Ouvrir Menu
TV5MONDE+
Profitez de votre espace

Pas encore inscrit ?

Créez vos alertes selon vos préférences, partagez voc contenus favoris, et accédez à vos recommandations personnalisées

  • Ce programme n'est malheureusement pas disponible pour votre zone géographique.
    Découvrez d'autres programmes disponibles dans les recommandations ci-dessous.
  • L'invité

    Agnès Varda / JR & Barbet Schroeder

    Entretien avec un invité au coeur de l'actualité politique, économique, culturelle...

    Présentation : Patrick Simonin.

    Transcription

    Dans le poste de télévision, si les gens pouvaient t’écouter, qu’est-ce que tu leur dirais ?

    Je leur dirais : « Braves gens, n’écoutez pas des conneries ».

    (Rire)

    Il y a des émissions documentaires à la télévision qui sont très intéressantes. Et bien, il faut faire un tri, et ça le tri, il faut décider de le faire.

    C'était les conseils de Mamie VARDA.

    Moi j'ai 33 ans. Et toi, je dirais plutôt que tu as 88 printemps.

    (...)

    Dans le poste de télévision, si les gens pouvaient t’écouter, qu’est-ce que tu leur dirais ?

    Je leur dirais : « Braves gens, n’écoutez pas des conneries ».

    (Rire)

    Il y a des émissions documentaires à la télévision qui sont très intéressantes. Et bien, il faut faire un tri, et ça le tri, il faut décider de le faire.

    C'était les conseils de Mamie VARDA.

    Moi j'ai 33 ans. Et toi, je dirais plutôt que tu as 88 printemps.

    Très (inaudible), c’est qu’on va faire un film ensemble ?

    Bah ouais, c’est ça le point de départ.

    Madame VARDA va faire un stepman.

    C’est bon.

    Madame VARDA.

    Quand j’étais petite…

    (Rire).

    Oui.

    On disait : « pousse pas Mémé dans les orties ». Alors, dégage toi, t’es trop lourd.

    C’est… Non mais J. R. vous ne lui parlez pas comme ça à Agnès.

    Mais non, moi jamais, j’oserais.

    Quand même.

    Mais non.

    Sauf si elle se mettait à sucrer les fraises, là je lui dirais mais sinon…

    Mais quelle belle rencontre tous les 2, visage-village à Cannes.

    On est parti avec l'idée d'aller vers les gens et quand on va à un désir comme ça, on les trouve.

    C’est vrai, on en a trouvé. En fait, tous ceux qu'on a mis c’est tous ceux qu'on a rencontrés. On n’a pas fait de casting, de sélection. C’est juste qu'on est curieux. On a envie de chercher justement cette part des gens qui peut se lier à ce qu'on a envie de faire un peu à notre imagination, un peu à notre curiosité.

    On a ce désir de mettre en valeur les gens qui n'ont pas l'habitude d'être en valeur. Alors lui c'est par la taille des collages, moi c'est par l'écoute ou bien l'entretien ou bien les commentaires qu'on fait ensemble.

    Ces gens qui ont des photos du passé, qui resurgissent, c’est comme ça l'émotion, l’émotion.

    L'émotion, mais je veux vous dire quelque chose. Bien sûr qu'on est parti à la recherche de ces visages, qu’on les a agrandi. Mais pendant ce film, il y a un autre film qui se passe, c’est que je pars à la recherche du visage d’Agnès. Je pars, je traverse, je sillonne les rides d’Agnès. Et ça c'est vrai parce qu’elle m'a laissé ausculter jusqu'à son œil, d'aller dans les rides de ces joues et de ses oreilles, d'agrandir ses doigts de pied à la taille de grand train. Il y a ces 2 voyages en parallèle et on a chacun donné un peu de nous.

    Tu sais que tu m’as déjà emmenée à l’endroit où tu voudrais être enterrée aussi.

    Ah oui, bah c’est normal.

    C’est vrai ?

    Ouais.

    Forcément, là où est Jacques DEMY, donc ce n’est pas très original. Il y a ma place.

    Ouais bien sûr.

    Bah, moi ça va me marquer. J'ai jamais pensé et c'est vrai que elle y a planté un arbre qui est magnifique et qui couvre comme ça, un peu un parasol.

    Mais on a même mis : "Ici, repose Jacques DEMY" mais centré pour quand on ajoutera -ENT, ce soit encore mieux centré.

    (Rire). C’est vrai. Tu as tout pensé.

    C’est vrai.

    C’est ça, d’avoir le sens du graphisme.

    Ouais non mais l’arbre et le petit banc, moi je trouve ça fascinant. Bon, alors…

    Bon, est-ce que vous étiez à la projection d’hier soir ?

    Bien sûr, formidable ovation qui n'en finissait plus.

    Ah, on était apprécié.

    Extraordinaire.

    On a eu un peu les larmes aux yeux franchement.

    On n’a jamais vu ça. Mais je comprends.

