Ouvrir Menu
TV5MONDE+
Profitez de votre espace

Pas encore inscrit ?

Créez vos alertes selon vos préférences, partagez voc contenus favoris, et accédez à vos recommandations personnalisées

  • Ce programme n'est malheureusement pas disponible pour votre zone géographique.
    Découvrez d'autres programmes disponibles dans les recommandations ci-dessous.
  • L'invité

    Éric Cantona

    Invité : Éric Cantona, acteur français.

    Artiste inclassable, l'ex-international de football sort un livre illustré où il a consigné ses réflexions : "Mon carnet".

    Présentation : Patrick Simonin.

    Transcription

    Éric CANTONA, un destin, un artiste tout simplement, un passionné, passionné de la vie. La vie qu'il croque, Éric, croque dans un livre étonnant. Un carnet, "Mon carnet", publié chez Flammarion. "Si tout n’est pas carré, je tourne en rond", ça veut dire que vous vous baladez avec un stylo, un petit carnet et puis vous dessinez, vous écrivez.

    J’ai toujours ça. J’ai toujours ça sur moi surtout que je voyage. Dans les gares, les aéroports, dans un train, un avion, tout le temps je cro (...)

    Éric CANTONA, un destin, un artiste tout simplement, un passionné, passionné de la vie. La vie qu'il croque, Éric, croque dans un livre étonnant. Un carnet, "Mon carnet", publié chez Flammarion. "Si tout n’est pas carré, je tourne en rond", ça veut dire que vous vous baladez avec un stylo, un petit carnet et puis vous dessinez, vous écrivez.

    J’ai toujours ça. J’ai toujours ça sur moi surtout que je voyage. Dans les gares, les aéroports, dans un train, un avion, tout le temps je croque. Pendant qu'il y a des gens qui sont plongés dans leurs téléphones, je croque, je les observe, puis je croque.

    Oui.

    Je parle du décès, j'emmène… Ça m'emmène vers la légende, où je parle d'une légende ça m'emmène vers un décès. Enfin, j'explore et j'essaie de voyager, d’entrouvrir des portes comme ça et puis partir dans un petit voyage qui m'emmène à des réflexions qui en amènent d’autres.

    Oui, là on voit des pieds, ils ont perdu la tête.

    Oui.

    Enfin, c’est des jeux aussi, c'est des regards décalés sur la vie, sur le monde.

    Eh oui, j’ai appris la dérision et l'autodérision il y a longtemps oui. Donc j'aime bien je… C’est assez spontané aussi, innocent, j'aime bien… J'aime bien le rapport que j'ai à mon inconscient. J’essaie d'y aller librement et y faire face, et dans le sourire.

    Oui, "et j’entrouvre des portes", et derrière finalement c'est des… Qu'est-ce qu'il y a derrière les portes ?

    Les portes qui peuvent nous mener à certaines réflexions quoi, voilà. C'est comme petit voyage qu’on fait. Je ne crois pas à un truc, une idée qui nous mène vers une réponse bien précise ou une interprétation précise quoi. J’aime bien quand on peut voyager comme ça, et chacun y trouve un peu ce qu’il veut selon sa vie quoi.

    Oui, "et je m’amuse".

    Et je m'amuse.

    C’est un jeu aussi.

    Oui. Tout ce que je fais, j'essaie de m'amuser. Mais de toute façon, c'est jouer, jouer, que ce soit un sport on joue, que ce soit au cinéma on joue, et voilà. Bon la vie il y a des choses graves, tout ce qui touche à la santé quoi, à la souffrance. Mais autrement, tout ce… Tout le système c'est un grand cirque quoi.

    C’est un grand cirque, oui. Là, il y a des sujets sérieux aussi dans ces dessins. Il y a la mort, il y a le désespoir.

    Il y a des questions qu’on se pose sur la mort, tous, oui. Avec un certain regard sur la religion, moi qui suis athée, voilà. Je trouve que ça… On a créé des philosophies comme ça pour aider les gens à faire face à la mort, pour les accompagner, pour donner un peu les codes de morale, de moralité quoi. Et voilà, moi je crois qu'on naît d'une une réaction biologique, ou scientifique, météorologique, bactériologique, voilà. Je crois que c'est… Enfin, ce que j’en pense moi en tous les cas. Ce n’est pas Dieu qui a créé l’Homme, c’est l’Homme qui a créé Dieu quoi, voilà. Donc, on se pose des questions sur la mort. C’est beaucoup plus compliqué quand on n’y croit pas d'ailleurs, parce que la facilité serait de croire que tout va bien après quoi.

    Oui, bien sûr. Et puis derrière tout ça, il y a l’humain, qui est très présent dans ces dessins. L’humain au fond, l’homme dans sa condition.

    L’homme dans sa condition, l'homme dans… L'homme au milieu de tout. Au milieu de… L'homme dans la société. L’homme avec l'homme, l'homme face à lui-même, l'homme face à l'autre. Et tout ce qu’on a fait, toutes les lois, tout ce qu'on a créé, tout ce qu’on a voulu que soit la société aujourd'hui.

    Oui, ce n’est pas toujours très beau à voir.

    Eh bien, c’est… On fait ce qu’on peut quoi. Mais on fait ce qu'on peut, oui. Après, qui a la vérité absolue on n’en sait rien. D’ailleurs, c’est ce qui nous permet d'échanger. Voilà, chacun a son point de vue, personne n’a de vérité. Mais il y en a qui croient qu'ils ont la vérité absolue, et il y en a qui croient que la vision du monde qu’ils ont est la vision du monde absolue, et tout le monde doit vivre comme eux ont décidé de vivre. C’est pour moi une forme de dictature.

    Trop d'égoïsme derrière finalement.

    Et on me disait… Oui, mais maintenant on vit mieux, on est en meilleure santé, il y a moins de guerres, on vit mieux aujourd'hui. