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  • L'invité

    L'INVITE TV5MONDE 2016/2017

    Invité : Claude Brasseur, comédien français ; il est à l'affiche de la pièce de Laurent Baffie "Jacques Daniel".

    Présentation : Patrick Simonin.

    Transcription

    C'est un immense acteur,

    populaire, si le mot avait pu être inventé, ce serait pour lui.

    Bonjour Claude BRASSEUR.

    On est tellement ravis de vous voir,

    c'est une pièce incroyable que vous jouez au théâtre de la Madeleine

    tous les soirs à 19 heures, avec une pléiade de comédiens formidables.

    Ça s'appelle "Jacques Daniel",

    mais dites-moi, vous ne buvez pas que de l'eau dans cette pièce.

    N (...)

    C'est un immense acteur,

    populaire, si le mot avait pu être inventé, ce serait pour lui.

    Bonjour Claude BRASSEUR.

    On est tellement ravis de vous voir,

    c'est une pièce incroyable que vous jouez au théâtre de la Madeleine

    tous les soirs à 19 heures, avec une pléiade de comédiens formidables.

    Ça s'appelle "Jacques Daniel",

    mais dites-moi, vous ne buvez pas que de l'eau dans cette pièce.

    Non, c'est fait pour, mais malheureusement on triche,

    et je ne vous dirais pas ce qu'on boit.

    Croyez-moi, on boit du whisky.

    Oui, mais quand même on vous voit devenir très joyeux

    au fur et à mesure de la pièce.

    Il faut que je vous raconte quand même quelque chose.

    Cette pièce a quelque chose de particulier pour moi,

    c'est une des raisons pour lesquelles j'ai accepté de la jouer.

    J'ai été très troublé parce que c'est la première fois de ma vie

    que je joue une pièce que j'ai vécue.

    C'est-à-dire que quand je joue Napoléon,

    je ne peux pas dire "j'ai été empereur",

    ou quand je joue Le souper,

    je ne peux pas me dire "j'ai été le chef de la police".

    Là, je joue une pièce qui est l'histoire de deux pauvres mecs,

    enfin pas deux pauvres mecs, deux mecs malheureux.

    Il y en a un qui est, pardonnez-moi le mot, gai et qui est cocu.

    Ce n'est pas vous, ça c'est une chance.

    Ce n'est pas moi. Ça m'est arrivé comme tout le monde, mais…

    et moi qui suis veuf.

    Et quand on est malheureux, ce qui m'est déjà arrivé dans la vie,

    on marche, on rentre dans ce qu'on croit être un hôpital,

    en fait, ce n'est qu'un petit bistrot,

    et puis on se dit "je vais me soigner comme ça",

    alors on prend des médicaments qui sont plus ou moins alcoolisés

    en se disant "ça va changer".

    Et puis on rencontre des gens, puis on devient intime avec ces gens.

    On leur confie des choses que l'on ne confierait pas à des vrais amis intimes

    en s'imaginant que ça va guérir,

    et que le malheur qu'on a en nous va disparaître.

    Et puis c'est exactement le contraire

    parce qu’on se quitte finalement après s'être embrassés,

    après avoir été les meilleurs amis du monde.

    On se quitte à sept heures du matin, encore plus malheureux qu'avant,

    et c'est ce qu'on appelle la gueule de bois,

    en fait, la gueule de bois, c'est là.

    Et ça m'est arrivé, je pense que c'est arrivé à tout le monde,

    et donc c'est très troublant pour moi de jouer une pièce

    où je me dis "merde, j'ai déjà été dans cette situation".

    Allez on regarde un extrait. Claude BRASSEUR, "Jacques Daniel" au théâtre.

    Bonsoir.

    Un whisky sans glace.

    Un whisky sans glace.

    Un autre.

    Un autre.

    Encore un.

    Encore un.

    Vous vous foutez de ma gueule ?

    Non, pourquoi ?

    Je ne sais pas, une impression. La même chose.

    Et la même chose.

    Jacques.

    Daniel.

    C'est vous qui vous vous foutez de ma gueule.

    Ça te dérange si je te pose une question ?

    Non, ce qui me dérange c'est les gens qui commencent une phrase

    en disant "je peux te poser une question ?",

    parce que ça c'est déjà une question,

    alors autant dire tout de suite "je peux te poser deux questions",

    celle-là et la suivante. Là, ce serait plus honnête. C'est à cause des médocs.

    Oui, donc arrête les médocs.

    Non, c'est parce que j'ai oublié de les prendre, et ce n'est pas bon non plus.

    Tu m'en donnes ?

    Y'a d'la joie. Bonjour, bonjour les hirondelles.

    Y'a d'la joie dans le ciel par-dessus les toits.

    Y'a d'la joie et du soleil dans les ruelles.

    Y'a d'la joie partout, y'a d'la joie.

