Ouvrir Menu
TV5MONDE+
Profitez de votre espace

Pas encore inscrit ?

Créez vos alertes selon vos préférences, partagez voc contenus favoris, et accédez à vos recommandations personnalisées

  • Ce programme n'est malheureusement pas disponible pour votre zone géographique.
    Découvrez d'autres programmes disponibles dans les recommandations ci-dessous.
  • L'invité

    Claude Lemesle

    Invité : Claude Lemesle, parolier français.

    Claude Lemesle est l'auteur de quelques-uns des plus grands succès de la chanson française, interprétés par Dassin ou encore Bécaud. Dans « Serge Reggiani », il rend hommage à l'acteur et chanteur français, disparu en juillet 2004, et raconte comment un petit immigré italien pauvre a fait chavirer la France pendant des décennies.

    Présentation : Patrick Simonin.

    Transcription

    Bonjour Claude Lemesle. Bonjour. Vous avez écrit quelques-uns des plus grands succès de l'histoire de la chanson française, que ce soit pour Joe Dassin, Michel Sardou, Julio Iglesias, Carlos, tant d'autres et puis, surtout pour Serge Reggiani. Cela fait 15 ans qu'il nous a quittés. Il nous manque. Il vous manque, Serge Reggiani. Oui. Bien, les grands artistes nous manquent physiquement. En même temps, évidemment, on a la chance d'avoir leurs oeuvres. Donc, en ce qui concerne Serge, ses enregistr (...)

    Bonjour Claude Lemesle. Bonjour. Vous avez écrit quelques-uns des plus grands succès de l'histoire de la chanson française, que ce soit pour Joe Dassin, Michel Sardou, Julio Iglesias, Carlos, tant d'autres et puis, surtout pour Serge Reggiani. Cela fait 15 ans qu'il nous a quittés. Il nous manque. Il vous manque, Serge Reggiani. Oui. Bien, les grands artistes nous manquent physiquement. En même temps, évidemment, on a la chance d'avoir leurs oeuvres. Donc, en ce qui concerne Serge, ses enregistrements, sa voix, la chaleur de sa voix, la beauté de sa voix et l'intensité de ses interprétations. Oui, une voix incroyable. On va raconter comment cet homme qui était acteur est devenu un jour un des chanteurs les plus populaires. Un succès triomphal. Oui. Il m'avait raconté cette chose-là. Il m'avait dit, l'album venait de sortir. On parle de l'album avec le petit garçon, Sarah etc. L'album vient de sortir. Je suis parti tourner un film en URSS. Le tournage a duré deux mois. Et quand je suis rentré d'URSS, quand je suis apparu sur la passerelle de l'avion, je suis descendu de l'avion, le regard des gens sur moi avait changé. Oui. Ecoutez cette voix-là Venise n'est pas en Italie. Venise, c'est chez n'importe qui

    Fais-lui l'amour dans un grenier Et foutez-vous des gondoliers Venise n'est pas là où tu crois Venise aujourd'hui, c'est chez toi C'est où tu vas, c'est où tu veux C'est l'endroit où tu es heureux Et ça, ce sont des mots que vous avez écrits pour lui, Claude Lemesle.

    Oui. C'est une idée que j'ai eue en allant dîner chez un ami. J'étais dans un taxi. Comme c'était un compositeur, je me suis dit dans le taxi : tiens, s'il me montre une musique, ça s'appellera "Venise n'est pas en Italie". Ne me demandez pas pourquoi. Je n'en sais absolument rien. C'est une espèce de truc qui m'est arrivé comme ça. Qui est resté. Il y a encore un film qui s'appelle comme ça, qui est sorti, il y a pas longtemps. C'est une expression. Il y a un film avec Benoît Poelvoorde qui est sorti et qui a repris mon titre. D'ailleurs, je brille par mon absence sur l'affiche. Ce qui m'a fait plaisir. Evidemment, parce que ceux qui écrivent les chansons, on ne les connaît pas toujours. Vous en avez écrit tellement. On ne les connait jamais. On ne les connait jamais. Mais, là, on veut vraiment vous rendre hommage à travers la voix de Serge Reggiani. Il était d'abord un apprenti coiffeur. Et ça, si j'en parle, c'est qu'on va écouter dans quelques instants une chanson que vous avez écrite aussi pour lui. Mais, Reggiani était d'abord un apprenti coiffeur. Oui, parce que son papa était coiffeur, tout simplement. Donc, naturellement, il a commencé à travailler dans la boutique de son père. Cela ne lui plaisait pas du tout. Donc, très rapidement, il a traversé la rue. Il y avait des… Oui. On dit qu'il a fait tomber un jour du shampoing sur une dame qui lui a dit : "vous devriez changer de métier". Oui. Il a bien fait de l'écouter. Puis, il a regardé les petites annonces.  Voilà. Puis, le métier de comédien l'a tenté. Moi, je crois qu'il a eu raison de succomber à la tentation. Oui. Si je disais ça, c'est parce que vous lui avez écrit une chanson. C'est "Le Barbier de Belleville". Oui. Alors, ce qui est amusant, c'est que quand j'ai écrit "Le Barbier de Belleville" sur une musique d'Alice Dona, je voulais simplement écrire une histoire d'une vocation ratée, d'une vocation manquée. Je n'ai pas pensé une seule seconde que Serge avait été apprenti coiffeur et que son père était coiffeur. Je n'y ai pas pensé. Et pourtant, ça donne ça, un des plus grands succès de Reggiani. Alors avouez que c'est râlant D'avoir la vocation sans le talent Je n'ai pas de voix J'essaye quelquefois Mais ça ne vient pas Je ne suis pas doué pour l'opéra. Incroyable ! On imagine, on se souvient tous avoir vu Reggiani sur scène quand il chantait. Il chantait à chaque tour de chant cette chanson qu'il adorait.

