Ouvrir Menu
TV5MONDE+
Profitez de votre espace

Pas encore inscrit ?

Créez vos alertes selon vos préférences, partagez voc contenus favoris, et accédez à vos recommandations personnalisées

  • Ce programme n'est malheureusement pas disponible pour votre zone géographique.
    Découvrez d'autres programmes disponibles dans les recommandations ci-dessous.
  • L'invité

    Jean-Pierre Mocky

    Invité : Jean-Pierre Mocky.

    Présentation : Patrick Simonin.

    Transcription

    Bonjour, Jean-Pierre Mocky.

    Bonjour.

    Tant de films "Un drôle de paroissien", "Le Miraculé", "Y a-t-il un Français dans la salle ?" et puis aujourd'hui "Mocky soit qui mal y pense", c'est votre nouveau livre, alors j'allais presque dire coup de gueule parce que c'est votre spécialité, vous n'allez pas par 4 chemins, vous dites ce que vous pensez surtout, puis vous vous racontez. D'abord, vous êtes un homme à film et vous êtes un homme à femmes.

    Oui, parce (...)

    Bonjour, Jean-Pierre Mocky.

    Bonjour.

    Tant de films "Un drôle de paroissien", "Le Miraculé", "Y a-t-il un Français dans la salle ?" et puis aujourd'hui "Mocky soit qui mal y pense", c'est votre nouveau livre, alors j'allais presque dire coup de gueule parce que c'est votre spécialité, vous n'allez pas par 4 chemins, vous dites ce que vous pensez surtout, puis vous vous racontez. D'abord, vous êtes un homme à film et vous êtes un homme à femmes.

    Oui, parce que c'est un métier dans lequel les femmes jouent un grand rôle, à la fois comme actrice, comme compagne, parce qu'on a des rapports avec des techniciennes, des modistes, des décoratrices, enfin plein de femmes dans tous les métiers d'art, donc on se tape toutes les peintres, les musiciennes, les techniciennes, les acteurs, on a un choix extraordinaire de femmes qui sont plutôt libres, ce sont des femmes qui ne sont pas trop bourgeoises et qui acceptent des aventures, ou même qu'elles soient sentimentales ou intellectuelles.

    Vous n'avez pas eu beaucoup d'amours vous dites dans votre vie à part quelques actrices de cinéma, mais vous avez toujours des amours déçus, quoi.

    Mais oui, parce que j'étais amoureux de plusieurs femmes et qu'elles ne m'ont pas aimé.

    Comme Anouk Aimée par exemple.

    Voilà, elle était pour moi la reine, enfin la fille la plus belle de la terre et malheureusement, elle a préféré d'autres hommes de type tout à fait différent, et je l'ai embrassée dans un film parce que je l'ai vue comme partenaire et je l'embrassais, mais je l'embrassais mais je sentais que, elle, ça ne lui faisait rien du tout.

    Vous êtes un timide Jean-Pierre Mocky, vous racontez que des scènes un peu on va dire sexuelle dans les films, vous vous faisiez doubler.

    Oui parce que à un moment donné, si vous voulez je prenais une femme sur la table d'une cuisine et on me voyait, alors c'était à l'époque des 73 où Giscard d'Estaing avait autorisé le X, ce qui est quand même extraordinaire parce que maintenant le X ça paraît vu lointain, mais à l'époque en 74, Giscard d'Estaing avait dit, allez-y faites des films pornographiques, ils seront taxés.

    Alors, vous avez eu envie de faire ça vous ?

    Alors, à ce moment-là nous on avait décidé dans certains films d'aller très loin et il y avait une scène justement où j'étais sur une table de cuisine, je prenais ma femme tout simplement, ce n'était pas ma maîtresse, c'était ma femme, c'était donc très bien, très honnête et là-dessus, il y avait une pénétration, alors je ne pouvais pas faire cette pénétration avec mes instruments à moi, donc ce que j'ai fait, c'est que j'ai engagé un marin russe qui avait un sexe assez extraordinaire et c'est lui qui a fait le gros plan de cette pénétration. Grâce à ça, le film a eu un énorme succès, plus particulièrement dans certains pays où à l'époque s'ouvrait justement la censure.

    D'ailleurs, il y a votre téléphone qui vous appelle, c'est peut-être le comédien, c'est le comédien qui vous a doublé. Il veut vous appeler pour vérifier…

    … il ne va pas être content.

    Mais vous racontez des trucs Jean-Pierre Mocky, quand même assez incroyable capacité, vous alliez chez un millionnaire à Versailles avec Daniel Gelin et il se passait de drôles de trucs.

    Oui, parce que à l'époque, si vous voulez, c'était Jean Paul Sartre et Albert Camus avaient lancé l'existentialisme, c'est-à-dire, ils disaient aux jeunes : "écoutez ne vous laisser pas faire, ne vous faites pas enfermer dans une bourgeoisie, dans un côté bien-pensant, allez-y, foncez, les filles sortez de chez vous, foutez le camp, vivez la vie, etc. ", ça a donné gréco et tous les autres, et tous les gens de cette époque-là, ce qui fait que ça amenait à des choses romaines, à des partouses comme on dit.

