Ouvrir Menu
TV5MONDE+
Profitez de votre espace

Pas encore inscrit ?

Créez vos alertes selon vos préférences, partagez voc contenus favoris, et accédez à vos recommandations personnalisées

  • Ce programme n'est malheureusement pas disponible pour votre zone géographique.
    Découvrez d'autres programmes disponibles dans les recommandations ci-dessous.
  • L'invité

    Philippe Bouvard

    Invité : Philippe Bouvard, journaliste et animateur français.

    Figure historique de la radio et de la télévision française, Philippe Bouvard est aussi écrivain. Il vient de sortir "Mes dernières pensées sont pour vous".

    Présentation Patrick Simonin.

    Transcription

    Un figure incontournable.

    Bonjour Philippe BOUVARD.

    C'est un bonheur de vous retrouver avec un livre

    "Mes dernières pensées sont pour vous".

    Dites-moi, c'est quand même pas vos dernières pensée, Philippe.

    Oui, alors, c'est vrai.

    Non mais attendez,

    c'est vrai parce que c'est le 65e, et c'est vraiment l'ultime, et il est pour vous.

    Oui. C'est à dire que vous nous livrez, parfois en 2 phr (...)

    Un figure incontournable.

    Bonjour Philippe BOUVARD.

    C'est un bonheur de vous retrouver avec un livre

    "Mes dernières pensées sont pour vous".

    Dites-moi, c'est quand même pas vos dernières pensée, Philippe.

    Oui, alors, c'est vrai.

    Non mais attendez,

    c'est vrai parce que c'est le 65e, et c'est vraiment l'ultime, et il est pour vous.

    Oui. C'est à dire que vous nous livrez, parfois en 2 phrases,

    vos ultimes pensées sur tout, sur la vie.

    Oui, enfin sur la vie et sur la mort.

    Oui.

    Avec une réflexion à laquelle je tiens beaucoup,

    c'est qu'on en saurait davantage sur la mort

    s'il n'y avait pas que les vivants qui en parlent.

    Oui. Vous dites aussi "les bons vivants font en général de mauvais morts".

    Oui, tous les médecins légistes confirmeront.

    Oui. Mais ce qui est fascinant, c'est que vous jouez avec les mots, comme toujours.

    Vous l'avez toujours fait dans votre vie.

    Alors je joue toujours avec les mots, c’est vrai,

    mais il me faut beaucoup moins de mots pour jouer dans cette formule

    puisque pendant des années, journalisme oblige, j'ai délayé, j'ai tiré à la ligne.

    Et aujourd'hui, j'essaye de faire dans la concision.

    Si j'économise les mots, je ressens ça comme une petite performance.

    Simplement, quand on veut faire un livre,

    on s'aperçoit que quand on est concis,

    il y a beaucoup plus de travail que quand on délaye.

    C'est vrai. Vous dites "les mots sont des suppositoires à idées

    mais il y a des constipations intellectuelles rebelles".

    Oui. En principe, c'est à la fois un laxatif pour l'auteur,

    mais aussi pour le lecteur parce que c'est un échange.

    J'ai une petite expérience de la vie, je vais avoir 88 ans,

    c'est déjà un parcours beaucoup plus long que celui que j'avais envisagé au départ.

    Et depuis que je suis en état de réfléchir, j'ai pas réfléchi tout le temps

    parce que j'ai tellement écrit que j'en avais plus le temps,

    mais depuis que j'ai pris un peu de distance par rapport à notre monde,

    je me suis aperçu qu'on était à côté de la plaque sur un tas de choses,

    notamment sur l'amour, qu'est ce qu'on a pu dire comme bêtises sur l'amour,

    on aurait mieux fait de le faire davantage.

    Oui. Vous dites aujourd'hui

    "les hommes et les femmes se montent tellement dessus

    que ça fait penser aux pyramides".

    Oui. Je maintiens. Vous me prendrez peut-être en défaut de bon français,

    quoique je me sois attaché à respecter ma langue maternelle,

    mais vous ne me prendrez pas en défaut de déni.

    C'est à dire que je suis arrivé à un certain nombre d'idées ou d'absence d'idées,

    et c'est fini, je ne changerai plus, j'aurai plus le temps.

    Je maintiens tout ce qu'il y a dans le livre.

    Oui. Vous dites par exemple "vieillir est la seule façon de ne pas mourir jeune".

    Oui, alors là je maintiens, et je maintiens comme quelqu'un

    qui peut dire qu'aujourd'hui il a fait le plus gros,

    même si mon tour de taille laisse à désirer.

