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  • L'invité

    Guy Delisle, Christian Lutz, Marie-Pierre Gracedieu

    Invités : Guy Delisle, Christian Lutz, Marie-Pierre Gracedieu

    À l'occasion du FIFDH, Patrick Simonin reçoit le bédéiste suisse Guy Delisle, artiste mis à l'honneur par le festival, ainsi que le photographe suisse Christian Lutz et l'éditrice française Marie-Pierre Gracedieu.

    Présentation : Patrick Simonin. Depuis Genève (Suisse)

    Transcription

    Un regard à la fois tendre et drôle sur le monde Guy DELISLE, c'est l'artiste d'honneur de ce festival des droits humains et forum des droits humains ici à Genève, Guy DELISLE heureux finalement de voir par exemple quelques-uns de ses œuvres exposées, là, on les a sous les yeux. Oui, ça fait plaisir, c'est très bien exposé et puis les voir en grand format, c'est toujours joli avec quelques illustrations, surtout que ça accompagne un travail qu'on a fait avec des étudiants, donc là, ça fait encor (...)

    Un regard à la fois tendre et drôle sur le monde Guy DELISLE, c'est l'artiste d'honneur de ce festival des droits humains et forum des droits humains ici à Genève, Guy DELISLE heureux finalement de voir par exemple quelques-uns de ses œuvres exposées, là, on les a sous les yeux. Oui, ça fait plaisir, c'est très bien exposé et puis les voir en grand format, c'est toujours joli avec quelques illustrations, surtout que ça accompagne un travail qu'on a fait avec des étudiants, donc là, ça fait encore plus plaisir.

    On va en parler, mais là pour revenir une seconde, on voit : "S'enfuir, le récit d'un otage", "Le Guide du Mauvais Père", "Chroniques birmanes", "Pyongyang", Guy c'est de la BD reportage, c'est quoi ?

    En partie, oui. Ceux qui font le voyage. Moi, je ne vais pas dans un pays pour faire une bande dessinée, sauf que j'y étais, j'ai pris des notes, en revenant j'ai dit : "Tiens, il y a des choses assez cocasses" et c'est devenu des livres.

    C'est une façon de témoigner comme un journaliste en fait.

    Ah oui et c'est assez fort, la bande dessinée apporte quelque chose d'assez concentré, d'assez pédagogique et il y a beaucoup d'outils de narration qu'on peut utiliser pour arriver soit avec un dessin quand on a besoin ou soit avec un texte quand c'est plus explicatif, de passer d'un à l'autre et du coup c'est assez riche.

    Et ça veut dire qu'il faut voyager avec un carnet avec soi pour aller à Pyongyang, pour aller en Birmanie, pour aller ailleurs ?

    Oui, après on peut le faire au coin de la rue chez soi. C’est surtout une méthode de travail, d'observation, puis de regarder les choses avec peut être un point de vue spécial. Après, évidement, quand on est dans un contexte qui est très exotique, on a plus de… On a de nouvelles informations donc on a envie de dessiner et puis de le raconter, c'est ce que j'ai fait.

    Oui, eh bien alors, on va justement parler de ces 16 jeunes-là, comme ça, avec cet atelier incroyable ici, on va passer de l'autre côté pour montrer un petit peu leur travail ; donc c'est l’École Supérieure de la Bande dessinée et de l'Image de Meyrin, un atelier avec ces jeunes qui apprennent avec vous.

    Voilà, c'est une double invitation donc si on avait un reportage à faire avec l'ESBDI et eux, c'était à Meyrin qu'ils voulaient que ça se passe, donc on est allé explorer cette petite ville qui est en banlieue de Genève. On nous l'a présenté, on l'a visité et avec les étudiants dans la première semaine. J'ai fait une semaine en janvier, une semaine en février, on a trouvé d'abord un sujet, on l'a creusé, on a travaillé avec ça ; et dans la deuxième semaine, voilà, là, c'était travailler sur la narration, de le dessiner et moi, j'intervenais là où je paraisse… Où ça me paraissait le plus intéressant pour eux.

    On voit derrière nous comme ça des panneaux qui racontent un petit peu leur parcours, leurs premiers dessins, qu'est-ce-qui les passionne ? Qu’est-ce qui les intéresse ces jeunes sur le monde d'aujourd'hui qu'ils interpellent à leur façon ?

    C'est ce qui est intéressant avec le reportage, c'est que ça prend vraiment toutes les tendances possibles, en fait, il y a les sensibilités qui sont là, on le voit c'est dessiné de façon… C'est presque une évocation, c'est très doux, c'est tendre et ça parle de… Voilà, de quelque chose d'assez difficile. Là, on est dans près… Quasiment dans une collection de dessins, de plantes parce qu'il y a un jardin alpin qui est là-bas. Après, il y a beaucoup d'humour évidemment; ce sont des jeunes, donc, quand ils se saisissent d'un sujet qui est rigolo, ça leur plaît aussi. Donc, moi, je les ai laissés aller dans le sens qu'ils voulaient et après, voilà, j'intervenais quand c'était au niveau de la fluidité, de la narration et de bien retravailler les choses.

    Finalement, apprendre à exprimer ses interrogations sur le monde à travers le dessin, à travers la narration par la bande dessinée.

