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  • L'invité

    Hommage à Pierre Barouh


    TV5MONDE rend hommage à Pierre Barouh avec la diffusion inédite de sa dernière interview, enregistrée le 20 décembre. Il fêtait 50 ans de carrière entre cinéma et chansons.

    Présentation : Patrick Simonin.

    Transcription

    Bonjour, Pierre Barouh !

    Bonjour !

    Voyageur, musicien, monter une maison de disque, comédien mythique. Vous faites des pièces de théâtre, vous écrivez des livres. Vous êtes un citoyen du monde avant tout, Pierre Barouh.

    Oui, peut-être. Je ne sais pas. J'ai toujours eu l'obsession de la disponibilité. Donc, voilà.

    Oui. Des voyages et des rencontres. Ca a été ça, votre vie.

    Ah oui, oui, oui. Oui, c'est sûr, mon tout premier pass (...)

    Bonjour, Pierre Barouh !

    Bonjour !

    Voyageur, musicien, monter une maison de disque, comédien mythique. Vous faites des pièces de théâtre, vous écrivez des livres. Vous êtes un citoyen du monde avant tout, Pierre Barouh.

    Oui, peut-être. Je ne sais pas. J'ai toujours eu l'obsession de la disponibilité. Donc, voilà.

    Oui. Des voyages et des rencontres. Ca a été ça, votre vie.

    Ah oui, oui, oui. Oui, c'est sûr, mon tout premier passeport. Adolescent, à la rubrique "profession", j'avais marqué "Promeneur".

    C'est vrai ?

    Oui oui.

    C'est quoi être le "promeneur" ? C'est découvrir les gens, les sons, les odeurs ?

    Non non, c'est ça. Si vous voulez… je ne crois pas en la liberté. C'est pour ça que les politiques en ont plein la bouche sur ce mot-là. On n'a pas le choix de la liberté. On avait rendez-vous ce matin, on aurait pu être confrontés à des impondérables. Mais on a le choix de la disponibilité. Mais qui réclame une énorme vigilance. Donc, je suis de nature disponible. Mais voilà, la liberté, je n'y crois pas vraiment parce qu'on n'a pas le choix.

    Oui. Mais il y a une musique qui va nous faire tabadabada tabadabada.

    Oui.

    Ça vous dit quelque chose ça.

    Non non, c'est une aventure vécue avec un jeune cinéaste à l'époque et un jeune compositeur niçois …

    Francis Lai.

    Francis Lai, oui, avec qui je vivais déjà une amitié. On se retrouvait toutes les nuits à Montmartre, on avait commencé à écrire ensemble. Et… c'est que, Lelouche, je l'ai rencontré en… j'ai fait un film avec lui avant, qui s'appelle "Une fille et des fusils". Un film tourné avec pas beaucoup de moyens. Et dans la mouvance, il était en plein transfert passionnel. Il me voyait comme un acteur. Et il me raconte une histoire qui n'était pas écrite, qui était l'histoire d'un homme mort, moi, d'une femme qui se souvient de lui. Je lui présente Jean Louis Trintignant, qui était un ami, qui a toujours été un ami. Jean Louis lui présente Anouk et je fais de l'intox à Lelouche pendant des semaines sur le [talent de mélodie ?] de Francis Lai. Ce n'est pas qu'il en doute, mais un accordéoniste niçois compositeur [du milieu du film ?]

    Oui c'est vrai.

    Ça ne rentrait pas dans le schéma, [mais circonstance ?], on avait écrit avec Francis une chanson qui était porteuse des mêmes parfums que l'histoire que me racontait Lelouche.

    Oui. Elle disait quoi cette chanson, Pierre Barouh ?

    C'est plus fort que nous.

    Oui.

    Je le traîne à Montmartre. On était voisins avec Francis. Il sort son accordéon et on lui chante "Avec notre passé pour guide, on se devrait d'être lucide. Mais notre méfiance est à bout. L'amour est bien plus fort que nous". Lelouche craque complètement sur la chanson. Moi, j'étais content, j'avais placé mes potes.

    La chanson que tout le monde a retenue, c'est Tabadabada …

    Ah oui, oui oui. Ca, c'était autre chose.

    Et pas Chabadabada.

    Ah non, le Chabada n'existe pas.

    Oui.

    Non, non.

    Mais ça, c'est parce qu'il n'y avait pas de parole.

    Oui. "Comme nos voix ba da ba da Chantent tout bas". Je prolonge la sonorité, "Combien de joies, bien des drames! Et voilà, c'est une longue histoire. Un homme, une femme ont forgé la trame du hasard". C'est une chanson que je revendique comme auteur, vraiment.

    Oui, on va parler de Saravah bien-sûr. Vous avez lancé Brigitte Fontaine, Higelin … tant d'artistes extraordinaires [inaudible] dans la chanson. On va en parler. Mais d'abord, je voudrais qu'on écoute une voix. Evidemment, c'est celle d'Yves Montand. C'est une chanson inoubliable. Mais c'est une chanson que tout le monde fredonne. Mais c'est surtout une chanson qui raconte votre enfance, Pierre Barouh. Ecoutez ça!

