Ouvrir Menu
TV5MONDE+
Profitez de votre espace

Pas encore inscrit ?

Créez vos alertes selon vos préférences, partagez voc contenus favoris, et accédez à vos recommandations personnalisées

  • Ce programme n'est malheureusement pas disponible pour votre zone géographique.
    Découvrez d'autres programmes disponibles dans les recommandations ci-dessous.
  • L'invité

    Jeanne Added, Camélia Jordana, François Armanet, Bayon

    Invités : Jeanne Added, autrice-compositrice-interprète française ; Camélia Jordana, chanteuse et actrice française ; François Armanet, journaliste et réalisateur français ; Bayon, journaliste et écrivain français.

    Jeanne Added, artiste de l'année 2019 aux Victoires de la musique, et Camélia Jordana, Victoire de la musique 2019 dans la catégorie musique du monde et César du meilleur espoir féminin, sont à l'affiche du documentaire « Haut les filles », réalisé par François Armanet, avec la contribution de Bayon. Le film retrace l'incroyable parcours de ces femmes qui ont bousculé le rock français.

    Présentation : Patrick Simonin. Une émission enregistrée au festival de Cannes.


    Transcription

    Il faudrait que tout le monde, absolument, soit féministe. Ça me semble une évidence folle. Parce que finalement, être féministe, c'est quoi ? Ce n'est pas demander d'avoir plus de droits que les hommes, c'est de demander d'avoir autant de droits que les hommes, d'être considérées de la même manière. La question ne se pose même pas en fait d'être féministe ou pas. Pour eux. Les filles, ah la la ! Jeanne Added est avec nous, Camélia Jordana et François Armanet et Bayon, spécialiste du rock. C'est (...)

