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  • L'invité

    François Durpaire

    Invité : François Durpaire.

    À la veille de l'élection présidentielle américaine, François Durpaire, spécialiste des États-Unis, est notre invité.

    Présentation : Patrick Simonin.

    Transcription

    Bonjour François Durpaire.

    Bonjour Patrick.

    Universitaire, spécialiste des Etats-Unis, on vous connaît bien sûr sur cette antenne. C'est un grand suspense, j'allais presque dire une élection américaine qui n'est pas jouée comme ça, pratiquement vingt-quatre heures, on n'avait jamais vu ça.

    Alors on a déjà vu ça, mais il y a quinze ans, souvenez vous de l'an 2000 avec cette passe d'arme entre d'un côté Al Gore, le vice-président de Clinton déjà et puis de (...)

    Bonjour François Durpaire.

    Bonjour Patrick.

    Universitaire, spécialiste des Etats-Unis, on vous connaît bien sûr sur cette antenne. C'est un grand suspense, j'allais presque dire une élection américaine qui n'est pas jouée comme ça, pratiquement vingt-quatre heures, on n'avait jamais vu ça.

    Alors on a déjà vu ça, mais il y a quinze ans, souvenez vous de l'an 2000 avec cette passe d'arme entre d'un côté Al Gore, le vice-président de Clinton déjà et puis de l'autre George W. Bush, ça s'est joué à 500 mille voix après un recomptage en Floride. Donc c'était déjà serré. Mais c'est vrai que depuis 15 ans, là on a la campagne la plus serrée. D'abord si on regarde la moyenne des sondages, il y a 6 sondages nationaux par jour.

    C'est un léger avantage pour elle mais ce n'est pas suffisant.

    C'est 1,8, un petit peu moins de 2, donc on est dans la marge d'erreur et si on regarde après état par état, parce que ça se joue état par état là encore c'est très, très serré. Par exemple dans le camp démocrate, la liste des états qu'on appelle sécurisés, les safes, les états où on se dit : bon là on est sûr de gagner, sont passés de six à trois parmi les swing states, ils sont passés de six à trois. Donc on a un peu peur dans le camp démocrate, à tel point que Hillary Clinton est allée dans le Michigan. Vous pensez que le Michigan c'est un état qu'avait gagné Obama à 10 points il y a quatre ans, donc ça veut dire quand que même…

    Ce qui est incroyable, c'est que finalement même d'être dans cette situation-là paraît incroyable. Comment Donald Trump peut être aux portes de la Maison Blanche ?

    Oui, mais parce que de l'autre côté de l'Atlantique, on ne se rend peut être par contre à tel point, il y a des gens qui sont déçus, d'abord qui sont réellement en difficulté grave. Je pense à tous ces mineurs qui sont au chômage. Je pense à ceux qui ont perdu leur emploi et qui sont évidemment…

    L'Amérique blanche délaissée.

    Alors oui, on sait déjà que si Donald Trump l'emporte, il va gagner grâce à une coalition des hommes blancs en colère, notamment cette fameuse White Working Class et une coalition également d'abstentionnistes. Il lui faut aussi des abstentionnistes.

    Une Amériques raciste, comme le dit Hillary Clinton.

    Une partie d'une Amérique qui ne veut pas, par exemple, de la latinisation, qui ne veut pas, vous savez ce discours que Donald Trump tient de ces Mexicains violeurs qui ne doivent pas rentrer sur le territoire, ça plaît à une partie de l'Amérique blanche qui se dit : nous sommes un peuple anglo-saxon, nous ne devons pas dans 15 ans, parler espagnol. Vous savez que maintenant dans 5 états sur 50, les minorités sont devenues majoritaires. Je pense notamment à une tribune il y a quelques heures d'un conservateur, qui disait : votez Trump ou c'est la fin de l'Amérique.

    Oui alors, il y a l'affaire Daily Mail. Le patron du FBI a dit qu'il n'avait pas matière à poursuivre Hillary. Elle est tirée d'affaire ou est-ce que c'est trop tard ?

    Alors c'est compliqué parce que le patron du FBI James Comey, il a dit tout et son contraire. Il a dit d'abord en juillet, finalement on ne l'a poursuit plus. Après, il a dit ily a 10 jours, on l'a poursuit, il y a de nouveaux mails. Et puis là, il y a quelques heures finalement, elle est blanchie. Donc c'est vrai que ca perturbe un peu les Americains.

    Le mal est fait,on pourrait dire d'une certaine façon.

    En tout cas, ce qui est le mal est fait en partie puisque Hillary Clinton avait réussi à se détacher dans les sondages. Là ils sont vraiment au coude à coude. Est-ce que cette petite dernière bonne impression du côté Clinton va suffire à passer, réponse dans quelques heures.

    La dynamique est de quel côté aujourd'hui François Durpaire.

