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  • L'invité

    Lidia Leber Terki

    Invitée : Lidia Leber Terki, réalisatrice du film "Paris la blanche".

    Présentation : Patrick Simonin.

    Transcription

    Bonjour Lidia LEBER TERKI. C'est un film très émouvant, votre premier film, il s’appelle "Paris la blanche". C'est une identité perdue et retrouvée des travailleurs immigrés, à travers l’amour d'une femme pour un homme, qu’elle va tenter de rejoindre en France plus de 45 ans après.

    Oui, c’est une histoire d’amour en fait. Ce que je voulais avant tout, c’est à la fois parler des immigrés, à la fois des Algériens qui venaient en France, la première vague. Mais, je voulais le faire d’ (...)

    Bonjour Lidia LEBER TERKI. C'est un film très émouvant, votre premier film, il s’appelle "Paris la blanche". C'est une identité perdue et retrouvée des travailleurs immigrés, à travers l’amour d'une femme pour un homme, qu’elle va tenter de rejoindre en France plus de 45 ans après.

    Oui, c’est une histoire d’amour en fait. Ce que je voulais avant tout, c’est à la fois parler des immigrés, à la fois des Algériens qui venaient en France, la première vague. Mais, je voulais le faire d’une façon plus délicate en fait, en parlant de l’histoire de sa femme qui vient le chercher, donc, une histoire d’amour avant tout.

    Ce sont des histoires vraies. Un travailleur immigré qui quitte l’Algérie. 45 ans après, sa femme, qui n’a plus de nouvelles, à part recevoir un mandat tous les mois, vient le retrouver pour le ramener.

    Oui, c'était le point de départ de cette histoire. Évidemment, par mon travail aussi, je voulais raconter l’histoire avec un grand H, c'était aussi quelque chose qui m’a poussé à faire ce film, les liens entre la France et l’Algérie, et de les raconter en image d'une façon simple, plutôt touchante et apaisée.

    Oui, c'est "Paris la blanche", Lidia LEBER TERKI.

    ► "Paris la blanche"

    C'est le parcours d'une femme, d'une femme courage parce qu'au fond c’est le retour vers ce passé, les liens d'amour.

    Oui, ça c’était vraiment le… Mais il n'y a pas que ça aussi, c'était sur l'histoire de solidarité. L'envie de raconter, de mettre un éclairage sur ces hommes qui sont venus travailler en France, qui ont construit la France aussi. Et voilà, qu'on oublie, dont on ne parle peu d'un côté comme de l'autre.

    C’est-à-dire qui ont une identité perdue ?

    Oui, et voilà, cet homme, l'histoire de cet homme m'a touchée, de ces hommes m'a touchée. Et aussi le fait qu’ils soient complètement perdus, perte d'identité, perte de repère par rapport à sa famille. Il n’est plus d’ici, ni de là-bas. C'est un peu quelqu'un de suspendu.

    Oui, ce sont ceux qu’on appelle les chibanis, c'est-à-dire ces cheveux blancs, ces retraités de l’immigration et qui ne savent plus repartir, mais qui au fond, ne sont pas encore chez eux en France.

    Oui, alors après, je n’ai pas voulu non plus faire aussi un film politique. Pour moi, c'était vraiment raconter l'histoire humaine de ces hommes, humaine de ces familles aussi. Parler un petit peu de mes origines. Je crois que ça égraine un petit peu le film aussi, parler à certaines générations, mais pas qu'algérienne. Pour moi, c'était vraiment un film sur les immigrations. Donc, ça peut parler aussi aux Italiens, aux Portugais, à ces personnes qui sont issues de ces immigrations.

    2 acteurs formidables, elle va finir par le retrouver, mais est-ce l'homme qu'elle recherchait ? Est-ce désormais un étranger ? Regardez. C'est une rencontre, évidemment, incroyablement touchante.