    Ah bon.

    Mais oui, les Romains, c'est à l'époque des Romains La Dolce Vita, etc. , c'était ça, c'était finalement le stupre, c'est-à-dire les réunions sexuelles.

    Vous avez connu ça ?

    Bien sûr, parce que…

    (inaudible), partagez-le alors.

    Parce qu'il n'y avait pas de sida, c'est-à-dire on pouvait avoir des rapports physiques normaux puisqu'on n'avait pas la crainte du sida, tandis qu'aujourd'hui ces trucs-là ont disparu à cause du sida justement.

    On ne va pas tout raconter, mais il y a des histoires de Chantilly, de table…

    (inaudible)

    … mais ça c'est quand même incroyable (inaudible) …

    A l'heure où les enfants regardent, on ne peut pas parler de crème Chantilly, mais le problème c'est que tout était permis et à tel point que Robert Redford m'avait demandé de tourner un film aux États-Unis sur ce qu'on a appelé…

    Le sadomasochisme.

    … le sadomasochisme, parce que à ce moment-là les Américains, en 85 lorsque le sida est arrivé, ils se sont dit plus de pénétration parce que là on risque, alors c'est devenu le sadomasochisme, mais il s'est développé en Amérique des clubs de sadomasochistes où les gens se retrouvaient.

    Ça lui plaisait à Dustin Hoffman d'aller tourner ça avec vous ?

    C'était… Il voulait faire un film là-dessus, alors moi je n'ai pas voulu le faire parce que je me suis dit je vais me faire taxer de pornographe, etc. Il y avait juste (inaudible) qui faisait les Emmanuels à l'époque, il y avait tous ces trucs-là, et finalement je me suis dit on va me cataloguer comme le metteur en scène (SABIEN).

    Jean-Pierre Mocky, vous racontez il y a des castings avec des jeunes femmes.

    Aujourd'hui, si vous voulez dans notre profession, on ne le dit pas assez, il y a à peu près 50 % de voyeurs, c'est-à-dire qu'en fait, il y a des gens, des metteurs en scène qui ne pensent à faire du cinéma que pour ça.

    C'est-à-dire ?

    Pour avoir des auditions, alors vous verrez des metteurs en scène plus ou moins beaux ou plus ou moins laids et qui vont convoquer des jeunes actrices, et qui vont leur dire par exemple dans leur studio à eux, dans leur appartement, ils vont leur dire, écoutez, il y a un rôle qui n'est pas mal pour vous, mais alors vous allez me montrer c'est moi l'amoureux, alors je vais toucher vos seins, je vais vous toucher etc…

    Mais c'est terrible ce que vous racontez là.

    … et ils miment, mais en réalité ils n'engageront jamais ces filles.

    C'est scandaleux.

    Mais, c'est un scandale, mais c'est ce qu'on appelle, mais on a ça dans les bureaux mon cher Patrick, on a ça partout. Je n'ose pas dire qu'on l'a ici.

    Non, pas du tout.

    Non, c'est parce que c'est le problème des endroits, des magasins, si vous saviez ce qui se passe aux Galeries Lafayette.

    Bon, il se passe des choses aux Galeries Lafayette ?

    Oui, parce qu'il y a une vendeuse, le problème des vendeuses et c'est un problème, je voulais faire un film là-dessus, parce que les vendeuses, qu'est-ce qu'elles font les vendeuses, il y a des services, il vaut mieux vendre des parfums dans un grand magasin que de vendre des saucisses. Donc, il y a si vous voulez une hiérarchie dans les vendeuses, elles doivent accéder à ces postes et là on est devant de ce qu'on appelle la promotion canapé.

    Ah bon.

    On y est, mais on y est dans pratiquement tous les métiers…

    Mais vous êtes quand même…

    Même dans la (religion), même chez les curés.

    Ah bon, même chez les curés ? Non…

    Vous voyez bien Barbara avec toute la bande, ils sont en train de faire des conciles justement pour essayer d'arrêter ça parce que ça baise dans tous les coins là-bas.

    Non, mais ça vous donne envie à chaque fois de faire des films. Il faut dire que vous êtes quand même un sacré lascar. Vous dites ma première expérience sexuelle c'est à l'âge de 10 ans et à 12 ans, vous mettez une fille enceinte.

    Plus vous êtes au soleil, plus vous murissez.

    C'est-à-dire qu'à 12 ans, vous faites un enfant, vous avez 12 ans et cet enfant il a aujourd'hui 70 ans.

    Oui, c'est plus vieux que vous. J'allais dire il est plus vieux que moi. Ça me fait rigoler parce que ce fils-là, il a l'air plus vieux que moi.

    C'est vrai.

    Non, mais parce qu'il n'a pas la même morphologie.

    Merci Jean-Pierre Mocky d'être ce que vous êtes, "Mocky qui soit qui mal y pense", et on l'a compris, c'est publié au "Cherche Midi" et on ne s'ennuie pas.

    Allez, à bientôt Patrick.

    Merci. A bientôt Jean-Pierre Mocky.

    Voir plusmoins
    00:07:53
    Tous publics
    Tous publics