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  • L'invité

    Laura Smet

    Invitée : Laura Smet, actrice et réalisatrice française.

    Elle a décidé de revenir au cinéma avec son premier film de réalisatrice « Thomas », dont l'héroïne est sa propre mère, l'actrice Nathalie Baye. L'occasion d'évoquer le soutien du public lors du décès de son père, Johnny Hallyday.

    Présentation : Patrick Simonin. Depuis le Festival du film francophone d'Angoulême.


    Transcription

    Quel succès, Laura ! On a vu le public se presser autour de vous, les photographes, c'est ce qu'on appelle un photocall. Hier soir ? Oui ! Au Festival d'Angoulême. Ça fait plaisir de se retrouver là, Laura. C'est vrai que j'adore ce festival. Je suis venue pour la première édition, la première année. J'avais adoré. Ils avaient fait une projection en plein air de Paris de Cédric Klapisch, en écran géant, c'était assez magique. Et l'année dernière en tant que jury. Il y a toujours eu une sélection (...)

    Quel succès, Laura ! On a vu le public se presser autour de vous, les photographes, c'est ce qu'on appelle un photocall. Hier soir ? Oui ! Au Festival d'Angoulême. Ça fait plaisir de se retrouver là, Laura. C'est vrai que j'adore ce festival. Je suis venue pour la première édition, la première année. J'avais adoré. Ils avaient fait une projection en plein air de Paris de Cédric Klapisch, en écran géant, c'était assez magique. Et l'année dernière en tant que jury. Il y a toujours eu une sélection absolument remarquable. C'est un festival très bienveillant, très bon enfant, à l'image de Dominique. Dominique Besnehard et Marie-France Brière. Maintenant, il y a quelque chose d'extraordinaire. Laura est derrière la caméra et maman est en face. Ça s'appelle Thomas, regardez.

    Wow, comment vous filmez votre maman, Laura ! C'est gentil, je la filme telle que je la connais, telle que je la vois, telle que je la respecte, telle que j'ai envie de la montrer au public et aux gens. Ça s'appelle Thomas. C'est votre premier court-métrage, écrit et réalisé, présenté ici, au Festival du film francophone d'Angoulême. Un peu stressée, surtout après tout ce que vous m'avez dit. Un peu stressée parce que c'est à 15 heures et que… C'est la première fois que je le montre aussi à un vrai public. Je l'ai montré à des amis qui ne caressent pas toujours dans le sens du poil, mais ça reste quand même des amis. Là, c'est la première fois que je vais le montrer à un vrai public. Je suis impatiente. J'essaye de prendre ça avec beaucoup de bonheur et de ne pas trop stresser non plus. J'apprends, je suis là pour apprendre. J'aime bien qu'on me dise des choses. Je me souviens, par exemple, je l'ai montré à des gens que j'aime beaucoup, comme Nicole Garcia et des réalisateurs et réalisatrices que j'aime bien, parce que j'aime bien aussi quand on me dit des choses qui ne vont pas. J'aimerais apprendre vraiment. J'ai plus passé de temps au cinéma qu'à l'école. L es cadres me passionnent. Le jeu des acteurs me passionne. La lumière me passionne. J'avais envie de passer à l'acte. J'avais réalisé un clip pour The Avener il y a trois ans, qui m'avait beaucoup plu. J'avais envie de raconter cette histoire-là. Ça fait deux ans que j'écris un long-métrage qui, j'espère, un jour verra le jour. J e ferai tout pour parce que c'est quelque chose qui… Il ne faut pas avoir peur, il faut essayer de passer outre. C'est comme quand on est actrice. On va nous voir sur un autre registre. On a peur de ne pas être bonne. Mais là, c'est autre chose. C'est un autre trac, ça vient encore plus des tripes. On dit beaucoup de soi ? Ça reflète quelque chose, apparemment une image que… Les gens ont une image de vous. Je peux avoir une certaine image de vous, mais si vous faites quelque chose qui vous vient de vous, j'aurais une autre image de vous, je ne vous ai pas vu comme ça. C'est ça que j'aime, c'est la curiosité que ça peut amener. Et puis, la sincérité aussi que vous avez, Laura. C'est gentil. On vous a vu grandir, on vous connaît. On sait que vous faites les choses à fond, toujours. Je n'aime pas le tiède. C'est quelque chose que je n'aime pas trop. J'ai envie d'oser aujourd'hui certaines choses. Si je me plante, je me plante, mais au moins je le fais. Je n'ai pas envie de me dire, dans dix ans : "J'aurais pu le faire et je ne l'ai pas fait parce que j'avais peur que, et puis que et puis que…" Dans la vie, il faut savoir de temps en temps se faire violence. Si on se plante, on se plante. Si on ne se plante pas, c'est quand même génial. Il faut du culot pour ça. Il faut l'envie de… Ça me fait penser à une phrase : "L'envie d'avoir envie." C'est vrai. Et d'ailleurs, c'est une des chansons que je préfère de mon père. C'est vrai parce qu'il y a quelque chose de se surpasser. On m'a toujours comparée… Je suis actrice, ma mère est actrice. J'ai chanté avec mon frère, mon père est chanteur. La réalisation, personne ne l'est dans ma famille. C'est quelque chose qui est important, d'avoir quelque chose à moi. Ça peut paraître bête, mais c'est quelque chose qui me remplit. D u coup, j'ai moins peur parce que je n'ai pas quelque chose d'écrasant à côté, écrasant dans le bon terme, dans le bon sens, mais c'est quelque chose où je me sens plus libre. J'ai l'impression d'avoir des ailes.

