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  • L'invité

    Adèle Haenel, Claude Lanzmann

    Invités : Adèle Haenel, Claude Lanzmann.

    L'actrice française est à l'affiche de "120 battements par minute" de Robin Campillo ; l'écrivain et réalisateur français présente "Napalm", un film-documentaire où il revient sur un amour qu'il a vécu en Corée du Nord.

    Présentation : Patrick Simonin ; depuis le 70e Festival de Cannes.


    Transcription

    Bonjour Adèle!

    Bonjour!

    120 battements par minute, c'un choc sur la Croisette.

    Ah oui!

    On l'a tous sentie comme ça.

    Oui

    Il s'est passé quelque chose.

    J'ai l'impression aussi. Oui, c'était bien, je suis très fière, en fait. Et puis c'est hyper beau d'être là en groupe. En fait, ça change beaucoup de choses, je trouve, de partager ça. Du coup, la joie de vivre un moment. Un peu de succès puisque, le f (...)

    Bonjour Adèle!

    Bonjour!

    120 battements par minute, c'un choc sur la Croisette.

    Ah oui!

    On l'a tous sentie comme ça.

    Oui

    Il s'est passé quelque chose.

    J'ai l'impression aussi. Oui, c'était bien, je suis très fière, en fait. Et puis c'est hyper beau d'être là en groupe. En fait, ça change beaucoup de choses, je trouve, de partager ça. Du coup, la joie de vivre un moment. Un peu de succès puisque, le film, il est bien reçu. on la partage, quoi, c'est trop agréable.

    "Nous vivons cela comme une guerre, une guerre invisible aux yeux des autres. Pourtant, nos amis meurent, et nous ne voulons pas mourir. Nous nous battons contre ceux pour qui l'épidémie est une aubaine. Car il tue depuis plus de 10 ans, dans l'indifférence générale"

    Je vais résumer la situation, Melton Pharm a décidé d'enquestrer une pénurie de traitement afin de faire passer le moelle molécule, et (inaudible)

    Donc là, c'est très dégueu.

    On va augmenter la pression et on obtiendra de toute façon les médicaments pour les gens qui en ont besoin.

    Évidement, c'est un combat politique, une lutte politique. (inaudible), mais en tout cas, il y a une urgence énorme pour tous les gens qui sont malades du sida à ce moment-là puisqu'on n'a pas de remèdes et les gens meurent très vite et très jeune. Et du coup, oui, si vous voulez une espèce de combat politique et contre les pouvoirs en place qui ont tendance à pas mal prendre leur temps, et à penser qu'ils sont les meilleurs pour décider pour tout le monde.

    Et puis, il y a une communauté soudée, qui se retrouve, qui décide du combat des actions à mener. Il y a cette solidarité.

    Oui, bah oui. C'est fait, bah c'est de fait, enfin je veux dire, c'est un truc dont on fait quand même une expérience, quand on est dans des mouvements collectifs, non? Ça change un peu les frontières du mois; ils sont très engagés et très… Ils vont au bout de leurs pensées au travers des actions et ça. Mais c'est peu de monde. Donc, quand ils arrivent à faire avancer, ou à faire reculer les labos, ou à obtenir certaines choses, c'est sûr que c'est un encouragement pour tout le monde.

    Il y a des histoires d'amour dans ce film. C'est aussi ça. Ce n'est pas seulement le combat d'Act Up, c'est aussi une passion amoureuse entre des personnages qui s'accompagnent dans la tragédie jusqu'au bout.

    De toute façon, c'est… Là où, le film, il est intéressant, c'est qu'il entremêle plein de choses. Il ne voit pas la politique comme une sphère qui serait à part de la vie. Il voit la politique, en fait la façon, c'est faire de la politique. En fait, c'est-à-dire se regrouper, mener des actions collectives, essayer de mener à bien des projets, des idées, voilà! Et donc, on est là, on ne coupe pas la politique de la vie. De la même façon que les gens sont confrontés à la mort. Donc, la mort est vraiment très présente au (Karma) de la vie. Enfin, voilà, le film, il est multiple. je veux dire, il est hyper épais, il y a plein de dimensions dedans, quoi.

