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  • L'invité

    Jean-Charles de Castelbajac

    Invité : Jean-Charles de Castelbajac, couturier français.

    Jean-Charles de Castelbajac présente "40 Passages", une exposition sous forme de défilé de mode virtuel qui se tient à Paris du 1er au 31 juillet 2017.

    Présentation : Patrick Simonin.

    Transcription

    "J'ai passé ma vie à mettre l'art dans la mode, il est temps que je mette de la mode dans mon art". Jean-Charles de CASTELBAJAC, c'est ce que vous dites aujourd'hui.

    Ben oui, c'est bien résumé.

    On est tellement content de vous recevoir parce que c'est un événement, c'est 40 passages, vous inventez encore une fois quelque chose d'inédit, un défilé de mode rien qu'en dessins.

    Voilà, ben oui. C'est un petit peu la synthèse, la cristallisation de mes contrad (...)

    "J'ai passé ma vie à mettre l'art dans la mode, il est temps que je mette de la mode dans mon art". Jean-Charles de CASTELBAJAC, c'est ce que vous dites aujourd'hui.

    Ben oui, c'est bien résumé.

    On est tellement content de vous recevoir parce que c'est un événement, c'est 40 passages, vous inventez encore une fois quelque chose d'inédit, un défilé de mode rien qu'en dessins.

    Voilà, ben oui. C'est un petit peu la synthèse, la cristallisation de mes contradictions ou de mon tout, je dirais. J'ai toujours aimé autant l'art que la mode, que leurs dimensions médiumniques en quelque sorte. Et là ça faisait quelque temps que je n'avais pas dessiné pour un défilé, puisque j'ai fait une pause depuis quatre saisons, et je me suis dit "j'ai envie de refaire des dessins sans aucune contrainte économique, commerciale, de marketing, totalement comme des passages vers l'imaginaire, comme des passages vers l'invisible".

    Oui. 40 passages.

    Alors il y a 40 passages.

    Mais il y aura une galerie, et jusqu'à la fin du mois de juillet, on va pouvoir voir par exemple des robes qu'on va pouvoir acheter, mais ça pour moi d'abord c'est que des dessins.

    Alors tout part d'un concept déjà qui est que lorsqu'on fait un défilé, il faut expliquer aux téléspectateurs, lorsqu'on fait un défilé, il y a comme un ordre de passage. Donc il y a un line-up avec la première robe qui passe, la deuxième, la troisième et qui arrive jusqu'à la dernière. Donc c'est un line-up comme ça avec au-dessus 40 dessins de 40 mannequins imaginaires, ou des mannequins en tout cas qui évoquent pour moi, qui m'ont inspiré, des muses, des évocations poétiques. Et le tout effectivement, comme ces robes sont très audacieuses, comme ces robes sont aussi des œuvres d'art, où est la frontière en fait entre un vêtement et une pièce qui sème le trouble, qui serait de l'art, on peut les commander en effet. Alors on peut en demander le devis, et elles seront réalisées bien sûr.

    Oui, mais quand vous dites "je veux mettre de l'art dans ma mode" ?

    Ben je veux mettre de la mode dans mon art aussi. C'est-à-dire que pour moi, si vous voulez, le but final c'est le trouble en fait, c'est de créer des choses qui interpellent le public, et qui ne sont pas que jolies, qui ne sont pas que fonctionnelles, qui ne sont pas que portables ou rationnelles, mais qui sont là encore pour faire avancer les choses.

    C'est-à-dire "faire avancer les choses" ? Vous êtes un précurseur, vous avez toujours devancé votre temps Jean-Charles de CASTELBAJAC.

    Ben c'est le but de ma vie. Le but, vous savez quand on fait le métier d'artiste, ou le métier de créateur, on a un petit peu… on développe des antennes de médium en quelque sorte hein puisque qu'on doit toujours anticiper, on n'est jamais… on est toujours en décalage horaire, puisqu'on fait des collections qui vont être passées… quand je fais par exemple une collection pour Rossignol, c'est une collection qui va sortir dans un an et demi, donc on anticipe. Et en anticipant, on n'est jamais exactement dans les mêmes heures que les autres.

    Oui. Moi j'ouvre un livre, regardez là, ce visage c'est vous.

    Alors ça c'est moi à l'âge…

    Vous rêviez d'être un jour Jean-Charles de CASTELBAJAC ?

    Oh écoutez je l'ai été dès mon enfance parce que j'ai toujours eu cette culture de m'adapter, hein, de dépasser les difficultés de la vie, de dépasser la solitude parfois, de dépasser le manque des êtres aimés par la création.

    Oui

    Et je pense que… quand j'ai enseigné là récemment j'ai fait une Master Class à Sciences Po, et je disais "il faut construire sur nos fêlures", hein. Donc c'est de là que viennent les choses les plus optimistes, les plus créatives et les plus…

    Oui. On voit des publicités avec des mannequins, on voit… vous avez fait des choses sans arrêt. Vous décorez Orly maintenant. Vous faites des choses fantastiques.

