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  • L'invité

    François Ozon et Costa-Gavras

    Entretien avec un invité au coeur de l'actualité politique, économique, culturelle...

    Présentation : Patrick Simonin.

    Transcription

    Avec Will Smith derrière moi, c'est le festival de Cannes. Tout le jury de ce 70ème festival est derrière moi. C'est la traditionnelle photo de famille de l'aïoli provençal sur les hauteurs de la ville. Pedro Almodovar entouré de son jury, on y reconnaît bien sûr Will Smith, Jessica chastain et puis évidemment tous les autres qui sont là, Gabriel Yared. C'est un moment de convivialité où tous les villageois de Cannes sont invités à participer, autour d'un repas champêtre, évidemment des photos. (...)

    Avec Will Smith derrière moi, c'est le festival de Cannes. Tout le jury de ce 70ème festival est derrière moi. C'est la traditionnelle photo de famille de l'aïoli provençal sur les hauteurs de la ville. Pedro Almodovar entouré de son jury, on y reconnaît bien sûr Will Smith, Jessica chastain et puis évidemment tous les autres qui sont là, Gabriel Yared. C'est un moment de convivialité où tous les villageois de Cannes sont invités à participer, autour d'un repas champêtre, évidemment des photos. Chacun essaye d'approcher ceux qu'il admire, c'est aussi la bousculade, les photographes. C'est aussi ça le festival de Cannes.

    Chloé, est-ce que tu voudras m'épouser ?

    (inaudible). C'est étrange, tu connais tout de moi et moi j'ai l'impression parfois d'être face à un inconnu.

    C'est un thriller fascinant quelque part. Fascinant esthétiquement et puis aussi qui interpelle, qui bouscule.

    Oui, c'est un thriller qui joue avec les codes du genre et en même temps c'est une histoire, moi qui m'a passionnée parce que cette l'histoire d'une jeune femme qui est entre 2 hommes et 2 hommes qui s'avèrent être des jumeaux et donc qui se retrouvent dans une confusion. Et l'idée du film c'était de permettre aux spectateurs de s'identifier à cette jeune femme et d'être soi-même dans la confusion, de ne plus savoir qui est qui. C'était un petit peu ça le jeu et le parti pris du film.

    C'est un jeu de masques et le double, il peut être à la fois celui que l'on aime, le double de soi-même, ou destructeur éventuellement.

    C'est-à-dire que oui. Elle est face à 2 hommes qui sont extrêmement différents, alors peut-être complémentaires ou pas, ça dépend de ce qu'on recherche. Et cette jeune femme finalement se rend compte qu'elle a besoin des 2, mais ça devient très compliqué parce que ce sont 2 hommes aussi qui sont en rivalité eux-mêmes. Donc, c'est une histoire assez complexe.

    Tu es un monstre.

    Hélas Chloé il n'y a pas de monstre, mais que des êtres humains.

    Ils formaient un couple si parfait. Alors est arrivé ce qui est arrivé.

    Je vous appelle parce que je me sens en danger. Il veut m'effrayer, me faire peur, me faire du mal. Je sais tout.

    Ce qui m'a excité c'est de faire des choses que je n'avais jamais faites auparavant, et notamment des effets spéciaux. D'habitude dans mes films il n'y a pas d'effets spéciaux et là il y en a pas mal. Et en fait c'est assez excitant de faire ce genre de chose, c'est assez ludique. On s'imagine que c'est assez rébarbatif et en fait non c'est assez amusant et puis là pour Jérémy c'est très amusant de jouer avec lui-même et faire des choses avec lui-même. En plus d'avoir des interactions, ça effectivement c'est quelque chose qu'on n'avait jamais vu auparavant.

    Alors c'est un thriller, on l'a dit.. Donc, il y a effectivement ce suspense, cette recherche des personnages sur l'identité des autres, et sa propre identité aussi quelque part. Finalement c'est un film sur l'identité.