    Et il finissait la chanson sans micro. Il terminait sans micro. C'est une espèce d'exploit qu'il aimait à réaliser devant le public. Et d'ailleurs, cette chanson est assez chère à mon coeur, non seulement pour ce que Serge en a fait. Mais, aussi parce qu'elle m'a valu les compliments de Brassens. Ah bon ? Qu'est-ce qu'il vous a dit Brassens ? Il m'a dit que mes chansons étaient bien écrites, bien faites. Et de la part de Georges, c'était le compliment de l'artisan. Il ne pouvait rien dire qui me fasse plus plaisir. C'est un superbe coffret et qui va nous permettre d'écouter ça, parce que cette chanson qui s'appelle "Comme si on s'aimait en playback", eh bien, on a la chance - écoutez là - de l'entendre pour la première fois. Et c'est une chanson de vous, Claude Lemesle. Ecoutez ça. Je l'ai redécouverte. J'avais oublié. (inaudible). On n'a rien à dire Un rire, plus rien Notre histoire bafouille.

    C'est là où on se dit qu'on aurait envie d'une heure d'émission pour l'écouter en entier. Mais, là, elle est là. Elle est dans ce coffret. Qu'est-ce qui le caractérise ? C'est une heureuse surprise. J'avais complètement oublié. Moi, qui suis réputé pour avoir une mémoire - enfin, je suis réputé au niveau des gens qui me connaissent d'ailleurs très peu - pour avoir une mémoire éléphantesque. Je l'avais totalement oubliée, cette chanson. Oui. Et je la trouve vraiment chouette. C'est une belle surprise pour moi. C'est une superbe chanson magnifiquement interprétée. Quel interprète ! Quel artiste ! Et puis, quel homme ! Là, dans ce passage-là, il est extraordinaire. Ecoutez alors ! On l'écoute là. Ça monte. On fait bien semblant de jouer, mais, chacun sur sa piste. L'intensité (inaudible). C'est magnifique. On peut aller très loin avec un interprète comme ça. Oui, on n'a pas de limite. Ça, c'est vrai. On n'a pas de limite. C'est un moment où on peut donner tout l'air possible, toute la liberté possible à sa plume. Oui. Si je vous dis Casque d'or, vous dites quoi finalement, Claude Lemesle ? Vous dites : là, il est au sommet, à la fois de sa beauté et de son art. En tout cas, il en était très fier. Je crois qu'il a eu plusieurs sommets dans sa vie de comédien. Il n'y a pas eu que celui-là. Mais, dans ce film, il était extraordinaire et je crois qu'il était extrêmement fier de l'avoir tourné. Quelle chanson vous garderiez de Serge Reggiani, Claude Lemesle ? Il y en a beaucoup. Moi, alors, si vous m'interrogez sur celles que j'ai écrites, il y a un texte qui n'est pas très connu, mais, qui moi, me touche particulièrement. Et d'ailleurs, ce texte, Michel Piccoli l'a lu devant son cercueil le jour des obsèques. C'est un texte s'appelle "il faut vivre". Oui. Pourquoi ? Parce qu'au fond, vous dites que ça a été ça le combat de sa vie. Il faut vivre. Oui. Il a dû vivre malgré le suicide de son fils, malgré l'alcool. Oui. Je crois que c'est un texte qui lui ressemblait beaucoup. Je pense que ce n'est pas par hasard que Piccoli l'a choisi en ce jour fatidique. Je crois que c'est un texte qui se termine comme ça. Vous allez voir. Qu'on s'appelle Suzanne, Henri, Serge ou que sais-je Quidam, évanescent, anonyme, paumé Il faut croire au soleil en adorant la neige Et chercher le plus-que-parfait du verbe aimer Il faut vivre d'amour, d'amitié, de défaites Donner à perte d'âme, éclater de passion Pour que l'on puisse écrire à la fin de la fête Quelque chose a changé pendant que nous passions. Merci beaucoup Claude Lemesle. C'est une vie d'artiste tout simplement. Voilà. Les centaines de chansons.

    Et quelle vie ! Et quel artiste ! Les poèmes qu'il lit et puis, (Boris vient, je ne voudrais pas crever). Et Reggiani tel qu'on l'aime. Eternel au fond ? Oui, je crois. D'ailleurs, lui-même disait qu'il était éternel. Il ne croyait pas à la mort. Il ne croyait pas à la mort. Voilà. Merci beaucoup Claude Lemesle. Merci d'avoir été notre invité. Merci à vous. 

    Voir plusmoins
    00:08:15
    Tous publics
    Tous publics