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  • L'invité

    Patrick Sébastien

    Invité : Patrick Sébastien, animateur et humoriste français.

    Patrick Sébastien vient de sortir "Le bonheur n'est pas interdit", un livre où il consigne ses souvenirs de saltimbanque et sa philosophie de vie.

    Présentation : Patrick Simonin.

    Transcription

    C’est le sourire, c’est l’amitié, Patrick SÉBASTIEN, c’est la télévision, c’est celle qu’on aime. C’est celle qui est populaire, qui parle au cœur.

    Celle que certains…

    Oui, que beaucoup aiment. Je (inaudible) entendre ce générique des années de bonheur, parce que s’il y a un titre, vraiment, qui vous représente, Patrick SÉBASTIEN, c’est bien le mot "bonheur".

    Les années bonheur.

    C’est vrai ?

    Eh bien, oui, mais le bonheur de fa (...)

    C’est le sourire, c’est l’amitié, Patrick SÉBASTIEN, c’est la télévision, c’est celle qu’on aime. C’est celle qui est populaire, qui parle au cœur.

    Celle que certains…

    Oui, que beaucoup aiment. Je (inaudible) entendre ce générique des années de bonheur, parce que s’il y a un titre, vraiment, qui vous représente, Patrick SÉBASTIEN, c’est bien le mot "bonheur".

    Les années bonheur.

    C’est vrai ?

    Eh bien, oui, mais le bonheur de faire l’artiste surtout, et ça, les années bonheur, c’est un vrai plaisir, enfin c’est un vrai bonheur, parce que le plaisir n’a rien à voir avec le bonheur.

    Ce qui est incroyable, car on vous voit tellement heureux. Qu’est-ce que vous ressentez Patrick ? Cette adrénaline comme ça.

    Je ressens le bonheur d’avoir accompli mes rêves. C’est-à-dire d’avoir un orchestre derrière moi, d’avoir des danseuses, de mélanger toutes les générations, toutes les couleurs, toutes les musiques, voilà, de partager, c’est un partage.

    Là-dessus on a l’impression que c’est un rêve d’enfant que vous réalisez.

    Bien sûr que c’est un rêve d’enfant, c’est la base d’ailleurs du nouveau spectacle que je vais faire à partir de septembre prochain, je vais le roder au printemps. Je vais continuer à faire mes galas avec mes 10 musiciens, la fête, les sardines, tout ça, avec des mômes qui sautent partout, parce qu’on a le bonheur d’avoir des salles et des places pleines de mômes qui sautent partout et en parallèle, je vais commencer un spectacle intime dans les théâtres avec 3 musiciens, avec un petit bonhomme justement assis sur un banc, on m’a fait une réplique de moi en petit, et ça va s’appeler "avant que j’oublie tout ce que je n’ai jamais pu dire la télé". Donc, ça sera plus intime et je pense que ceux qui ont mis le nez dans un de mes bouquins, justement, ça sera un prolongement de ça, les gens ne viendront pas entendre des flonflons, ils viendront écouter des mots.

    Oui, des années de bonheur et "Le Bonheur n’est pas interdit", c’est le livre qui va vous faire du bien, publié chez XO, qui sort, dans lequel vous dites très franchement, Patrick, vous dites : "finalement, je suis un homme-enfant qui n’a jamais lâché la main du gamin que j’étais".

    Oui, mais ça, c’est une garantie de bonheur, mais ce n’est pas la garantie absolue. J’ai écrit le bouquin, parce qu’avec Bernard, mon éditeur, on mangeait et puis on s’est dit : "il y a quand même un paquet de gens qui sont malheureux" et quand je dis "malheureux", ce n’est pas… on n’est pas… quand on est en société, quand on est à table, on peut dire tout ce qu’on veut. Le con, tu le fais dans ta glace le soir, tu peux frimer, tu peux faire tout ce que tu veux. Il y a un paquet de gens qui ont affaire à des coachs, qui ont affaire à des psychothérapeutes, qui ont affaire à des médecines parallèles pour s’en sortir, manque de confiance en soi, plein de choses, incommunicabilité et Bernard m’a dit : "toi, tu as réussi à traverser tout ça, à traverser les épreuves, c’est-à-dire des épreuves comme les deuils, les accidents, les maladies, le mépris, etc. , les humiliations, et aujourd’hui, tu ne prends rien", et c’est vrai qu’aujourd’hui, à 64 ans, je ne prends rien, mais rien du tout. Et je suis parfaitement équilibré de ce côté-là. J’ai réussi à préserver des parcelles de bonheur. Alors, le bouquin, ce n’est pas une leçon, c’est pour faire partager aux gens, en cas de deuil, en cas de maladie, les rapports avec l’argent, les rapports avec l’amour, les rapports… leur faire partager cette idée que j’ai du bonheur, qui est, d’abord, que c’est un travail et qu’on est pratiquement seul responsable de notre bonheur. J’explique, dès le départ, que c’est un pont entre 2 souffrances, le bonheur, toujours, et que selon le travail qu’on va faire, ça va être une passerelle, ça va être un viaduc, ça va être un pont plus large.

    Oui. À un moment, vous dites, Patrick : "ne te venge pas sur la vie. Et prends, prends ta revanche, bats-toi !"

