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  • L'invité

    Hommage à Johnny Hallyday

    Hommage à Johnny Hallyday

    Invité : Jean-Jacques Debout, auteur-compositeur-interprète français.

    Le témoignage de Jean-Jacques Debout, auteur-compositeur-interprète français, l'un des proches amis de Johnny Hallyday, dont il était l'un des paroliers.

    Présentation : Patrick Simonin.


    Transcription

    Bonjour Jean Jacques Devaux.

    Bonjour.

    Johnny, c'est un peu toute votre vie finalement.

    Johnny, oui, ça commence en 1958.

    Je débute au cabaret de Patachou sur la place du Tertre à Montmartre.

    Je chante ma chanson en casquette à galons dorés,

    en capote à boutons dorés.

    Et un soir, je sors comme d'habitude,

    toujours vers 11h et demie du soir,

    il y avait un jeune garçon qui m (...)

    Bonjour Jean Jacques Devaux.

    Bonjour.

    Johnny, c'est un peu toute votre vie finalement.

    Johnny, oui, ça commence en 1958.

    Je débute au cabaret de Patachou sur la place du Tertre à Montmartre.

    Je chante ma chanson en casquette à galons dorés,

    en capote à boutons dorés.

    Et un soir, je sors comme d'habitude,

    toujours vers 11h et demie du soir,

    il y avait un jeune garçon qui m'attendait devant,

    qui avait comme un caban de marine avec le col relevé comme ça,

    et en moi-même je me dis, tiens,

    il me rappelle un peu les photos de James Dean,

    James Dean à l'époque, pas dans La fureur de vivre, dans à l'Est d'Eden,

    et il avait un côté romantique comme ça,

    il y avait quelque chose de James DEAN.

    Je me dis ça à moi même.

    Il s'approche vers moi, et il me dit "vous êtes Jean Jacques DEBOUT",

    je lui dit oui.

    Il me dit, ben voilà, moi je suis Jean Philippe SMET,

    j'ai entendu à la radio que vous alliez passer sur Europe numéro 1,

    dans une émission où la vedette est Gene VINCENT.

    Il me dit, "moi je me passionne pour le Rock & Roll,

    et Gene VINCENT fait partie de mes idoles,

    ça me ferai tellement plaisir de le voir,

    est-ce que ça vous ennuierait pas de m'emmener le voir avec vous

    ou m'emmener à la répétition, vous allez forcément répéter,

    Ben je lui dit oui, c'est après demain,

    je vous emmène, il n'y a pas de problème.

    Et puis là, il me dit, si vous voulez on descend ensemble

    parce que je dois rejoindre ma cousine qui m'attend,

    qui après me ramène chez moi au rue de la Tour-Des-Dames,

    c'est-à-dire en bas de la rue Pigalle.

    On a été dans une brasserie qui s'appelait les Pierrots de Montmartre qui a disparu,

    mais la brasserie est toujours là,

    qui se trouvait place Pigalle devant la fontaine de la place Pigalle,

    il y avait une grande brasserie, les Pierrots de Montmartre.

    Et dans cette brasserie, il y avait un Juke-Box,

    et puis, il avait laissé sa guitare,

    il avait une petite guitare adossée au Juke-Box,

    dans lequel le patron lui donnait des pièces pour mettre le disque de Bill HALEY

    "Rock on the clock",

    et puis, il accompagnait le Juke-Box, il chantait plus fort que Bill Haley,

    et il faisait évidemment tous les gestes avec ses jambes,

    avec ses pieds, les pas de Rock & roll.

    Et la clientèle qui était dans cette brasserie,

    c'est une brasserie où il servaient beaucoup d'hamburgers,

    des choses comme ça, c'était plein,

    les gens se retournaient et le regardaient très très étonnés,

    de voir cet enfant, puisque c'était encore un enfant,

    il avait 15 ans, 15 ans et demi, pas plus.

    Avec ses beaux cheveux blonds et tout, et il avait l'air d’être comme un archange.

    Ecoutez ça, Jean Jacques DEBOUT, cette chanson-là.

    Pour moi, la vie va commencer.

    En revenant dans ce pays.

    C'est une chanson que vous composez, Jean Jacques DEBOUT.

    C'était un énorme succès pour Johnny.

    Oui. C'est-à-dire que Johnny me demande de faire sa première partie

    dans sa première tournée.

