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  • L'invité

    Stéphane Bern

    Invité : Stéphane Bern, journaliste et animateur français.

    Stéphane Bern consacre un livre au Grand-Duché de Luxembourg, le pays de son enfance : "Mon Luxembourg".

    Présentation : Patrick Simonin.



    Transcription

    Bonjour Stéphane BERN.

    Bonjour.

    On ne vous présente pas évidemment sur TV5 Monde, c’est vos secrets d’histoire. Vous êtes en visite privée, vous êtes sur RTL. Vous aimez le patrimoine, l’art de vivre, l’histoire que vous faites partager avec tant de spectateurs, et voici Mon Luxembourg, parce que vous êtes luxembourgeois.

    Disons que c’est mon pays de cœur. Au fond, on a tous un pays enchanté de notre enfance. Il se trouve que le royaume enchanté de mon e (...)

    Bonjour Stéphane BERN.

    Bonjour.

    On ne vous présente pas évidemment sur TV5 Monde, c’est vos secrets d’histoire. Vous êtes en visite privée, vous êtes sur RTL. Vous aimez le patrimoine, l’art de vivre, l’histoire que vous faites partager avec tant de spectateurs, et voici Mon Luxembourg, parce que vous êtes luxembourgeois.

    Disons que c’est mon pays de cœur. Au fond, on a tous un pays enchanté de notre enfance. Il se trouve que le royaume enchanté de mon enfance, c’est un vrai royaume, c’est plutôt un grand duché.

    Entendez bien, (inaudible) les royaumes.

    Exactement. Mais, tout est là. Au fond, les gens me demandent : "Mais, ça vous vient d’où cet amour pour l’histoire, le patrimoine, les têtes couronnées ? Ça vient du Luxembourg. Donc, je suis allé aux origines. C’est une promenade sur les traces de mon enfance, et j’ai voulu enfin dévoiler le vrai, le seul vrai grand secret caché du Luxembourg, c’est sa beauté.

    C’est sa beauté. Là voici la beauté du Luxembourg. C’est un livre superbe, publié chez Flammarion : Cher pays de mon enfance.

    Mais, oui, c’était un clin d’œil, d’où ce franc "cher pays de mon enfance". Il se trouve que moi, j’ai double casquette. En quelque sorte, j’ai une double appartenance : la France qui est le pays de mon père, le Luxembourg qui est le pays de ma mère et j’allais tout le temps en vacances chez mes grands-parents au Luxembourg. Et donc, j’ai essayé de refaire le chemin que je faisais quand j’étais, par exemple dans la capitale et que j’allais me promener, j’allais arpenter les vieilles rues, les rues de la vieille ville. C’est une ville extraordinaire, parce que c’est comme une sédimentation de différentes strates de l’histoire qui remontent à un millénaire, et il se trouve qu’en l’an 963, Lucilinburhuc a été créé, donc, la forteresse de Luxembourg, et jusqu’à aujourd’hui. Et ce qu’il faut, c’est que le quartier de l’Europe qu’on appelle le Kirchberg, et qui est sur un plateau. Eh bien, on a donné carte blanche à tous les grands architectes contemporains qui sont les plus à la mode, PERRAULT, NOUVEL, VILLEMAUD, PORTZAMPARC, tous, ont travaillé là, et BOFILL, pour ne citer qu’eux, ont travaillé pour créer (inaudible). Là, on voit par exemple les images de (inaudible).

    C’est incroyable ce mélange de modernité.

    La tradition et la modernité.

    Il y a cette tradition, et regarde ces châteaux forts.

    Exactement, c’est ça le Luxembourg. Les gens ont une image de… alors, pardon, ou de lessiveuse ou de coffre-fort…

    On dit un paradis fiscal, en gros.

    Mais, c’est faux. Aujourd’hui, sur toutes les listes, le Luxembourg, au contraire, joue la carte de la transparence. La seule vraie recette du Luxembourg, c’est d’abord d’attirer les gens, d’attirer par sa stabilité, sa tranquillité, son calme. On est au vert. On est, j’allais dire, même, on est dans la forêt. 35 % du territoire national, c’est la forêt. C’est extraordinaire. Il y a des paysages notamment, ou dans la petite Suisse luxembourgeoise, le Mullerthal, c’est extraordinaire, surtout à l’automne. Puis, vous avez aussi au nord, Vianden par exemple, qui est la couverture du livre, qui est l’un de mes endroits préférés parce que c’est le pays des châteaux, c’est le pays des châteaux forts, mais c’est aussi le pays des architectes contemporains qui font vivre la réalité du Luxembourg dans son évolution. C’est-à-dire qu’on n’est pas figé dans l’histoire et dans le temps. C’est un pays qui évolue avec le temps.

    Ce sont des racines très fortes. Et pourtant, vous dites, quand vous parlez du Luxembourg, vous entendez des gens qui vous disent : c’est quoi le Luxembourg ? C’est une station de métro ? C’est quoi ?

    C’est le jardin à Paris. Le jardin du Luxembourg, une station de métro ? Non, mais, c’est vrai que c’est incroyable, il y a une méconnaissance du Luxembourg. C’est un de nos pays frontaliers, franchement. On a peu de pays avec lesquels on a une frontière. Il y a le Luxembourg. Alors, les frontaliers connaissent bien. D’abord, parce qu’il faut le rappeler, il y a quand même 80 000 Français qui, tous les jours, vont travailler au Luxembourg. Depuis qu’on a fermé les hauts fourneaux de Florange, certains sont bien contents de trouver du boulot dans le tertiaire à Luxembourg. Donc, eux connaissent la réalité du Luxembourg. Mais, c’est tous les autres. Les Français, je suis assez surpris, ne connaissent pas, ils me disent : "Ah bon, vous êtes luxembourgeois. Mais, c’est où ? C’est comment ?" Ils imaginent une rue avec des banques. Non, ce n’est pas ça le Luxembourg.