    Voilà, ça, c’est le premier chapitre. Tu sais, on perd énormément de temps à avoir du ressentiment. Je dis : "fumer tue et fulminer tue beaucoup plus". On perd beaucoup de temps dans le ressentiment, la vengeance, elle est nuisible. C’est ma maman qui m’a expliqué, qui me disait : "tu vois, la vengeance…", tout petit, elle m’a dit ça, parce que comme j’étais bâtard, j’en prenais plein la gueule, j’ai dit : "oui, je vais me venger, je vais leur casser la tête", elle me disait : "Non, non. La vengeance, c’est faire du mal à celui qui t’a fait du mal et la revanche, c’est se servir du mal qu’on t’a fait pour te faire du bien". J’ai appliqué ça et c’est pour cela que je suis là aujourd’hui. Parce que j’ai appliqué cette idée de revanche qui est un bâton sur lequel on s’appuie, pas pour frapper, pour avancer.

    Oui, c’était aussi : "je suis allé chercher une petite-fille à Tahiti à l’autre bout du monde. Quand mon père, lui, n’a pas fait 500 mètres pour venir me voir. "

    Non, c’est pire que ça, c’est… j’ai… ma petite-fille, je suis allé la chercher à Tahiti, à 15 000 km de ma maison, et mon père n’est pas venu me chercher, lui, à 15 000 cm de sa maison, c’est 150 mètres. C’est une revanche, ce n’est pas une vengeance. Tu sais, dans la société dans laquelle on vit, on a 10 000 occasions, tous les jours, les gens qui nous écoutent, entre les jugements sur eux, les insultes, les humiliations, les patrons, dans tous les sens. Et ça nous bouffe quoi, ça nous bouffe, alors je parle de beaucoup de choses, je parle du présent aussi qui est très important, vivre le présent. Le passé est irréversible, le passé, tu peux te le prendre dans tous les sens, tu ne le changeras jamais et l’avenir, il est incertain. Là, ce qui est intéressant, c’est le moment qu’on vit là. Moi, je suis en face de toi, il fait chaud, on est dans un studio, il y a un livre devant toi, ce moment-là, ce n’est pas la peine que je me prenne la tête avec tout ce qui est passé et ce n’est pas la peine que je me prenne la tête avec tout ce qui va venir. Et souvent, je prends le temps dans la vie, il y a plein de moments comme ça que j’ai appris. J’ai appris à les prendre, je ne savais pas forcément le faire avant, à me dire : "Voilà, profite". Ce n’est même carpe diem qui a profité du jour, profiter vraiment du moment.

    C’est aussi boire 1,5 L de Whisky, puis un jour, jeter le verre par terre.

    Eh bien ça, alors ça, c’est aussi quelque chose qui apporte un peu de bonheur, c’est la victoire sur soi. Le pire ennemi qu’on a, c’est nous. Ma mère m’avait expliqué, dès le départ, qu’il ne faut pas être plusieurs dans sa peau. Si tu te fâches, si je me fâche avec toi, je peux mettre de la distance entre toi et moi, si je me fâche avec moi, je ne peux pas sortir de mon corps et ce qui fait le déséquilibre, ce qui fait qu’on est le plus grand consommateur d’anxiolytiques, ce qui fait qu’on a tous ces doutes, c’est que souvent dans notre corps, il y a celui qu’on est et celui pour qui on se prend, par exemple. Et ça, ça crée une bagarre, il faut être plus soi-même.

    Il y a des pages très personnelles, Patrick, dans ce livre.

    Oui, puis il y a surtout une définition. Il y a surtout ma définition du bonheur, elle vaut ce qu’elle vaut. Ce n’est pas une leçon, je ne dis pas que j’ai raison. Pour moi, c’est un millefeuille, c’est des strates superposées. J’en ai mis une quinzaine, mais il y en a sûrement plus, où il y a la confiance en soi, où il y a la sagesse, le sens de l’humour, la force, etc. Et plus on a de ces couches, et plus on renforce celles qui sont faibles, plus on a des chances d’être heureux et que ça dure, en sachant que les plaisirs et le bonheur sont deux choses différentes, une somme de plaisir ne fait pas ce qu’on appelle un bonheur, cette sensation de bien-être. Moi, pendant que je picolais, j’ai eu plein de plaisirs, j’ai eu le plaisir de boire, de faire l’amour, tout ça, mais dans le fond, je n’ai jamais été vraiment heureux.

    Parle de la disparition d’un d’enfant qui était le vôtre, Patrick où sur scène, le soir, Carlos vous dit : "Vas-y, donnes du bonheur encore, donne du bonheur aux gens".

    Non, ce n’est pas ça. C’est de la survie. Il y a plein de gens qui nous regardent, qui ont des deuils, qui ont des deuils des fois bien plus lourds que les miens. Tu sais, j’explique qu’il faut relativiser. Les gens te disent : "La perte d’un enfant, c’est une douleur extrême". Effectivement, c’est une douleur extrême, mais dans le livre, je dis : "Au-dessus du panaris, il y a la gangrène. Au-dessus de la jambe cassée, il y a le fauteuil roulant, et puis au-dessus d’un enfant qui meurt en moto, en se faisant plaisir, il y a des enfants qui meurent tous les jours assassinés de guerre, de froid, de…". Il y a toujours quelque chose de pire, voilà.

    Merci, Patrick, pour ce moment de sincérité. Ça s’appelle "Le Bonheur n’est pas interdit" et c’est un livre qui va vous faire du bien, chez XO.

    C’est sûr que ça va leur faire du bien.

    Merci beaucoup Patrick SÉBASTIEN.

    Merci, tu m’as fait du bien, c’est sympa de parler comme ça. Tu as essayé de me faire dire des choses que je ne voulais pas dire, mais tu ne m’as pas eu. Merci Patrick.

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