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  • L'invité

    Edwy Plenel

    Invité : Edwy Plenel, journaliste français, directeur de Mediapart

    Le patron de Mediapart réagit à l'actualité, après l'attentat terroriste qui a frappé la France, et suite aux nouvelles déclarations de Nicolas Sarkozy concernant sa mise en examen dans l'affaire libyenne.

    Présentation : Patrick Simonin

    Transcription

    Bonjour Edwy Plenel !

    Bonjour !

    Président fondateur de Mediapart qui fête ses 10 ans,

    on va en parler dans quelques instants.

    Vous publiez "La valeur de l'information" aux éditions Don Quichotte.

    Evidemment, un combat, l'information aujourd'hui.

    On va parler dans quelques instants de l'affaire Nicolas Sarkozy Kadhafi,

    on va aussi parler du terrorisme qui a frappé une nouvelle fois la France.
    (...)

    Bonjour Edwy Plenel !

    Bonjour !

    Président fondateur de Mediapart qui fête ses 10 ans,

    on va en parler dans quelques instants.

    Vous publiez "La valeur de l'information" aux éditions Don Quichotte.

    Evidemment, un combat, l'information aujourd'hui.

    On va parler dans quelques instants de l'affaire Nicolas Sarkozy Kadhafi,

    on va aussi parler du terrorisme qui a frappé une nouvelle fois la France.

    Vous dites aujourd'hui que les hommes politiques sont à la hauteur

    dans la réaction que l'on entend ?

    Je vois à chaque fois certains apprentis sorciers ou plutôt des pompiers incendiaires

    qui désignent des boucs émissaires.

    Nos compatriotes notamment venus d'Afrique, venus du Maghreb,

    par leurs familles, par leur histoire ou culture.

    Vous dites qu'il y a aujourd'hui un amalgame

    quand vous entendez Laurent Wauquiez qui dit par exemple

    qu'il faudrait mettre en rétention administrative tous les fichiers S

    ou Marine Le Pen qui dit qu'il faudrait les expulser.

    Bien-sûr.

    La réponse est dans la question.

    Ce n'est pas ça qui va nous protéger.

    Il y a des désordres du monde,

    il faut s'attaquer à ces désordres du monde, à la racine du terrorisme.

    Ce n'est pas encore une fois en se barricadant

    et en désignant des boucs émissaires dans notre propre peuple qu'on répondra.

    Les causes, elles sont où selon vous, Edwy Plenel ?

    On voit bien que là, nous sommes dans un scénario terrible.

    Nous combattons ce que nous avons créé.

    Nous sommes dans le risque,

    et j'étais au Mali récemment à Bamako,

    et c'est un débat, y compris au coeur de la présidentielle qui est en cours au Mali.

    C'est-à-dire le risque d'un scénario à l'Afghane,

    où au lieu de résoudre les problèmes qui sont derrière toute cette crise,

    dont évidemment une idéologie totalitaire peut s'emparer,

    dont des terroristes peuvent s'emparer.

    Au lieu de résoudre au coeur de ces problèmes,

    nous avons par notre précipitation, voire par notre irresponsabilité,

    voire si c'était prouvé par des arrières pensées privées de Monsieur Sarkozy

    dans le cadre de cette guerre face

    à ce qu'il savait être de ses relations incestueuses, corruptrices avec Monsieur Kadhafi,

    eh bien nous avons ajouté au malheur de la région, plutôt qu'à la paix.

    Oui. Alors hier, dans Le Journal du Dimanche,

    Nicolas Sarkozy a dit, je le cite : "Je briserai les auteurs de la machination. ".

    Il vous cite parmi les auteurs de la machination,

    aux côtés, dit-il, des assassins de Kadhafi, de l'entourage de Kadhafi,

    de ceux qui le soutenaient, et de Mediapart qui, dit-il,

    avec ses comparses, je le cite eh bien a mené une campagne engagée,

    une campagne politique contre lui.

    Ce n'est pas un langage d'ancien Président de la République.

    Je rappelle que notre république suppose l'indépendance de la presse,

    le pluralisme des médias, le droit à l'information, c'est plutôt un langage de voyou.

    La vérité, il faut le dire très franchement,

    Monsieur Sarkozy, son problème n'est pas Mediapart.

    Son problème, c'est la justice.

    Il est concerné par trois enquêtes judiciaires, pas seulement la libyenne.

    Il est renvoyé devant un tribunal pour financement illicite de campagne électorale.

    Bygmalion, c'est la campagne de 2012.

    Il est mis en examen pour corruption dans un autre dossier

    qui est celui de l'affaire Bismuth.

    Cette histoire de manipulation de la magistrature avec même le trafic d'influence.

    Et puis, il est triplement mis en examen,

    nous avons publié le compte rendu des auditions

    dans un dossier libyen où il y a trois juges, des policiers.

    On voit les charges, on voit l'ampleur de ces charges.

    Mais il n'y pas le début d'une preuve.

    Mais il suffit de nous lire.

    Vous savez, il a beaucoup cité Mediapart,

    mais ceux qui en parlent le plus, c'est ceux qui ne nous lisent pas.

    Et donc, lisez-nous et vous verrez tous les éléments.

    Il y a des documents, des recoupements, des traçabilités d'argent etc.

    Monsieur Sarkozy, ce qui est le plus ridicule dans ce qu'il dit,

    il me traite moi, moi d'ami de Kadhafi.

    Mais enfin, c'est le plus gros bobard de l'année.

    Ce n'est pas moi qui ai planté la tente de Monsieur Kadhafi

    dans les jardins de la république en Décembre 2007.