    J'ai voulu, enfin, oui c’est quelque chose qui m'a touché. Donc, j'espère que ça transparaît dans ce film. Oui, c'est le visage de cet homme et des comédiens qui ont incarné ces personnages, m'ont touché aussi. Donc, c'est vraiment aussi une histoire de cœur, je crois. Ça s'est vraiment bien passé sur le plateau.

    C’est une déambulation dans Paris avec cette comédienne. Il y a des personnages comme Tara, incarnée par Karole ROCHER. Ce sont ceux aussi qui savent tendre la main à tous ces immigrés.

    Ça, c’était important pour moi aussi de pouvoir parler de ça, même si peut-être ça peut paraître, je ne vais pas dire naif, mais peu crédible. Mais en tout cas, je pense que oui, beaucoup de gens… Cette humanité est en chacun de nous et je voulais rendre hommage aussi à cette humanité en écrivant des personnages qui sont humains et qui veulent aider.

    Alors, vous avez tourné dans la région de Tizi-Ouzou à Asfour et puis ensuite à Paris, dans des foyers Sonacotra en pleine destruction. Ce sont des lieux d’histoire, de mémoire, qui sont en train de disparaître.

    Non, en fait ils sont reconstruits par d'autres sociétés. Les foyers Sonacotra n'existent plus, c'est devenu Coallia ou Adoma. Donc, il y aura toujours, je pense, des foyers. Après, c’est la population à l’intérieur de ces foyers qui changent. Mais effectivement, c'était important pour moi de montrer que tout ce qu’a construit cet homme et d'autres est en train d'être détruit pour être peut-être construite par d'autres qui arrivent.

    Ce qui (inaudible) de mémoire finalement qui est détruit.

    Complètement, oui. C’est sa vie. Donc, c'est ce que je voulais montrer à travers le regard de sa femme.

    On a l’impression que même retraité, il reste avec des papiers, un immigré, un immigré pour toujours.

    C’est le cas de beaucoup d'hommes, je pense. Pas forcément d’ailleurs travailleurs immigrés. Peut-être aussi des gens qui ont dû quitter leur pays pour d'autres raisons. Ils sont à la fois toujours là-bas, mais en même temps, c'est presque une image fantasmée. Et la réalité rejoint leur vie en fait.

    Quand vous tournez à Alfortville, dans ces foyers, vous avez dû rencontrer ceux qui occupent aujourd'hui ces lieux, entourés de destruction, c'est-à-dire, terrain vague, mais aussi constructions de nouveaux ensembles.

    Oui, enfin, là c’est particulier parce que le foyer où j'ai tourné, pour moi c'était… D’un point de vue cinématographique, c’était intéressant puisqu'il y avait toute cette destruction autour. Donc, ça racontait l’histoire de cet homme… Mais le foyer, effectivement, est un foyer où vivent des gens, qui va être détruit parce qu'il est un peu vieux, il a été construit dans les années 60. Et donc, il va être reconstruit à côté. Donc oui, les foyers continuent à exister bien sûr, ils vivent là. C'est vrai que peut-être ils pourraient ailleurs, je ne sais pas.

    "Paris la blanche", c'est la mémoire retrouvée, c’est votre mémoire retrouvée aussi Lidia LEBER TERKI.

    Oui, je me suis intéressée à ce scénario, qui m’a été proposé par Colo TAVERNIER, au départ parce que je venais de perdre mon père ; mon père était Kabyle, ma mère française. Et c’était important pour moi de… À ce moment-là, j'ai pris conscience que mes origines étaient effacées quelque part. Par la mort de mon père, j'ai voulu peut-être retrouver un petit peu de mes origines ; et même si cette histoire ne raconte pas la vie de mes parents, peut-être de me plonger dans cette histoire en fait.

    Et rendre hommage à tous ces invisibles, c'est comme ça qu’on les appelle.

    Oui, c’est les invisibles. Un mot quand même assez particulier.

    Merci. C'est "Paris la blanche", Lidia LEBER TERKI, votre premier film. Merci d'être venue sur notre plateau.

    Merci à vous.

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    00:08:18
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