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  • L'invité

    Bernard Werber

    Invité : Bernard Werber, écrivain français.

    Il est l'un des auteurs francophones les plus lus dans le monde et préside le concours des Plumes francophones, en partenariat avec TV5MONDE. Il réagit aux premières annonces d'Emmanuel Macron, dans son discours à l'occasion de la Journée internationale de la francophonie.

    Présentation : Patrick Simonin.

    Transcription

    Bonjour Bernard WERBER.

    Bonjour.

    Vous êtes l’un des auteurs francophones les plus lus au monde, évidemment on se souvient de "Les Fourmis", mais de tant d’autres aussi. Vous êtes le président du jury des Plumes Francophones en partenariat avec TV5 Monde, on va en parler dans quelques instants, il s’agit d’aider les jeunes auteurs à être publiés, des auteurs qui viennent du monde entier. Mais d’abord, on le voit c’est la Journée internationale de la Francophonie, ce 20 (...)

    Bonjour Bernard WERBER.

    Bonjour.

    Vous êtes l’un des auteurs francophones les plus lus au monde, évidemment on se souvient de "Les Fourmis", mais de tant d’autres aussi. Vous êtes le président du jury des Plumes Francophones en partenariat avec TV5 Monde, on va en parler dans quelques instants, il s’agit d’aider les jeunes auteurs à être publiés, des auteurs qui viennent du monde entier. Mais d’abord, on le voit c’est la Journée internationale de la Francophonie, ce 20 mars,, aujourd’hui, le président Emmanuel MACRON a prononcé, à l’Académie française, un grand discours fondateur sur son importance, l’importance que doit avoir la langue française et le multilinguisme dans le monde, vous diriez Bernard WERBER que c’est une ambition nouvelle ?

    Non, je crois que c’est une ambition ancienne, mais c’est une ambition honorable. Plus il y aura de gens qui parleront français dans le monde, plus notre langue va rayonner et plus notre culture va rayonner. Quelque part ma vraie patrie c’est la langue française avant d’être la France, parce que c’est une manière de penser et c’est vrai que cette musique-là, particulière de la langue française, est une… Transporte des valeurs, transporte une harmonie spécifique qui fait toute notre histoire et toute notre valeur, je pense, internationale.

    Le président Emmanuel MACRON, qui a annoncé un certain nombre de propositions, même de décisions qui vont être mises en œuvre pour la francophonie, notamment à destination de l’Afrique, dit : "Au fond, être francophone, c’est faire partie d’une patrie, c’est faire partie d’une communauté".

    Tout à fait. Je trouve en plus que la langue française, enfin au fur et à mesure qu’on voyage, a une musique vraiment très, très belle. Il y a des pays, ça va paraître bizarre, mais on entend là, c’est plus guttural, c’est plus dur, il y a des langues qui sont déjà faites pour les conflits, il y a des langues qui sont plutôt faites déjà pour une certaine harmonie. Et je trouve que la langue française est vraiment très très belle.

    Dans l’absolu, comme on écouterait juste un son, en essayant d’oublier que c’est ma langue natale, je trouve qu’il y a quelque chose de très beau dans cette langue.

    Oui. Emmanuel MACRON dit aussi : "Au fond, défendre la langue française, ça n’est pas être contre le multilinguisme, les autres langues". Vous qui êtes traduit dans le monde entier, évidemment vous êtes d’accord ?

    Chaque langue transporte des forces et des faiblesses, je crois en effet que c'est… L’idéal serait peut-être qu’on parle tous la même langue, maintenant, il faudrait que cette langue soit belle et transporte des valeurs honorables et ça pourrait être le français. Un monde où tout le monde parlerait français, ça serait vraiment très, très bien.

    Oui, oui. Alors là, il y a une proposition de dictionnaire de la francophonie. Ça, c’est bien ça, vous allez pouvoir regarder le dictionnaire, Bernard WERBER, pour vos prochains livres ?

    Oui. Oui, non, moi, j’aime bien tout ce qui se fait autour de… En tout cas du vocabulaire. On ne s’imagine pas la chance qu’on a de vivre, de nos jours, avec une telle richesse de langage. Il faudrait imaginer les hommes des périodes plus anciennes qui manquent de vocabulaire, ou qui manquent de moyens d’exprimer leurs émotions. Plus il y a de vocabulaire, plus il y a de possibilités de mettre des nuances dans ses phrases, plus en fait notre cerveau devient intelligent. Donc je crois que la langue forge le cerveau et donne un certain état d’esprit. Et une belle langue permet de faire des œuvres d’art qui sont uniques à cette langue.

    Oui. Bien sûr on reviendra tout au long de la journée sur le discours du président Emmanuel MACRON, mais vous êtes vous, Bernard WERBER, le président du jury des Plumes Francophones. C’est un concours avec Amazon, Ouest-France, un jury auquel participe Estelle MARTIN, notre consœur de TV5 Monde, pour finalement aider des jeunes auteurs qui écrivent des manuscrits à être finalement lu par tout le monde.

