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  • L'invité

    Cosey

    Invité : Cosey, dessinateur et scénariste de bande dessinée suisse.

    Grand prix du Festival international de la bande dessinée d'Angoulême 2017, Cosey a révélé l'affiche et le programme de la prochaine édition qui se déroulera du 25 au 28 janvier 2018 et dont il sera le président. L'occasion de revenir sur son univers fascinant.

    Présentation : Patrick Simonin.

    Transcription

    Grand Prix du festival de la bande dessinée 2017, Cosey est avec nous. Bonjour.

    Bonjour.

    Ravi de vous accueillir. C'est toujours évidemment un événement, et puis là, une consécration, de vous retrouver à Angoulême comme ça, salué par toute la profession Cosey.

    Bien, on peut dire c'est ce qui me touche le plus, c’est ce qui me fait plaisir, c'est qu’au fond, c’est toute la profession, donc tous les auteurs qui ont voté. Donc, c’est vraiment un prix qui fa (...)

    Grand Prix du festival de la bande dessinée 2017, Cosey est avec nous. Bonjour.

    Bonjour.

    Ravi de vous accueillir. C'est toujours évidemment un événement, et puis là, une consécration, de vous retrouver à Angoulême comme ça, salué par toute la profession Cosey.

    Bien, on peut dire c'est ce qui me touche le plus, c’est ce qui me fait plaisir, c'est qu’au fond, c’est toute la profession, donc tous les auteurs qui ont voté. Donc, c’est vraiment un prix qui fait très plaisir.

    C’est une récompense, j'allais dire plus de 50 ans de carrière, vous allez me dire moins. Vous êtes jeune.

    Ça, ce n’est pas sympa. Non, j'ai commencé Jonathan dans le journal Tintin en 75. Je vous laisse faire le calcul.

    Nos amis qui nous écoutent vont le faire. Qu’est-ce qui va se passer à Angoulême, monsieur le président ?

    Il y aura plein d'expos, dont évidemment une expo qui présente une rétrospective, qui présentera tout mon travail depuis mes débuts d'adolescent à faire des bandes dessinées avec des papiers collés jusqu'à la nouveauté, au plus récent, Calypso, tout, Jonathan, etc. Puis, il y aura d'autres choses. Il y aura des expos sur des auteurs japonais. Il y aura plein d'expos à voir.

    Comment se porte la bande dessinée aujourd'hui ? Elle se porte bien ?

    Elle se porte très bien. Il y a beaucoup de titres, peut-être parfois trop, 4 000 nouveautés ou plus par année. Elle est très créative surtout, il y a beaucoup d'auteurs nouveaux qui révolutionnent, qui apportent de nouvelles choses. Moi, ça m'inspire, ça me nourrit, ça me donne envie de continuer des nouveaux challenges. Voilà, on ne peut pas se plaindre.

    Ça va être un beau rendez-vous, monsieur le président d'Angoulême 2017, Cosey. Incroyable, parce que vous parliez de ceux qui vous influencent, qui influencent les autres. Vous influencez aujourd’hui toute une génération. Vous avez été influencé, vous, on va dire par quoi ? Hugo PRATT ? Derib ?

    Alors, Derib, j’ai été son élève. Donc, j’ai appris mon métier chez lui. On était surtout des amis, on l'est toujours. Mais, c’est vraiment là que j’ai appris mon métier. PRATT, c'était le grand maître. J'ai toujours été très impressionné quand je le rencontrais, je me sentais, alors que j’étais déjà devenu professionnel, mais j’avais l’impression du débutant. Je me disais attention, il faut que je dise quelque chose d'intelligent. Je disais "il fait beau aujourd'hui". Il était super impressionnant, mais très chaleureux, puis c'était un génie en fait, quelqu’un de grands talents.

    1969, vous gagnez un concours Spirou. C’est vrai, ça, vous vous en souvenez ?

    Oui, j’étais encore plus jeune que maintenant.

    Vous étiez encore plus jeune.

    En 69, j’étais non professionnel, j'avais 19 ans.

    Vous étiez dans votre Suisse bien aimé.

    Mais oui, dans mes montagnes.

    Comme toujours, comme maintenant.

    Comme maintenant, oui.

    Vous travaillez toujours devant les montagnes suisses.

    De plus en plus. Avant, j’étais en plaine à Lausanne. Maintenant, je suis en pleine montagne à 1 300 mètres d’altitude.

    Ça inspire la Suisse ?

    Mais, la Suisse, moi, je m'en fiche, Suisse, France, les Alpes, oui. Les Alpes, d’accord.

    Ça vous a donné l'idée, évidemment, on va le découvrir dans Tintin un peu plus tard en 1975, Jonathan, ce personnage, ce petit bonhomme suisse qui va partir comme ça à l’assaut des montagnes, et qui va essayer de retrouver finalement sa mémoire d'une certaine façon.

    C’est ça.

    Ça vous a inspiré finalement, votre environnement ? Votre envie de voyage ?

    Oui, parce que j’allais à la montagne en vacances, en famille. Puis, je m'intéressais aux philosophies orientales dès l'adolescence. Donc, j’ai imaginé ce Jonathan amnésique pour une part de sa vie, partant au Tibet sur ses souvenirs, à la recherche de ses souvenirs.

    Oui, c’est vrai que vous ne dessinez jamais la neige. Ça se passe toujours dans la neige, vous ne la dessinez jamais.

