplin. Je cherche à combler le vide ou à évacuer le trop-plein. Je ne fais que culpabiliser en regardant ce temps de chien. Je rêve d'être sourd, de ne plus entendre aboyer mes frangins. Chaque jour la même rengaine, j'en veux à la Terre entière. J'ai ce manque d'oxygène qui me fait angoisser.

    Georgio, révélation du Chantier des Francos, Gérard Pont, patron des Francofolies de La Rochelle en partenariat avec TV5 Monde. Qu'est-ce qu'o (...)

    Combien ont pris les paradis artificiels pour tremplin. Je cherche à combler le vide ou à évacuer le trop-plein. Je ne fais que culpabiliser en regardant ce temps de chien. Je rêve d'être sourd, de ne plus entendre aboyer mes frangins. Chaque jour la même rengaine, j'en veux à la Terre entière. J'ai ce manque d'oxygène qui me fait angoisser.

    Georgio, révélation du Chantier des Francos, Gérard Pont, patron des Francofolies de La Rochelle en partenariat avec TV5 Monde. Qu'est-ce qu'on est heureux, Gérard, d'être ici. Qu'est-ce qu'on est heureux d'accompagner des artistes comme Georgio qui a commencé ici. C'est des souvenirs, les Francos.

    C'est énormément de souvenirs parce que le Chantier des Francos, c'est sur deux sessions d'une semaine. On a le temps de découvrir la ville de La Rochelle tout d'abord, de bien travailler, de se rendre compte de sa voix, de tout ce qui est technique, d'un ordre d'une set list, de l'ordre des chansons. Et on arrive à ça, un album. Gérard, on est fier quand on voit un artiste comme ça qui monte ?

    Je suis super fier pour deux raisons. Tout à l'heure, je me disais "C'est dingue, j'ai 61 ans et je suis amoureux et en admiration d'un mec de 24 ans, c'est très bizarre." Belle déclaration.

    Parce que quand je suis à ses concerts, je suis comme un gamin et je suis fan. Toute cette génération a réussi à réconcilier le grand public avec le rap. Et aujourd'hui, le rap c'est vraiment la chanson française. C'est eux qui écrivent, c'est eux qui ont des plumes, c'est eux qui ont des références et c'est eux qui ont des messages. Ils ne parlent pas que de leur nombril et, en même temps, ils sont généreux, lui, Bigflo et Oli, Nekfeu, etc. Le public et moi aussi j'ai évolué parce peut-être qu'à l'époque, j'étais un peu con et que le rap je ne comprenais pas tout. Mais en tout cas aujourd'hui, on a bien évolué grâce à cette génération qui nous emporte, qui nous entraîne. Je me souviens de l'avoir vu à La Cigale, j'étais super heureux d'être avec tout ce public-là qui avait 20 ans ou 25. Je me disais "Waouh ! Quelle chance !" "Héra", c'est un extrait du nouvel album rock de Georgio. On écoute quelques instants. …on laisse du sang sur l’étendard  J'veux mes potes près de moi  Ils savent que j'suis ma bête noire 

    Il manque N'kruma sur quelques dates, j'dors pas en paix l'soir  À chaque déception on m'répète que c'est ça la vie  Même face aux destins écourtés de Moushin et Larami  Très peu d'monde dans mon cercle d'amis et ohhh  Avec je veux attraper le bonheur  C'est mon lasso, c'est mon paradis  Sensible mais pas fragile, beaucoup d'choses m'attendrissent  Tu veux savoir c'que j'ai dans l'bide ?  J'suis la Loire qui s'jette dans l'Atlantique 

    Georgio, chanter Les Marlous. C'est qui, les Marlous ?

    C'est mon équipe de scène, c'est mon crew avec qui je partage ma vie, c'est aussi mes meilleurs. On s'est appelés comme ça sur une blague. Après, je chante la vie et le monde qui m'entoure, ma société.

    C'est tellement facile de parler de ses petites misères et de son petit nombril. Eux, ils chantent le grand dehors. Ils m'emportent sur des choses que la chanson française a oubliées, c'est-à-dire de parler des autres et de parler du monde dans lequel on vit. Ce n'est pas que positif parce que malheureusement on ne vit dans un monde de béni oui oui. Ce sont des gens généreux et ça, ça me fait super plaisir.

    Il cite Céline, il y a des citations d'auteurs. C'est un rap conscient, c'est un rap qui prône la paix aussi ?

