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  • L'invité

    Marie-Claude Bibeau

    Invitée : Marie-Claude Bibeau, ministre canadienne du Développement international et de la Francophonie.

    Présentation : Patrick Simonin.


    Transcription

    Bonjour Marie-Claude BIBEAU.

    Vous êtes ministre du Développement international et de la francophonie du Canada.

    On est ravi de vous accueillir sur le plateau de TV5 Monde.

    Vous venez de signer à Paris avec l'Unicef et la France, et 57 autres pays,

    une déclaration importante en faveur notamment des enfants soldats,

    des enfants victimes de conflits à travers le monde.

    Et c'est aujourd'hui une priorité d'agir pour l (...)

    Bonjour Marie-Claude BIBEAU.

    Vous êtes ministre du Développement international et de la francophonie du Canada.

    On est ravi de vous accueillir sur le plateau de TV5 Monde.

    Vous venez de signer à Paris avec l'Unicef et la France, et 57 autres pays,

    une déclaration importante en faveur notamment des enfants soldats,

    des enfants victimes de conflits à travers le monde.

    Et c'est aujourd'hui une priorité d'agir pour le Canada.

    Alors cette déclaration-là vise vraiment à faire en sorte que les écoles,

    dans les pays qui sont en conflit, à ce que les écoles soient protégées,

    alors, que les différentes parties prenantes aux conflits

    n'utilisent pas les écoles pour entreposer des armes,

    ou pour garder les prisonniers, ou encore comme base militaire.

    Donc l'objectif évidemment, c'est de protéger les enfants au moment des conflits,

    mais aussi de faire en sorte qu'en plus se réapproprier les écoles,

    et de remettre les enfants à l'école le plus rapidement possible ensuite,

    parce qu'on veut pas perdre une génération.

    Oui. Ça concerne des enfants soldats,

    ça concerne aussi des enfants qui sont utilisés comme des véritables armes de guerre.

    Oui, au sens plus large, effectivement,

    l'objectif c'est de protéger les enfants dans un environnement en conflit.

    La déclaration est très spécifique aux écoles,

    mais effectivement, on a une initiative avec le général DALLAIRE d'ailleurs,

    qui vise spécifiquement à former les militaires

    de façon à éviter le recrutement d'enfants,

    de façon à faire en sorte que les militaires sachent comment agir

    lorsqu'ils font face à un enfant.

    Il y a des stress post-traumatiques terribles aussi pour un militaire

    qui doit tuer un enfant parce que cet enfant est enveloppé d'explosifs.

    Alors il y a vraiment toute une dynamique au niveau de la protection des enfants

    et de toute cette relation-là avec les militaires qui est importante.

    Oui. C'est un enjeu très important, madame la ministre,

    on parle de 250 millions d'enfants qui vivent dans des zones

    marquées par des conflits, parfois terribles.

    Oui, absolument. Et les jeunes filles aussi,

    donc on parle plus des garçons quand on parle aux enfants soldats,

    mais il y a aussi des jeunes filles.

    Et il y a toute la question de la violence sexuelle aussi,

    de la violence faite aux jeunes filles qui est associée aux environnements en conflit,

    et pour lesquelles il faut se mobiliser.

    Oui. Qu'est-ce qu'on peut faire concrètement ?

    Alors, on parle évidemment de rescolariser ces enfants.

    L'école, l'éducation, c'est vraiment la meilleure solution

    pour protéger les enfants, que ce soit…

    parce que tant et aussi longtemps qu'ils sont à l'école,

    ils ont espoir, ils ont espoir en l'avenir.

    Alors que quand ils vont traîner dans la rue, ou quand ils doivent travailler,

    ils sont sujets à être justement recrutés par des groupes armés, ou ils sont sujets à…

    ils peuvent se faire kidnapper, donc violence encore.

    le but c'est vraiment de les garder à l'école, de faire en sorte qu'ils s'instruisent,

    qu'ils gardent confiance en l'avenir.

    Retarder la première grossesse aussi, c'est très important,

    au niveau de la scolarisation des jeunes filles,

    ça nous permet de retarder la première grossesse,

    donc de faire en sorte que les femmes

    vont être beaucoup plus impliquées dans leur communauté,

    vont être plus autonomes financièrement,

    vont pouvoir participer aux décisions dans leur milieu, à la vie politique, et tout.

    Oui. Et ça signifie aussi qu'il faut leur rendre justice,

    notamment à ces jeunes filles victimes de violences sexuelles,

    avec un soutien juridique, condamner les auteurs de ces crimes.

    Effectivement, au niveau de l'assistance qu'on veut donner,

    il y a le volet de la protection, de la prévention.

    Mais aussi, il faut aider les survivantes à s'en sortir,

    les aider au niveau des soins physiques, mais des soins psychosociaux aussi,

    et de l'aide de l'assistance juridique.

    Donc de faire en sorte que justice soit rendue,

    qu'elles aient une voix pour dénoncer et qu'elles sentent qu'il y a une justice

    et qu'elles sont reconnues.