    Alors, vous racontez évidemment, parce qu’à travers cette passion que l’on voit, Stéphane, derrière ça, il y a votre enfance. Vous dites : "Dans la cour de l’école, je me sentais aussi fantasque, burlesque que ce petit pays dans lequel je vivais. "

    C’est très juste ce que vous dites : je me suis identifié très tôt au Luxembourg parce que j’étais moqué par mes voisins comme Luxembourg. J’étais différent des autres, j’étais baroque, je ne partageais pas leurs valeurs, pas les mêmes occupations. Vous savez la devise des Luxembourgeois depuis le 19e siècle, c’est : (langue étrangère) qui veut dire…

    Alors, ça, on va traduire.

    Je la traduis, "nous voulons rester ce que nous sommes". C’est-à-dire qu’on évolue. Quand vous pensez que la capitale du Luxembourg, Luxembourg-ville, il y a 57 à 58 % d’étrangers. En France, ce serait inimaginable. Pour autant, cette intégration se fait sans heurt. Si vous voulez, c’est vrai qu’avec tous ceux qui travaillent à Luxembourg, vous avez quand même une population qui est…

    C’est une capitale de l’Europe, et finalement, c’est une belle image pour l’Europe alors.

    Je trouve, c’est l’intégration, c’est d’ailleurs l’un des pays moteurs de l’Europe. C’est l’un des 6 pays fondateurs quand même. On l’oublie. Mais, Robert SCHUMANN, le père fondateur de l’Europe, avec Jean MONNET, était luxembourgeois. Il a été ensuite ministre français des Affaires étrangères, mais on visite toujours sa maison à Luxembourg.

    C’est incroyable. Alors, on va voir des images.

    On a tous quelque chose du Luxembourg, mais on ne le sait pas. C’est comme on fait de la prose sans le savoir, comme disait Molière, mais on a tous quelque chose du Luxembourg.

    On voit avec les images ce générique que tout le monde connait, que tout le monde aime, c’est Secrets d’Histoire. Finalement, c’est cette vocation, Stéphane, nous faire partager finalement ce que cette enfance vous a donné à travers la découverte de la beauté.

    À la fois, la beauté, l’histoire, nos racines. Qui sommes-nous ? Et puis, c’est faire partager des passions. Après tout, l’histoire, c’est quoi ? Ce sont des histoires humaines, de chair, de sang. C’est les passions, des gens qui sont aimés, qui ont souffert, des gens qui ont vécu. C’est ça que j’aimerais conter parce qu’on ne prend plus le temps de communiquer aujourd’hui. Alors, c’est vrai que j’aime les vieilles pierres, j’aime la beauté des paysages, mais parce que ce sont les seuls qui parlent encore. Les autres sont en train de communiquer sur leurs smartphones. Alors, au moins, vous avez là, vous avez un livre d’histoire ouvert devant vous. C’est un musée à ciel ouvert. C’est un jardin à ciel ouvert. Moi, ça me raconte des histoires que j’ai envie de partager avec le public.

    C’est incroyable parce que vous avez dit un jour dans une interview : J"'étais vieux à 20 ans et je me suis trouvé jeune à 40".

    Oui.

    C’est-à-dire vous faites le chemin en sens inverse en fait.

    Le chemin en sens inverse. Eh bien écoutez, j’étais un peu coincé parce que je voulais ressembler, pensais-je, aux gens auxquels ce monde de rois, reines et fées auquel je voulais appartenir. En fait, le jour où j’ai compris que ça ne servait à rien, qu’il fallait simplement être soi-même, j’ai déboutonné mon corset, j’ai fait sauter l’armure et puis voilà, je suis moi-même. On peut aimer ça, sans être ringard.

    Mais, vous vous en fichez qu’on dise que c’est ringard finalement.

    Écoutez, on peut me dire ce qu’on veut. Vous savez, j’ai eu une éducation très stricte. On ne donnera jamais autant de baffes que ce que j’ai reçu quand j’étais petit. Et aujourd’hui, on ne me fait plus de procès. Maintenant, on pourrait faire des procès à ses parents, mais j’ai eu une très bonne éducation qui m’a appris qu’il faut être fort dans l’adversité comme dans les honneurs. Je vois très gentiment, vous mettez que je suis l’un des journalistes préférés des Français.

    Mais ça, c’est les sondages qui le disent.

    C’est vrai, mais on se tire la bourre avec Michel CYMES et Nagui, mais on arrive dans le peloton de tête, ça fait très plaisir. Mais, au fond, les gens ont compris qui j’étais. Je suis moi-même. Alors, ça plaît, ça déplaît, c’est baroque, c’est ringard, ce sont des mots qui se trouvent…

    Mais, vous amenez de la culture aussi. C’est ça qui est important.

    Ce qui est important, c’est la sincérité. C’est qui êtes-vous pour parler. Je dis d’où je parle. C’est la raison pour laquelle je préfère me raconter plutôt qu’un livre de confessions. Je sais que c’est très à la mode en ce moment. Ce que je n’aurais pas dû vous dire, ce que je n’aurais pas voulu vous dire, mais que je vais vous dire quand même, c’est que moi, je préfère vous raconter mon Luxembourg parce qu’à travers ce cri d’amour, cette dette de cœur vis-à-vis de mon pays d’enfance, eh bien, j’ai l’impression de me raconter.

    Merci beaucoup Stéphane BERN. On vous adore sur TV5 Monde et ailleurs. Les secrets d’histoire et voici Mon Luxembourg publié chez Flammarion avec RTL. Merci beaucoup Stéphane.

    Merci à vous.

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