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  • L'invité

    Denise Bombardier

    Invitée : Denise Bombardier, journaliste et animatrice de télévision canadienne.

    Depuis le Québec, Denise Bombardier commente le premier tour de la Belle Alliance Populaire.

    Présentation : Patrick Simonin.

    Transcription

    Bonjour Denise Bombardier.

    Bonjour.

    L'une des grandes voix du journalisme au Québec, chroniqueur au journal de Montréal. Merci d'être avec nous. Vous avez suivi évidemment cette primaire de la belle alliance populaire de la gauche en France. Cette victoire donc qualifiée pour le second tour de Benoît Hamon et Manuel Valls. Vous en pensez quoi, vu du Québec ?

    Au Québec, on n'en pense pas grand-chose, parce qu'on ne s'intéresse plus beaucoup à la politique (...)

    Bonjour Denise Bombardier.

    Bonjour.

    L'une des grandes voix du journalisme au Québec, chroniqueur au journal de Montréal. Merci d'être avec nous. Vous avez suivi évidemment cette primaire de la belle alliance populaire de la gauche en France. Cette victoire donc qualifiée pour le second tour de Benoît Hamon et Manuel Valls. Vous en pensez quoi, vu du Québec ?

    Au Québec, on n'en pense pas grand-chose, parce qu'on ne s'intéresse plus beaucoup à la politique française, et ça depuis quand même un certain nombre d'années. Il y a encore un quart (inaudible), je dirais, qui s'intéresse à la politique, comme des gens comme moi.

    Oui, mais quand même, quand vous regardez un peu la victoire, c'est une nouvelle génération quand même quelque part.

    Mais, enfin, nous, on sait que les nouvelles générations, ça existe tout le temps, mais, surtout, je ne pense pas que la politique de votre président-là est une politique qui a intéressé beaucoup les gens à l'extérieur, parce que ce n'était pas lumineuse, ce n'était pas brillant.

    Oui, mais, alors, là du coup, c'est Benoît Hamon qui était plutôt un frondeur, qui arrive en tête. C'est une surprise.

    Mais, Benoît Hamon, là, vous faites, une enquête. Voulez-vous ? Je vais vous dire une chose. Faites une enquête au Québec. Demandez qui est Benoît Hamon. 99 % des gens ne savent pas qui c'est.

    Oui, ça va venir. Il va être connu finalement, ça commence.

    S'il est élu Président de la République, c'est sûr. Mais, là, ça augmentera à 8 %, 10 %, mais pas plus.

    Oui, mais quand vous entendez Manuel Valls dire en gros : "Jai le costume. Moi, je peux être Président. Si vous votez pour Benoît Hamon, c'est la défaite assurée". Vous dites quoi ?

    Je dis qu'il tient sa place. Il n'est pas pour dire : je lance la serviette, bravo, et puis, vous allez être élu. D'ailleurs, on ne sait pas qui va être élu, parce que là, il y a Monsieur Macron qui est en réserve de la république. C'est comme ça qu'on appelait ça.

    Enfin, il n'est pas en réserve, il est candidat.

    Oui, mais je veux dire c'était l'expression qu'on utilisait avant. Il s'est mis en réserve de la république. Là, il va être candidat et alors, vous verrez. Puis, il y a Fillon qui est là, et puis, il y a Marine Le Pen.

    Oui.

    En France, à partir du deuxième tour, c'est là que ça va devenir intéressant, et que probablement, il y a plus de gens qui vont s'y intéresser. Mais, actuellement, tous les yeux sont tournés vers les Etats-Unis - pour ne pas raconter d'histoire.

    Oui, les yeux sont tournés aux Etats-Unis. Mais, vous dites finalement ce système des primaires, finalement, c'est la France qui fait un peu ce qui se fait ailleurs.

    Le système des primaires en France, je n'ai pas compris pourquoi ça existait. Je n'ai pas compris, et je sais qu'il y a des gens, même des Français qui trouvent que ce n'est pas l'idée du siècle. Vous voyez, là, on dit, ils n'ont pas eu 2 millions de personnes. Donc, déjà, ce n'est pas une réussite par rapport à ce qu'il voulait avoir. Donc, il se fragilise, il voulait faire comme les Etats-Unis. Nous, on n'a pas ça, on n'a pas la même chose chez nous, et on a le système électoral, et puis, ça marche.

    Vous diriez quoi, Denise Bombardier ? Quelques années, vous aviez écrit un livre qui s'appelait : "Lettre ouverte aux Français qui se prennent pour le nombril du monde". Vous avez toujours l'impression que les Français se prennent pour le nombril du monde ?

    Non, j'ai l'impression que les Français ont perdu le sens de ce qu'ils avaient, parce que, pour se croire le nombril du monde, il faut quand même être fier d'être Français. Or, je trouve que les Français ont perdu cette fierté. Je pense que c'est pour ça qu'il y a une sorte d'affaissement. Comment vous dire ? Une sorte d'affaissement collectif face à ce que la France a été. Les Français oublient ce qu'ils ont été, oublient ce qu'ils ont incarné, oublient la grandeur qui les a portés à cause de toutes sortes de raisons.

    Oui, mais, quand même, vous dites ça, mais, en même temps, on voit bien qu'il y a des candidats.

    Au contraire, moi, je trouve qu'il y a beaucoup de Français qui expriment une sorte de complexe d'infériorité des Français, surtout vis-à-vis des pays anglo-saxons.

    Oui. Mais, vous diriez quoi par rapport à cette élection présidentielle vue d'ailleurs. Vous diriez que finalement, la France est au pied du mur là ? C'est peut-être une France jeune. Vous parlez d'Emmanuel Macron.

