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  • L'invité

    Agnès Varda, JR

    Invités : Agnès Varda, JR.

    La cinéaste et le photographe ont traversé la France avec un appareil photo géant sur leur camionnette pour un film poétique et merveilleux, sorti sur les écrans français le 28 juin après avoir enchanté le Festival de Cannes et décroché le Grand Prix du Cinéma Positif, en partenariat avec TV5MONDE.

    Présentation : Patrick Simonin. Une émission enregistrée lors du 70e Festival de Cannes.

    Transcription

    Dans le poste de télévision, si les gens pouvaient t'écouter, qu'est-ce que tu leur dirais ?

    Je leur dirais : "Braves gens, n'écoutez pas des conneries". Eh bien ! quelquefois il y a des émissions documentaires à la télévision qui sont très intéressantes, on rencontre des gens formidables et quelquefois on les (inaudible) et quelquefois on entend des bêtises. Eh bien ! Il faut faire un tri et ça le tri, il faut décider de le faire.

    C’était les conseils de mamie VARDA. (...)

    Dans le poste de télévision, si les gens pouvaient t'écouter, qu'est-ce que tu leur dirais ?

    Je leur dirais : "Braves gens, n'écoutez pas des conneries". Eh bien ! quelquefois il y a des émissions documentaires à la télévision qui sont très intéressantes, on rencontre des gens formidables et quelquefois on les (inaudible) et quelquefois on entend des bêtises. Eh bien ! Il faut faire un tri et ça le tri, il faut décider de le faire.

    C’était les conseils de mamie VARDA.

    Accompagné par JR.

    Moi, j’ai 33 ans. Mais toi je dirais plutôt que tu as 88 printemps.

    Il faut être rigoureux, c'est qu'on va faire un film ensemble.

    Bah ouais ! C’est ça le point de départ.

    Madame VARDA va faire un statement. Madame VARDA.

    Quand j'étais petite, eh bien !

    Oui.

    On disait, ne pousse pas mémé dans les orties.

    Ah !

    Alors, dégage-toi tu es trop lourd.

    Non, mais…

    Ne pousse pas mémé dans les…

    JR.

    Oui.

    JR, vous ne lui parlez pas comme ça a Agnès.

    Eh bien non, moi jamais je n'oserais.

    Oh ! Quand même.

    Mais non. Sauf si elle se mettait à sucrer les fraises, là je lui dirais, mais sinon…

    Mais quelle belle rencontre tous les deux. "Visages Villages" et cette pérégrination à travers la France, ces rencontres, cette voix, la voix d'Agnès comme ça. JR.

    On ne se lasse pas de la voix d’Agnès, sauf quand elle vous engueule

    C’est vrai y a des moments.

    Les trois quarts du temps, mais il reste au moins un quart du temps où on peut profiter d’Agnès.

    Moi je m’en vais s’ils disent des choses comme ça, c’est tout faux. On ne s’est jamais engueulé.

    On a discuté.

    On a eu des conversations vives.

    En fait, il faut redéfinir le sens même de la conversation. Dans certains pays, les gens se crient dessus pour se parler. On croit qu’ils s’engueulent alors qu'en fait ils ne font que parler. Je pense qu’il y a une partie de toi qui est étrangère à ton propre corps et qui des fois dans tes attaques…

    C'est vrai ça Agnès.

    Est-ce qu’il a fait… On peut commencer l'interview.

    Allez, on y va alors.

    S’il vous plaît, on repart à zéro.

    C’est de la censure encore. Moi, j’appelle ça de la censure.

    Bonjour TV5 Monde.

    Bonjour Agnès VARDA. Bonjour JR.

    Bonjour.

    Tous les deux réunis.

    Qu'est-ce qu'elle est fantastique Agnès. Est-ce qu'on a parlé de sa voix ? Une voix si douce.

    Une voix incroyable. Évidemment qui accompagne ce film.

    Est-ce que tu veux qu’on parle de tes lunettes ?

    Oui, on peut, elles sont noires.

    Il est rare sans lunettes, vous avez réussi à l’avoir dans le film sans lunettes.

    Eh bien oui ! Mais pas beaucoup.

    Pas beaucoup.

    Et pas très bien.

    Parce que ce film raconte votre balade dans cette France profonde et merveilleuse. Des rencontres, des visages et des photos.

    Je réponds à ce que je souhaite le plus, les visages que je rencontre, des photographies pour qu'ils ne tombent pas aussitôt dans les trous de ma mémoire.

    On est parti avec l'idée d’aller vers les gens et quand on va à désir comme ça, on les trouve.

    C’est vrai, on en a trouvé. En fait, tous ceux qu’on a mis, ce sont tous ceux qu'on a rencontrés. On n'a pas fait de casting, de sélection. On a été voir des gens qui nous inspirent, mais qu’on a rencontrés et je pense qu’il y a une part de personnalité qui nous inspire chez chacun des gens qu'on rencontre. C'est juste qu’on est curieux, on a envie de chercher justement cette part des gens qui peut se lier à ce qu’on a envie de faire, un peu à notre imagination, un peu à notre curiosité.