    Y'a d'la joie, mais il y a aussi de la bagarre,

    il y a aussi des engueulades, il y a la tôlière qui picole pas mal aussi.

    Oui, parce que malgré ce que je viens de vous raconter,

    le grand talent de BAFFIE, c'est d'en avoir fait une pièce comique,

    et en fait, ça prouve qu'il connaît bien toutes ces histoires-là,

    mais il en en a sorti le ridicule.

    Il y a du comique, il y a du rire, des larmes.

    Il y a du pathétique, il y a de la solitude.

    Oui, parce qu’ils sont vraiment très malheureux tous les deux,

    mais en même temps, c'est vrai que la meilleure façon de se sortir de la merde,

    c'est d'en rigoler.

    Oui, mais alors je disais il y a la tôlière, Nicole CALFAN, merveilleuse.

    Il peut se passer des choses quand même quand il y a une femme,

    y compris quand il y a deux hommes dans leur solitude

    qui sont enfermés toute une nuit dans un bar.

    Au début de la pièce, on lui demande de nous servir,

    elle ne sait plus de quel côté aller parce qu'on en boit de tous les côtés,

    mais à la fin, ça se termine bien,

    parce que finalement, j'éprouve une petite tendresse pour elle.

    Alors ça tombe bien que l'un s'appelle Jacques et l'autre Daniel.

    Il fallait quand même l'inventer celle-là.

    Oui, c'est une grande marque de whisky,

    et c'est d'ailleurs pour ça que ça commence par nous faire rire,

    de s'appeler comme ça, Jacques Daniel.

    Et BAFFIE a écrit ça en une nuit aussi.

    A 5 heures du matin, il vous a appelé pour dire "ça y est, j'ai une pièce".

    Oui, mais je ne fais pas partie du clan de BAFFIE,

    mais ils étaient à un anniversaire tous les trois

    parce qu’ils sont tous les trois dans le clan,

    BAFFIE, Nicole CALFAN et RUSSO,

    et au cours de la soirée, je ne sais plus lequel a dit

    "pourquoi tu ne nous écris pas une pièce ?",

    et il a dit "oui, pourquoi pas".

    Il est rentré chez lui à 4 heures du matin,

    et il leur a téléphoné en leur disant "ça y est, j'ai écrit la pièce".

    Ce qui est extraordinaire.

    Alors il y a un livre qui était sorti il n'y a pas très longtemps,

    qui s'appelait "Merci" où vous racontiez vos souvenirs.

    Vous aviez écrit "je ne suis pas un acteur qui boit,

    je suis un buveur qui fait l'acteur".

    Ça tombe bien dans la pièce.

    C'est vrai ça, Claude BRASSEUR, vous êtes un buveur qui fait l'acteur ?

    C'est-à-dire qu'il y a beaucoup de gens qui confondent ma réputation

    et la réputation de mon père.

    Mon père tenait bien son Beaujolais, il adore ça, oui.

    Mais moi, beaucoup moins.

    Vous avez même, je crois, un grand-père qui était mort d'une cirrhose, non ?

    C'est ça.

    C'est vrai, le mari de ma grand-mère. On tient de famille…

    Mais il y a aussi la camaraderie finalement,

    parce que derrière ça, derrière l'alcool, derrière cette solitude,

    il y a quand même la camaraderie,

    ça a toujours compté beaucoup, Claude, pour vous, les copains.

    Pourquoi ? Je ne sais pas.

    Que ce soit aussi bien dans le sport que dans l'exercice de mon métier,

    ce que j'aime, c'est justement que c'est collectif.

    J'ai horreur des sports individuels,

    je n'aime pas non plus les métiers individuels.

    C'est un métier de générosité, tout comme le sport,

    et on a envie de donner la réplique à un copain…

    Là, vous avez donné la réplique à BELMONDO.

    C'est grâce à vous que BELMONDO a commencé au Conservatoire.

    Vous lui avez fait rencontrer votre père.

    Ce n'est pas grâce à moi, il était au Conservatoire avant moi,

    et je l'ai rencontré, on est devenus très copains,

    et effectivement, le jour où mon père mettait en scène "La mégère apprivoisée"

    avec Suzanne FLON,

    il m'a dit "peut-être que par hasard,

    tu ne connaîtrais pas deux potes qui pourraient jouer"

    et je lui ai présenté Jean-Paul, et depuis, ils sont devenus très amis.

    Voilà votre papa, là.

    Mon père et Jean-Paul sont devenus très amis,

    et je rends hommage à Jean-Paul qui a chaque fois qu'il en a l'occasion, il rend hommage à mon père.

    C'est Jacques Daniel, donc au théâtre de la Madeleine, tous les soirs à 19 heures. C'est une pièce formidable, on passe un moment de grâce, vraiment merveilleux avec trois acteurs. Merci beaucoup Claude Brasseur, merci infiniment.

    C'est moi qui vous remercie.

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