    Oui, c'est un film sur une jeune femme qui recherche la source de son mal-être et qui pense dans un premier temps que ça vient de l'extérieur et elle va se rendre compte que finalement c'est beaucoup plus intérieur, c'est beaucoup plus en elle. Et le film, effectivement, est construit comme un thriller. Et, je me suis rendu compte, comme il y a des séances de psychothérapie qui sont très importantes, je me suis dis "le thriller et la psychothérapie se ressemblent finalement parce que à chaque fois c'est une enquête sur soi. On essaye de découvrir les secrets de notre névrose ou de notre mal-être et c'est ce que fait le personnage de Chloé pendant tout le film".

    On n'hésite pas à filmer à l'intérieur du corps. Il y a du sang aussi dans ce film, il y a des fluides, il y a tout ça.

    Oui, c'est un film organique, c'était important parce que ça faisait partie du sujet. Il y avait la volonté de rentrer à l'intérieur du corps du personnage de Chloé. A un moment je rentre dans sa bouche, je montre ses cordes vocales. Je trouvais qu'il fallait pour ce film vraiment quelque chose de très organique.

    Et les acteurs se livrent, ils se mettent à nu, carrément.

    Oui, il y a une nudité, mais qui est très esthétisée. Je pense que ce n'est pas grivois, c'est vraiment une nudité qui sert l'histoire. Et en plus j'avais de la chance parce qu'ils sont tous les 2 très beaux, nus et habillés, donc j'étais ravi.

    Et en même temps c'est ludique.

    C'est un film qui joue avec la manipulation et le plaisir du spectateur : où est-ce qu'on l'emmène ? Où est-ce qu'il va ? C'est quelque chose peut-être qu'on n'a pas tellement l'habitude de voir dans le cinéma français, mais moi qui m'intéressait, essayer d'aller expérimenter vers ce thriller plus à l'américaine que ce qu'on a l'habitude de voir en France.

    Françoise Ozon, il y a votre signature, elle est là, c'est-à-dire qu'au fil de votre cinématographie, vous racontez finalement une part de vous.

    Oui toujours, il y a des choses personnelles, après j'avance masqué. Vous saurez pas ce qu'il y a de personnel ou de moi dans ce film, mais il y a beaucoup de choses, effectivement.

    Merci beaucoup François Ozon, en compétition ici pour la Palme d'or ici à Cannes, L'amant double. Merci.

    Merci.

    En attendant la Palme d'or du festival de Cannes, un autre tapis rouge, ici, pour célébrer la semaine du cinéma positive avec la fondation Positive planète de Jacques Attali, en partenariat avec TV5 Monde. Et cette année parmi les personnalitésn un parrain à l'honneur, le réalisateur Costa-Gavras. C'est un cinéma positif, c'est un cinéma qui donne envie d'entreprendre, c'est un cinéma qui témoigne du monde.

    C'est une cinéma, exactement, qui parle de notre société et qui incite les gens à se dire : "Est-ce que je peux faire quelque chose ?" et ça, ça me paraît très important en sortant d'un film. C'est le rôle le meilleur que peut jouer un film.

    Le cinéma a ce rôle-là, c'est-à-dire d'éveiller la citoyenneté, d'éveiller l'action citoyenne ?

    Je ne vais pas dire un mot définitif, chacun fait le cinéma qu'il veut. Moi, je pense que oui, le cinéma peut avoir ce rôle-là. Il peut être autre chose aussi, différentes choses, c'est la liberté, mais ce rôle-là aussi devient de plus en plus important. Quand on voit les films qui se font, les plus jeunes aujourd'hui, moi je suis très ému parce qu'ils vont complètement dans ce sens-là.

    Quand on voit le monde aujourd'hui, là le festival de Cannes s'achève, on voit un monde de plus en plus dur, qui se ferme. Le cinéma désormais a vraiment une place à jouer ?

    En tout cas montrer ce monde le mieux possible pour que les gens prennent conscience. On ne peut pas continuer à vivre dans un monde où on dit qu'il y a de plus en plus de riches, de plus en plus de pauvres, c'est inacceptable finalement. Alors, si le cinéma peut participer, et il peut à mon avis, à changer quelque chose dans ce domaine-là, c'est parfait,.

    Merci Costa-Gavras.

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    00:08:20
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