    Vous dites aussi

    "la parole a été donnée à l'homme pour qu'il puisse répondre à la femme".

    Oui, c'est vrai. Mais je dis aussi que parler pour ne rien dire,

    c'est un art que tout le monde ne possède pas.

    Oui.

    Et puis vous parlez de vous aussi.

    Vous dites, Philippe "très jeune, à l'instinct,

    j'ai choisi le seul métier où l'on ne peut paraître intelligent

    qu'en exploitant les bêtises d'autrui".

    Oui, alors ça c'est pas le côté le plus indulgent de notre métier,

    mais enfin, je maintiens que nous sommes beaucoup plus fiers,

    beaucoup plus comblés chaque fois qu'on a mis le doigt sur une bêtise

    que sur quelque chose d'intelligent.

    Alors j'ai relevé, je sais pas si vous l'avez vu dans ce petit bouquin,

    ce que je considère comme la bourde journalistique majeure.

    Elle est tombée de dizaines de reporters, de faits divers.

    C'est tout de suite après un crime,

    on lit "les assassins ne lui ont laissé aucune chance".

    Comme si un assassinat, ça consistait à dire à son infortunée cible :

    "eh ben coco, tu vas te tirer très vite,

    et si tu cours plus vite que notre balle t'auras la vie sauve".

    C'est quand même incroyable d'en être arrivé là.

    Mais dans votre métier, dans des multiples émissions,

    de Dix de der, de Bouvard en liberté et autres,

    vos interlocuteurs parfois, vous ne leur avez pas toujours laissé leur chance

    quand ils étaient, on va pas le dire, mais pas toujours très intelligents.

    C'était aussi une forme de d'irrévérence.

    Non mais je traque pas la bêtise systématiquement.

    Elle me réjouit de temps en temps.

    Et puis il faut bien le dire, elle diminue la concurrence.

    C'est vrai. Vous dites :

    "être gentil, ça peut s'improviser, tandis que l'agressivité se mitonne".

    Vous dites "n'est méchant que celui qui a le temps de se préparer à l'être".

    Oui, oui. C'est la différence entre 2 formes d'interview.

    La votre affirme un peu ce que j'ai dit

    parce qu'elle est à la fois gentille et très circonstanciée, donc…

    non mais attendez, j'ai fait ce métier

    parce que j'étais capable de n'en faire aucun autre.

    C'est une vocation par élimination.

    Mais je peux vous dire qu'à 88 ans,

    et dans la mesure où on me laisse encore travailler pas mal,

    j'ai le même enthousiasme quand je vais au bureau

    ou quand je prends mon stylo ou quand je dicte, qu'il y a 60 ans.

    Le même enthousiasme !

    Oui, c'est incroyable.

    Il faut dire que j'ai bénéficié de ce qui est sans doute aujourd'hui le plus grand luxe :

    c'est de dire ce que j'avais envie de dire, et parfois de ne dire que ça.

    Le fait d'être devenu, à l'usure, et dieu sait si je suis usé, un chroniqueur,

    fait que je ne donne plus que mon avis et lui seul,

    ce qui évite les mauvaises fréquentations.

    C'est vrai. C'est bien, il y a des journalistes qui vont sur les conflits,

    vous dites "moi j'ai parfois risqué ma vie, j'aurais pu manger un petit four avarié. "

    Oui, j'ai fait du grand reportage. J'ai fait tout : j'ai fait Le Tour de France,

    j'ai fait les soirées parisiennes, j'ai fait les spectacles.

    Mais aujourd'hui, on m'a accordé le droit de réfléchir sur l'actualité

    et de donner mon sentiment, et c'est quelque chose de très exaltant,

    mais en même temps, de terriblement…

    je sais pas s'il y a un adjectif pour ça, responsabilisant,

    parce qu'on n'a pas le droit de dire des contrevérités au lecteur.

    Surtout qu'aujourd'hui il a tellement de sources d'information et de recoupement,

    que si vous dites la moindre inexactitude, vous avez un courrier considérable.

    Enfin au moins avec les veuves d'officiers supérieurs,

    parce que les autres envoient des mails.

    "La mort est le châtiment suprême des hommes qui n'ont commis d'autre crime que de vivre".

    Ça ira de pair avec mon épitaphe que je vous livre en avant-première : "il y est passé comme les autres". Merci !

    Merci beaucoup. Philippe BOUVARD était notre invité aujourd'hui. Merci Philippe.

    Voir plusmoins
    00:08:21
    Tous publics
    Tous publics