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  • L'invité

    Azali Assoumani

    Invité : Azali Assoumani.

    Azali Assoumani, président de l´Union des Comores, est notre invité alors que s´ouvre à Paris le sommet climat One Planet Sumit et que les îles comoriennes sont directement menacées par le réchauffement climatique. Azali Assoumani évoque également le contentieux avec la France sur Mayotte, la menace islamiste dans son pays et les assises nationales qu´il veut organiser en janvier.

    Présentation : Patrick Simonin.

    Transcription

    Bonjour Azali ASSOUMANI.

    Vous êtes le président de l'Union des Comores à Paris,

    en visite à l'occasion demain de l'organisation du sommet One planet

    par le président Emmanuel MACRON.

    On peut dire que les îles comoriennes, dont vous êtes le président,

    sont particulièrement menacées par ce réchauffement climatique.

    Je pense que c'est une très belle initiative, que l'on doit féliciter.

    Nous, on fera to (...)

    Bonjour Azali ASSOUMANI.

    Vous êtes le président de l'Union des Comores à Paris,

    en visite à l'occasion demain de l'organisation du sommet One planet

    par le président Emmanuel MACRON.

    On peut dire que les îles comoriennes, dont vous êtes le président,

    sont particulièrement menacées par ce réchauffement climatique.

    Je pense que c'est une très belle initiative, que l'on doit féliciter.

    Nous, on fera tout pour que ça soit une réussite.

    C'est vrai que le problème du climat c'est un problème mondial

    parce que c'est tout le monde qui est exposé à ce problème,

    mais la vérité c'est que les pays qu'on appelait hier sous-développés,

    qui s'appellent en développement,

    ils sont double victimes,

    parce que ce sont les grands qui polluent l'environnement,

    et nous on subit les conséquences.

    Mais aussi l'aspect des insularités, c'est encore très grave

    parce qu’un pays comme les Comores, un petit pays insulaire,

    quatre îles insulaires,

    effectivement, on vit des choses très difficiles par rapport à l'environnement,

    et que nous, on doit être présents dans ces assises.

    Vous allez dire quoi à l'occasion de ce sommet au nom des Comores ?

    Vous allez lancer une alerte Monsieur le président ?

    Non seulement une alerte, mais on peut se permettre à Moroni aux Comores

    de réclamer le leadership de la défense du climat dans notre pays,

    puisque nous, c'est vrai, on vit ce problème,

    mais on a un climat qui est à préserver,

    on a une biodiversité très importante à préserver,

    nous avons beaucoup plus de potentialités en matière agricole,

    en matière de pêche, en matière touristique, donc on doit préserver.

    Donc c'est pourquoi, dans l'océan indien, dans les pays insulaires,

    nous on veut être au premier chef de ce problème,

    c'est pourquoi, on est présents partout pour ce problème,

    puisqu’aux Comores, c'est vrai qu'on est exposé par la montée des eaux,

    on est exposé par la diminution de la pluie.

    On était à une pluviométrie de six mètres à quatre mètres par an.

    Elle est descendue maintenant par le fait qu'on casse la forêt.

    Donc tout ça, ce sont des éléments qui doivent nous alerter

    pour qu'on puisse prendre les bonnes mesures,

    intéresser le monde à nous aider à préserver ces acquis que nous avons

    qui peuvent être aussi un résultat pour tout le monde

    parce que demain, les touristes et vous-mêmes,

    qui voudraient venir aux Comores,

    que vous soyez convaincus de venir dans un pays,

    où effectivement il y a un bel environnement.

    Quatre îles dont Mayotte qui est sous administration française,

    un département français, le 101e département français

    dans lequel il y a une immigration comorienne importante,

    de jeunes Comoriens notamment qui vont à Mayotte.

    Quelle est la réponse que l'on peut apporter ?

    Le premier défi il est politiques, c'est que nous on ne peut pas renoncer,

    (inaudible) même religion, même sang, tout nous unit, même histoire.

    Et puis le droit international qui a reconnu ces quatre îles.

    Mais néanmoins, il y a une réalité, c'est que nous on est en train de travailler,

    de faire en sorte que ce qu'on appelle immigration,

    parce que pour nous ce n'est pas ça,

    pour nous, c'est la circulation des personnes dans leur territoire.

    Mais c'est vrai, les jeunes Comoriens des trois îles qui passent vers Mayotte,

    nous on aurait aimé dans un laps de temps pour qu'on aille voir les familles.

    Moi je demande à voir ma famille,

    mon épouse a des demi-frères et demi-sœurs à Mayotte qu'on voudrait aller les voir.

    On aimerait aller à Mayotte voir les familles.

    Mais essayer de diminuer les causes de ces déplacements,

    que ce soit en matière de santé, en matière d'éducation,

    en matière d'emploi parce que ces jeunes-là, effectivement,

    la situation qu'ils vivent aux Comores fait qu’ils espèrent

    qu'en se déplaçant à Mayotte, ils vont trouver meilleur.

    Ce qui n'est pas toujours le cas.