    Je rigole parce que je pensais à un de vos parrains, Eddy Michel. Il vient de faire une interview fracassante. Ah bon, je n'ai pas entendu. Il dit que votre père préférait plutôt les blockbusters et lui était plutôt Elia Kazan. Je ne suis pas d'accord. Mon père m'a fait découvrir le cinéma. Il m'a montrée tous les films de Brando et tous les vieux westerns. C'était quelqu'un qui était très cinéphile, tous les films asiatiques qui ne sont pas du tout connus, évidemment des films d'horreur, etc. Les blockbusters, plus sur la fin. Mais, il m'a éduquée avec des films qui sont comme même assez… Il a quand même tourné avec Godard. Il a fait des choses qui ne sont pas forcément des blockbusters. C'est quelqu'un qui aimait profondément le cinéma. Je pense même qu'il préférait le cinéma à la musique. Il y a une expo de Tony Frank, ici. De toutes façons, Tony a fait les plus belles photos de mon père. Il se déguisait beaucoup. On le voit dans les films, on le voit en curé. Il adorait ça. Il y a une photo en cow-boy. Il adorait se déguiser. Même sur scène, il avait des costumes parfois hallucinants. J'avais l'impression que c'était Batman qui rentrait, mais il aimait ça. C'est vrai que le costume fait partie de l'artiste. Quand on est comédienne… Par exemple, quand j'ai tourné le film de Xavier Beauvois, je tournais en même temps le film d'Olivier Marchal, Carbone. C'étaient deux rôles totalement à l'opposé et ça m'a aidée, parce que sur Carbone, j'étais perchée sur des talons comme ça , et le lendemain, j'étais sur le Beauvois en corset dans un film d'époque. C'est ça qui nous aide. C'est hyper important. C'est se transformer, c'est ça ? Les costumes, bien sûr. On est soi, mais à travers sa fragilité, à travers tout ça, à l'écran, il y a quelque part quelqu'un d'autre. C'est génial. C'est comme le court-métrage. Ma mère, au début, c'est quelqu'un de très strict, elle est habillée tout en noir, comme un uniforme. Je voulais comme une espèce d'uniforme. Plus ça va, plus on voit ses jambes , plus on voit sa peau, elle se laisse… Elle s'offre au monde, tandis que c'était quelqu'un qui se cachait au début. Je trouve que c'est intéressant. Je comprends les gens comme Xavier Dolan qui font même les costumes sur leurs films, parce que c'est une vision qu'ils ont, ils se disent : "Ah bah voilà…" Ça passe vraiment par ça. C'est une autre façon de marcher, c'est une autre façon de s'exprimer. Vous mettez un manteau à une femme, elle se tient d'un seul coup plus droite. Vous lui mettez un jean, c'est autre chose. Ça raconte des choses différentes. Je voudrais dire un mot pour terminer : l'affection que le public vous porte. J'en ai encore plus pour eux. Par rapport à tout ce que vous avez vécue et qu'on a partagé, mais cette affection vous touche ? Je ne m'en rends pas compte parce que c'est délicat. C'est encore très, très frais pour moi. Mais, j'ai encore plus d'affection pour les gens. Je remercie surtout tout cet amour qu'il y a autour de ça, malgré tout. Vous en avez besoin de ça ? On en a tous besoin, eux aussi. Merci, Laura. Merci à vous. Laura Smet qui présente son premier court-métrage, ici au Festival d'Angoulême. Il s'appelle Thomas, formidable. Merci. Merci beaucoup, Laura.

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    00:08:26
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