    Oui, mais, écoutez, ça, c’est une histoire de… C'est de la paresse. En fait, quand on imprime une page ou un dessin sur du papier blanc, si on va représenter la neige, je ne vois pas l’intérêt de se compliquer la vie. C'est déjà fait.

    Vous prenez le papier blanc.

    Voilà. En revanche, j'y ajoute un rocher, un arbre, un skieur, et ça va très bien.

    Par contre, vous avez un art extraordinaire à dessiner le silence.

    Pour moi, c’est un des grands conforts, c’est un luxe énorme. Le silence, je l’aime, de même que j’aime les espaces vides dans un dessin. Il ne faut pas remplir toute la case. Bien, dans les dialogues, dans l'histoire, comme dans la vie, il y a des silences et ça raconte autant que les paroles.

    Oui. C’est prendre son temps. Vos récits, vos découpages, prennent leur temps.

    Ça, c'est un peu une leçon de Hugo PRATT - pour reparler de lui - le silence. C’est un des premiers à oser des pages, ou en tout cas des images sans dialogue. Et ça raconte super bien, pas tout le temps, pas tout l’album. On pourrait, mais c’est ce serait un peu artificiel, un exercice d'école. Mais, il y a certaines scènes, on ne vous parle pas dans la vie, et l'histoire ne s'en porte que mieux.

    Oui, incroyable influence de la nature, de la représentation de la nature.

    Oui, c’est un sujet que je trouve inépuisable et qui m'intéresse. Mais, j'aime tout représenter. Je dirais que j’aime spécialement représenter ce qu’on voit peu en bande dessinée. Aussi, c'est-à-dire par exemple mes sujets préférés en voyage. En Inde, par exemple, j’évite de dessiner le Taj Mahal parce qu’on l'a tous vu 10 000 fois en photos. Mais, je vais dessiner un panneau de la circulation routière ou une étiquette pour un produit alimentaire. Eh oui, la nature quand même revient tout le temps.

    On porte tout, les femmes aussi. Les femmes, pas des femmes fatales. Jamais les femmes fatales.

    Des femmes mystérieuses, des femmes dont je tombe amoureux moi-même, même si c'est imaginaire. Oui, des femmes mystérieuses, parce qu'elles ont quelque chose de plus que ce qu'on voit, qu'on ignore et qui nous intrigue.

    Oui. Je disais presque un parcours initiatique. Votre œuvre vous a emmené évidemment au Tibet. Et puis après ça va être en Inde. C’est-à-dire au fond, le monde est votre domaine.

    Je ne sais pas à quel point… Je pense que je m'initie moi-même. Voilà, j'entraine mes lecteurs, je m'intéresse à plein de choses, et je transmets avec mon métier ce que j’ai découvert en voyage, ou éventuellement lu ou entendu.

    Oui, ce parcours qui est incroyable. Alors, là, tiens, j’en profite pour vous montrer la fiche d’Angoulême. Vous allez dire que vous allez y ajouter un petit Mickey.

    Je vais faire un petit changement.

    Est-ce que vous adoreriez Walt Disney ? Vous êtes très influencé ?

    Ah, mais bien sûr, depuis que j'étais gamin, comme tout le monde. Mais, ça a continué et j’ai même dessiné un album de Mickey. On l'avait présenté ici. Donc, sur la fiche, il y aura Mickey. Mais on attendait la validation de Disney, qui est arrivée, magnifique. Donc, sur la deuxième version de cette affiche, il y aura Mickey en plus.

    Oui, c’est étonnant quand même Cosey, parce qu'on se dit, dans votre univers, que vient faire le petit bonhomme dans Walt Disney ?

    La petite souris.

    On n'imagine pas que vous étiez influencé par Disney.

    Et pourtant, oui, ça marque l'enfance ces lectures qu'on a aimées, à tel point que je suis allé même chez Disney en 78 pour présenter mes travaux. J'aurais pu y travailler, mais c’était clair que ça serait du travail à la chaîne, et moi, j'avais déjà mes albums dans lesquels je pouvais inventer et créer. Donc, j'ai renoncé jusqu’à ce qu'il y a 3 ans, on me propose de faire un Mickey.

    Oui, c'est un autre personnage, pas Mickey. C’est Peter Pan. Incroyable réalisation de ce chef d'œuvre de Cosey qui (inaudible) s’appeler "À la recherche de Peter Pan". Pourquoi… Peter Pan aussi vous fascine.

    Oui, j'aime bien faire des citations, apporter, parfois, je cite aussi des musiques souvent. Là, Peter Pan, ça me semblait amusant de l’entrainer, lui qui se promène à Kensington Gardens, de l’emmener dans nos alpes helvétiques ou quoi que ce soit dans la montagne. On ressent… Je trouve que Peter Pan, c'est un peu lié au dieu Pan de la nature, de la mythologie grecque et je pense que d’une certaine manière, Peter Pan pouvait avoir sa place dans la montagne sauvage.

    Finalement, vous avez la conscience de faire une œuvre, Cosey ?

    Ah, c’est un grand mot, je ne sais pas. Moi, quand j'étais gamin, je lisais des bandes dessinées, j’ai ressenti des grands bonheurs, des joies énormes à lire des bandes dessinées. J'espère que mes lecteurs trouvent peut-être aussi des joies comparables avec mes bouquins.

    Merci beaucoup Cosey. Grand Prix du festival de la bande dessinée à Angoulême 2017. Vous allez présider ce festival. On vous souhaite tout le bonheur.

    Merci beaucoup.

    Merci beaucoup, Cosey, merci d'avoir été avec nous.

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    00:08:28
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