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  • L'invité

    L'INVITE TV5MONDE 2016/2017

    Invitée : Christine St-Pierre, ministre québécoise des Relations internationales et de la Francophonie. Elle est en visite en France pour plaider en faveur de l'accord de libre-échange entre la France et le Canada.

    Présentation : Patrick Simonin.

    Transcription

    Bonjour, Christine Saint-Pierre, ministre des Relations internationales et de la francophonie du Québec, bienvenue! Vous êtes ici en France, vous êtes venue défendre l'accord de libre-échange entre le Canada et l'Union européenne après tant de polémiques, il a finalement été signé, mais il doit encore être adopté et ce n'est pas gagné?

    Oui en effet, les parlementaires européens doivent l'adopter, il devait y avoir un vote le 14 décembre prochain, ce vote a été reporté au début févr (...)

    Bonjour, Christine Saint-Pierre, ministre des Relations internationales et de la francophonie du Québec, bienvenue! Vous êtes ici en France, vous êtes venue défendre l'accord de libre-échange entre le Canada et l'Union européenne après tant de polémiques, il a finalement été signé, mais il doit encore être adopté et ce n'est pas gagné?

    Oui en effet, les parlementaires européens doivent l'adopter, il devait y avoir un vote le 14 décembre prochain, ce vote a été reporté au début février, fin janvier, début février, donc il faut continuer ce travail de conviction, ce travail d'information aussi au sujet de cet accord qui est un accord qui est excellent; un accord qui est moderne, un accord qui respecte les notions environnementales également les politiques sociales, c'est un accord qui vraiment va faire du Québec, du Canada, et évidemment le Québec et de l'Union européenne un marché énorme et qui sera avantageux pour les petites et moyennes entreprises, les travailleurs créateurs d'emplois. Il faut poursuivre, il faut continuer de vraiment parler de cet accord et faire la démonstration.

    Vous êtes venue en France pour convaincre finalement les autorités françaises. Vous avez l'impression que le chemin n'est pas encore totalement fait.

    Le chemin est fait auprès des autorités françaises, mais à des parlementaires, il y a encore des sceptiques par rapport à cet accord. Il y a des gens qui en font un amalgame avec les Américains alors que l'accord n'a rien à voir avec ce qui pourrait être négocié avec les Américains. Je vous donne un exemple, les appellations d'origine seront protégées dans cet accord, ce qui déplaît énormément aux Américains. Si on a l'accord, si cet accord est adopté totalement, les Américains évidemment vont le voir de façon assez négative mais pour l'Union européenne, ils auront un partenaire important, le Canada qui va défendre les marchés européens. Pour les Européens, c'est un accès aux marchés publics, c'est très, très important, l'accès également, comme je le disais, la protection d'appellation d'origine, beaucoup de choses dans cet accord qui sont fondamentales pour des économies ouvertes. Lorsqu'on se ferme, on se ferme, lorsqu'on s'ouvre, évidemment c'est avantageux.

    On a vu par contre la Wallonie qui avait quand même été très… au départ n'était pas d'accord qui a fini par s'y ranger, mais sur notamment la question des tribunaux arbitraux, sur la question de la place des multinationales, des possibilités pour les gouvernements de décider, tout ça été définitivement réglé ?

    Ça a été réglé et la Wallonie, vous l'avez vue à la fin était tout à fait satisfaite de cet accord. Donc évidemment, il faut comme dans toute négociation, tout accord, il faut évidemment qu'il y ait des pourparlers, il faut comprendre aussi les inquiétudes des autres, il faut être ouvert à ce que les autres nous disent, mais maintenant, ça a été signé par le Premier ministre Trudeau et aussi l'Union européenne, il faut poursuivre ce travail, il faut que cet accord voie le jour dans sa totalité et ça sera, on le sait, bénéfique pour les deux côtés de l'Atlantique.

    Les critiques, il y en a qui disent qu'on va importer du boeuf aux hormones, par exemple, c'est vrai ça ?

    Ce n'est pas écrit dans l'accord cette histoire de boeuf aux hormones, il y a des craintes qui viennent de choses qui pourraient se négocier avec les États-Unis!

    Comme, par exemple, dire qu'on va légiférer ou légaliser les OGM ?

    Absolument pas parce que les réglementations des états seront respectées. L'accord prévoit le respect également des réglementations des états, donc un état peut tout à fait avoir ses propres réglementations et l'accord prévoit que la réglementation est respectée.

    Oui. Il va y avoir une application provisoire de cet accord, ça veut dire que ça va prendre du temps encore ?

