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  • L'invité

    Mohamed Ben Attia, Majd Mastoura

    Invités : Mohamed Ben Attia, réalisateur et Majd Mastoura, acteur. Leur film, "Hedi" a remporté le prix du meilleur premier film et l'Ours d'argent du meilleur acteur pour Majd Mastoura lors de la Berlinale 2016. Présentation : Patrick Simonin.


    Transcription

    Bonjour, Mohamed Ben Attia, bonjour, Majd Mastoura!

    Bonjour!

    Vous êtes les, évidemment, héros de ce film en quelque sorte. Hedi, présenté ici au Festival du film francophone d'Angoulême, après 2 récompenses au festival de Berlin, notamment l'Ours d'argent, pour vous comme meilleur acteur. On peut dire véritablement aujourd'hui, Mohamed Ben Attia, que c'est une histoire incroyable que ce film aussi pour vous.

    Surtout je crois.

    Pour nous 2 on (...)

    Bonjour, Mohamed Ben Attia, bonjour, Majd Mastoura!

    Bonjour!

    Vous êtes les, évidemment, héros de ce film en quelque sorte. Hedi, présenté ici au Festival du film francophone d'Angoulême, après 2 récompenses au festival de Berlin, notamment l'Ours d'argent, pour vous comme meilleur acteur. On peut dire véritablement aujourd'hui, Mohamed Ben Attia, que c'est une histoire incroyable que ce film aussi pour vous.

    Surtout je crois.

    Pour nous 2 on va dire.

    Non, c'est vrai on a eu beaucoup de chances parce que ça s'est déroulé très très bien, et avec Berlin, c'est clair que ça été un moment très fort et ça continue et c'est formidable franchement.

    Qu'est-ce qui explique finalement le succès, Majd Mastoura, que ce film touche autant les gens?

    Je pense à sa simplicité avant tout, et je pense cette finesse qu'a Mohamed, à travailler avec que l'image dans le film, avec ses acteurs, avec l'histoire, avec la narration, je pense c'est forcément ça.

    On regarde, un extrait de la bande annonce Hedi.

    (langue étrangère)

    Mohamed Ben Attia, on est donc à Kairouan, on est peu après le printemps arabe. Hedi est un jeune homme timide, soumis aux conventions sociales, à un mariage annoncé par sa famille, on décide à sa place, puis il va y avoir une rencontre déterminante pour lui.

    Oui, donc c'est en même temps une histoire comme disait Majd tout à l'heure, puisque c'est l'histoire d'un type qui se trouve à un moment donné de sa vie, confronté à faire des choix entre 2 amours, mais en même temps entre 2 façons de voir les choses : le conventionnel, le traditionnel, le mariage, avec tout le lot, travail et tout. Et puis, en même temps suivre son cœur, suivre sa passion. Mais, ce n'est pas que ça parce que le plus important en tout cas pour nous, ça a été de raconter à travers cette histoire, la petite histoire de Hedi, raconter un petit peu notre pays, avant et après la révolution. Donc, il y a un petit parallèle tout le long, et puis voilà. Peut-être qu'il ne faut pas trop en parler.

    Ouais, Majd disait ça. Derrière ce personnage, finalement, il y a la jeunesse tunisienne derrière, on se trouve entre 2, voilà, 2 choix.

    Il y a la jeunesse tunisienne et toute la Tunisie, je pense cette Tunisie qui est quelque part jeune dans ce qu'elle vit, dans son combat pour la démocratie, pour une nouvelle société et tout, et donc la souffrance qu'elle peut vivre, la perte de vue, toute l'ambiguïté qu'elle peut trouver devant elle en cherchant son chemin.

    Oui, d'autres personnages, donc il rencontre Rim, et finalement, c'est cette jeune femme libre, qui travaille dans un hôtel, dans une station balnéaire, elle va finalement insuffler, représenter une sorte d'image de la révolution.

    Elle symbolise presque la révolution, parce qu'avant ça on avait un Hedi tout propre, tout nickel, qui finissait par se résigner à la situation, ce qu'on vivait un petit peu nous, avons le 14 janvier, et puis il y a cette révolution. Et ce qu'elle amène ? Elle amène, vous savez comme toute histoire d'amour, on y croit et on se sent invincible, on sent que tout est possible, et c'est le même sentiment qu'on avait les premiers jours de la révolution. C'est qu'on pensait que d'un claquement de doigts, il suffisait de renvoyer le dictateur pour qu'on vive une démocratie à l'européenne, et puis, tout comme lui, ce n'est pas que ce sont des désillusions, mais c'est un apprentissage pour finalement comprendre que ce n'est pas aussi simple que ça, qu'il faut d'abord un petit peu découvrir ce qu'on est.

