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  • L'invité

    Hommage à Johnny Hallyday

    Hommage à Johnny Hallyday

    Invité : Gilles Lhote, ami et biographe de Johnny Hallyday.

    Gilles Lhote a été l'ami de Johnny Hallyday pendant 30 ans, le suivant partout pour "Paris-Match". Il apporte son témoignage après la mort du chanteur français, alors qu'il vient de lui consacrer un livre "Johnny le guerrier".

    Présentation : Patrick Simonin.


    Transcription

    C'est incroyable, Gilles LHOTE! Au revoir, Johnny ! Vous qui avez été l'ami, l'ami de 30 ans, le biographe, Et qui est celui qui s'appelle "Le guerrier" ? Johnny nous a quittés. C'est dur, Gilles. C'est dur !

    Oui, c'est… c'est… on a tous le cœur déchiré, quoi !

    Le cœur déchiré par l'amitié ? Par l'artiste ?

    Par l'homme ! L'homme, avant tout, qui était un modèle d'élégance, de savoir-vivre, d'humilité. Un mec bien !

    Oui. Vous l'avez rencontr (...)

    C'est incroyable, Gilles LHOTE! Au revoir, Johnny ! Vous qui avez été l'ami, l'ami de 30 ans, le biographe, Et qui est celui qui s'appelle "Le guerrier" ? Johnny nous a quittés. C'est dur, Gilles. C'est dur !

    Oui, c'est… c'est… on a tous le cœur déchiré, quoi !

    Le cœur déchiré par l'amitié ? Par l'artiste ?

    Par l'homme ! L'homme, avant tout, qui était un modèle d'élégance, de savoir-vivre, d'humilité. Un mec bien !

    Oui. Vous l'avez rencontré quand, Gilles LHOTE ?

    Je l'ai rencontré très tôt. Puisque je l'ai rencontré comme beaucoup de baby-boomers comme moi, dans l'émission où il passe en 1960. L'Ecole des vedettes où Line RENAUD est sa marraine, et où il nous explose tous parce qu'il arrive là, il est beau mec solaire. Nous, à notre époque, Les Beatles n'existent pas, Les Stones n'existent pas, et c'est le mec qui va devenir un peu notre phare, quoi. Donc, je le découvre à ce moment-là. Et il va toute ma vie… Ca va être un exemple en fait pour moi, Halliday.

    Oui.

    Surtout que 2 ans après, je vais le voir à un concert à Chatel-Allon. Je suis avec mes potes, on a tous envie de lui ressembler, quoi. Parce que c'est vraiment l'idole de notre adolescence. Et je suis à ce concert et je suis devant. Il m'attrape par la main, il me fait monter sur scène. Et il me fait chanter le refrain de "DA DOU RUN RUN", et c'est juste magique pour moi. Mes potes sont fous de jalousie, ils me disent : "Oui, tu chantes comme une merde !" Ce qui a été vrai, sans doute !

    Rire

    Mais, j'ai passé un moment. Cest… ça a marqué vraiment mon adolescence ! Et c'est un truc qui m'a donné envie de me défoncer dans la vie, puis, après, de partir en Amérique, de découvrir tout ça, de rencontrer, de découvrir d'autres territoires. Donc, HALLIDAY a vraiment été important pour moi, comme des millions de personnes.

    Vous êtes journaliste, reporter, photographe, vous travaillez à VSD et Télé 7 jours.

    Quand je rentre à Paris Match et que Roger THEROND, le Directeur emblématique de l'hebdomadaire et Patrick MAHÉ, qui était alors rédacteur en chef, me demandent de suivre Johnny dès 1985, et ça va durer jusqu'en 98, où je vais le suivre partout, dans le monde entier. Il va me demander d'écrire son autobiographie Destroy, et après, je l'ai retrouvé à Los Angeles à l'époque où j'habite là-bas, et où je bosse avec Christian OLIVIER, où ils vont monter leur marque SMET. Donc, on va encore retravailler ensemble. Et on se croise tous les étés à Saint-Barth au mois d'août. Donc, je ne faisais plus partie du premier cercle, etc. Mais on avait gardé une complicité qui était vraiment… enfin, c'était vraiment un mec que j'adorais, qui m'a vraiment marqué, qui a marqué 3 générations.

    Incroyable, hein ! C'est le superlatif, vous dites : C'est Le guerrier. C'est le titre du livre publié chez Robert Lafont.