    Oui. Ça représente donc beaucoup d'Etats.

    C'est évidemment une décision très importante que cette signature aujourd'hui,

    avec la France, et je le disais, 57 autres Etats.

    Ça veut dire qu'il y a une nouvelle politique de développement international

    aujourd'hui lancée par Justin TRUDEAU, le Premier ministre,

    dont vous êtes membre de son gouvernement.

    Oui, alors le Premier ministre Trudeau m'a donné comme mandat

    de recentrer l'aide internationale du Canada vers les plus pauvres,

    les plus vulnérables et les Etats fragiles.

    Donc on touche justement aux Etats fragiles quand on en parle.

    Et on a fait une grande consultation,

    et je suis très fière de dire

    que 15 000 personnes ont participé à cette consultation dans 65 pays.

    Et ce qui est vraiment ressorti comme étant les éléments les plus importants,

    on parle beaucoup de la dignité humaine,

    toute la question du Women empowerment,

    alors le renforcement socio-économique des femmes,

    et d'aider les pays à développer leurs compétences.

    Et vraiment au niveau du Canada,

    cette nouvelle politique que je vais rendre publique dans quelques semaines,

    je peux déjà vous dire

    que les femmes et les filles vont être au cœur de cette politique-là,

    parce que d'une part,

    on sait qu'elles sont les plus grandes victimes de la violence,

    de la pauvreté, et des changements climatiques,

    mais elles sont surtout d'incroyables acteurs de changement.

    Ça veut dire qu'il faut à la fois, évidemment les protéger,

    mais aussi, j'allais presque dire leur donner le premier rôle.

    Absolument, absolument. Il faut….

    moi je veux qu'on aille même au-delà de de l'égalité des genres

    parce qu'il faut vraiment qu'il y ait un renforcement important,

    de permettre aux femmes de développer leur plein potentiel

    et de contribuer pleinement à leur société, à leur communauté.

    Alors il y a vraiment une emphase très très importante

    qui va être mise autour des femmes,

    et notamment sur la question de la santé sexuelle et reproductive,

    parce que les droits des femmes, ça commence avec les droits sur notre propre corps.

    Oui. Ça veut dire quoi la santé sexuelle et reproductive ?

    C'est-à-dire qu'effectivement, il faut redonner aux femmes le pouvoir sur elles-mêmes ?

    Absolument. Alors ça commence avec l'éducation sexuelle des filles et des garçons,

    l'accès à la contraception, la planification familiale,

    et même, lorsque c'est légal, l'avortement et les services de soins post-avortement.

    Et bien sûr, ça inclut la santé des mères et des enfants,

    donc la santé maternelle demeure évidemment un élément très important.

    Oui. C'est un développement international

    qui prône finalement de nouvelles valeurs aujourd'hui ?

    Un message à destination particulièrement de l'Afrique ?

    Oui, ben le message du Canada,

    c'est vraiment qu'on veut mettre les femmes et les filles au cœur

    parce qu'on croit qu'elles peuvent faire une différence si on leur en donne les moyens.

    Et un des volets très très importants va être le volet de la santé sexuelle et reproductive.

    Oui. On avait entendu Justin TRUDEAU, lors du sommet de la francophonie de Madagascar,

    s'adresser aux chefs d'Etats africains, en disant

    "on est des amis, mais on va se dire la vérité aujourd'hui".

    Vous dites il y a une politique de vérité du Canada

    à l'égard de ce que l'on considère qui ne va pas aujourd'hui en Afrique ?

    Oui. Ben pour nous, il y a certaines valeurs qu'on veut porter haut et fort,

    et parmi ces valeurs il y a certainement l'égalité entre les hommes et les femmes.

    Il y a aussi toute la question de l'inclusion, on parle de toute la communauté LGBTQ2+.

    Oui, donc les homosexuels.

    Oui, absolument.

    Et on parle aussi de l'inclusion au sens multiculturel aussi.

    Alors ce sont des valeurs canadiennes qui nous sont chères.

    Oui. On n'a pas peur de dire des choses qui fâchent.

    Oui mais au contraire, je crois qu'on a l'occasion en ce moment de de le dire,

    de le dire simplement, comme monsieur TRUDEAU le disait

    "entre amis, on peut se dire les vraies choses".

    Et il faut provoquer cette discussion,

    parce que c'est en en discutant qu'on peut justement faire progresser.

    C'est une nouvelle francophonie finalement, c'est un nouvel usage de la francophonie ?

    Oui, je crois que oui, effectivement,

    ce sont des valeurs qu'on partage au sein la francophonie.

    Les niveaux sont différents d'un pays à l'autre,

    mais pour nous, c'est important, et on veut en parler franchement.

    Merci Marie-Claude BIBEAU,

    donc ministre du Développement international et de la francophonie du Canada.

    On était ravi de vous recevoir aujourd'hui sur TV5 Monde.

    (Marie-Claude Bibeau) Merci à vous.

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