    Les gens arrivés à nous, on avait l'impression qu’ils nous apportaient sur un plateau d'argent des rencontres et des mots. Donc c'est pour ça que j'ai toujours dit que le hasard était notre meilleur assistant.

    Merci à tous les 2. Vous êtes très reparti JR avec Agnès.

    Avec Agnès, demain.

    Demain.

    Mais d'ailleurs ce soir, puisqu’on ne se quitte jamais donc.

    C’est vrai ?

    Non. Mais c’est charmant.

    (Rire).

    C’est faire une suggestion comme ça. Je me dis : « Ah ! Il y a quelqu’un qui a envie de partir avec moi ».

    OK.

    Mais ça c’est vrai. Elle refuse, elle est dure Agnès, vous savez. On ne l’a pas, comme ça, dans sa poche facilement et tout se négocie.

    Qu’est-ce que tu veux que j'aille faire dans ta poche. Non.

    (Rire).

    (Rire).

    Merci. Merci à tous les 2 pour cette bouffée d’oxygène de bonheur, d’humanité simplement, visage-village. Agnès Varda et JR.

    (inaudible).

    Merci à vous tous. Attend, j’ai cru qu'il allait me donner encore une claque. Oh là là ! Je vais te donner, moi, une paire de claques.

    (Rire).

    Bon allez, à bientôt.

    A 16 ans, vous étiez déjà à Cannes.

    (Intervenant 3) : A 16 ans, je venais à Cannes pour mon plaisir, pour voir des films.

    J'avais trouvé quelques gens qui me protégeaient, qui me trouvaient des billets et j'habitais dans un hôtel de passe, qui, la journée servait pour les prostituées, et la nuit je pouvais avoir une chambre pour dormir beaucoup.

    (Rire). Là, on revient au documentaire avec cette incroyable vénérable W qui est présenté ici à Cannes. C'est la suite d'une trilogie du mal, on va dire. Il y avait donc une gamine (inaudible) Jacques VERGES. Et là maintenant c’est cette Monsieur W alors on est en Birmanie.

    (Intervenant 3) : Alors non, mais non je, je (inaudible) quoi. Je crois que j’ai fait le projet le plus fou que j’ai jamais fait de ma vie enfin avec la vierge des tueurs, c’est ça mon projet qu’il me faut.

    Oui, c’est ça. Un mot, qui est ce Monsieur W en Birmanie ?

    C'est un moine bouddhiste qui a fait des études bouddhistes très approfondies et qui a développé des pensées, des réflexions anti-islamiques. Et bon, chacun a droit à ses opinions. Mais dans son cas, ces opinions ont des effets et on peut les voir sur l'écran et c'est tout à fait effrayant c'est-à-dire que on peut voir à partir de paroles de haine qui ne sont… qui n’ont pas l'air de paroles de haine. C’est très important un premier abord et à partir de ça, on peut voir élore des violences horribles.

    (Intervenante 2) : Ne prenez pas le mal à la légère en disant : « Il ne m’atteindra pas ». Même un pot d’eau finit par se remplir de gouttes de pluie. De même, l’innocent absorbant goutte par goutte finit par se remplir du mal.

    (Intervenant 3) : C’est une succession de cauchemar absolument effrayant et de voir ça à livre ouvert, en se disant : « Mais, c'est l'Allemagne des années 30" ; c'est quelque chose… ils ont fait le rapprochement quoi…

    Oui, c’est ça, on fait le rapprochement.

    (Intervenant 3) : Donc, on est obligé de se rendre compte à quel point tout ça peut arriver n'importe quand et très peu de gens connaissent ce côté de la réalité. Et voilà. Donc, quand j’ai découvert ça, j’ai pensé qu’il fallait absolument que je fasse un film…

    C’est ça l’idée c’est de dire : "Ca peut arriver partout, finalement cest le même mécanisme. Ce sont des mots", comme vous dites, on l'entend de ce Monsieur W. Et puis derrière il y a la mort.

    (Intervenant 3) : (Acquiescement). C’est pas de mots où il dit, où on dit, il faut exterminer les gens. C’est des mots où on dit : « Il faut être très pacifique ; il faut tout simplement limiter les choses ». Je veux dire, on a dans beaucoup d’autres pays des gens comme Trump et Marine le Pen qui ont des mots très mesurés et qui sont les mêmes que Monsieur W.

    Ouais, ça peut arriver en Europe ça ?

    (Intervenant 3) : Bien sûr. Ça peut arriver n’importe où. C’est la preuve. Oui oui.

    (Intervenant) 1: Ouais.

    (Intervenant 3) : Non ça n’a rien d’oriental ; ça n’a rien d’extrêmement oriental. Ça n’a rien de bouddhiste non plus. C’est humain. C’est malheureusement une des faces cachées et terrible de l’humanité, voilà.

    Merci beaucoup Monsieur (inaudible).

    (Intervenant 3) : Bon bah comme ça vous avez (inaudible) choisir.

    Ouais, on peut choisir.

    Voir plusmoins
    00:08:30
    Tous publics
    Tous publics