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  • L'invité

    Hommage à Gonzague Saint Bris

    Invité : Gonzague Saint Bris.

    Suite au décès de Gonzague Saint Bris, TV5MONDE lui rend hommage et rediffuse l'entretien que l'écrivain avait accordé à Patrick Simonin en avril 2017.

    Présentation : Patrick Simonin.

    Transcription

    Bonjour Gonzague Saint Bris. Bonjour. Il y a des élections présidentielles et on rappelle que l'histoire, ce n'est pas toujours l'histoire que l'on croit connaître. Vous publiez un livre incroyable sur les amours, sexe, désir et passion dans l'histoire. Ça a toujours été comme ça, Gonzague Saint Bris ? Absolument. De nos ancêtres les Gaulois, jusqu'au palais de l'Élysée, qui dans les deux derniers quinquennats a continué à avoir cette vocation monarchique de la recherche du plaisir. C'est l'hist (...)

    Bonjour Gonzague Saint Bris. Bonjour. Il y a des élections présidentielles et on rappelle que l'histoire, ce n'est pas toujours l'histoire que l'on croit connaître. Vous publiez un livre incroyable sur les amours, sexe, désir et passion dans l'histoire. Ça a toujours été comme ça, Gonzague Saint Bris ? Absolument. De nos ancêtres les Gaulois, jusqu'au palais de l'Élysée, qui dans les deux derniers quinquennats a continué à avoir cette vocation monarchique de la recherche du plaisir. C'est l'histoire de la France vue par l'amour qui n'a pas froid aux yeux. Dites-moi, c'est très chaud, c'est très sensuel, tout ça. C'est très hot, absolument. On est connu dans le monde, on peut le dire à TV5, comme le pays qui se dédie le plus et le mieux à la volupté d'aimer. C'est une spécificité de la grandeur de la France. Au niveau et au plus haut niveau. Vous nous racontez, par exemple, que Louis XIV montait sur les toits de Versailles pour aller courir ses belles. Il courait sur les toits de Versailles puisqu'il a beaucoup à faire dans la nuit. Il devait d'abord aller voir ses maîtresses. Comme c'était un garçon très bien élevé, il allait voir sa femme et lui faire l'amour bien sûr aussi. Un jour, il voit son médecin, Monsieur Fagon. Il lui dit : "Mais comment cela se fait, les enfants de mes maîtresses sont vigoureux et en pleine forme, et les enfants de ma femme tombent malades et meurent". Réponse de Fagon : "Sire, quand vous arrivez pour faire l'amour à votre femme la reine, il ne lui reste que la rincée du verre." Incroyable. François 1er, l'homme de la libération sexuelle. On n'a pas attendu les années soixante-dix pour le coup. C'est un grand séducteur qui a été formé par deux femmes, sa mère qui l'appelle mon César, sa soeur qui dit "Il est comme (en terre), le soleil", et surtout la Renaissance, la liberté sexuelle, création de la ceinture de chasteté à Venise. Pourquoi ? Pour les femmes qui voyagent, pour qu'elles soient sécurisées. Si l'on remonte bien avant, Gonzague Saint Bris, vous nous parlez des Gauloises. C'est totalement inattendu. Mais quelle histoire ! C'est formidable. La civilisation gauloise n'a pas l'écriture et a inventé le savon. La femme gauloise est placée au premier rang. Elle assiste au conseil. Elle est quelquefois chef de tribu comme la princesse de Vix en Bourgogne. Elle prend les hommes qu'elle veut, elle rejette ceux qu'elle ne veut pas. Elle va au combat à côté de son homme pour se battre contre les Romains. On dit que les Romains n'ont peur de rien, mais ils ont peur de leur femme. Un jour, à Gergovie, les Romains arrivent en cuirasse et en face d'eux, les Gauloises sont seins nus et elles vont vers les Romains. C'est incroyable, l'histoire. Vous nous racontez qu'au moyen-âge, les condamnés à mort avaient une chance, une seule d'être graciés. C'est une très belle histoire pour montrer la liberté du moyen-âge. Un condamné à mort à la Conciergerie, il va être amené sur le lieu de son supplice. Il traverse les halles, et là, il y a une belle fille qui trouve vraiment bien ce mec-là et elle dit : "Je veux l'épouser". C'était écrit dans la loi, que si une femme vous demande en mariage et que vous êtes condamné à mort, vous avez la vie sauve. Oui, mais de nos jours, ça ne se passe pas comme ça. Il y en a un autre qui est déjà sur le gibet. On va lui passer la corde au cou, et tout un coup, il y a une femme qui s'approche et qui dit : "Je suis prête à vous épouser. Je voudrais vivre avec vous". Il la regarde. Il trouve qu'elle est laide, boiteuse. Il se retourne vers le bourreau : "Bourreau, fait ton office". Incroyable. On a Henri IV, 77 maîtresses. On peut dire que Dominique Strauss-Kahn est un enfant de chœur à côté. Henri IV, certaines personnes disent qu'heureusement, il a été assassiné parce que pour sa dernière maîtresse, alors qu'il avait 40, 45 ou 50 ans et qu'elle en avait 18 ou 16, il était prêt à faire une guerre inouïe. C'est fabuleux. Vous nous parlez de Louis XV. On pourrait évidemment dire les choses, mais vous dites que c'est un érotomane sur un trône, tout simplement. Il faisait absolument ce qu'il voulait, sa maîtresse Marie-Louise O'Murphy et aussi la Pompadour. Il ne faut pas dire que du mal des maîtresses. On croit qu'elles accèdent au lit du roi à cause de leur attrait sexuel, mais c'est aussi leur sensibilité, leur culture qui font d'elles des reines. Regardez la Pompadour : elle est le ministre de la Culture de Louis XV. C'est elle qui fait les commandes d'État, les beaux bâtiments. C'est elle qui l'entoure alors qu'il est un scientifique, des écrivains et même des encyclopédistes français.

