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  • L'invité

    Aïssa Maïga

    Invitée : Aïssa Maïga, comédienne française

    Aïssa Maïga est la présidente du jury compétition fiction du FIFDH 2018, en partenariat avec TV5MONDE. Une présence logique pour une comédienne engagée qui a toujours privilégié dans ses films la conscience humaine et le goût du partage.

    Présentation : Patrick Simonin. Depuis Genève (Suisse)

    Transcription

    Bonjour Aïssa MAÏGA.

    Bonjour.

    Quel bonheur de vous retrouver ici, présidente du Jury Fiction dans ce Festival des Droits Humains du film, et le Forum aussi pour les Droits Humains. C’est un engagement personnel quelque part ?

    Eh bien, c’est une évidence en fait. C’est-à-dire que je ne me réveille pas chaque matin en me disant que j’œuvre pour les droits de l’homme, mais quand j’ai choisi de faire ce métier, je l’ai fait aussi parce que j’avais des valeur (...)

    Bonjour Aïssa MAÏGA.

    Bonjour.

    Quel bonheur de vous retrouver ici, présidente du Jury Fiction dans ce Festival des Droits Humains du film, et le Forum aussi pour les Droits Humains. C’est un engagement personnel quelque part ?

    Eh bien, c’est une évidence en fait. C’est-à-dire que je ne me réveille pas chaque matin en me disant que j’œuvre pour les droits de l’homme, mais quand j’ai choisi de faire ce métier, je l’ai fait aussi parce que j’avais des valeurs à défendre. Et quand je choisis un film, quand je choisis d’incarner un personnage, instinctivement je m’intéresse à ce que défend le film.

    Oui, on peut défendre des idées. Tiens, je pense à "Il a déjà des yeux", par exemple, qui était une comédie populaire ? Lucien JEAN-BAPTISTE et vous, comme ça, qui adoptez un petit enfant, qui finalement…

    Oui, un couple noir qui adopte un bébé blanc.

    Ça veut dire beaucoup de choses un film comme ça.

    Eh bien, c’est vrai que le film, au-delà du fait que c’est une comédie et que ça fait rire, moi, j’aime beaucoup les comédies en tant que spectatrice, au-delà de ça, il raconte ce que c’est que vivre ensemble au-delà des différences, ce que c’est que l’inclusion, le fait d’accepter l’autre dans sa différence. Et c’est vrai que dans le Festival du Film des Droits de l’Homme on va avoir, alors je découvre, on vient d’arriver, mais ce qui m’a été dit c’est qu’on va avoir toutes sortes de films. Aussi bien des films engagés comme on l’entend généralement, mais aussi bien des films de genre.

    Oui.

    Voilà, c’est un festival de la diversité aussi le Festival du Film des Droits Humains.

    Eh bien, tiens, moi, j’ai envie de revoir un petit bout de la bande-annonce de "Il a déjà tes yeux" rien que pour vous revoir Aïssa.

    C’est gentil.

    ► "Il a déjà tes yeux" (2017)

    "Il a déjà tes yeux", c’était tellement chou comme on dirait ?

    Oui, comme on dit à Genève.

    Comme on dit là, parce qu’ici on est dans un festival où tout le monde a sa place, où tous les cinémas du monde ont leur place pour parler des femmes, pour parler de l’oppression, pour parler du droit à la différence, la dignité.

    Alors, moi, c’est ce qui m’a plu aussi quand on m’a proposé de présider ce jury, c’est l’idée d’abord d’avoir une cinématographie mondiale, d’avoir des films qui viennent de tous les horizons, de tous les continents, d’avoir des films très divers en termes de genre, des films d’hommes, des films de femmes, des films qui abordent des thématiques aussi diverses que les droits de l’enfant, les droits des femmes évidemment, que la dignité humaine, le droit à l’éducation, le droit… Et en fait c’est une sorte de melting-pot d’idées humanistes qu’on va retrouver dans divers films, et parfois, il y a certains films, d’après ce que j’ai compris, qui seront aussi porteurs de différentes thématiques comme ça.

    Ça veut dire au fond, on se dit : "Bon, on ne peut pas se taire". C’est ça la démarche artistique. On est face à une injustice, quelque chose, on a envie… Et on sait… Et finalement, on espère que ça peut changer quelque chose.

    Alors, il y a plein de façons de faire des films. Je pense qu’il y a des cinéastes qui ne sont pas spécialement touchés par ces questions-là, et il y en a d’autres pour lesquels c’est un moteur. Le fait de pouvoir révéler, par exemple je prends l’exemple du film "Timbuktu" d’Abderrahmane SISSAKO, qui est un réalisateur que j’adore, le film "Timbuktu" parle de la liberté de penser, la liberté de religion, et c’est vrai que le cinéma permet ça. L’art, en général, permet d’aborder des questions de société, des questions philosophiques à travers le divertissement et à travers le traitement de l’image et des mots.

