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  • L'invité

    Roselyne Bachelot

    Invitée : Roselyne Bachelot, ancienne ministre française de la Santé, de la Jeunesse et des Sports.

    Attaque de policiers, dépénalisation du haschich, arrivée des paquets de cigarettes neutres... Roselyne Bachelot réagit à l'actualité.

    Présentation : Patrick Simonin.

    Transcription

    Bonjour Roselyne BACHELOT.

    Bonjour.

    Vous êtes ancienne ministre de l’Écologie et du Développement durable et puis ancienne ministre de la Santé. Vous êtes chroniqueuse…

    … et des Sports.

    Et des sports… Voilà parce que c’est important les sports, parce qu’on va parler de votre livre, la vie commence à 60 ans : Bien dans son âge. Et on va dire que le sport évidemment c’est important. Une question d’actualité, la première salle de shoot qui ouv (...)

    Bonjour Roselyne BACHELOT.

    Bonjour.

    Vous êtes ancienne ministre de l’Écologie et du Développement durable et puis ancienne ministre de la Santé. Vous êtes chroniqueuse…

    … et des Sports.

    Et des sports… Voilà parce que c’est important les sports, parce qu’on va parler de votre livre, la vie commence à 60 ans : Bien dans son âge. Et on va dire que le sport évidemment c’est important. Une question d’actualité, la première salle de shoot qui ouvre à Paris c’est une bonne chose ou pas ?

    C’est une très bonne chose, vous savez que je suis une militante des salles d’injection surveillée, j’avais commandé un rapport de l’INSERM en 2010 pour étayer cette décision, rapport qui concluait à l’opportunité, à la pertinence des salles d’injection surveillée, on a perdu du temps. Je n’avais pas gagné l’arbitrage…

    Pour des raisons idéologiques parce que le voisinage se plaint de l’ouverture de ces salles qui existent en Suisse ou ailleurs.

    Oui, en Suisse, aux Pays-Bas, en Allemagne au Canada, alors que justement l’entourage, le voisinage en est le premier bénéficiaire parce qu’en général on installe ces salles d’injection surveillée dans des quartiers où il y a énormément d’usagers de drogues et ce sont les voisins, ce sont les proches qui voient les bagarres entre toxicos, les seringues ou le matériel usagé traîner sur les trottoirs risquant de blesser, y compris des enfants. Donc, le bénéfice est aussi pour le voisinage, toutes les expériences de salles d’injection surveillée le montrent. Oui, est-ce qu’il ne faut pas aller plus loin comme le demandent par exemple les écologistes, légaliser le cannabis. Alors la question est posée, je suis prête à bouger sur ce sujet parce qu’il faut bien reconnaître une chose, la France est le pays en Europe où il y a le plus de consommateurs de cannabis et où la législation est la plus répressive, aussi bien au niveau du trafic, ce qui se comprend, mais au niveau de l’usager. Donc, devant un tel échec, le plus de répression et le plus de consommation, il faut de toute façon bouger sur ce sujet. Alors, bouger, ça veut dire quoi ? Légaliser ? On dit que c’est un trafic qui rapporte un milliard aux trafiquants, par an.

    Non, le problème n’est pas de légaliser, mais peut-être de réfléchir à la pénalisation du mois, à la dépénalisation parce que… Alors, on continue dans l’échec puisque 10 % des personnes qui sont incarcérées et qui causent la surpopulation dans les prisons sont des usagers de cannabis. On mobilise énormément de forces de police sur cette affaire et le trafic de cannabis, vous rappelez les chiffres et vous avez raison, nourrit d’autres trafics et en particulier les trafics terroristes.

    On voit à Viry-Châtillon, le trafic de drogue qui a entraîné la tentative d’assassinat de deux policiers, qualifié de sauvageons par le ministre de l’Intérieur. C’est vraiment des sauvageons, ça n’est que des sauvageons.

    Ce sont d’abord des criminels, ce sont des trafiquants, oui. Ce ne sont pas seulement des sauvageons, je trouve que le terme est un peu fade.

    En matière de drogues, il y a le tabac. Alors évidemment, vous dites dans ce livre "pas du tout de tabac". Vous conseillez évidemment. Mais là, c’est l’entrée en vigueur aujourd’hui du paquet neutre. Ça va changer quelque chose ça Roselyne BACHELOT ?

    Écoutez, contre le tabac, qui je le rappelle, causent près de 70 000 morts directement et en fait beaucoup plus indirectement parce que toutes sortes de maladies sont impactées par le tabac, il n’y a pas de choix, c’est l’interdiction totale du tabac, le fait de ne pas consommer du tabac et le paquet neutre est une excellente mesure. La seule mesure véritablement et profondément efficace, c’est l’augmentation massive du prix du tabac.

    On devrait le mettre à combien ? 10 € ?

    Peut-être même plus. Il est déjà à ce prix-là.

    Vous le mettrez à combien le paquet Roselyne BACHELOT ?

