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  • L'invité

    L'INVITE TV5MONDE 2016/2017

    Invitée : Juliette Méadel, secrétaire d'État française chargée de l'Aide aux victimes ; à l'occasion de la Conférence internationale consacrée à Internet et à la radicalisation des jeunes à Québec. Présentation : Patrick Simonin. Depuis Québec.


    Transcription

    Bonjour Juliette MEADEL !

    Bonjour !

    Vous êtes secrétaire d'État chargée de l'aide aux victimes dans le gouvernement français.

    On est à Québec ici pour cette conférence sur la radicalisation des jeunes,

    mais le message, c'est de dire avant tout, les victimes toujours les victimes.

    Oui. La victime au centre de l'action de l'Etat en France,

    mais pas qu'en France, à l'étranger aussi.

    Moi j'ai rencontré (...)

    Bonjour Juliette MEADEL !

    Bonjour !

    Vous êtes secrétaire d'État chargée de l'aide aux victimes dans le gouvernement français.

    On est à Québec ici pour cette conférence sur la radicalisation des jeunes,

    mais le message, c'est de dire avant tout, les victimes toujours les victimes.

    Oui. La victime au centre de l'action de l'Etat en France,

    mais pas qu'en France, à l'étranger aussi.

    Moi j'ai rencontré ici des ministres du Québec qui ont aussi le souci des victimes,

    et c'est ça que je suis venue faire là,

    c'est comparer la façon dont nous pouvons accompagner les victimes,

    et travailler aussi à la prévention de la radicalisation

    par des méthodes d'accompagnement,

    et surtout par l'envie de réussir à faire en sorte que le terrorisme ne soit pas une fatalité.

    C'est-à-dire que prévenir la radicalisation des jeunes, c'est aussi agir pour les victimes ?

    Bien-sûr. Les victimes, évidemment celles qui sont les victimes des attentats,

    qui souffrent, qui ont perdu des leurs, qui sont blessées,

    et dont je m'occupe aujourd'hui dans leur reconstruction globale.

    Mais n'oublions pas aussi que les jeunes radicalisés,

    eux aussi sont des victimes, et méritent d'être accompagnés

    pour retrouver le chemin d'une vie normale.

    Et pour ceux qui ne sont pas radicalisés, pour éviter qu'ils ne tombent dans cette spirale infernale.

    Oui. C'est-à-dire on considère les radicalisés comme des victimes.

    Des victimes de quoi finalement ? Qu'est-ce qu'on peut faire ?

    Ce que j'ai vu hier au moment de cette grande conférence internationale,

    c'est des jeunes qui nous ont dits, qui nous ont racontés

    qu'ils auraient pu basculer dans la radicalisation,

    s'ils n'avaient pas bénéficié d'un professeur qui leur a ouvert l'esprit,

    d'un accompagnateur social, d'une rencontre,

    de la culture qui est transmise aussi par la France, par le Québec.

    Tout ça, ce sont des facteurs qui permettent d'empêcher la radicalisation

    et sur lesquels nous travaillons tous ensemble, avec le Québec,

    avec la Belgique, avec l'ensemble des pays qui sont touchés par la radicalisation,

    et qui veulent tout faire pour empêcher les attentats terroristes de survenir.

    Oui. C'est-à-dire qu'on ne fait pas seulement la guerre aux terroristes,

    c'est ça le message ?

    Aujourd'hui, c'est une conférence organisée par l'Unesco,

    grande organisation internationale pour qui

    l'éducation est au coeur de tout et en avant de tout.

    Et moi, ma conviction en tant que responsable politique

    et surtout en tant que ministre chargée de l'aide aux victimes,

    c'est qu'il faut prévenir, et que prévenir ça commence dès la petite enfance,

    et il faut avoir un message d'inclusion.

    Au Québec, vous avez ce beau nom de "ministre de l'immigration et de l'inclusion"

    et je trouve que c'est un très beau message de prévention.

    Oui, ce n'est pas la même chose que de dire de l'intégration.

    Parfois, l'échec de l'intégration est mis en cause.

    On n'est pas parfaits.

    Et c'est certain qu'on peut faire toujours beaucoup mieux pour l'intégration.

    Mais moi je me tourne vers l'avenir, et ce que je souhaite aujourd'hui,

    c'est que nous arrivions à avoir un message d'inclusion,

    ce qui n'empêche pas des mesures fortes pour sanctionner les contenus

    qui sont des contenus de propagande et qui circulent sur Internet,

    et c'est ça dont nous allons parler aussi,

    et évidemment, pour avoir des mesures de politique de sécurité intérieure forte,

    pour protéger nos concitoyens.

    Est-ce que ça veut dire qu'on aurait pu éviter des attentats ?

    Vous avez cité une dizaine d'actes terroristes en France ces derniers mois.

    Qu'est-ce qu'on peut faire pour que ça ne se reproduise pas ?

    Vous savez, je crois qu'en la matière, d'abord le risque 0 n'existe pas.

    La peine des victimes est telle que,

    moi je ne veux pas rentrer dans ce qu'on aurait pu faire si,

    parce que la réalité, c'est qu'aujourd'hui aucun pays n'est à l'abri d'un attentat terroriste.