    Oui. Moi, j’ai mis longtemps à trouver un éditeur, j’ai mis 12 ans à écrire mon manuscrit et 6 ans à trouver un éditeur, donc je me dis ça serait bien que l’on puisse ouvrir un peu plus les portes de la citadelle, que ce soit plus facile d’accéder à la publication, ou en tout cas au contact avec les lecteurs par exemple grâce à Internet, vous citiez aussi donc ces distributeurs : Amazon, Ouest-France, tout ça, qui permettent de faire découvrir l’œuvre. Je crois qu’on a intérêt à aller vers l’originalité, et actuellement on a des crispations du fait de la situation économique, les boîtes d’édition ont tendance à faire des copies des livres qui ont déjà marché, et du coup à répéter des systèmes anciens plutôt que de s’ouvrir à une forme de modernité, d’originalité. Or, Internet est l’ouverture au grand public, et l’ouverture aussi à tous ces auteurs francophones des autres pays en dehors de la France va permettre d’apporter un sang neuf. C’est comme si on ouvrait les fenêtres pour faire rentrer un peu d’air pur.

    C’est incroyable.

    Et c’est pour ça que j’encourage ce projet, c’est parce que j’espère que grâce à ce prix, grâce aux Plumes de la Francophonie, on va pouvoir découvrir des auteurs qui, sans ça, peut-être resteraient dans l’anonymat.

    Oui. Ce qui est incroyable c’est l’inventivité. L’année dernière, c’était 1 500 titres qu’il a fallu départager, un tiers venait hors de France, donc de cette fameuse francophonie dans le monde. Alors on va dire que c’est à partir du 1 mai jusqu’au 31 août. On peut donc, j’allais dire publier, écrire son manuscrit sur Internet pour qu’il puisse être consulté par tout le monde.

    Oui, c’est un système ouvert et je crois qu’il y aura de plus en plus d’outils pour permettre la créativité. Avant, la création était une sorte de privilège à un petit groupe de personnes, souvent dans les grandes capitales, maintenant, grâce aux nouveaux outils comme justement Internet et les nouvelles technologies, j’espère que tout va s’ouvrir à la planète et qu’il suffira d’avoir de bonnes idées ou un bon concept de roman, pour pouvoir accéder ou plaire au grand public.

    Oui. Donc on peut commencer déjà à écrire évidemment, du 1 mai, je le répète, jusqu’au 31 août 2018, et les 2 lauréats, donc Prix du public et Plume des lecteurs, seront décidés au mois d’octobre. Ça va être difficile de choisir parmi des centaines et des centaines de récits.

    Alors, moi, je privilégie les démarrages rapides. C’est-à-dire que j’attends d’un roman que ce ne soit pas une promesse d’un peu plus loin où vous allez découvrir l’intrigue, je considère que dès les 7 premières pages il faut que ça décolle, et je crois qu’il y a une nouvelle littérature qui est en train d’apparaître, qui est une littérature où on fonce tout de suite dans le cœur du problème, et après on développe, et pour ma part, en tout cas, je sélectionnerai les livres à démarrage rapide, et où ça s’enchaîne de manière souple et agréable. Il y a une littérature, maintenant, qui doit apparaître, qui sera différente de celle du nouveau roman des années 60, dans lequel il n’y aura plus besoin de grande scène d’exposition, dans lequel il n’y aura plus besoin de descriptif compliqué, mais où du fait que les gens sont habitués par le cinéma et par la télévision à avoir un rythme plus rapide, il faut que la littérature offre aussi un rythme plus rapide.

    Oui, alors là vous avez entendu les conseils de Bernard WERBER, président du jury, voilà pour écrire.

    Démarrez vite. Ne tournez pas autour du pot, et ne considérez pas que le lecteur n'a que ça à faire, de tourner les 50 pages avant de savoir de quoi ça parle.

    Voilà. Donc pour pour gagner, ensuite, et puis évidemment bénéficier d’une campagne marketing comme on dit en bon français, d’une campagne de promotion, et puis bénéficier donc du soutien d’Amazon, de tous nos partenaires, de TV5 Monde avec des auteurs. Comme l’année dernière c’était le cas de Nabil BENALI, qui avait donc gagné le prix, et puis de Luca TAHTIEAZYM, qui avait gagné le prix. Ça vous plaît finalement de voir qu’il y a de jeunes auteurs qui émergent comme ça Bernard WERBER ?

    Oui. Non seulement ça me plaît, mais je crois qu’il est nécessaire que la profession ne reste pas engoncée dans des vieilles barbiches parisiennes, et je crois que, oui, il faut s’ouvrir aux jeunes, il faut s’ouvrir à l’étranger, et il faut aussi penser que pour toucher le jeune lectorat, il faut aussi des jeunes créateurs, et vu que le monde des autres formes d’art, notamment le cinéma, le monde de la musique, est un monde où il y a ce sang neuf, il faut que la littérature n’échappe pas à cette règle et qu’elle soit inondée par cette énergie étrangère et jeune.

    Eh bien, on vous souhaite à tous les gagnants le même parcours que Bernard WERBER, aujourd’hui, qui était notre invité pour cette Journée internationale de la Francophonie. Joyeux 20 mars à tous sur TV5 Monde, la chaîne de la francophonie. Merci Bernard WERBER.

    Merci à vous.

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