    Moi, j'ai déjà fait un documentaire sur l'état de… c’était spécial. Et JR a déjà fait un documentaire sur les femmes un peu partout dans le monde. Donc, on a ce désir de mettre en valeur les gens qui n'ont pas l'habitude d’être en valeur. Lui c’est par la taille des collages, moi c'est par l’écoute ou bien l’entretien ou bien des commentaires qu'on fait ensemble. Bon ça va, à toi.

    Ah bon non, mais…

    Alors JR là.

    Moi, je suis bien. Je fais des petites micros siestes comme ça quand tu parles, ça me permet de me reposer un peu parce que tu sais Cannes, c’est quand même fatigant.

    Mais là, ce que dit Agnès est merveilleux. C’est sur ces visages, sur ces murs, ces mineurs du Nord, ces agriculteurs, c’est comme ça l'émotion.

    L’émotion, mais je veux dire quelque chose en… Bien sûr qu’on est parti à la recherche de ces visages, qu'on les a agrandis, mais pendant ce film, il y a un autre film qui se passe. C'est que je pars à la recherche du visage d’Agnès, je pars, je traverse, je sillonne les rides d’Agnès. Et ça, c’est vrai parce qu'elle m'a laissé ausculter jusqu'à son œil, d’aller dans les rides de ses joues et de ses oreilles, d’agrandir ses doigts de pied à la taille de grand train. Il y a ces deux voyages en parallèle et on a chacun donné un peu de nous.

    Des moments d’émotion dans un cimetière, tout petit.

    Un tout petit très joli.

    C’est incroyable.

    Avec des lavandes, des cyprès, des oliviers. Je trouve que c'était une idée d’un cimetière en fait assez romantique. On se trouvait bien, on n’avait pas du tout l'impression d’avoir à affronter la réalité de la mort. Évidemment, il m’a posé la question aussitôt, mais je trouve qu’on était dans un décor de charme pour parler de ça.

    Décor de charme.

    Tu verras quand tu seras vraiment dans un cimetière, tu trouveras ça moins charmant. Là, c’était très charmant.

    Eh bien tu sais que tu m’as déjà emmené à l'endroit où tu voudrais être enterrée aussi.

    Ah oui ! C’est normal.

    C'est vrai.

    Oui.

    Forcément, là où est Jacques DEMY, donc…

    Oui bien sûr.

    Ce n’est pas très original. Il n’y a pas de place.

    Moi ça m'a marqué, je n’y ai jamais pensé. Elle y a planté un arbre qui est magnifique et qui couvre comme ça, un pin parasol.

    On a même mis, ici repose Jacques DEMY. Mais centré pour que quand on ajoutera un t, ce sera encore mieux centré.

    C’est vrai, vous avez tout pensé.

    C’est ça d'avoir le sens du graphisme.

    Ouais, mais l’arbre et le petit banc, moi je trouve ça fascinant et qu'on s’y soit assis tous les deux.

    Est-ce que vous ne voulez pas qu’on ait une autre conversation ?

    Alors on reprend au début. Bonjour, merci de nous recevoir.

    Bonjour.

    On recommence.

    ► "Visages Villages (2017)"

    C'est aimer les gens, c'est un amour, c’est l'amour.

    Ce qui nous a lié dès le départ dans ce film c’est notre amour des gens. Je pense qu'on connaissait le travail l'un de l'autre quand on s’est rencontré, on ne se connaissait pas. On a tout de suite senti qu'on pouvait partir sur la route. Le lendemain, c’est ce qu’on a fait. Le film a vraiment commencé le lendemain où on s'est rencontré. Il n'y a pas eu de, on réfléchit peut-être le mois prochain, l'année prochaine. On a tout arrêté et on est parti là-dessus.

    On pensait qu’on ferait un court-métrage très vite, mais alors on a pris goût. Dès qu’on a commencé à faire un peu, on s’est dit, mais c’est ça qui nous va bien. Entre son camion magique, ma curiosité, quelques petits villages de France qu’on connaissait, on avait un point d'arrivée et hop, ça se mettait en place. Les gens arrivaient à nous, on avait l'impression qu’ils nous apportaient sur un plateau d'argent des rencontres, des beaux et des… C’est pour ça que j'ai toujours dit que le hasard était notre meilleur assistant.

    Merci à tous les deux, vous êtes prêt à repartir JR, avec Agnès.

    Avec Agnès demain.

    Demain.

    Mais d'ailleurs, ce soir puisqu'on ne se quitte jamais donc…

    C’est vrai ?

    Non. Mais sincèrement, c’est faire une suggestion comme ça je me dis, ah il y a quelqu’un qui a envie de partir avec moi.

    Ça, c’est vrai, mais elle refuse. Elle est dure Agnès, vous savez. On ne l'a pas comme ça dans sa poche facilement et tout se négocie.

    Qu’est-ce que tu veux que je vienne faire dans ta poche ?

    Merci à tous les deux.

    Merci à vous tous.

    Pour cette bouffée d’oxygène, de bonheur, d'humanité simplement "Visages Villages" Agnès VARDA, JR.

    Putain j'ai cru qu'il allait encore me donner une claque. Oh la la ! Je vais te donner moi, une paire de claques. Bon allez à bientôt.

    Merci à tous les deux.

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    00:08:17
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