    On va passer à Castelnaudary,

    et il me dit, "reste avec moi pour dîner ce soir, car le producteur Ray Ventura,

    Ray VENTURA qui était l'oncle de Sacha DISTEL,

    mais qui entre temps était devenu un producteur de cinéma très important,

    avait amené le metteur en scène Abel GANCE,

    il voulait que ce soit Abel GANCE qui soit le metteur en scène

    du premier long métrage de Johnny.

    Et alors, on est tous à table, et il est là,

    là où je parle, à peu près une heure du matin, et Ray VENTURA dit à Johnny,

    "oui, mais tu sais que tu vas tourner dans 15 jours,

    et il faut une chanson pour le film.

    C'est le moment où tu arrives en Camargue,

    et il y a une chevauchée dans les étangs de Vaccarès

    avec tous les taureaux qui te suivent,

    et tu est tellement content de retrouver ta famille

    que il faut une chanson qui soit un peu une chevauchée

    comme un peu dans les films de cowboys, me dit Ray VENTURA.

    Et il me dit, Jean Jacques, le problème,

    c'est que je repars à Paris demain matin à 9h,

    et il faut que je fasse orchestrer la chanson,

    pour que dans 15 jours, Johnny puisse tourner le film en arrivant en Camargue.

    Si vous avez une seule image, Jean Jacques,

    à garder de Johnny, c'est quoi?

    La dernière image, c'était aux obsèques de Mireille DARC,

    il était très ami de Mireille DARC, il l'aimait beaucoup,

    et moi aussi, j'aimais beaucoup Mireille.

    Le hasard a fait que quand il est arrivé dans l'église de Saint-Sulpice,

    le hasard a fait qu'il était assis juste en face de moi.

    Et à un moment, il s'est retourné, il m'a vu,

    moi, je me suis levé, et on s'est embrassé,

    et il m'a dit "j'espère qu'on ne s'embrasse pas pour la dernière fois".

    Et moi, je voyais au fond de ses yeux,

    on voyait une tristesse sur son visage quand même.

    Mais je ne l'avais trouvé pas trop mal quand même,

    je m'étais dit, il peut peut-être quand même s'en sortir.

    Et j'ai eu quand même le pressentiment

    que je l'embrassais pour la dernière fois,

    je me suis dit, chasse ce sentiment de ta tête

    parce que c'est lui qui m'a dit ça, si ça trouve, on s'embrasse pour la dernière fois.

    La dernière image que j'ai de lui, c'est forcément celle-là.

    C'est celle-là, c'est celle où on se regarde, il tourne la tête,

    il va vers Alain DELON, qui était en larmes, pour consoler DELON.

    Après, ils sont partis tous les deux par l'allée du côté

    pour éviter un peu les paparazzis,

    et c'est la dernière fois dans ma vie que je le vois.

    Et tout de suite, ça me rappelle aussi la première fois

    où il était venu m'attendre à la sortie du cabaret

    pour me demander de l'emmener à l'Olympia voir son idole Gene VINCENT.

    Merci beaucoup.

    C'est-à-dire beaucoup d'années avaient passé.

    60 ans.

    Oui. Et j'avais eu le temps quand même,

    enfin, ce n'est pas pour me parler de moi,

    mais aujourd'hui, je garde ces chansons que j'ai écrites pour lui, si vous voulez,

    je les garde dans mon cœur parce qu'il les a tellement bien chantés

    que ça me fait forcément beaucoup beaucoup de…,

    je ressens beaucoup de choses quand je l'entends chanter,

    même toutes les autres chansons,

    puisque je l'ai vu pratiquement créer toutes ses chansons.

    On ne s'est jamais quitté, il me disait "tu es mon grand frère",

    et moi je me disais, c'est mon petit frère.

    Même quand on ne se voyait pas, on se téléphonait,

    l'un savait toujours ce que faisait l'autre.

    Merci beaucoup Jean Jacques Devaux pour ce beau témoignage pour Johnny.

    On pense à Laetitia, on pense à ses enfants,

    on pense à tous ses fans, et à tout le monde.

    Et à Sylvie aussi qui a vécu 20 ans avec lui,

    et qu'il a tellement aimé, ainsi que David et la petite Laura.

    Je pense aussi à eux parce qu'ils l'ont aimé beaucoup.

    L'histoire Johnny-Sylvie, c'est quelque chose qui ne pourra jamais s'effacer.

    Regarder comme ils sont beaux. Ils étaient plus beau que la beauté.

    Merci beaucoup Jean Jacques.

    De rien.

    Merci beaucoup pour ce beau témoignage encore une fois. Johnny Halliday restera là, toujours.

    Ah ben oui, bien sûr. Il est là déjà, il est là.

    Merci.

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