    Oui, et puis finalement on se retrouve dans une salle, on est touché, on est touché par une histoire, on est touché par des personnages. Et puis finalement, au fond, on se retrouve tous pareils, on est touché par les mêmes choses et au fond c’est ça aussi ce cinéma-là, ce cinéma engagé.

    C’est vrai qu’il y a des films qui permettent des prises de conscience, qui permettent tout simplement de regarder l’autre différemment. Un film, par exemple, qui traite de l’histoire d’un ou d’une réfugiée et qui arrive à faire en sorte qu’on soit dans une empathie totale, qu’on arrive à penser qu’on est l’autre, dans cette salle de cinéma on oublie qu’on est là et on est totalement embarqué dans l’histoire. Ça peut permettre, c’est un des éléments qui peut permettre une prise de conscience sociétale.

    Oui, ça veut dire que là, on est dans le domaine artistique. Il n’y a aucune dimension commerciale. On se dit, là, ce film, je vais le faire. Voilà c’est…

    Alors ce n’est pas antinomique.

    Il peut y avoir des films grand public qui abordent ces thèmes-là, des films de divertissement qui abordent ces thèmes-là. Je cherche dans ma mémoire un film, par exemple "Music Box" avec Sigourney WEAVER qui est cette avocate humaniste qui va défendre son père qui est accusé de choses horribles, et elle va découvrir que c’est un ancien nazi. Donc… Et pourtant le film, c’est vraiment un film de divertissement, qu’on peut regarder, quel que soit le lien qu’on a ou pas à cette histoire-là. Et donc pour moi, il n’y a pas forcément de contradiction entre…

    Eh bien, je pensais tien à "Rabbi Jacob" par exemple ça aussi.

    Oui, alors moi, j’aurais plus dit : "Va, vis et deviens" ou alors, comment ça s’appelle, ah, j’ai oublié. Euh… "Train de vie".

    "Train de vie", oui.

    "Train de vie", c’est un film que j’avais beaucoup aimé, sur des déportés juifs pendant la guerre qui sont dans un train qu’ils vont détourner en se faisant passer qui pour des déportés, qui pour des nazis, et bon… Évidemment, je ne peux pas raconter la fin du film, mais c’est un film très, très beau qui avait été un petit peu, comment dire, balayé par l’arrivée de "La vie est belle" de Roberto BENIGNI.

    Bien sûr, bien sûr.

    Mais voilà, enfin, ces 2 films-là d’ailleurs sont tous les deux des films porteurs de messages humanistes très puissants, très positifs.

    Mais au fond, tout ça, c’est du cinéma. Ça nous emporte. Non, mais c’est tellement… Aussi d’apporter le bonheur, le sourire, de dire aussi… C’est ça aussi, on peut peut-être aussi changer les choses en s’ouvrant, en ouvrant son cœur, à travers le cinéma aussi ?

    Alors je ne sais pas parce que le cinéma n’est pas une baguette magique qui transforme, voilà, la face de cette planète, mais il y a parfois des échos très forts. Lorsqu’arrive un film, par exemple "Black Panther".

    Oui.

    Là le phénomène de société, c’est à l’échelle mondiale, je pense que c’est très important. Au-delà du fait que c’est un Marvel, que c’est un film de divertissement, etc. Ce que ça met dans la tête des gens sur le continent africain, sur l’image des Africains, sur la possibilité de développement dans une très grande harmonie des pays africains, c’est très important. Ce genre de message, oui, quand ça trouve un écho très puissant comme ça, moi, je suis, oui, je suis pour. Mais il y a des films aussi intimistes, oui, il y a des films que quasiment personne n’a vus, que j’ai pu voir qui ont compté, avec lesquels je continue de vivre, qui me parlent encore longtemps après que je les ai vus au cinéma.

    Qu’est ce que ça donne envie d’aller voir des films.

    C’est vrai ?

    Merci Aïssa.

    Merci à vous.

    Vous nous avez donné envie d’y aller.

    Merci.

    On est ici à Genève, il y a plein plein de films.

    Oui.

    Ça parle du monde d’aujourd’hui, du monde tel qu’il est, qui ne marche pas toujours très bien, mais finalement, ça donne des espoirs.

    Et puis ça parle aussi des justes.

    Oui, c’est vrai.

    Des gens bien, qui prennent position, qui s’engagent. Dans le film qu’on vient de voir… Je n’ai pas le droit d’en parler parce que je suis membre du Jury, pardon.

    Présidente du Jury, vous n’avez pas le droit Aïssa de dire.

    Voilà.

    Moi, j’ai le droit de dire.

    Je n’ai rien dit.

    C’était un film formidable, un film suisse qui s’appelle "Fortuna", d’ailleurs on va en reparler dans une prochaine émission.

    Moi, je ne dis rien.

    Vous n’avez rien dit.

    J’allais juste parler d’un personnage, mais je n’ai pas le droit. Je ne dis rien.

    Merci Aïssa MAÏGA.

    Merci beaucoup.

    Ici au Festival du Film sur les Droits Humains à Genève avec TV5 Monde. Merci Aïssa.

    Merci.

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    00:08:03
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