    "A bicyclette. Nous étions quelques bons copains. Il y avait Fernand, il y avait Firmin. Il y avait Francis et Sébastien. Et puis, Paulette. "

    Evidemment, vous écrivez cette chanson, Pierre Barouh, qui devient légendaire. Quand je dis "ça rappelle votre enfance", c'était votre enfance "à bicyclette".

    Oui oui. Non, ce qu'il y a de curieux dans cette chanson, c'est que c'est plus qu'un tube. C'est-à-dire qu'elle est rentrée dans la mémoire populaire. Et je connais… Vous allez me dire, je ne connais pas d'exemple de chanson qui soit rentrée dans la mémoire populaire qui soit impossible de chanter a cappella. Le disque est sorti Mai 68 alors qu'il n'y avait plus de disque. Les radios ne recevaient plus de disques, les gens n'avaient plus de voiture. Mai 68, si je paie un attaché de presse des millions, il ne me fera jamais une pub comme celle-là quoi. C'est incroyable, il est sorti en 45 tours Mai 68, alors que les gens n'avaient plus de bagnoles. Non, c'est incroyable !

    Mais quand je dis qu'il se trompe dans les paroles, dans l'enregistrement du studio, ce n'est pas "seul un instant" ou "pas un seul instant avec Paulette". Et ce n'est pas la même chose.

    Non non, vous avez raison, ça m'a fasciné l'importance des mots. Au lieu de chanter "de n'être pas seul un instant", il a chanté "de n'être pas un seul instant". Et l'image n'est pas du tout la même.

    Oui, ça ne veut plus du tout dire la même chose.

    Non non, alors.

    Après il a rectifié sur scène.

    Oui oui, je l'ai appelé. Je lui dit : "voilà…". Il me dit : "Oh! Merde, putain, tu as raison". Et ce qui fait que pour qu'il écoute, après il a rectifié.

    Ecoutez cette voix. C'est la voix d'un enfant avec un chanteur que vous rencontrez gamin. Alors écoutez-la !

    "Tiens, j'ai dis : "Tiens". Tiens, j'ai dis : "Tiens!". J'ai dis : "Tiens". Tiens, j'ai dis : "Tiens". Tiens, j'ai dit. Tiens. "

    Alors, la voix de l'enfant dans cet enregistrement, c'était Arthur H tout petit? Qui chante avec son père. C'est Jacques Higelin?

    Ouais.

    Et donc c'est Saravah. C'est l'aventure Saravah, Crabouif. "Tiens, j'ai dit: "tiens"". Ecoutez ce son, la sonorité Saravah.

    "Tiens, j'ai dis : "Tiens". Tiens, j'ai dis : "Tiens!". J'ai dis : "Tiens". Tiens, j'ai dis : "Tiens". Tiens, j'ai dit. Tiens. "

    "Je voudrais savoir pourquoi je suis amoureux de cette fille là, tiens j'ai dit tiens," tiens j'ai dit tiens, j'ai dit tiens tiens, j'ai dit tiens. "

    Extrêmement original ! C'est un avant-garde. Higelin est un gamin.

    Ah oui oui oui. Non, mais je l'avais rencontré comme ça. Il est à Montmartre. Il jouait du banjo quand il avait 14 - 15 ans. Je l'avais rencontré sur la Butte et tout ça.

    Vos chansons sont comme des films. On va entendre "La Plage" par Marie Laforet.

    Oui.

    Vous racontez des films. Certes que votre vie marquée par le cinéma. Quand je dis ça, c'est parce qu'après la guerre, il va y avoir un film qui va changer votre vie. C'est "Les visiteurs du soir", je crois.

    Oui, oui, oui oui. Oui oui. J'avais été voir "Les six jours de Paris". Notre petit immeuble de banlieue était collé à un cinéma de quartier qui s'appelait "L'Eden". Et mes parents m'avaient dit : "Pierrot, tu ne rentres pas après 9 heures du soir. " J'étais rentré, il était à peu près 8 heures et demie. J'étais en avance, je me suis infiltré au cinéma, "les visiteurs du soir". Et ma vie a basculé sur trois mots de Jacques Prévert. C'est vrai.

    Il disait quoi, Jacques Prévert ?

    "Démons et merveilles, des Vents et marées. Au loin déjà la mer s'est retirée". C'est aussi simple que ça. Ma vie a basculé complètement sur trois mots de Jacques Prévert. Parce que, quand je suis rentré de mon terroir profond, j'étais le cancre total. Je vous dis, je n'ai même pas passé mon certificat d'études. J'étais vraiment le cancre. Mais ma vie a basculé sur trois mots, ça a été incroyable.

    Merci beaucoup ! On était ravis de vous saluer.

    Ben merci, merci pour l'accueil.

    Merci, Pierre.

    Merci à vous.

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