Ouvrir Menu
TV5MONDE+
Profitez de votre espace

Pas encore inscrit ?

Créez vos alertes selon vos préférences, partagez voc contenus favoris, et accédez à vos recommandations personnalisées

  • Ce programme n'est malheureusement pas disponible pour votre zone géographique.
    Découvrez d'autres programmes disponibles dans les recommandations ci-dessous.
  • L'invité

    Hommage à Johnny Hallyday


    Invité : Gérard Pont, patron des Francofolies de La Rochelle.

    Gérard Pont est le patron des Francofolies de La Rochelle. Il évoque le dernier concert de Johnny Hallyday qui s'y était produit en 2015. Il publie également "Élixir", où il raconte l'histoire du festival qu'il a créé avec une bande d'amis à la fin des années 1970.

    Présentation : Patrick Simonin.

    Transcription

    Bonjour, Gérard PONT! Quelle aventure !

    Vous êtes le patron des FRANCOFOLIES de La Rochelle. Et puis vous publiez un livre, on va en parler, qui s'appelle "ELIXIR, histoire du premier grand festival français". Avec d'autres fous, vous avez monté ça ! Là? C'est Johnny évidemment cette semaine qui nous a vraiment bouleversés en nous quittant. Quels souvenirs ! Ce concert, il y a quelques années encore aux Francos.

    D'abord, Johnny, c'est quelqu'un qui m'a accompagné tout (...)

    Bonjour, Gérard PONT! Quelle aventure !

    Vous êtes le patron des FRANCOFOLIES de La Rochelle. Et puis vous publiez un livre, on va en parler, qui s'appelle "ELIXIR, histoire du premier grand festival français". Avec d'autres fous, vous avez monté ça ! Là? C'est Johnny évidemment cette semaine qui nous a vraiment bouleversés en nous quittant. Quels souvenirs ! Ce concert, il y a quelques années encore aux Francos.

    D'abord, Johnny, c'est quelqu'un qui m'a accompagné toute ma vie. J'achetais "SALUT LES COPAINS" en passant par "JESUS-CHRIST EST UN HIPPIE". Enfin, j'ai suivi… Nous avons tous suivi Johnny Hallyday ! Alors c'est vrai que, quand vous êtes organisateur de concerts et que vous organisez un concert de Johnny HALLYDAY, c'est le top ! C'est… Vous organisez les Rolling Stones français. Enfin, c'est…

    Comme un chef d'Etat !

    Comme un chef d'Etat.

    Les motards qui l'accompagnaient jusqu'à la scène…

    Ce qui est très étonnant, c'est que vous faites Johnny HALLYDAY, toute la ville est intéressée par la chose : Où dort-il ? Est-il arrivé ? Quand est-ce qu'il arrive ? Est-ce qu'il va vraiment venir ? La préfecture a souhaité qu'il y ait une escorte de motards, qui n'est absolument pas nécessaire pour venir, entre l'aéroport et la scène, mais voilà, ça fait partie du… tout le monde ! Et il y a une fébrilité ! Tout le monde frétille quand Johnny vient. Et, en même temps, on sent que c'est du plaisir, de l'émotion, du bonheur. Alors ça, c'est, je dirais, l'entourage qui, enfin, le… et puis après, évidemment, il y a énormément de personnalités qui veulent venir voir le concert. Et après, ce qui est vraiment étonnant, c'est de pouvoir côtoyer. Moi je pense qu'en plus, cette partie-là, c'était en 2015. C'était le moment où il a été probablement le meilleur chanteur. Ce qui était vraiment touchant, c'était ensuite de le voir dans les coulisses, quoi. C'est-à-dire que, à la fois assis sur sa chaise, il n'était pas indifférent aux autres. Mais néanmoins dans sa bulle. Et tout ça, ça bougeait autour de lui. Mais lui, on avait l'impression qu'il était là immobile. Et quand il monte sur scène, c'est comme dit Serge Lama, "la chanteuse a 20 ans". Il rajeunit de 40 ans et c'est un gamin. A la fin du concert, toutes les personnalités : il y avait Jean-Pierre. Raffarin, il y avait Ségolène Royal, Guillaume Canet. Toutes ces personnalités-là voulaient absolument toucher, saluer, montrer leur présence à Johnny Hallyday qui, lui, était un petit peu indifférent à tous ces compliments. Et tout d'un coup, il a vu la fille avec qui je travaille, qui a un léger handicap de la hanche, donc qui avait une béquille à ce moment-là. Et voilà, il a une connexion avec cette fille anonyme. Ils se sont parlé et, vraiment, il était là extrêmement touchant, extrêmement généreux de sa part, extrêmement tendre d'avoir cette communion avec cette personne-là, avec qui il partageait les mêmes difficultés, et finalement d'être très peu intéressé par son statut de diva. Et ça, j'ai trouvé, pour moi, c'est vraiment un des moments les plus émouvants que j'ai connus avec Johnny Hallyday.

