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  • L'invité

    Jean-Claude Camus

    Invité : Jean-Claude Camus.

    Jean-Claude Camus publie "Pas né pour ça", un livre souvenir de son incroyable carrière de producteur auprès des plus grandes stars de la chanson dont Johnny Hallyday, son ami de plus de 30 ans et dont il nous donne des nouvelles.

    Présentation : Patrick Simonin.


    Transcription

    Bonjour Jean-Claude Camus,

    Bonjour.

    Vous n'étiez pas né pour ça et pourtant vous en avez vu. Votre vie avec Johnny, Michel Sardou, Hallyday et tant d'autres ! Tout le show business ou presque. Vous le racontez dans un livre incroyable chez Plon, qui fait un carton. Je voudrais d'abord vous demander, vous avez une amitié depuis 30 ans avec Johnny,

    Plus !

    Plus que 30 ans ! Il y a une véritable inquiétude aujourd'hui pour Johnny. Vous avez des (...)

    Bonjour Jean-Claude Camus,

    Bonjour.

    Vous n'étiez pas né pour ça et pourtant vous en avez vu. Votre vie avec Johnny, Michel Sardou, Hallyday et tant d'autres ! Tout le show business ou presque. Vous le racontez dans un livre incroyable chez Plon, qui fait un carton. Je voudrais d'abord vous demander, vous avez une amitié depuis 30 ans avec Johnny,

    Plus !

    Plus que 30 ans ! Il y a une véritable inquiétude aujourd'hui pour Johnny. Vous avez des nouvelles ?

    Ecoutez, je n'ai pas son bulletin médical. Mais j'ai passé le 29 octobre avec lui, le lendemain de mon anniversaire. Ils m'ont fait un anniversaire-surprise à Marnes-la-Coquette. Je l'ai trouvé bien, il se soigne, il l'a dit. Il est malade, il se soigne, il se bat, mais je peux vous dire que j'ai entendu aussi 7 ou 8 chansons de son prochain album, la voix est toujours là.

    C'est incroyable.

    C'est un phœnix, il renaît toujours de ses cendres, Johnny.

    C'est un battant, c'est un gagnant, il est au-dessus de tout le monde.

    Il aime les challenges, il aime quand c'est dur, difficile. Il est habitué à ça.

    Il a toujours été habitué, depuis l'âge de 16,5 ans.

    C'est ce Johnny-là que vous avez toujours connu et aimé finalement.

    Johnny, c'est un vieux couple. Ca dépassait vraiment, et ça dépasse ! Enfin maintenant, je ne suis plus dans la profession, mais ça dépasse vraiment les relations professionnelles. C'était… on était… c'est famille. C'est vraiment famille. Juste un exemple, entre autres. Sardou en a fait autant d'ailleurs. Il faut le faire pour un artiste, se lever le matin de bonheur pour aller à 150 kilomètres de Paris à l'enterrement de mon papa. Ca vous donne l'attachement qu'on avait entre nous.

    Oui, il y a eu pourtant une rupture. Vous dites que vous avez pleuré, quand vous avez reçu un jour un coup de fil de Laetitia Hallyday qui vous a passé son mari ?

    Et je l’ai retrouvé le soir même. Je ne l'avais pas vu depuis six ans Johnny, depuis qu'il était parti parce qu'il a eu un gros besoin que je ne pouvais pas satisfaire. Mais c'est vrai quand on s'est retrouvé à Bruxelles au Palais 12, je me suis retrouvé dans la loge, je vois mon Johnny qui me dit "je suis tellement content de te voir". Moi, j'ai fondu. J'étais… Je retrouvais un peu mon petit-frère, j'allais dire.

    Quelle aventure incroyable ! Vous l'avez croisé la première fois, vous racontez évidemment dans ce livre. On va parler de tous les autres artistes, mais un jour vous le croisez. Vous travaillez avec Dick Rivers, la bande du Golf Drouot. Et vous vous dites : "le type qui va travailler avec ce type-là, avec lui, il va devenir un roi".

    J'étais un visionnaire. J'étais un visionnaire, c'est vrai. J'en ai rêvé pendant 10 ans parce qu’il y avait en effet Dick Rivers et Les chats sauvages, Eddy Mitchell et Les chaussettes noires, Les vautours (inaudible), etc. Et puis il y avait ce grand blond que j'allais voir sur scène, etc. J'ai tout de suite vu que c'était quelqu'un qui était au-dessus de tout, qui dépassait tout le monde. C'est le patron. C'est vraiment le patron dans le métier.

    Oui, c'est le boss. Vous avez travaillé ensuite, vous faites des concerts énormes. On va en reparler : Bob Marley, Supertramp. Et c'est un jour, en coulisses de Supertramp, Johnny vient vous voir et vous dit : "J'ai envie de travailler avec toi".