    Ma musique, j'ai envie qu'il y ait une idée de combat mais de combat positif pour un meilleur, pour ne pas avoir peur de voyager, pour ne pas avoir peur d'aimer, de bouger, de faire changer les choses. Il faut rester dans la positivité. Je pense que tout doit partir d'énergie d'amour, c'est important. Je suis d'accord. Et c'est pour ça que j'ai réussi à être un des premiers fans de Georgio. Parce que quand il parle d'amour finalement, ces Francos depuis toujours, depuis que ça existe, c'est un rendez-vous d'amour, Gérard Pont ? En tout cas, j'aime, je suis généreux dans ça et trop parfois. Mais, oui, je suis ravi qu'aujourd'hui cette diversité de la chanson française soit représentée ici. De Kent à Michel Jonasz en passant par Georgio, il y a à la fois une diversité de générations, une diversité de styles, mais tout ça est effectivement positif, généreux. On a du plaisir, on a de l'émotion et tout ça n'est pas numérisable, ce n'est pas uberisable. Il faut être ici pour vivre, l'émotion, jamais on ne pourra la mettre sur une application. C'est les valeurs, Gérard. Les valeurs de ces Francos, c'est quoi ? Évidemment, c'est cette chanson qui raconte le temps, qui raconte l'Homme, qui raconte l'humain et qui rassemble finalement ?

    Je dis toujours que la chanson, tout le monde ne va pas au théâtre, tout le monde ne va pas au cinéma, tout le monde ne lit pas de livres mais tout le monde écoute de la chanson. Si la chanson peut véhiculer un message de paix, d'être ensemble, de culture… On sait qu'aujourd'hui, il y a plein de gamins qui ont du mal à s'entendre, les banlieues… Si la chanson peut aider à ce qu'on soit ensemble, je suis pour.

    C'est pour ça, ça sert à ça, Georgio ?

    C'est ça, totalement. Je rejoins ce que disait Gérard, c'est qu'il ne faut pas qu'il y ait de naïveté non plus. Ça peut être noir, ça peut être dur, ça peut être brut, ça peut être violent mais ça doit être toujours juste, je pense.

    C'est-ce que disait Didier Foulquier, il disait toujours "C'est juste quand on mouille sa chemise." Et je l'ai vu, il la mouille sa chemise avec son crew. Ils vont chercher, ils donnent et le public est avec eux et c'est une communion extrêmement collective et tu as envie d'en être.

    C'est ça, c'est le mot communion. Quand je disais qu'on entend les gens crier "Ici, c'est la Rochelle." Il y a un public particulier ici, il y a vraiment un rendez-vous chaque année ?

    Ce public a été éduqué depuis 33 ans à la curiosité. Il est éduqué à aller ouvrir des portes. D'ailleurs, la preuve, quand Foulquier faisait NTM et que tout le monde voulait absolument qu'il annule NTM, eh bien aujourd'hui le hip hop et le rap sont appréciés de tout le monde. Donc le public est éduqué, le public est curieux et le public est généreux. Quand ils disent "Ici, c'est la Rochelle", ça veut dire "Ici, on est ensemble." Et on crée, on invente. Cassar et Willem qui font un hommage à Michel Berger. Il y a des événements uniques qui ont lieu ici. Il se passe quelque chose. Je trouve que les Francos, ça soit être ça. Ce n'est pas non plus exceptionnel, mais ça doit être un truc qu'il n'y a nulle part ailleurs. Et demain, on aura vécu la création Willem/Cassar, elle n'existera plus mais on aura vécu un moment rare. L'émotion, ça ne se fabrique pas, c'est un truc de l'instant, éphémère. Un festival, c'est une énergie de dingue. Ça fait un an qu'on travaille sur tout ça, ça va durer cinq jours et ces cinq jours rentreront peut-être à vie dans la mémoire des gens.

    Et cette programmation dira "C'est ça. En 2017, c'était ça aussi."

    Je me souviens de Bashung en 2008, c'est resté à jamais gravé dans ma mémoire. Il y a des instants comme ça qui…  Et c'est bizarre parce que je n'ai rien, mais c'est une émotion. Une émotion, ce n'est pas rien. La grande scène, Georgio, elle est immense et en même temps il y a une proximité, il y a une chaleur avec le public. Qu'est-ce qu'on va ressentir tout à l'heure ?

    Je ne sais pas, j'attends de le vivre pour répondre mais j'imagine, quand on parlait de communion tout à l'heure, un échange d'énergie, de mouiller le maillot, de mouiller la chemise, de se donner à fond et que le public le rende. C'est un peu comme la poule et l'œuf, on ne sait pas trop si c'est le public qui donne à l'artiste et qui renvoie, ou si c'est l'artiste qui donne au public qui renvoie mais il se passe quelque chose. Je te le dis, il va les killer. Il va les asseoir, ils vont dire "Encore" et en même temps, ils vont être à genoux.

    C'est ça les Francos. Merci, Gérard. Merci, Georgio. TV5 Monde est tellement heureuse d'être partenaire de ces Francofolies de La Rochelle. Merci beaucoup..

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    00:08:21
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