    Il est un peu perdu finalement, Hedi, dans ce monde qui change autour de lui, où il doit trouver sa place finalement.

    On peut dire ça, il est perdu, mais il a trouvé, mais il a de toute façon il a décidé d'être perdu, il a choisi pour une fois d'être perdu, parce qu'avant il était soumis : soumis à sa mère, à son patron, à la société, peut-être. Mais, à la fin, il a choisi de prendre sa vie en main et de se perdre avec soi-même, du moins.

    Oui, se perdre pour mieux se trouver?

    Effectivement, oui.

    Vous diriez ça peut-être, un peu comme la Tunisie aujourd'hui oui? C'est ça?

    Oui ça continue en tout cas, on ne va pas se la jouer pessimiste, mais en tout cas, ça prend du temps et voilà, il faut vivre les choses de l'intérieur et ça va être compliquée, mais on est en train de les vivre.

    C'est ce message-là que reçoit la Tunisie où votre film est déjà sorti.

    Oui

    Avec beaucoup de succès, finalement les Tunisiens se reconnaissent en ce personnage-là.

    Ce n'était pas unanime, déjà. Il y a quand même un certain succès, mais bizarrement, certains jeunes n'ont pas vu toute la portée, ils ont vu que c'était peut-être un peu trop simple, et bizarrement, on peut dire que ça à toucher beaucoup plus une génération, les 40, 50 ans du moins, eh oui, ceux-là ont été beaucoup plus sensibles, donc c'est bizarre puisqu'on a fait un film de jeunes pour les vues en gros.

    Et les femmes plus que les hommes, alors que le personnage principal est un homme.

    On se retrouvait en train de débattre après film, avec des femmes, entre 40 et 50 ans, pour la majorité dans le public, et de parler cet homme, de ce jeune homme avec des femmes.

    Oui, c'est le changement d'abord dans les têtes, et c'est ce qu'il y a de plus difficile finalement.

    Oui je le pense et ça nécessitait une étincelle qui est la révolution pour le peuple tunisien et l'étincelle de l'amour pour Hedi. Et c'est cette étincelle-là qui arrive une fois dans la vie d'un peuple ou dans la vie d'une personne, et qui change vers le bien ou vers le mal, et il doit saisir cette chance; et je pense, c'est ce que Hedi a fait, c'est ce que le peuple tunisien a fait aussi, mais on ne sait pas pour le film, et pour la société tunisienne où ça va mener.

    Oui, votre film finalement, il conclut à ce changement, vous y croyez vous à ce changement?

    Est-ce qu'on peut déjà parler de la fin? Si vous m'autorisez, je pourrais parler, mais non, ce n'est pas aussi simple que ça parce que, déjà le fait qu'il reste, c'était très important pour nous, ce n'est pas juste pour donner aux délivrer un message, on n'est pas dans un principe de porte-drapeau ou de ce genre de chose politisée, mais c'était important parce qu'il faut vraiment qu'on y croie et ce n'est pas naïf de le dire parce que, ce qui était par exemple malheureux avant, pendant le casting, c'est que la majorité des jeunes qu'on castait pour le rôle Hedi, veulent partir. Et donc, après une évolution, entendre que la majorité des jeunes veulent déserter le pays, finalement, ce n'est pas très… c'est un indicateur assez pessimiste. Donc déjà d'un, c'était important pour moi et puis de deux, c'est très loin d'une autre idée que certains spectateurs ont trouvé dans le film, comme quoi c'était un retour en arrière, le fait qu'il reste, qu'il ne part pas, alors que pas du tout, il ne va pas revenir ni vers la mère, ni encore moins vers a fiancée, mais pour moi c'est très optimiste. Il jette un regard vers la fin, un nouveau regard déterminant parce qu'il va composer sa propre vie en restant. Et c'était important pour nous.

    Merci beaucoup, Mohamed Ben Attia, Majd Mastoura, pour ce film Hedi, donc un des événements de ce festival de film francophone Angoulême, avec déjà une très, très belle carrière, merci d'avoir été avec nous.

    On rappelle juste que le film va sortir le 29 décembre en salle en France et merci beaucoup à vous pour l'invitation.

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    00:08:18
    Tous publics
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