    Oui. En fait, j'avais… puisque mon métier n'existait pas, c'était que des associations qui organisaient les spectacles. Donc, quand les artistes arrivaient sur place, c'était des bénévoles, c'était un peu tout et n'importe quoi. Et moi, je me suis mis à acheter des spectacles en province. Sous chapiteau, la plupart du temps puisque il n'y avait pas de salle pratiquement. Et quand Johnny entre autres ou Michel Sardou arrivaient vers 17 heures, 18 heures "c'est comment ce soir ? On est en vacances, c'est Camus". Et ça s'est répété comme ça X fois. Donc j'ai dû faire avec Johnny sans doute une trentaine de galas en province que j'avais achetés. Donc, on se connaissait vraiment bien. Tellement bien qu’au sixième ou au septième, je me rappellerai toujours, c'était à Châteauroux sous chapiteau. Et après le spectacle, il est minuit. Il doit rentrer sur Paris, et moi aussi d'ailleurs, en voiture. Il vient m'embrasser : "Au revoir. Merci. C'était bien". Il prend mes lunettes de vue et s'en va. J’avais des lunettes de vue à l'époque, ça c'est Johnny. Et en effet, quand il est arrivé pour voir Supertramp, en coulisses, il me prendre à part et… Il faut savoir que Johnny est très réservé, je dirais même un grand timide en fait. C'est difficile à croire, mais c'est vrai. Il me prend à part, il me dit "tu sais que j'ai viré toute mon équipe, producteurs, musiciens etc. ". Et je dis : "Oui, j'ai entendu Johnny, je suis au courant". "Tu accepterais de t'occuper de moi ?". Non, mais attendez ! Johnny Hallyday qui me demande, à moi, qui ne suis personne à l'époque ! "est-ce que tu accepterais de t'occuper de moi ?". Ça a été une déflagration dans ma tête, inutile de vous dire que je ne me suis pas fait prier, pas fait du cinéma, "je vais réfléchir". Et là, tout a vraiment commencé pour moi.

    C'est incroyable…

    C'est pour ça que je dis toujours, parce qu'on me pose de temps en temps la question, vous la poserez peut-être, mais je vous devance "mais sans vous, est-ce que Johnny aurait fait la même carrière ?". Mais évidemment, ce qui est certain c'est que moi je n'aurais pas fait la même. Ça c'est sûr.

    Il n'aurait peut-être pas fait la tour Eiffel, incroyables souvenirs, vous lui faites faire les plus grands concerts. L'imagination, évidemment…

    On est deux fous ! On est deux fous, avec Johnny. Et ce que Johnny aimait complètement dans ma façon de travailler, il le disait partout, "ce qui est bien avec Jean-Claude, il ne me dit jamais non". Et c'est vrai que des fois je trichais un peu. Je ne disais pas non en face, mais enfin je faisais un petit peu le tour. Si, une fois je lui ai vraiment dit non quand il m'a dit "la prochaine fois le Stade de France, je veux arriver en hélicoptère". Je lui dis : "Ca, écoute, tu n'y penses même pas une seconde. C'est impossible, on n'aura jamais les autorisations !". Enfin, bref, il a harcelé… Michel Drucker le raconte d'ailleurs dans son spectacle. Il a harcelé à trois heures du matin : "Allô, Michel, qu'est-ce que tu fais ? Je dors. Tu dors toujours ! ". Enfin bref, c'était… "Je veux mon hélicoptère, je hais (inaudible)". Il a eu son hélicoptère.

    C'est aussi une certaine tendresse qui vous lie. Par exemple Johnny, ce livre est très tendre pour Johnny.

    C'est de la tendresse, je l'aime mon Johnny. Je ne sais pas quel est le qualificatif qu’il faut prendre, mais je l'aime. C'est toute ma vie, vous vous rendez compte, c'est plus de 35 ans de vie. J'allais presque dire "commune", tellement on a vécu beaucoup ensemble. Sur les routes, partout. C'est…

    "Il ne dort jamais seul", vous dites d'ailleurs, "même il faut un musicien ou n'importe qui dans sa chambre pour dormir".

    Il y a toute une époque, je pense que Johnny a peur de la nuit. Oui, il a peur de la nuit. Et c'est vrai que, pendant toute une époque, le soir, il ne voulait pas rentrer tout seul dans sa chambre. C'était…Il avait cette espèce d'angoisse qui était là. La peur de la nuit, c'était assez bizarre. Oui.

    Courage aussi, c'est un mot qui lui va bien.

    Johnny, c'est un courageux ! C'est un battant, c'est un gagnant. C'est… En plus, il a un tel amour pour son public. Il aime tellement la scène.

    Ça le porte, par exemple, le disque qu'il vient de sortir ou alors finalement la perspective d'enregistrer encore ?

    Toujours la perspective ! Le 29 octobre, Johnny me parlait encore de sa nouvelle tournée normalement en 2019, de son nouvel album qui devrait se terminer, sortir certainement dans quelques mois. Oui, Johnny a toujours des projets.

    C'est vrai qu'il racontait à quelqu'un que Jerry Lewis était mort dans chacune des cliniques de Memphis, et que finalement, lu,i il était allé voir l'au-delà, près de l'au-delà, et qu'il n'avait pas envie du tout d'y rester.

    Johnny, c'est un bon vivant. Il n'a pas du tout envie de s'en aller. Et puis, nous, on n'a pas envie du tout qu'il nous quitte non plus, hein ! (rires)

    Pas né pour ça. Ma vie avec les stars. Johnny, Michel et les autres, publié chez Plon. C'est l'autobiographie événement du plus grand producteur français de spectacles. Merci beaucoup, Jean-Claude Camus.

    Merci à vous, merci.

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    00:08:26
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