    Ce n'est pas toujours le cas, c'est pourquoi nous avons ce défi

    de faire en sorte que ces jeunes-là aient leur quotidien à Moroni,

    et c'est d'ailleurs le projet qu'on a mis en place,

    on va construire un grand hôpital de référence international

    qui fait qu'effectivement les gens qui avaient des prétextes

    pour aller là-bas se faire soigner ou soigner les enfants,

    ils vont à l'hopital de Moroni.

    Et c'est comme ça, si on crée des emplois avec ces jeunes-là,

    ces jeunes vont rester chez eux,

    et là, on va aller à Mayotte parce que c'est un pays frère.

    Mais là, les causes effectivement

    qui font malheureusement des victimes par rapport à ce risque,

    on va essayer de faire en sorte de les diminuer,

    et qu’effectivement, avec la France,

    on va essayer de dialoguer pour qu'on trouve une solution

    dans un cadre de coopération, de compréhension,

    entre nous et la France, et Mayotte, pourquoi pas.

    D'ailleurs, on a mis en place un système de commission mixte,

    et là, dans cette commission-là,

    on accepte que des responsables mahorais fassent partie

    pour qu'on puisse ensemble voir ce qu'on appelle l'archipel des Comores,

    comment on peut unir maintenant tout ce qui peut nous unir

    pour que (inaudible) en attendant,

    on espère que la France prenne conscience que leur intérêt,

    c'est d'avoir une coopération avec quatre îles de façon calme,

    et d'une façon qui respecte les intérêts des uns et des autres.

    Ça veut dire aussi qu'il faut peut-être un changement de loi électorale

    par exemple aux Comores.

    On parle d'assises nationales au mois de janvier.

    La société civile doit s'emparer de ce débat finalement.

    Qu'est-ce qu'il faut changer ? Par exemple la présidence tournante, ça doit cesser ?

    D'abord les assises nationales, c'est une très belle opportunité pour notre pays,

    et je dois dire que c'est une idée de la société civile qui a commencé depuis 2014.

    En ce temps-là, moi j'étais au chômage.

    Je viens de travailler, en 2016.

    Donc c'est depuis 2014 qu'ils ont réclamé les assises nationales

    pour faire le bilan de 42 ans d'indépendance,

    c'est-à-dire voir ce qui a marché, le conserver,

    ce qui n'a pas marché, s'en éloigner.

    Par exemple la présidence tournante, il faut s'en éloigner ?

    Moi je suis venu en 2016. Lorsque qu'on est venu me voir,

    j'ai dit "oui, c'est l'occasion". C'est une très belle occasion, pourquoi ?

    Parce que des assises de dialogue, on en a fait,

    mais c'est toujours à cause d'un problème,

    donc il y a eu toujours un problème qui fait qu'on fait des assises,

    mais pas dans celles-là.

    Une épée de Damoclès est sur la tête,

    et on n'avait pas le temps de réfléchir.

    Mais maintenant qu'on fait ça de façon calme, dans la détente et l'apaisement,

    c'est vraiment le bon moment.

    Proposer, je reviens là-dessus, sur la présidence tournante,

    qui est aussi une particularité depuis le référendum de 2002.

    C'est un aspect politique, mais les assises;

    nous sommes tous d'accord qu'il y a un aspect socio-économique qui est très important,

    un aspect préservation de l'environnement, qu'on le veuille ou non.

    Donc les assises, tout le monde voit (inaudible),

    mais ce n'est pas l'essentiel, les assises c'est voir le demain des Comores,

    et le demain des Comores ce n'est pas tournante ou pas,

    le demain des Comores c'est le développement socio-économique.

    Comment s'occuper d'une jeunesse ?

    Nous avons une jeunesse de 65% de moins de 33 ans.

    Cette jeunesse-là, si on ne la forme pas, si on ne s'en occupe pas,

    ce seront les rapaces qui vont s'en approprier

    pour arriver aux extremismes qu'on est en train de vivre partout dans le monde.

    C'est-à-dire ? Par exemple une menace islamiste ?

    Pourquoi pas ? Justement, c'est pourquoi ces jeunes-là,

    on doit les occuper, on doit les former, parce que nous avons de la chance,

    aux Comores, pour nous l'islam c'est la lumière.

    On a un islam tolérant, un islam qui date des milliers d'années.

    Moi j'étais jeune, mais avec les catholiques ont été ensemble.

    Mais la menace extrémiste qui dépasse toutes les frontières,

    on doit se préparer pour nous prémunir de ça,

    et là la solution effectivement, les assises, ils étudient le demain

    D'ailleurs, les jeunes se sont appropriés ces assises-là.

    Donc l'aspect politique; c'est effectivement un aspect qui va être abordé.

    Est-ce qu'on garde la tournante ou pas.

    Mais l'aspect le plus important, c'est comment, à partir de ces assises-là,

    définir le vecteur de lancement de notre pays,

    ce que nous on a déclaré l'émergence,

    c'est-à-dire qu'on veut que les Comores soient émergents d'ici 2030.

    Donc les assises, c'est une très belle occasion,

    c'est presque un laboratoire pour essayer de définir les modalités

    qui font en sorte qu'on va être au rendez-vous en 2030.

    Merci beaucoup Monsieur le président ASSOUMANI,

    président de l'Union des Comores, d'avoir été l'invité de TV5 Monde.

    Merci beaucoup,.

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    00:08:18
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