    Oui, c'est ça, c'est assez riche donc on peut être que en évocation avec un dessin ou un autre, avoir quelque chose d'un petit peu plus narratif, il faut être (que) vraiment avec du texte et c'est ça toute la richesse de la bande dessinée.

    Oui, ici on est donc dans un forum sur les droits humains, on s'interroge sur les droits humains à travers la bande dessinée.

    Oui, il y a eu ça aussi parce qu'il y avait des immigrés, il y a une association qui s'occupe des immigrés de femmes pour les aider à s'intégrer à Meyrin, c'est une association donc il y a un travail qui a été fait là-dessus, donc ça c'était merveilleux. Elle les a rencontrés, elle a parlé avec eux donc avec des portraits de femmes très touchants. Il y en a un après qui est allé voir ce qui se passait avec des immigrés qui sont fraîchement arrivés et qui faisaient de la sculpture, qui étaient juste à côté nous donc là on était vraiment dans les droits de l'humain.

    Oui, on peut dire que la relève est assurée là, vraiment.

    J'espère. Oui, les résultats, moi, je les ai vus juste avant, avant que ça soit finalisé. Donc j'ai vu les crayonner et tout, je suis agréablement surpris, le résultat est très joli.

    Eh bien voilà, une génération nouvelle d'auteurs de bandes dessinées comme ça en Suisse ici à Genève, qui sont heureux de montrer leur travail à l'occasion de ce festival du film et Forum International des Droits Humains, on leur dit bonne chance, qu'est-ce qu'on peut leur dire ?

    Bonne chance, ils ont… Voilà c'est plus que… Plus besoin chance, maintenant, ils n'ont qu'à travailler et c'est bon, ça va aller tout seul.

    Merci beaucoup on était ravi d'être ensemble.

    Merci.

    Membres du jury donc du documentaire de création Marie-Pierre GRACEDIEU éditrice et puis Christian LUTZ photographe qui viennent nous rejoindre donc ici pour ce 16e festival du film et Forum International des Droits Humains. Merci à tous les deux, c'est important d'être là pour une éditrice par exemple.

    Je n'imaginais pas et il y a encore 2 ans qu'une telle manifestation pouvait se tenir effectivement avec autant d'artistes, cinéastes du monde entier. L'importance de la question qui est traitée, droits humains et la réponse que l'art peut apporter sans perdre finalement son âme, sa créativité.

    C'est-à-dire que ça reste de l'art.

    Tout à fait.

    Tout en étant finalement un art qui milite aussi pour un changement.

    Je pense profondément, en tant qu'éditrice, pour moi, les romans que je publie, je ne sais pas s'ils peuvent changer le monde, mais en tout cas j'ai la prétention de croire que lire nous transforme individuellement.

    Christian LUTZ, ça peut changer le monde, la photo ? Vous, vous avez bousculé parfois les consciences avec vos photos.

    Oui, je ne suis pas… Je ne me fais beaucoup d'illusions en la matière, par contre c'est très important même avant d'être photographe, en tant que citoyen de voir ce que font des collègues, de voir ce que font des d'autres citoyens et ça nous aide juste à poursuivre. C'est une dynamique collective, après, non; si la… Je ne pense pas que l'image change le contour de la planète et de son état. Mais, il faut absolument continuer à en produire, il faut y croire.

    Oui, mais quand… En ce moment, par exemple, je crois que vous sillonnez l'Europe, la Suisse, vous avez rencontré les réfugiés, vous photographiez la montée des extrêmes.

    D'une manière très subjective, oui. Vous parliez d'art tout à l'heure, vous vous posiez la question si l'art pouvait avoir quelque chose de revendicatif ou bien de modifications, encore une fois, du contour des choses. Oui, je pense énormément que la poésie a une force révolutionnaire donc moi, je m'attelle, j'essaie, par des métaphores, par une forme de poésie d'entrer dans les consciences et de créer un peu d'espace, parce qu'on est, on est plus en plus étriqué dans l'espace cérébral, je trouve.

    Oui et puis il y a une forme de liberté, franchir parfois les murs, vous avez édité Omar Robert HAMILTON, ce livre incroyable, "La ville gagne toujours" en coproduction avec le FIFDH, c'est aussi une manière d'exprimer cette liberté.

    Oui, c'est un premier roman écrit par un jeune homme qui n'a pas eu peur de quitter l'Amérique où il vivait alors qu'il avait des origines égyptiennes, quand en 2011 effectivement, il a compris ce qui était en train de se passer au Caire sur la place Tahrir et il y est toujours, voilà, en dépit de l'issue de toute cette histoire ; et il a transformé tout ça en un magnifique roman très subtil et c'est vrai que j'étais touchée quand… En parlant à Isabelle GATTIKER du FIFDH, elle m'a tout de suite dit : "Mais oui, Omar HAMILTON, c'est lui qui avait créé le collectif Mosireen ; qui entendait justement à la fois raconter ce qui se passait là-bas, mais aussi agir sur les événements", voilà.

    Oui, merci beaucoup à tous les deux, Marie-Pierre GRACEDIEU, éditrice chez Gallimard et puis Christian LUTZ, donc, membres du jury du documentaire de Création pour juger les films cette année au FIFDH en partenariat avec TV5 Monde, merci à tous les deux.

    Merci.

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