    Non, mais c’est une augmentation d’au moins 30 à 40 % par rapport au prix actuel du tabac.

    Et alors, Marisol TOURAINE, votre successeur au ministère de la Santé a annoncé aujourd’hui qu’elle passait à 150 € par an, le remboursement du sevrage, qui n’était jusqu’ici remboursé qu’à 50 €, mais ce n’est pas suffisant. Ça coûte beaucoup plus cher, est-ce qu’il ne vaudrait pas mieux rembourser ceux qui veulent arrêter de fumer plutôt que de payer pour les maladies que ça entraîne.

    Très bien, si on peut le rembourser, si c’est finançable, oui.

    Vous commencez, Roselyne BACHELOT, en disant : "Un jour j’ai traversé pour la dernière fois la cour de l’Élysée, on s’est un peu moqué de moi parce que j’arrêtais la politique. Et vous dites : "Mais je n’avais pas du tout l’intention de rentrer à ma maison et mettre mon chat sur mes genoux et regarder Questions pour un champion à la télévision". Qu’est-ce que vous avez contre Questions pour un champion ?

    J’adore Questions pour un champion.

    Non, mais, vous ne vous voyez pas vieillir en regardant Questions pour un champion.

    Oui, ou Des chiffres et des lettres. Ce que j’ai voulu dire, c’est qu’il y a souvent, comment dirais-je, un avis sexiste sur les femmes en politique. C’est-à-dire qu’on serait en politique parce qu’on aurait été désignée comme une favorite, désignée par le sultan dans le harem et quand tout d’un coup on arrête la politique, on est en quelque sorte rejetées dans les ténèbres extérieures. Moi, je suis Docteur en Pharmacie, j’ai eu toute sorte d’engagements professionnel et associatif dans ma vie, j’ai souvent été sollicitée pour avoir d’autres activités et en particulier médiatique avant même d’avoir cessé ma carrière politique, moi je vis.

    Oui, mais vous dites "sexiste". C’est moins qu’aux États-Unis, vous avez vu le débat CLINTON-TRUMP, qu’on accuse TRUMP d’avoir… Il dit qu’il avait attrapé les parties génitales des femmes, il accuse Bill CLINTON de viol.

    La chatte, j’ai cru comprendre.

    Il dit quoi ? Pardon ?

    Il faut les attraper par la chatte, exactement.

    Ça vous choque ou pas ?

    C’est affreusement choquant. Toute la campagne américaine est choquante. Je ne pensais pas que le pays qui est quand même un des pays défenseurs de la liberté, le défenseur du monde libre, notre engagement à ses côtés fait que quelque part, le parapluie qui nous protège, son manche est tenu par les États-Unis, que la campagne américaine soit descendue à ce niveau, que le pays d’Abraham LINCOLN nous ai montré ce débat terrifiant entre madame CLINTON et monsieur TRUMP. Il y a un avantage quand même. C’est que je me suis dit, avec toutes ces insuffisances, quand même les politiques français, ils ont une autre allure.

    Oui, vous trouvez ? Non, mais vraiment. Et pour être heureux, voilà la recette du bonheur. Vous commencez dans ce livre en disant : "Il faut faire la liste de ses envies". Alors vous dites : "Il faut se débarrasser des vieux meubles, il ne faut pas mettre des talons hauts". Alors, vous dites même : "Pour un premier rendez-vous sensuel, il faut éviter les sous-vêtements trop affriolants", vous citez les jarretières, les choses comme ça.

    Ne réduisez pas mon livre à quelques anecdotes qui tiennent en 2 lignes. Parce que ce que j’ai voulu dire dans ce livre, qui est un livre convivial, amical, pour entamer la discussion, derrière cette première vision, il y a une deuxième vision, c’est que l’augmentation à un deuxième niveau, l’augmentation de l’espérance de vie pour cette génération qui est la mienne, la génération que j’appelle des sexaplus, des personnes qui ont 60 ans et plus. Nous avons vécu une révolution, révolution de la contraception, révolution de l’activité professionnelle. Mais nous sommes, en quelque sorte, tirés par toutes ces générations, on nous a appris que le sacrifice et le fait de ne plus vivre sa vie après un certain âge, ou se cantonner dans des tâches purement familiales et ménagères, une vie de sacrifice. Je dis : "Il faut vivre pleinement".

    C’est un manifeste pour vivre après 60 ans.

    Mais oui, parce qu’on a 30 ans de vie qui nous attendent, d’espérance de vie. On a, quand on a 60 ans, la durée de vie qu’avait Mozart ou Arthur RIMBAUD à sa naissance. En 30 ans, il faut en faire des choses.

    Donc, on se fait plaisir, on va au restaurant.

    Mais de temps en temps, quand je me fais gâter, je ne dis pas "non".

    Merci, Roselyne BACHELOT, c’est : Bien dans mon âge. Voici le livre publié chez Flammarion. Merci d’avoir été notre invitée.

    Merci.

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