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  • L'invité

    Salvatore Adamo

    Invité : Salvatore Adamo, auteur-compositeur-interprète belge.

    La Sacem lui remet un prix spécial pour récompenser l'ensemble de sa carrière (en partenariat avec TV5MONDE).

    Présentation : Patrick Simonin.

    Transcription

    Ça fait si longtemps qu’on l’aime, c’est une légende de la chanson. Bonjour, Salvatore ADAMO.

    Bonjour Patrick.

    Quel bonheur de vous avoir, et le Grand Prix de la Sacem, la société des auteurs-compositeurs-interprètes, qui vous décerne le Grand Prix cette année.

    Eh bien écoutez, dois-je dire combien je suis touché, flatté et ému, d'autant plus que cette reconnaissance vient de ma confrérie, de ma corporation si j'ose dire. Donc, peut-être en dehors des di (...)

    Ça fait si longtemps qu’on l’aime, c’est une légende de la chanson. Bonjour, Salvatore ADAMO.

    Bonjour Patrick.

    Quel bonheur de vous avoir, et le Grand Prix de la Sacem, la société des auteurs-compositeurs-interprètes, qui vous décerne le Grand Prix cette année.

    Eh bien écoutez, dois-je dire combien je suis touché, flatté et ému, d'autant plus que cette reconnaissance vient de ma confrérie, de ma corporation si j'ose dire. Donc, peut-être en dehors des disques vendus, ont-ils perçu la volonté qui est la mienne de toujours rester un artisan, j'espère.

    Un artisan, un tendre artisan. Salvatore ADAMO, le public vous aime toujours autant.

    Écoutez… Merci, j'ai ce privilège immense qui est mon moteur parce que si je sentais un malentendu ou une désaffection, peut-être, étant timide, j'aurais tendance à m'en aller sur la pointe des pieds. J’espère que ce sera le plus loin possible.

    Quelle histoire que votre vie est Salvatore ! On se disait, c’était en 1960 que vous enregistrez votre premier disque.

    Oui, après avoir gagné un crochet radiophonique, un producteur avait écouté la radio et avait trouvé que ma voix ressemblait à celle de Rocco GRANATA qui avait eu un tube immense avec "Marina". Donc, tout ce qui l'intéressait c'était la raucité de ma voix et le fait que je puisse chanter en italien. Mais ça n’a pas marché. Ni le deuxième, ni le troisième, ni le quatrième, ni le cinquième, jusqu’à "Sans toi mamie", qui est devenue mon premier succès.

    Et puis il va y avoir "Tombe la neige". C'est une chanson qui va faire le tour du monde.

    Écoutez, j’ai cette chance-là, "Tombe la neige", en effet, m'a ouvert les portes insoupçonnables à 16 ans. L'Extrême-Orient, le Japon, et puis me voilà. La France, je pense que c'est la première chanson de moi qui soit passée sur antenne en France, en plein mois d'août 1964, "Tombe la neige".

    Ce qui est incroyable, c’est que vous commencez en chantant l’amour. Jacques BREL dira que vous êtes le tendre jardinier de l'amour.

    C’est aussi un compliment qui m’a beaucoup touché et que je n’ai pas osé m'approprier pour moi seul. Je pense que Jacques BREL faisait allusion aux jeunes chanteurs, qui comme moi étaient considérés comme fleur bleue, qui sentait des bluettes un peu naïves. Et voilà, ça m'a… Pour moi, c'est un immense honneur que BREL se soit penché sur mon cas, le plus tendre jardinier de l'amour.

    Vous parliez de ces radio-crochets, c'est votre père qui vous a encouragé.

    Mon père, d'abord, j'ai fait le crochet à son insu parce que lui il faisait des efforts pour me payer des études, et étant donné qu'il était fan d'opéra et de belle voix italienne, ce n'est pas exactement mon cas ; j'ai d'abord gagné le crochet qui est passé 15 jours plus tard sur antenne à Radio Luxembourg à l’époque, et je lui ai fait la surprise : "Papa, ce soir si tu veux bien, on écoute la radio". Et là, il a entendu ce qui s’est passé 15 jours avant. Bien sûr, il y avait la petite larme au coin de l'œil, et depuis, c'est lui qui m'a montré le chemin, même à un moment donné où j’avais cru que ma chance était passée et que je voulais retourner aux études sérieusement. Il me dit : "Non, je sais ce que tu dois faire maintenant", et il est allé frapper à la bonne porte.

    Oui, une autre chanson, c'est "Les filles du bord de mer", et là c’est le Salvatore ADAMO qui fait la fête, fédérateur, vraiment la joie.

    La fête a toujours été liée, pour moi, au fait de chanter. Par exemple, entre Italiens, on se réunissait le samedi ou le dimanche chez les uns ou chez les autres, il y avait toujours un accordéon. Il y en avait un qui chantait une chanson à vous arracher le cœur le fait d’avoir quitté le pays, mais il y en avait un autre qui venait danser sur la table avec des chansons humoristiques napolitaines. Et disons que moi j’ai balancé entre les 2 cultures, italiennes et françaises, dans ma propre écriture.

    Écoutez-là !

    C'est aussi donner du bonheur aux gens.

    L'humour est tellement important, je ne sais plus qui disait que c'est l'élégance du désespoir… Ça peut faire passer des tas de dénonciations camouflés en humour et puis j'aime bien que le public soit heureux aussi, je ne veux pas que l’atmosphère soit toujours plombée par des chansons tristes. J’aime bien essayer un pas de danse sur scène. Voilà.

    Conjurer aussi l'origine, la mine, les paroles, la difficulté d'être émigré, vous avez connu ça Salvatore ?

    J'ai connu ça, mais grâce à mes parents, je ne m’en suis pas tellement rendu compte. C'est-à-dire qu’où que je sois, si j'avais la main de mon père d’un côté et celle de ma mère de l'autre, j'étais chez moi.

    Plus tard, en ayant bien réfléchi, je me suis rendu compte de la souffrance que mes parents avaient dû endurer, eux qui venaient de Sicile, la Sicile… Du soleil, un pays de brume, mais comme le dit Enrico MACIAS, le soleil était dans le cœur, et heureusement pour nous, la Belgique est un très beau pays d'accueil.

    Vous devenez le chanteur belge ayant vendu le plus de disques. C'est un succès. Au point qu'on dit que vous êtes français, vous êtes chez vous partout dans le monde.

    Écoutez, ça fait des années que je pratique mon Europe, si je puis dire. Et c'est vrai que mon cœur est un tiers, un tiers, un tiers : français belge italien, voilà. Pour moi, je ne peux pas dissocier ces 3 pays. Et je chante, bien sûr en italien autant qu'en français.

    Merci beaucoup Salvatore ADAMO.

    Merci beaucoup Patrick.

    J'aimerais entendre quelques mots de "Tombe la neige" en japonais.

    Par moi ?

    Oui, par vous.

    Merci beaucoup.

    Merci de m'avoir reçu.

    Grand Prix de la Sacem, qu'on verra à l’Olympia bien sûr, qu’on va pouvoir applaudir, encore et toujours. Salvatore ADAMO.

    Merci.

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    00:08:05
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