    Oui

    C'est plus de traduire un souffle, une énergie et…. voilà, c'est plutôt ça. Je dirais que… un fait historique, quoi.

    Oui, et peut-être, bah le triomphe, on l'a vu, ça, c'est aussi, ça, c'est une victoire, cette…

    Moi je m'en fous. Excusez-moi, désolé, mais ça me…si vous voulez pour moi ce n'est pas les critères les plus important. , Ce qui est important c'est qu'on est, qu'on soit fièr de ce qu'on ait fait. Qu'on puisse l'affirmer, qu'on puisse dire qu'on tient jusqu'au bout de notre film, quoi. Voilà, qu'on a fait ensemble. Ca, c'est la réalisation dont on est fièr. Après, si vous voulez, ce dont vous me parlez, la reconnaissance et tout ça, certes, ça rend la vie plus facile, mais ce n'est pas ça qui va rendre la vie joyeuse, quoi.

    Merci, Adèle. Merci, 120 battements par minute de Romin Campillo, en compétition pour la Palme d'or ici au festival, merci Adele Haenel.

    Merci

    "En Corée du Nord, le temps s'est arrêté il y a 62 ans. Très exactement, le 27 juillet 1953, date qui marquait la fin du conflit meurtrier de trois années, opposant le Nord et le Sud de la péninsule coréenne"

    Napalm, Claude Lanzmann.

    Oui

    Vous avez été parmi la première délégation d'Europe de l'Ouest en 1958, à vous rendre en Corée du Nord après la terrible guerre qui avait fait 4 millions de morts…

    De morts civiles..

    De morts civiles, oui

    Sans compter les combattants.

    50 ans après, vous y êtes retourné avec votre caméra dans ce pays qu'on dit le plus fermé du monde.

    Quand j'ai découvert cette ville en 1958, cette ville était ruinée, détruite littéralement par les bombardements américains, et les Américains avaient en tête d'en finir avec la Corée du Nord, et s'ils avaient pu, ils auraient recommencé Hiroshima; on ne peut pas comprendre ce que la Corée du Nord aujourd'hui, si on oublie ces trois années de guerre formidablement meurtrière. Le napalm, je te donne des chiffres. Dans le film, il y a eu trois millions et je ne sais combien de centaines de milliers de litres de napalm, qui ont été déversés sur la Corée du Nord. Donc, ça les a marqués à jamais.

    Oui

    Les types qui me racontaient ça, la, soi disant, impassibilité asiatique il y avait… et ils pleuraient à chaudes larmes. Ils avaient tous les larmes aux yeux, et ça se transformaient souvent en grands sanglots.

    Et ce film, à un moment, Claude Lanzmann, eh bien, raconte une histoire d'amour entre vous l'Occidental et cette jeune femme magnifique qui vous bouleverse.

    D'une grande beauté, oui

    Qui vous bouleverse…

    Bah oui, elle était très belle.

    Ouais,

    Elle était très belle, j'étais jeune, j'avais 33 ans, l'âge du Christ.

    Tout ça est interdit quelque part, il faut se cacher.

    C'est totalement interdit,

    Oui

    Ça n'existe pas à l'époque. Une Coréenne avec un Européen, ce n'est pas possible. Et elle l'a fait pourtant. Et moi aussi. Et ça aurait pu vraiment assez mal tourner, assez mal finir. Et c'est ce qu'on appelle une brève rencontre.

    Oui

    Et non accomplie. Iil n'y a pas eu de sexe, mais il y a eu bien mieux que ça.

    Oui. Vous ne la reverrez plus!

    Non.

    Oui.

    Oui, je ne la reverrai plus. Ni elle ni moi n'avions une langue commune. Je ne parlais ni coréen, ni chinois, ni russes. Et elle ne parlait pas… aucune langue européenne.

    C'est la langue de l'amour, oui.

    Le seul mot qui nous a lié, c'est quand elle-même m'a dit : "Napalm, napalm". Elle comprenait, et moi aussi. Donc, napalm est mot universel.

    Comme l'amour.

    C'est un mot d'amour,

    Napalm est un mot d'amour?

    Oui. Dans ce film, oui.

    Merci beaucoup, Claude Lazmann!

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    00:08:26
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