    Marie-Louise O'Murphy, vous dites que c'est la première pin-up de l'histoire.

    De même qu'Agnès Sorel, qui est une très bonne maîtresse parce qu'elle force le roi à se battre contre les Anglais, c'est la première top model de l'histoire. C'est pour elle que la première fois, par Jacques Cœur, va être taillé un diamant. Et Pauline Bonaparte va être sculptée par Canova. En vérité, pour voir des femmes nues, quand j'étais adolescent, je ne regardais pas Playboy, je regardais Pauline Bonaparte, sculptée par Canova. Quel corps magnifique ! D'ailleurs, il est sculpté avec un moule fait sur son propre corps. Vous êtes précis là-dessus. Absolument. Caroline Bonaparte siège à l'Élysée. Vous savez que c'est là que Napoléon Bonaparte s'est rendu compte qu'il pouvait avoir un enfant, Joséphine avait dit qu'il ne pouvait pas avoir d'enfant. Ce qui est beau, c'est quand Napoléon Bonaparte se marie, son deuxième mariage avec Marie-Louise. Marie-Louise d'Autriche a été élevée dans la haine du monstre de Bonaparte par son père l'Empereur d'Autriche. Elle arrive pour se marier au château de Compiègne. Bonaparte a pris des leçons de valse pour être dans le coup. Il a 40 ans, elle en a 18. Il se dit qu'il ne faut pas faire trop ringard. Il décide, avec son carrosse, d'aller attaquer le carrosse de la jeune mariée qui arrive. Il monte dans le carrosse de la jeune mariée. Elle le regarde et dit : "Mais vous êtes mieux que sur le portrait". Il lui roule une pelle immédiatement et il commence à la toucher si bien que quand il descend, elle descend du carrosse à Compiègne, la robe est froissée. Il y a un énorme dîner qui promet d'être très ennuyeux. Aussitôt, Napoléon Bonaparte prend sa future femme dans ses bras, l'amène dans la chambre et lui dit : "Qu'est-ce que vous a dit votre père, l'Empereur ?". "Il a dit que je devais faire tout ce que vous me demandez". Le lendemain matin, après cette première nuit de noces, il dit à ses officiers : "Épousez des Allemands, c'est délicieux". Il dit à Bourrienne : "Et pendant l'amour, elle n'a cessé de rire". C'est savoureux. Ça se termine avec Félix Faure. Il est plus près de nous, ce président de la République, qui meurt dans des circonstances que vous nous racontez. Ce que je voudrais dire, c'est que le palais de l'Élysée qui a commencé sous Louis XV, continue à jouer son rôle galant dans les Républiques, et même dans les deux derniers quinquennats. Mais alors, en vérité, cette histoire d'un président mort d'un orgasme fatal dans le salon d'argent de l'Élysée : en fait, Félix Faure avait rendez-vous avec sa maîtresse. Il avait pris une petite pilule bleue, ça existait déjà à l'époque. Une sorte de Viagra de l'époque. Il va voir sa maîtresse pour se détendre un petit peu, "Meg" Steinheil. Elle est à ses genoux, orgasme, il meurt les mains crispées dans la chevelure de Meg. On est obligé de découper les cheveux avec des ciseaux. L'aumônier arrive et dit : "Le président a perdu sa connaissance".  Réponse de l'huissier : "Non, elle est partie par l'escalier".  Merci Gonzague Saint Bris, c'est publié chez XO. Ça s'appelle "Déshabillons l'Histoire de France", c'est passionnant et savoureux. Merci d'avoir été avec nous. Merci.

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