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  • L'invité

    Thierry Ardisson

    Invité : Thierry Ardisson.

    Présentation : Patrick Simonin.

    Transcription

    Bonjour Thierry Ardisson. Bonjour Patrick. Lunettes noires pour nuits blanches, Salut les terriens, tant d'émissions mythiques, vous avez bouleversé l'histoire de la télévision française, vous êtes un amoureux de l'histoire tout court. On le voit avec un livre s'appelle Les Fantômes des Tuileries publié chez Flammarion. Vous êtes un nostalgique de la monarchie ? Non, je ne suis pas nostalgique. Je ne fais pas partie des gens qui aiment la monarchie parce qu'il y a des princesses, des carrosses,  (...)

    Bonjour Thierry Ardisson. Bonjour Patrick. Lunettes noires pour nuits blanches, Salut les terriens, tant d'émissions mythiques, vous avez bouleversé l'histoire de la télévision française, vous êtes un amoureux de l'histoire tout court. On le voit avec un livre s'appelle Les Fantômes des Tuileries publié chez Flammarion. Vous êtes un nostalgique de la monarchie ? Non, je ne suis pas nostalgique. Je ne fais pas partie des gens qui aiment la monarchie parce qu'il y a des princesses, des carrosses, etc. Mon propos est vraiment théorique au départ. Je pense qu'il est urgent de repenser l'idée monarchique en oubliant l'épisode Charles Maurras qui a fait de la monarchie, une idée d'extrême droite parce que vous dites que je suis monarchiste, les gens pensent que je vais voter… Vous dites qu'on n'a plus le droit d'être monarchiste aujourd'hui. Les gens pensent que je vote Front national. C'est la faute de Maurras qui a accolé l'idée monarchique à l'extrême droite. La monarchie, c'est justement quelque chose qui est au-dessus des partis politiques. Il y a beaucoup de monarchies en Europe. Il y en a dix, des pays où ça se passe très bien. Quand la gauche est majoritaire, le Premier ministre est de gauche. Quand la droite est majoritaire… Je ne vais pas vous prendre la tête avec ça. En fait, c'est très simple. On fonctionne dans un système où il y a toujours eu des conservateurs et des progressistes, la droite et la gauche. Dans le système actuel républicain, on choisit comme arbitre le capitaine d'une des deux équipes. C'est comme si on faisait OM-PSG et qu'on disait qu'on prend le capitaine de l'OM pour arbitrer le match ou le capitaine du PSG. Personne ne penserait à ça. Ça semblerait saugrenu. Mais la monarchie, ça n'est pas démocratique. Mais si, c'est démocratique à partir du moment où vous avez des élections. En Angleterre par exemple, en ce moment, c'est la droite qui est majoritaire, le ministre est de droite. C'est parfaitement démocratique. Le roi règne et ne gouverne pas. On le voit bien. Il y a une série, en ce moment, qui s'appelle The Crown où on voit le fonctionnement de la monarchie britannique. On voit vraiment comment, chaque semaine, le Premier ministre va voir la reine, ce que la reine lui dit, mais on voit aussi qu'elle ne lui dit pas ce qu'il faut faire. Le Premier ministre est tout à fait souverain. Ce que vous racontez dans ce livre, Thierry Ardisson, c'est l'histoire de ces dauphins qui avaient tout pour monter sur le trône, et rien ne va se passer. Ce sont des histoires vraies. Ce sont cinq dauphins. Exactement. Ça se passe dans l'ancien palais des Tuileries. Qui a été détruit. Tout ça est une Atlantide monumentale. C'est vrai que quand j'avais fait mon livre Louis XX en 1986, il y a trente ans, j'avais découvert cette histoire, de cinq dauphins qui ont tous joué dans le même petit potager à côté du pavillon de Marsan. Il y en a aucun qui est monté sur le trône. Pourquoi ? Parce que le dix-neuvième siècle est un siècle extrêmement bouleversé. Il y a eu la République, l'Empire, la monarchie. On est revenu à la monarchie et on revient à la République. C'est en cela que le dix-neuvième siècle me fascine, c'est que c'est un siècle incroyable. On dirait que ça a été écrit par un scénariste. Regardez l'histoire de Napoléon 3 qui revient et qui chute à cause de la bataille de Sedan où il chute en quelques jours. Pareil pour Louis-Philippe qui est très bien installé