    Notamment du côté de Donald Trump depuis une dizaine de jours, alors qu'Hillary Clinton avait réussi à s'échapper un peu, Donald Trump a repris. La question c'est est-ce que ça sera suffisant. Pour l'instant, l'avance est toujours du côté d'Hillary Clinton, quelques points d'avance un peu partout. Est-ce que cette avance sera suffisante ? Du côté d'Hillary Clinton, on sait qui va voter pour elle. La coalition Clinton, c'est une coalition de femmes. Ce sont les femmes qui vont faire la différence.

    Largement mais on le comprend avec les scandales, scandales contre les femmes etc de la part de Trump.

    Il y a un sondage de The Atlantic qui montre qu'elle a 33 points d'avance chez les femmes. Donc vous voyez, ça sera la victoire d'une femme, mais la victoire des femmes américaines parce que Donald Trump va gagner chez les hommes d'environ 11 points pour l'instant dans certains sondages. Et la moyenne des sondages, c'est 5. Donc ça veut dire qu'on a là ce qu'on appelle aux Etats-Unis, un gender gap, un écart entre les genres très important. Les femmes d'un côté, les hommes de l'autre. C'est une manière aussi de lire l'élection. Et n'oublions pas les Hispaniques. Les Hispaniques qui se sont apparemment fortement mobilisés dans ce qu'on appelle aux Etats-Unis, le early voting, le vote par anticipation. On sait qu'il y a beaucoup d'Hispaniques qui sont mobilisés en Floride notamment et dans les états où ils sont importants. Et ça peut jouer du côté d'Hillary Clinton, on sait là encore que beaucoup d'Hispaniques n'ont pas digéré les propos de Donald Trump concernant les Mexicains.

    Ça va laisser des traces, la violence de cette campagne de caniveau d'ailleurs souvent où on voit que 80 % des Américains dans un sondage se disent dégoûtés.

    Good luck Patrick. Good luck, bonne chance à celui qui va gagner parce qu'il aura la moitié de l'Amérique contre lui. La moitié de l'Amérique le déteste. Les partisans de Trump détestent Hillary Clinton. Les partisans de Clinton ont peur et détestent Donald Trump. Comment gouverner dans cette situation, alors là encore l'historien est prudent et prend du recul en rappelant qu'en 1988, entre Dukakis et George Bush père, la campagne avait été très rude. Et George Bush a pu gouverner en rappelant que dès 1800, il y avait une campagne très, très rude de Jefferson, c'était très compliqué contre John Adams, l'un accusait l'autre de royalisme, il ne l'était pas et l'autre, c'était athée. Et c'est dur aux Etats-Unis d'être considéré comme un athée. C'était une campagne mensongère et finalement voyez l'Amérique s'en est sortie. Donc peut-être en revanche qui quand même doit être regardé de près, c'est que va devenir le Sénat et la chambre des représentants.

    Oui parce que là, ça peut avoir un visage différent.

    Bien sûr, le Sénat peut repasser du côté démocrate. La Chambre des représentants peut rester républicaine. Et là du coup, on aurait aussi une division du Congrès, c'est-à-dire un président qui devra de toute façon composer et être en partie en cohabitation avec son Congrès.

    Oui, une Amérique qui ne sera plus jamais la même. Une Amérique qui risque de se refermer, qui a montré finalement ses fêlures aujourd'hui à travers cette élection.

    Alors ça c'est vrai que vous avez une campagne antimondialisation. Du côté de Trump qui propose un mur, mur économique contre les Chinois, mur sécuritaire contre les musulmans, mur identitaire contre les Hispaniques. Mais également Hillary Clinton a tenu des propos assez défavorables au libre-échange voulant remettre en cause, par exemple, le traité transpacifique. Vous imaginez s'il y a 10 ans, on avait dit : les Américains ont peur de la mondialisation. Mondialisation et américanisation, c'était synonyme, oui, mais entre-temps il y a une partie des emplois industriels qu'ont perdu les Américains et ces discours-là portent. Et il faudra pour en tout cas le futur président résoudre les problèmes de ces Américains qui ont perdu leur emploi. Il ne faut pas simplement leur dire : il faut changer. Il faut leur proposer des formations. Un mineur qui perd son emploi, il ne va pas travailler dans la high-tech, dans la Silicone Valley.

    François Durpaire, on sera quand et à quel moment qui a gagné ?

    Un premier petit signe à deux heures du matin autour de la Caroline du Nord, c'est un état swing, donc on aura une petite indication. Mais probablement autour de cinq heures du matin si ce n'est pas trop serré, sinon il faudra attendre.

    Sur TV5 Monde, vous vivrez la nuit américaine, quatre à cinq heures de direct avec vous et tous nos animateurs. Je présente quand même ça parce que c'était formidable c'est votre vision de la France sous Marine Le Pen et Marion Maréchal Le Pen, c'est une BD vraiment exceptionnelle publiée aux Arènes avec Farid Boudjellal. Merci beaucoup, François Durpaire d'avoir été notre invité.

    Merci, Patrick, de votre accueil.

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    00:07:51
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