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  • L'invité

    Karin Viard

    Invitée : Karin Viard.

    L'actrice Karin Viard est présidente du jury du 11e Festival du film francophone d'Angoulême.

    Présentation : Patrick Simonin. Depuis le Festival du film francophone d'Angoulême.


    Transcription

    C'est un rendez-vous populaire. Le public, d'ailleurs, se presse ici pour l'ouverture du onzième Festival international du film francophone d'Angoulême dont le jury est présidé, cette année, par Karin Viard. Bonjour, Madame la présidente. Bonjour. Vous montez en grade chaque année, présidente. Et ce n'est pas fini. Comment dire, on ne peut pas plus haut ? Je rachète l'hôtel. Je m'installe ici. Je fais des messes à la cathédrale. C'est extraordinaire. Onzième Festival du film francophone d'Angoul (...)

    C'est un rendez-vous populaire. Le public, d'ailleurs, se presse ici pour l'ouverture du onzième Festival international du film francophone d'Angoulême dont le jury est présidé, cette année, par Karin Viard. Bonjour, Madame la présidente. Bonjour. Vous montez en grade chaque année, présidente. Et ce n'est pas fini. Comment dire, on ne peut pas plus haut ? Je rachète l'hôtel. Je m'installe ici. Je fais des messes à la cathédrale. C'est extraordinaire. Onzième Festival du film francophone d'Angoulême, Madame la présidente du jury, c'est vous, Karin. Vous êtes heureuse d'être là. C'était qui l'année dernière ? John Malkovich et Claire Chazal. Ils étaient deux, vous êtes toute seule. Je suis toute seule à assumer cette charge. C'est énorme. Oui, énorme.

    Vous allez voir plein de films ! Ça, c'est bien, j'adore. Vous adorez voir des films. Ah oui, j'adore. J'adore aller au cinéma. Vous vous dites quoi quand vous voyez des films ? "Ah, j'aurais pu jouer là-dedans, ou pas". Non, pas du tout. C'est ce que je disais à une interview précédente. Quand je regarde un film, je suis vraiment spectatrice. Je peux pleurer en me disant : "Comment cet acteur a pu faire ça ?" Je n'ai pas du tout le sentiment de connaître quelque chose que les spectateurs lambda ne connaissent pas. Pas du tout, du tout, du tout. Je voulais parler des Chatouilles. C'est ce personnage présenté ici à Angoulême. C'est un film qui raconte une histoire tragique de pédophilie et une maman qui n'est peut-être pas à la hauteur, qui ne ferait pas tout ce qu'elle devrait faire. Elle est carrément atroce, cette mère. J'avais envie de faire partie de cette aventure justement d'un point de vue artistique parce que j'aimais beaucoup l'angle qui avait été choisi pour parler de ça. J'aimais beaucoup que ce soit l'histoire d'Andréa Bescond, qu'elle ait cette capacité de résilience et qu'elle soit capable d'en faire un objet artistique comme ça. J'avais vu le spectacle qu'elle avait fait, Seul(e) en scène, qui m'avait beaucoup, beaucoup plu. J'avais voulu y emmener mes filles parce que je voulais qu'elles voient ça. Elles en ont gardé un souvenir très fort. J'avais envie, avant toute chose, de faire partie de cette aventure. Pour moi, être associée à ces deux personnes qui font ça, c'était très important pour moi, humainement et artistiquement. Je défendais profondément ce projet. Ils m'ont proposée la mère qui a un rôle vraiment terrible, terrifiant. Ça me plaisait bien aussi parce que ce ne sont pas souvent des rôles qu'on me donne. J'étais très contente de pouvoir le faire. Regardez, la bande-annonce des Chatouilles. Pourquoi tu ne m'as rien dit ? Je ne sais pas. Comment ça, tu ne sais pas ? Je ne sais pas.