et qui chute aussi en quelques jours. C'est un vaudeville tragique avec des gens qui rentrent et qui sortent, des portes qui claquent. Et un romantisme derrière tout ça, avec des fantômes. Vous appelez ça, les fantômes. Vous dites qu'il y a le petit homme rouge. C'est le fantôme d'Henri II. C'est une légende. Quand le Palais des Tuileries a été construit, Catherine de Medicis a fait commettre un crime. L'âme, le fantôme de ce personnage revient hanter tous les monarques les uns après les autres jusqu'à la fin pratiquement du dix-neuvième siècle. On voit les anciennes Tuileries qui ont été incendiées, rasées, détruites par des républicains. Vous êtes nostalgique de ça. Aujourd'hui, à la place, il y a une bouche d'égout à Paris. C'est vrai qu'à l'endroit où était le pavillon central des Tuileries, aujourd'hui, il y a une bouche d'égout. L'histoire est écrite par les vainqueurs. Effectivement, on nous a appris que les rois étaient d'infâmes tyrans, qu'à l'époque des rois, le peuple souffrait. Ce sont des racontars. Il y avait sûrement des malheurs à l'époque, il y en a aussi aujourd'hui. Tout cela est écrit par les républicains. L'histoire est écrite par les gagnants. Pour l'histoire des Tuileries, on m'a toujours expliqué que ce sont les communards qui avaient mis le feu aux Tuileries pour empêcher l'entrée des troupes versaillaise. C'est ce qu'on m'a dit. Ils ont incendié l'hôtel de ville, les Tuileries. Pas du tout, mais pas du tout ! Ils ont incendié les Tuileries comme les talibans ont détruit les bouddhas de Bamiyan, comme Daesh a détruit les temples de Palmyre. Ils ont détruit les Tuileries parce que c'était le symbole de la monarchie. Ils l'ont brûlé. Ils ont passé une journée à mettre de la poudre à certains endroits, de peindre les tentures avec de la poire pour que ça prenne plus vite feu. Ils ont miné le truc, et après ils ont foutu le feu. Ils ont bu des coups, un peu comme Néron à Rome, en regardant le palais brûler. Ce que je veux dire, c'est qu'ils avaient sans doute de bonnes raisons de le faire. Je ne porte pas de jugement moral sur les Communards. Ça a été détruit juste parce que c'était le symbole de la monarchie, comme ils disaient "L'antre des tyrans". Je suis favorable à la reconstruction des Tuileries. Ça coûterait 300 millions. Je pense que ça coûte 300 millions qui seront financés par les banques. Le contribuable, ça ne lui coûtera rien. En revanche, ça peut rapporter beaucoup d'argent à la France parce que les touristes qui viennent en France ont déjà vu la tour Eiffel. Ils en ont vu beaucoup. Il y en a des nouveaux, c'est quand même très connu. Là, on va leur dire, il y a un nouvel endroit à Paris à visiter, ça s'appelle les Tuileries. C'est là où ont régné les empereurs et les rois Français. Ça va être bourré du matin au soir. La banque qui va donner les 300 millions, s'y retrouvera très rapidement. L'animateur, Thierry Ardisson, vous êtes au cœur de l'actualité tous les jours. Pourquoi cette envie d'aller dans cette histoire, dans l'Histoire ? Je pense qu'on ne peut pas juger le présent si on ne connaît pas l'histoire, si on ne connaît pas le passé. C'est vraiment un grand défaut de notre société, c'est qu'elle manque beaucoup d'histoire et géographie, bizarrement. Quand je regarde les chaînes info par exemple, on a l'impression qu'il n'y a que la France qui existe. Il n'y a jamais rien. Il y a des chaînes géographiques heureusement et des chaînes historiques, mais dans le mainstream de l'info, on oublie. On vous parle d'un pays comme si tout le monde savait ce que c'était, alors que la plupart des gens ne savent même pas de quoi parle. On ne prend jamais exemple sur le passé pour essayer de comprendre le présent. Je trouve qu'il y a un déficit culturel à ce niveau-là énorme.  Vous resterez toujours en noir. Oui, maintenant, le plus gros est fait. Merci Thierry Ardisson, Les Fantômes des Tuileries est publié chez Flammarion, votre nouveau livre. Merci pour votre accueil Patrick. Merci beaucoup. Merci beaucoup..

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    00:07:02
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