    Ce n'est pas moi qui, le 28 Mai 2007, appelle Monsieur Kadhafi,

    juste 12 jours après l'élection à la présidence de la république,

    pour lui dire : "quel magnifique souvenir je garde,

    moi Sarkozy, de ma visite auprès de lui. ",

    pour lui dire : "Ah Mouammar ! Vous méritez ce titre de guide. ".

    Je cite le compte rendu de cette conversation téléphonique officielle

    entre le dictateur libyen et le Président de la République française :

    "Le mieux est à venir. Je compte sur votre prière, Monsieur le guide.

    Je souhaite vous exprimer mes respects et mon amitié. "

    Ça aussi c'est dans le dossier des juges.

    Il dit aujourd'hui que ce sont des assassins,

    des gens qu'il ne pouvait pas fréquenter.

    Mais attendez, il n'a pas arrêté de les fréquenter pendant plusieurs années.

    Quand nous révélons le début de cette affaire en 2011,

    grâce aux documents Takieddine,

    nous tombons sur des documents, ce n'est pas ça que nous cherchions.

    Takieddine pour nous, c'était dans une autre affaire, l'affaire Karachi.

    On trouve ces archives,

    et là on voit des documents où cet intermédiaire organise de 2005 à 2007,

    les voyages de Monsieur Sarkozy,

    de Monsieur Hortefeux, de Monsieur Guéant, à Tripoli.

    Je rappelle que Monsieur Sarkozy,

    à l'époque il n'est pas le ministre des affaires étrangères.

    Il n'est pas ministre de la défense, il est ministre de l'intérieur,

    donc c'est les affaires intérieures françaises,

    et il est ministre ensuite du budget, donc c'est le budget de la France.

    Quant à Monsieur Hortefeux, il est ministre des collectivités locales.

    Qu'allaient-ils faire en Libye ?

    Eh ben ils allaient discuter du sujet qu'il fallait aborder discrètement,

    c'était mis dans les notes de Monsieur Takieddine d'argent.

    Et donc tout ça est là.

    Et il y a eu même des tête-à-tête.

    Tête-à-tête entre Monsieur Sarkozy et Monsieur Kadhafi

    et même mieux, entre Monsieur Hortefeux - et il ne le nie pas - et Abdallah Senoussi,

    qui était le chef des services secrets libyens,

    le même qui était condamné à la prison à perpétuité

    et recherché par la justice française dans l'attentat du DC10 d'UTA.

    Eh bien Monsieur Hortefeux, sans aucune gêne, sans escorte, sans témoin,

    venu de l'ambassade fait un tête-à-tête avec Monsieur Senoussi.

    Bizarre non ?

    Oui, ça veut dire aussi, dans la défense de Nicolas Sarkozy, peut-être,

    Brice Hortefeux ou Claude Guéant auraient pu agir sans l'assentiment de Nicolas Sarkozy.

    Comme il a été mis en difficulté pendant son audition,

    vous pouvez écouter toute sa contre attaque médiatique,

    elle ne pèse pas dans le dossier judiciaire.

    Ce qui pèse dans le dossier judiciaire, c'est son audition.

    Eh bien, pendant les six moments de son audition,

    on le voit progressivement être mis dans les cordes face aux questions des juges.

    Et là, on n'a plus l'esbroufe de Monsieur Sarkozy à un JT,

    on a un homme qui dit : "Je ne sais pas. ".

    A un homme : "ça ne me concernait pas. ".

    Le même homme qui disait : "Quand j'étais Président, je m'occupais de tout.

    Le Premier Ministre, les ministres, c'est mes collaborateurs. "

    Il dit : "Ah ! Ce qu'a fait Monsieur Guéant, je ne sais pas.

    Ah ce qu'a fait Monsieur Hortefeux, quand même, je ne sais pas. ".

    C'est-à-dire tout d'un coup, il se défausse sur eux.

    Alors il essaye de rectifier par une petite phrase gentillette.

    Je rappelle juste que dans une interview au JDD,

    je rappelle juste que Monsieur Guéant est déjà mis en examen.

    Et il est mis en examen avec des preuves du fait qu'il a acheté en 2008,

    un appartement avec notamment cash 500000 euros

    qui provenaient de cet argent libyen.

    Et puis il y a l'affaire du coffre fort pendant la campagne présidentielle de 2007.

    Une salle forte où un homme debout pouvait tenir, loué par Monsieur Guéant.

    Et Monsieur Guéant explique c'était soi-disant

    pour garder les discours de Monsieur Sarkozy.

    Monsieur Sarkozy dit qu'il n'était pas au courant,

    Monsieur Guéant n'a pas arrêté d'aller dans cette salle forte,

    et le soupçon des policiers, c'est que dans cette salle forte, il y avait quoi ?

    Du liquide ! Du liquide.

    Et il est prouvé que du liquide a circulé pendant cette campagne électorale de 2007.

    Ce que vous dites, et vous le dites aussi dans ce livre "La valeur de l'information"

    publié chez Don Quichotte Edwy Plenel,

    vous dites : "C'est l'affaire la plus grave au fond, de la Ve république. "

    C'est l'affaire des affaires.

    Pas seulement de la Ve république.

    Peut-être de toute notre histoire républicaine.

    Edwy Plenel donc, patron de Mediapart,

    et fondateur donc de Mediapart qui fête ses 10 ans,

    et publie "La valeur de la formation" chez Don Quichotte.

    Merci beaucoup d'avoir été notre invité.

    Merci à vous.

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    00:08:15
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