    Oui. Extraordinaire. Regarder, Johnny Hallyday aux Francofolies, c'était des moments dingues, on va dire, Gérard.

    Oui oui.

    En tout cas, c'est collectif, c'est communicatif. C'est toutes générations. Je veux dire, c'est les branchés. C'est le populaire. C'est les fans. Tout ça se mélange ! Il y a des fans, des dingues qui ont campé devant Saint-Jean-D’acre pour être au premier rang. Et tout ça se mélange. Les politiques, les… Ça va du gars de la SNCF au ministre.

    Rire

    Tout le monde est là. Il y a une communion avec Johnny qui est unique, qui est exceptionnelle.

    Regardez, 2015.

    Resté vivant !

    Il restera toujours vivant, hein, Gérard !

    En tout cas, Johnny, oui. Jean-Philippe SMET nous a quittés, mais Johnny je crois qu'il a encore une très longue vie. Il reste, je pense, beaucoup de choses à publier et à faire connaître. Je crois qu'il y a vraiment beaucoup beaucoup… et puis je suis persuadé qu'il y a des chansons inédites qu'on va découvrir.

    Vous êtes un peu barjot, hein, Gérard. Regardez ça !

    "ELIXIR", écrit avec Olivier Polard. L'histoire du premier grand festival français. L'"ELIXIR", c'était quand même une bande d'allumés ! Vous étiez des Bretons. Vous, vous étiez libraire et puis, d'un coup, vous vous êtes dit : "On va organiser des méga concerts dans la campagne, au milieu des agriculteurs !"

    C'est-à-dire qu'en fait, il y avait eu des tentatives après Woodstock et l'île de Wight, dans le sud de la France, de festivals. Mais qui avaient tous échoué parce que les gens à ce moment-là voulaient la musique gratuitement. Donc, ils cassaient les barrières et, comme il n'y avait pas eu de vente de billets avant, les artistes n'étant pas payés ne se produisaient pas. Donc il y a eu des tentatives, mais il n'y avait jamais eu de festival avant comme le nôtre. Et nous, on était au bout de la Bretagne ! Et là-bas, il n'y avait pas de voie express. Il n'y avait pas de TGV. Donc les artistes, on ne les voyait pas. Et on s'est dit : "Mais pourquoi, nous, on n'a pas le droit de voir Léonard Cohen, les Clash, les Cure, les Depeche Mode ?". Et donc, on s'est dit : "On va les faire venir".

    Oui, mais il fallait être complètement allumé ! Parce que ce n'est pas possible de les amener dans un endroit pareil !

    C'est vrai ! Ca a commencé avec ça ! On n'a pas eu tout de suite les méga stars. Mais, en tout cas, on collait à une époque. 10 ans après Woodstock. On collait à une époque où la jeunesse avait envie qu'on s'occupe d'elle. On était encore dans un monde d'adultes. Et d'ailleurs, on a eu beaucoup de difficultés à faire comprendre à ce monde d'adultes que la jeunesse allait prendre le pouvoir. Mais la jeunesse, il n'y avait rien pour elle. Il n'y avait rien ! Elle avait envie de s'émanciper, de faire du camping "garçons et filles", de faire la fête, d'écouter la musique. Et ça, nous, on a proposé, sans faire exprès. Par intuition, par instinct, on a proposé quelque chose que le public et la jeunesse attendaient.

    Regardez, un extrait d'un documentaire. La grande aventure Elixir, Gérard Pont.