    Ben écoutez on souhaite que ça en prenne le moins possible.

    Et pendant cette application provisoire, des choses peuvent-elles encore être discutées ?

    Pas nécessairement parce que le Canada dit, et nous nous faisons partie des négociations, le Canada disait c'est négocié, il y a un accord maintenant c'est le temps de passer à l'adoption de cet accord. Il n'y a pas de réouverture possible.

    Oui, c'est une forme de mondialisation mais est-ce qu'au fond, vous vous dites que c'est une mondialisation à visage humain, pourquoi vous dites ça en fait ?

    Il s'agit de faire en sorte que les biens et services circulent librement, de création d'emplois également, d'aide aux petites et moyennes entreprises. Cet accord n'est pas fait pour des grandes entreprises qui ont déjà leurs réseaux, qui ont déjà tout ce qu'il faut; les petites et moyennes entreprises ont besoin de s'exporter sur le marché international, on parle du nôtre bien sûr, chez nous, ça veut dire la création de 16 000 emplois, mais ça veut dire aussi pour l'Union européenne, ça veut dire de l'ouverture sur les marchés publics; donc lorsqu'il y a des grands travaux d'infrastructure, il pourrait y avoir des possibilités d'aller travailler sur ces projets publics. Alors il y a des choses… il y a du donnant-donnant bien sûr et c'est fort important, je reviens sur la question de la protection des appellations, c'est quelque chose qui vous est cher ici et on ne pourra pas…

    C'est une forme de patrimoine culturel aussi !

    C'est votre patrimoine et cela, ça déplaît profondément aux Américains et dans l'accord, cela est protégé, on parle de 145 appellations d'origine protégée; il y a plusieurs exemples également, je parlais de l'environnement, les mesures sociales, cet accord-là a été fait pour les travailleurs, les petites et moyennes entreprises, pour une libéralisation des marchés, pas pour faire en sorte que les plus riches s'enrichissent, c'est pour faire en sorte de partager la prospérité des deux parties.

    Mais pour le Québec, 50% de la richesse, ce sont les exportations, donc on compte beaucoup là-dessus ?

    On a beaucoup besoin d'exporter chez nous, vous le savez, nous sommes une population de 8 millions d'habitants, nous avons toujours été des commerçants. Les premiers bureaux que nous avons ouverts à l'étranger, aux États-Unis et même ici en France à la fin du 19ème siècle, c'est un bureau pour les échanges commerciaux. Alors nous sommes un peuple d'exportateurs, nous avons besoin de ce marché parce que nous sommes trop petits pour être entre nous; alors nous avons besoin de nous exporter, nous avons de l'expertise, nous sommes reconnus aussi pour notre entrepreneuriat, notre entrepreneurship, nos nouvelles technologies, notre innovation, alors je pense qu'on peut être confiant que nous faisons affaire aussi, les Européens font affaire avec un partenaire qui est crédible, un partenaire qui respecte aussi ses contrats, un partenaire qui veut travailler sur l'ouverture des marchés; les fermetures des marchés, ça n'a rien de bon. Il faut s'ouvrir. J'ai un exemple également de l'accord qu'on a avec les États-Unis, il y a 34 états américains qui dépendent de ce marché avec les Canadiens. Alors lorsque certaines personnes disent: "il faut remettre ça en question", je ne pense pas que les 34 états américains vont vouloir remettre ça en question.

    Vous diriez, parce qu'on parle évidemment beaucoup de cette amitié entre la France et le Québec, ça joue un peu dans la réussite d'un accord comme ça, ce lien qui lie la France, par exemple, au Québec ?

    L'amitié, je pense que cette amitié, elle sera toujours, toujours, toujours présente.

    Elle est renforcée par un accord comme ça?

    Oui, je suis convaincue que les Français, on parle évidemment des Européens, mais les Français vont voir dans cet accord d'énormes possibilités de pouvoir travailler leurs gens, de création d'emploi, de partage de la richesse. Nous sommes convaincus de cela, nous avons bien négocié l'accord, nous avions notre propre négociateur, ce qui était à la demande de l'Union européenne, et nous avons eu dans la personne d'un ancien Premier ministre, Monsieur Pierre Marc Johnson, un négociateur vraiment de talent qui a su écouter, mais aussi faire comprendre les avantages de l'accord.

    Merci beaucoup, Christine Saint-Pierre, ministre des Relations internationales et de la francophonie du Québec, merci d'avoir été notre invitée aujourd'hui !

    Merci !

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    00:07:50
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