    Et la réalité, c'est que ce que nous devons faire maintenant,

    c'est de tarir la source du terrorisme en évitant que des jeunes,

    qui sont des jeunes Français, des jeunes Québécois, des jeunes Anglais,

    des jeunes Belges, aient envie de partir se faire tuer en Syrie,

    car c'est une tragédie pour nos pays,

    et c'est aussi une tragédie pour eux et pour leurs familles.

    Oui. Vous dites quoi aujourd'hui aux victimes ?

    Alors on va bien-sûr commémorer le 13 novembre,

    il va y avoir la réouverture de cette salle de spectacle "le Bataclan",

    et évidemment le souvenir des attaques aux terrasses,

    dans cette salle de spectacle, des attaques au Stade de France.

    On doit se souvenir de tout cela, mais finalement dire quoi aux victimes,

    à ceux qui sont meurtris encore aujourd'hui ?

    Vous savez, d'abord la peine de quelqu'un qui a perdu un enfant, un proche,

    je crois que ça, elle restera toujours présente,

    mais le rôle de l'Etat, c'est d'abord de dire : "Nous vous reconnaissons,

    et nous vous devons toute notre solidarité,

    car nous avez été victimes de terroristes qui ont porté atteinte à la République,

    en portant atteinte à vous-mêmes. "

    Deuxièmement, nous devons être là pour les accompagner,

    c'est-à-dire, et c'est mon rôle, de travailler pour que leur indemnisation,

    leur reconstruction psychologique, leur retour à une vie aussi normale que possible,

    se fasse dans les meilleures conditions possibles. Moi, mon but c'est ça.

    C'est le cas aujourd'hui.

    Les victimes du Bataclan peuvent dire que là l'état est à leurs côtés ?

    Nous y travaillons chaque jour.

    Par exemple, vous voyez, nous avons des procédures d'indemnisation

    qui font qu'aujourd'hui, presque 50 millions d'euros ont été versés pour commencer à indemniser.

    Et puis, nous avons créé, par exemple, un guichet unique.

    Donc pour aujourd'hui, pour une victime d'un attentat terroriste,

    il y a un interlocuteur unique qui peut les aider pour les démarches de soins,

    pour avoir accès à un logement pour ceux qui sont handicapés,

    pour peut-être avoir accès à un nouvel emploi

    pour ceux qui ne peuvent plus remplir leur emploi d'avant,

    car un attentat terroriste bouleverse tout. Et moi ce que je veux,

    c'est éviter qu'après un drame d'une telle ampleur,

    l'individu se résigne et se laisse aller dans une spirale de la tristesse.

    Donc, nous faisons tout pour que chacun retrouve l'énergie de vivre,

    chacun retrouve l'énergie pour continuer à affronter la réalité.

    Oui. Donc c'est par exemple une bonne chose que le Bataclan ré-ouvre,

    qu'il y ait à nouveau des concerts ?

    Mais bien-sûr, car la vie doit continuer.

    D'ailleurs le Bataclan, et nous y avons veillé,

    a ré-ouvert en pleine discussion avec les associations.

    Certaines associations de victimes sont même allées visiter le Bataclan

    avant sa réouverture au public. C'est la meilleure manière de les associer,

    et c'est comme ça que je conçois aujourd'hui l'aide aux victimes,

    avec les victimes, avec les associations, car c'est pour elles que nous mettons en place

    toutes les mesures politiques que nous sommes en train d'adopter.

    Est-ce qu'on peut aller au spectacle en toute sécurité aujourd'hui ?

    Il y a aujourd'hui, vous le savez, la France est en état d'urgence,

    et il y a donc un dispositif de sécurité maximum.

    Et je crois que c'est aussi peut-être la grande leçon que nous devons essayer d'en tirer,

    c'est de retrouver la vie normale et continuer coûte que coûte à vivre comme nous le faisions,

    c'est-à-dire à aller aux concerts.

    Oui. Vous irez d'ailleurs au concert qui va ré-ouvrir le Bataclan ?

    Mais j'irai, bien entendu, car je crois que c'est aussi une façon de soutenir

    cette vie qui doit continuer et pour chacune des victimes aujourd'hui,

    je crois que c'est ça le message principal. C'est la reconstruction,

    l'espoir, et le soutien de l'Etat qui sera toujours à leurs côtés.

    Oui. Et en même temps dire : "Un attentat est toujours possible à tout instant. "

    Ce n'est pas un constat d'échec ça, quelque part,

    de se dire : "On a cette menace. " ?

    Je crois que c'est un devoir de vigilance,

    mais c'est aussi un devoir de vérité.

    Dire "le risque 0 n'existe pas", ça ne veut pas dire que nous nous résignons, loin de là.

    D'abord, l'Etat fait son maximum en termes de mesures de sécurité,

    et puis nous travaillons sur la prévention sur le long terme,

    c'est ce que nous faisons aujourd'hui.

    Le Premier Ministre a signé avec le Premier Ministre du Québec, Monsieur COUILLARD,

    il y a 15 jours, un partenariat pour lutter contre la radicalisation.

    Ce sont des mesures qui doivent être prises par l'ensemble des pays du monde,

    en pleine concertation, car il faut prévenir.

    Donc, on agit de deux façons : sur la sanction, sur la protection, et sur la prévention.

    Merci beaucoup, Juliette MEADEL.

    Merci à vous.

    Internet, radicalisation des jeunes donc ici prévenir, agir, et surtout vivre ensemble.

    C'est le thème donc de cette conférence internationale à Québec.

    Merci d'avoir été notre invitée.

    Merci à vous.

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