    Oui, "Le guerrier" parce que sa vie n'a pas été aussi facile qu'on veut le dire. Le mec, il a morflé pratiquement toute sa vie, même quand il était au top. ça démarre à la Zola, quoi. Son père l'abandonne. C'est sa tante qui l'élève. Il va passer une adolescence de saltimbanque. Il n'a aucun repère. Il va apprendre sa vie, la vérité sur sa vie au compte-goutte. Il ne sait pas que son père, c'est le frère de sa tante qui l'élève. Il dit maman à sa tante et il appelle sa mère Huguette.

    Oui, c'est des blessures ! Un destin tragique !

    Mais, tout le temps, ça va le marquer, ça. Donc, c'est un mec. Il avait tatoué sur le front. Et même, moi, il fallait… Il avait besoin d'amour. Il était… C'est ce qui le faisait avancer.

    Oui, l'incroyable chanteur, bête de scène. On va le revoir, qui chantait TENNESSEE, l'album avec Michel BERGER.

    Oui, TENNESSEE. Mais il ne faut pas oublier aussi qu'il va aller au théâtre quand il est… quand il se reconstruit après - disons, entre guillemets - sa première petite mort de 2009, où il va rester dans le coma pendant près de 3 semaines. Il va se reconstruire. Il est… Tout le monde le dit fini, ruiné. Il n'a plus de voix, il est à la "strada". Et Laetitia, sa femme, qui va le porter, qui va l'aider, qui va le réinventer. Ils vont se réinventer ensemble. Et avant cette fameuse tournée de 2012, il va quand même se lancer un défi incroyable. C'est monter sur les planches, devenir comédien de théâtre, et faire Chicane, la pièce de Tennessee.

    Oui. Incroyable !

    Et ça, c'est complètement fou, parce que dans l'état dans lequel il était, il trouve la force. Il puise des forces et il se réinvente encore complètement.

    C'est un phénix qui renait. On va voir des images, le Parc des Princes. Il fête son anniversaire et il arrive par la foule ! Ca, c'est un souvenir incroyable !

    Ah oui ! Mais, moi, je suis pour Paris Match, je suis là, donc, dans les coulisses. Avec Patrice Gaulupeau qui est le caméraman qui, pendant 15 ans, va faire toutes ces images. Les plus belles images. Et… ce concert est magique pour moi ! C'est l'apogée de Johnny, "Les magnifiques". Là, Sylvie Vartan va venir chanter "MES TENDRES ANNEES" acapela. Il y a un silence dans ce stade qui est presque religieux. Il va chanter avec David, Michel SARDOU, Eddy MITCHELL. Il y a une communion qui est énorme.

    Oui, se lier avec le public.

    C'est le seul rock'star qui a les couilles de traverser le stade à travers son public. Personne n'a jamais fait ça.

    Quand vous dites son public, j'ai l'impression… Il aimait ce public ! Et ce public, il l'adorait !

    Mais, le public venait communier à ses concerts.

    Communier ?

    Communier. Ils venaient oublier leur galère. Ils venaient oublier leurs impôts. Ils venaient oublier leurs soucis de gonzesses. Ils venaient oublier leur fin de mois difficile. Et ils lui communiquaient leur amour et ça le rendait jeune, ça lui rendait la pêche. Cette espèce d'énergie, ces charges d'énergie un peu mystiques, voire chamaniques, quoi. C'était Johnny et son public ! Ca, pour moi, ça n'existe pas. Il n'y a aucune rock'star au monde qui a cette espèce de communion incroyable.

    Oui, l'impression que c'était des rêves de gamin qu'il poursuivait toujours.

    Mais, Johnny a toujours, la grande force d'être Johnny. Ca a toujours été de vivre ses rêves, de réaliser ses rêves, même les plus fous. Et quand il est rentré à Paris, bon, après, vous savez, il n'y a pas de Johnny HALLIDAY, ni de Monsieur et Madame Toutlemonde devant le cancer. Tout le monde est égal. Mais, bon, il a… Chaque jour était une victoire. Et voilà, il est parti, vraiment avec… Dignement, comme il l'a toujours été. C'était quelqu'un de digne et d'une élégance extraordinaire !

    Merci, Gilles LHOTE. "Johnny, Le guerrier", chez Robert LAFONT, votre livre sorti bien avant tout ça. Mais, qui est tellement fort et tellement plein d'amour ! Merci, Gilles LHOTE !

    Je vous remercie de m'avoir reçu !

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    00:08:25
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