    Mais, ça ne veut rien dire les jeunes.

    …qui, peut-être, devient Président de la République.

    Mais, ça ne veut rien dire les jeunes. ça dépend de ce qu'ils vont apporter. C'est sûr qu'il faut qu'il y ait un changement de la garde. Puis, ça va se faire. De toute façon, et ça se fait dans tous les pays. Donc, ce n'est pas une différence avec la France. Ce qu'on constate, c'est qu'il n'y a plus de gauche en France. La gauche a éclaté. Si vous êtes de droite, vous n'avez pas besoin d'attaquer la gauche, la gauche s'attaque entre elle. Donc, c'est une fragilisation de l'image d'une certaine gauche qui était très articulée, intellectuellement très forte, et qui a été au pouvoir avec Mitterrand, évidemment.

    Oui. Là, on parlait d'Emmanuel Macron. C'est une autre image politique. On le compare parfois à Kennedy. On dit voilà, il fait la Une de la presse.

    Mais, ce n'est pas Kennedy, et ce n'est pas Trudeau. Mais, c'est sûr qu'il y a chez lui, ce serait plus près de Justin Trudeau. Il y a une mise en scène, il y a une théâtralisation de sa personne. On pourrait dire, oui, ça ressemble un peu à Justin Trudeau. Mais, Macron est plus formé intellectuellement que Justin Trudeau.

    Alors, vous avez cette image avec son épouse. Je veux parler de la presse people. Vous connaissez bien cette presse people. On voit Macron avec sa femme par exemple qui, on va le dire, tout le monde le sait, qui est plus âgée que lui. ça va nous amener d'ailleurs au sujet de votre roman.

    Oui, mais, ça va vous donner quoi ? Vous croyez qu'il est vieux, vous votez pour lui à cause de ça ? Ou que les jeunes hommes vont voter pour lui à cause de ça ? Moi, je ne sais pas ce que ça va apporter sur le plan électoral. Ce qu'il annonce lui, c'est quelque chose de nouveau, et en dehors des institutions finalement. Parce que lui, il se met en dehors du parti socialiste, et ce n'est pas un homme de droite. Donc, ce qui est nouveau, c'est que c'est quelqu'un de l'extérieur, et on l'a vu avec Trump. Trump, ce n'est pas un républicain, il était démocrate. Donc, Trump, c'est quelqu'un au fond, qui s'est mis en marge du parti républicain pour réussir, lui, à se faire élire à travers le parti républicain, à cause du système électoral, il n'aurait pas pu faire autrement. Je pense que c'est des troisièmes voix. D'ailleurs, la preuve, c'est qu'on n'est pas tellement pas équipé, les journalistes, pour savoir ce qui se passe, et les sondeurs, non plus, qu'on annonce des résultats qui ne se vérifient pas, et c'est toujours celui auquel on ne s'attendait pas qui est élu.

    Oui, quand je parlais de Macron avec sa femme, je vous disais plus âgée que lui, c'est parce que ça parle de votre livre : "Plus folle que ça, tu meurs", publié chez Flammarion, votre roman, où clairement, vous y racontez finalement des destins de femmes passées 60 ans, qui ont envie de vivre, et finalement envie d'aimer, parfois des gens plus jeunes qu'elles d'ailleurs, et avoir une sexualité après 60 ans. Denise Bombardier, vous allez sur ce terrain-là.

    Oui, mais, on est toutes sur ce terrain-là. Ce n'est pas parce qu'il y a des gens qui pensent qu'à la fin de la cinquantaine, à partir de 60 ans, les gens n'ont plus de vie sexuelle. Mais, en France, il y a un tabou par rapport à la sexualité des gens après un certain âge, parce que c'est une société encore machiste, qui considère que ça prend des belles femmes, qu'il faut qu'elles soient jeunes et tout. Enfin, les femmes qui sont moins jeunes et qui peuvent être jolies autrement ou même laides, ça ne les empêche pas d'avoir des désirs. Les personnages de mon roman, ce sont des personnages qui sont vivantes parce qu'elles sont libres.

    C'est très féministe finalement votre vision.

    Mais, ce sont toutes des femmes féministes. Ce sont toutes des femmes qui ont eu des carrières. Ce sont toutes des femmes qui ont réussi professionnellement, qui ont des sous, les enfants sont partis. Ces femmes-là ont encore évidemment du désir et on recommence notre vie de nos jours.

    Oui, c'est ça que vous voulez dire Denise Bombardier. Vous dites finalement, la société dit qu'après 60 ans, une femme n'a plus le droit de vivre. C'est ça ?

    Mais, quelle société ? Avant, les curés disaient qu'il ne fallait pas faire ça en dehors du mariage, et maintenant, il y a des sociétés qui décident, comme vous effectivement, on dit, mais voyons, une femme de 60 ans, ce n'est plus bon. C'est presque grossier que la femme ait envie de faire l'amour, qu'elle veuille connaitre (inaudible) la jouissance. Mes personnages, je raconte des histoires de femmes qui n'ont pas du tout de complexe à éprouver beaucoup de plaisir.

    C'est vous en fait. Vous vous racontez, Denise Bombardier.

    Pardon !

    C'est un roman très autobiographique ou pas ?

    Mais, pas du tout. Moi, je suis la narratrice. Ces femmes-là sont, parce qu'elles sont québécoises, elles sont terribles quand même.

    Pourquoi ?

    Mais, parce qu'elles sont drues, elles sont directes. Puis, elles parlent d'une façon incroyable de la sexualité, mais, c'est la réalité.

    C'est votre nouveau roman, donc savoureux, publié chez Flammarion. Merci d'avoir été avec nous.

    Merci.

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    00:08:24
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