    Mais Orly c'est un rôle j'allais dire éminemment humain, parce que vous savez les aéroports depuis quelques années sont anxiogènes, ont développé une certaine inquiétude. Donc lorsque Augustin de ROMANET m'a sollicité pour faire cette façade de 3200 mètres carrés, j'ai pensé à comment donner des bonnes ondes, comment intervenir en parlant d'espoir.

    Oui. On voit, voilà, c'est Orly. Bienvenue !

    Ben bienvenue.

    Évidemment, on dit bienvenue.

    Bienvenu c'est ça. C'est le geste auguste pour prendre dans les bras. Et puis ensuite, on y remarque sur cette façade une femme qui vient de la Martinique, un marin de la Jeanne d'Arc, c'est des fragments sociétales. C'est très important.

    Oui. C'est un livre. Vous voyez on a vu des photos à l'instant, on va en voir d'autres. "Fashion art & Rock'n'Roll", donc qui est publié chez YellowKorner.

    Alors c'est un livre d'inspiration.

    Mais qui raconte votre vie, qui finalement dit…

    Ben qui raconte ma vie jusqu'ici. J'espère qu'il y aura deux ou trois tomes pour les années prochaines.

    Oui. Qui dit que vous avez habillé Lady Gaga, que vous avez habillé Rihanna, mais tout ça…

    Alors j'ai habillé, disons que j'ai participé à leur acte scénique hein. Je ne pense pas à habiller au sens propre du terme, me dire "oh ça va être glamour d'habiller telle ou telle personne". Il y a des artistes dont le travail m'interpelle, des artistes, par exemple en France il y a eu Eli et Jacno hein, quand j'ai fait les costumes pour Eli MEDEIROS dans "Toi mon toit". Il y a eu, aux États-Unis, (M. I. E), il y a eu Gaga, il y a eu Beth Ditto.

    Il y a même eu Jean-Paul II.

    Alors ça c'est…

    Alors vous avez habillé Jean-Paul II.

    Ça je dois dire, ça demanderait d'en parler un certain temps, mais c'est quelque chose qui a changé ma vie d'avoir habillé un saint. D'avoir habillé à l'époque le pape, parce qu'il y avait le pape, il y avait 500 évêques, il y avait 5 000 prêtres, mais surtout, en même temps, j'ai habillé des mêmes couleurs, 1 million de jeunes. Et je dois dire que s'il y a une chose qui me touche infiniment dans ma vie, dans ma carrière, c'est l'idée d'être un passeur. C'est l'idée de faire le lien entre les générations, c'est l'idée de faire le lien entre les peuples, et c'est l'idée de faire de l'art quelque chose qui va devenir un ciment. Et ma plus grande récompense c'est qu'à la fin des JMJ, j'avais utilisé les couleurs primaires qui me sont chères comme vous le savez, et le pape m'a dit "jeune homme", ce qui était éminemment sympathique, "vous avez utilisé la couleur comme ciment de la foi".

    Oui.

    Et la couleur c'est effectivement un des derniers, derniers éléments purs, purs de solidarité.

    Oui, oui, et pourtant trois couleurs essentielles chez vous. Le jaune pour la chaleur humaine.

    Ben le jaune comme la chaleur humaine.

    Le rouge c'est la passion.

    La passion et puis le combat.

    Et puis le bleu c'est l'espérance.

    Ben le bleu c'est l'espérance, c'est la spiritualité, c'est cette quête, je le dirais le bleu serait pour moi, bizarrement, le plus spirituel, le plus féminin dans un sens de… pacifique. Hein.

    Oui mais quand vous dites…

    Mais quand je mets les 3 ensemble, quand je mets les 3 ensemble, c'est trois couleurs de guerre.

    C'est ça, oui. Ah oui.

    C'est trois couleurs très fortes.

    Oui.

    C'est des couleurs d'étendards, c'est les couleurs des drapeaux des nations.

    C'est les couleurs aussi d'une forme de révolution. Quand on dit "Fashion art & Rock'n'Roll". Parce que vous dites le rock'n'roll c'est aussi ça. Vous êtes rock'n'roll.

    Ah mais le rock'n'roll parce que, mon cher, le rock'n'roll, j'avais 17 ans, j'étais au fond du parc de mes parents et j'ai entendu "Don't let me be misunderstood" des Animals, et j'ai dit "mais qu'est-ce que je fais en province ?" Donc je suis parti à Londres, ma mère m'a donné de quoi partir à Londres. Je suis arrivé à Londres, j'ai vu les Yardbirds et ma vie…

    Oui.

    Là je me suis dit "c'est sur scène que je veux être". Alors je suis monté sur la scène des podiums, mais c'était la scène. C'était le spectacle vivant.

    Oui.

    C'est ce que j'ai fait aussi beaucoup quand j'ai fait… j'ai travaillé pour l'année de la France en Corée, quand j'ai fait (inaudible) 3 000. J'aime beaucoup que tous les outils en fait, la mode, l'art, la musique, le spectacle vivant, la télévision.

    Oui.

    Que tous ces outils participent à la même entreprise, qui est cet espèce de rassemblement.

    Oui. Je suis sûr qu'on va avoir des projets avec TV5 Monde.

    Bah écoutez j'espère. En tous cas, il y a des bruits qui courent.

    Merci Jean-Charles de CASTELBAJAC d'avoir été aujourd'hui notre invité.

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