    Il faudrait que tout le monde, absolument, soit féministe. Ça me semble une évidence folle. Parce que finalement, être féministe, c'est quoi ? Ce n'est pas demander d'avoir plus de droits que les hommes, c'est de demander d'avoir autant de droits que les hommes, d'être considérées de la même manière. La question ne se pose même pas en fait d'être féministe ou pas. Pour eux. Les filles, ah la la ! Jeanne Added est avec nous, Camélia Jordana et François Armanet et Bayon, spécialiste du rock. C'est un documentaire incroyable sur le rock féminin présenté au Festival de Cannes. On voit plein d'extraits de concerts, des interviews, on retrouve Vanessa Paradis, on retrouve les grands classiques. Peut-être certains ont oublié de Colette Magny, d'autres, etc., qui montrent comment les femmes dans le rock ont fait leur place. Ouais, je trouve que ce qui fait du bien, c'est de les voir toutes à la suite des unes des autres pendant une heure vingt, je crois, ou une heure et demie. Une heure vingt. En fait, on se rend compte que ce sont des paroles qu'on entend peu, qu'on a peu entendues, qu'il y a des choses à dire, qu'il y a quelque chose qui les lie toutes et qui nous lie toutes. Et à les écouter les unes après les autres, on se rend compte qu'il y a eu assez peu cette parole-là mise en avant et ça fait vachement bien. Du coup c'est captivant. C'est hyper intéressant d'écouter parler ces femmes-là de leur travail. Oui oui parce qu'on disait que le rock, c'est les mecs quoi, Camélia. Puis là, il y en a qui sont arrivées, des filles là. Elles ont balancé, puis on le voit dans le film encore plus fort. Ce qui est formidable avec le film c'est qu'on se rend compte que les femmes qui occupaient cette place-là ont toujours été là, plutôt en minorité, déjà parce que dans l'industrie musicale, les femmes avec une certaine identité n'ont pas le droit d'être multiples. Elles n'ont pas le droit d'être plurielles, là où les hommes, eux, peuvent complètement avoir le même type, le même âge, proposer le même genre musical et être plusieurs, et faire des featuring ensemble et c'est super et c'est super rigolo. Et là où les filles, il y en a déjà une, il ne peut pas y en avoir d'autres. Déjà ce film montre ça quand même, malgré tout, et montre aussi que ces femmes-là ont toujours été là. Seulement, quand elles étaient face à des journalistes et qu'elles répondaient le plus sincèrement du monde, alors qu'elles n'étaient pas une poupée qui rentrait dans les codes, une petite poupée tout simplement, dont on voulait lui donner l'image, on prenait ça pour de la provoc parce que ça n'entrait pas dans les codes. Donc ces femmes ont toujours été là et étant donné que les femmes sont très à la mode depuis deux ans maintenant parce qu'il y a une parole qui se libère et des horreurs qu'elles vivent qui sont montrées au grand jour, parce que ça arrive dans dans des domaines très glamour, dans lesquels on ne soupçonnerait absolument pas ces faits-là. Du coup les femmes sont à l'honneur et à la mode pour notre plus grand plaisir. Et il y a des types formidables qui leur laissent encore la place, donc c'est chouette. Ouais. Jeanne, c'est ça qu'on voit dans leur film. À un moment on voit d'ailleurs Sheila, la petite fille de Français moyens, on voit Françoise Hardy arriver, on voit les chanteuses à texte et puis après on voit Elli Medeiros qui arrive, et puis Vanessa, et puis vous. Et alors, c'est toute une histoire comme ça, finalement, qui raconte les femmes, qui raconte la société, qui raconte la culture, qui raconte tout ça. Oui, on se disait en regardant le film que d'abord c'est hyper émouvant parce qu'effectivement il y a plein d'images d'archives, il y a Piaf, il y a Barbara, il y a, vous le disiez, Colette Magny. C'est vrai que moi j'ai découvert un aspect du travail d'Elli Medeiros que je ne connaissais pas. Par exemple, j'ai aussi entendu parler pour la première fois, en tout cas à mon sens, Vanessa Paradis sur son travail de scène, comment elle envisage sa musique, la façon d'être sur scène, de se présenter. (Lou Doillon) dit plein de trucs super intéressants aussi. Bref, il y a une sorte de filiation comme ça, Jehnny Beth est incroyable, les images de ses concerts sont dingues. Il y a une sorte de truc comme ça où on se sent faire partie de quelque chose qui existe depuis toujours. Et voilà, c'est la musique. L'esthétique change avec la société, tant mieux. La place qu'on leur laisse aussi change avec le monde et c'est tant mieux. Ouais, ouais, c'est ça. Et on voit… Brigitte Fontaine qui parle un peu des combats féministes. On voit Imany qui dit combien ça a été difficile aussi pour elle, Bayon, d'exister dans ce monde de mecs, avec les conventions. Surtout qu'elle était formée comme un homme. Elle dit bien, Imany, qu'elle a été dressée à l'école militaire. Donc c'est un double (bend), Imany. Elle est faite pour devenir un garçon et il faut qu'elle récupère sur cet état de garçon qui la constitue, il faut qu'elle récupère sa part de féminité, donc elle est très passionnante de ce point de vue là. Et puis alors, François Armanet, la liberté de ces artistes, de ces femmes, c'est incroyable ce qu'elles disent dans l'émission. Oui, liberté incroyable. Parce que de toute façon, c'est plus difficile pour les femmes. C'est plus difficile pour les femmes parce que toute façon, une chanteuse qui est en même temps un objet de désir, comme les garçons, mais qui en même temps un objet de fantasme. Non pas comme les garçons justement. Ah oui, ce n’est pas pareil. Pas exactement. Comme les garçons peuvent être aussi un objet de désir. Alain Delon, strictement. Voilà, Alain Delon ou David Bowie sont aussi des objets de désir. Oui, mais la société n'est pas foutue pareil, donc ce n'est pas la même chose. Je suis bien d'accord, Jeanne. Mais en tout cas, je voulais dire que pour les femmes, elles doivent être plus courageuses et plus audacieuses encore que les garçons parce que ce sont effectivement des objets de désir, des objets de fantasme sexuel, c'est aussi des victimes éventuelles de l'adoration des femmes. Enfin en tout cas, pour se confronter à ça, physiquement, avec sa voix, en public, c'est encore plus dur pour les femmes. Donc je pense que le chemin que vous devez faire, il est encore plus exceptionnel. Voilà, donc elles sont courageuses et audacieuses. Et le film est une ode à la femme, à la féminité et au féminisme parce que ces combats féministes aujourd'hui ils ont repris une virulence et une actualité sans pareil. Oui, Camélia ? Vous auriez peut-être un mot là-dessus ? Parce qu'on découvre des artistes, je disais à l'instant, on parlait de Colette Magny, Jeanne parlait de Catherine Ribeiro. On découvre des femmes qui ont été là, qui ont été à contre-courant avec beaucoup de courage, on peut le dire aussi, d'une certaine façon. Oui c'est ça, elles ont toujours été là. Et c'est vrai que comme on se disait avec Jeanne hier, ça nous fait du bien aussi, en tant que femme, en tant que musicienne de sentir cette espèce de fil rouge. Parfois c'était dingue dans les entretiens comme on passe de l'une qui commence une phrase à l'autre qui la termine. Et il y a une filiation qui est très profonde et qui est très importante parce qu'être une femme et monter sur scène, c'est politique, en fait. Et on retrouve ce fil rouge. C'est toujours ça, Jeanne ? C'est politique quelque part ? Ça l'est encore, bien sûr. Il y a encore énormément de travail de déconstruction des codes, des places assignées dans la société, etc. Le travail est immense et c'est tellement plus profond au final, que même le rapport hommes-femmes. Ça englobe tellement de choses. Donc oui, monter sur scène en tant que femme, et elles en parlent toutes, c'est-à-dire qu'il y a un état qui change, une façon de se positionner, une animalité qui peut arriver, une fierté, une force et une manière de se montrer aux autres. Et ça, dans le monde dans lequel on est, c'est encore quelque chose qui est hors cadre, en fait, finalement. Et c'est pour ça qu'on a besoin de voir ça, en fait. Merci à tous les quatre. François Armanet et Bayon qui proposent donc "Oh, les filles". Merci, Jeanne, merci, Camélia. Il faut aller voir ce film, formidable. On va découvrir des gens, on va découvrir des artistes qui ont tellement tellement apporté, qui continuent d'être là. Merci à tous les quatre. Merci à vous. Merci.

    Voir plusmoins
    00:08:22
    Tous publics
    Tous publics