    1979. La France va connaître un bouleversement culturel majeur : la naissance de son premier festival de rock ! Le pari fou d'une bande de potes qui se lança un jour le défi de réunir chez eux les plus grandes stars du rock, là-bas au bout de la Bretagne !

    On vous a presque reconnu, hein, Gérard. Il y a quelques instants.

    C'était il y a 40 ans, hein. Donc, j'étais avec deux agriculteurs. Deux fils d'agriculteur qui avaient un champ. Et donc, on avait un champ, on avait un hangar. Le hangar on l'a transformé en scène et puis voilà. Il y avait la générosité des agriculteurs. Chacun a apporté une citerne d'eau, un a prêté un champ pour un camping. C'était fait de bric et de broc, mais ça fonctionnait.

    C'est incroyable, hein.

    Seul le maire était très inquiet.

    Les agriculteurs avaient peur qu'on abime les champs !

    Oui. Le maire avait demandé un camping pour garçons et un camping pour filles !

    Rire

    Donc, c'est vous dire qu'on a bien évolué depuis cette époque.

    Alors, il vous arrive des trucs incroyables parce que faire venir des stars comme ça ! D'abord AMERICA, c'était le premier grand groupe que vous avez réussi à avoir.

    Alors, en fait, il faut se dire qu'à cette époque-là, contrairement à ce qu'on peut imaginer aujourd'hui, il n'y avait pas de festival d'été. Donc, il n'y avait pas de tournée d'été. Il n'y avait pas d'artistes d’été. Ils étaient en vacances ! Si on voulait faire venir des artistes, il fallait aller chez eux les convaincre et surtout les faire venir uniquement pour notre festival. Donc, America, ils ont fait Los Angeles Plomodiern. Plomodiern, c'est un petit bourg dans le Finistère.

    Oui, mais il fallait leur donner quoi ?

    De l'argent.

    Une Mercedes, une bonne bouteille de vin ?

    Oui ! Oui ! Ils étaient exigeants parce que America c'était des superstars aux Etats-Unis ! Des superstars ! Ils sont encore très connus. Mais à l'époque, c'était l'équivalent de Crosby, Stills, Nash and Young. C'étaient des grandes stars de la West Coast ! Et donc, ils étaient très étonnés d'ailleurs qu'on les fasse venir à Plomodiern ! Mais… non, voilà ! Ça a été formidable ! C'était… Et pour tous les Bretons, la jeunesse, avoir AMERICA ! Je vous dis, c'est l'équivalent aujourd'hui de grandes stars qu'on peut retrouver dans les festivals…

    Et Country Joe MCDONALD qui avait triomphé à Woodstock, vous allez le chercher avec votre propre bagnole et vous tombez en panne !

    Oui ! C'est-à-dire que, le lendemain du concert, je devais aller le chercher à sept heures du matin pour qu'il prenne l'avion à Brest-Guipavas. Il dormait à Quimper. Et donc, il faut gagner une voie express entre Brest et Quimper. Et à Châteaulin, je suis tombé en panne d'essence. Et là, c'était quand même la panique parce que j'étais avec Country Joe McDonald qui donnait un concert le soir même en Allemagne ! Il était là avec sa guitare et son trombone ! Et il était dépité de voir… Et donc, j'ai fait du stop. On arrêtait une voiture. Une jeune femme s'est arrêtée. Je l'ai mis dans cette voiture. Manifestement, il a dû arriver à l'aéroport parce que…

    Il cherche encore là…

    Ou il cherche encore. Mais on n'était pas des… ce n'était pas notre métier, hein. On était étudiants et puis… Aujourd'hui, je suis ravi. Il y a des écoles pour devenir manager, pour devenir producteur. Quand on faisait ça, ma mère me disait toujours : "J'espère que tu ne vas pas finir en prison !". C'était son inquiétude. Alors qu'aujourd'hui, quand les enfants font ces métiers-là, les parents sont contents parce qu'il y a du travail.

    "ELIXIR", c'est vraiment un super bouquin, chez Coop BREIZH. Merci beaucoup, Gérard PONT, d'avoir été notre invité !

    Voir plusmoins
    00:08:26
    Tous publics
    Tous publics