    Comment ils vont réagir les gens ? Je sais ce que j'ai subi. Aujourd'hui, je veux que ça sorte. Ma vie est derrière moi, maintenant, et toi, c'est devant. Toi, c'est uniquement devant. On vous a vue jalouse l'année dernière, ici. En ce moment, c'est ma période mauvaise. Je ne fais que des mauvaises. J alouse, parce que c'était le titre du film des frères Foenkinos, présenté l'année dernière, ici à Angoulême. J'ai beaucoup joué les gentilles désargentées. Maintenant, je fais des mauvaises. C'est comme ça. C'est jouissif de jouer des personnages comme ça, non ? Bien sûr, c'est jouissif. J'ai d'abord joué les filles sans argent, très gentilles, après les gentilles avec de l'argent, et maintenant les méchantes. C'est vrai ? Oui. Qu'est-ce qui m'attend encore ? Quelle sera ma prochaine période ? Vous adorez être à contre-emploi. C'est ça qui excite la comédienne ? Ce n'est peut-être pas un contre-emploi. Ah bon ? Peut-être pas, je ne sais pas. Il y a tout ça dans la nature humaine. J'aime jouer les caractères au sens fort du terme, comme Balzac, Hugo. Ils écrivaient des caractères. Il y a le belliqueux… Dans la Comédie humaine, il y a le jaloux, le belliqueux. Voilà, mon métier, c'est de jouer les caractères. Regardez cette belle couverture de Madame, Love. Je me réveille comme ça, le matin en plus. Dans cette interview, vous dites que les comédiennes n'avaient pas la même liberté que les comédiens quand vous les regardiez à l'écran. Quand j'étais petite fille. J'ai plutôt envie d'être Gabin, d'être Lino Ventura. Quand j'étais petite fille, c'est vrai que le rôle des femmes étaient extrêmement codifiés. Si tu étais belle, tu étais un peu mystérieuse. Si tu étais drôle, tu étais forcément moche. C'était terrible. Alors que je voyais Lino Ventura qui n'était pas non plus une grande beauté, qui plaisait aux femmes, qui pouvait être voyou, qui pouvait être voleur, qui pouvait être prêtre, qui pouvait être bon père de famille… I l avait tous les droits, alors que je trouvais les femmes, elles… J'ai déjà eu cette conscience vraiment très jeune. Je me dis qu'on ne se refait pas, quand même. Ça ne m'intéressait pas tellement d'être actrice parce que vu que je n'étais pas d'une grande beauté non plus, j'aurais plutôt été du côté des marrantes, mais je n'étais pas non plus si moche. Déjà, j'avais une place qui était à discuter. Je n'étais ni belle, ni moche, j'étais drôle, mais pas que. C'était plus compliqué. Après, il y a eu quand même tous ces films avec Miou-Miou, les films de Blier, le S plendid, qui ont vraiment été une boule dans un jeu de quilles. Ils ont proposé autre chose. J'ai toujours plus rêvé sur les acteurs pour leur capacité à se déplacer que sur les actrices. C'est bientôt une Chanson douce, l'adaptation du Goncourt de Leïla Slimani, encore un personnage. Encore un personnage, oui. Un personnage extrêmement complexe, excessivement complexe. Ça a été une expérience forte pour l'actrice que je suis. Ce qui vous comble aussi, c'est que vous voyez l'amour que vous porte le public, Karin Viard, qui est fort. Je ne mesure pas tellement. Quand on parlait de ce mot "populaire" dans le bon sens du terme, à la fois jouer des rôles d'auteur, des films d'auteur, et des rôles qui touchent aussi, qui touchent le grand public. Ça, je ne mesure pas trop, surtout que je pense toujours que les choses sont très éphémères, que je vais faire quatre, cinq choix de films qui ne vont pas plaire et je passerai de populaire à pas populaire. Ce n'est jamais un moteur pour moi. C e que j'essaie de faire avec honnêteté, sincérité et franchise, j'essaie de suivre mon propre chemin et de ne pas être sensible aux sirènes du succès, de l'argent, de la popularité. J'essaie de continuer à rester moi-même quoiqu'il se passe. Peut-être que c'est ça que les gens aiment bien. Au fond, je ne me pose pas la question. Je ne me pose pas la question de l'amour du public sur moi parce que si je commençais à considérer ça, cela voudrait dire que je dirais le public, qui m'aime et qui m'attend, attendra de moi que je fasse ce film, alors que ça n'intervient jamais dans mon choix, jamais, jamais, jamais. Je pense en plus que c'est très volatil, qu'on t'aime une fois, et qu'après, on ne t'aime plus. On adore détester ses idoles. Il y a tout ça. Je ne méprise pas du tout le public, attention, bien au contraire, j'ai besoin du public. Mais voilà , ça n'intervient ni dans mes choix, ni dans la façon dont je me regarde. Merci, Karin. Merci. Madame la présidente du onzième Festival du film francophone d'Angoulême. Madame la présidente, oui. On salue la présidente. Merci, Karin Viard. Merci.

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    00:08:06
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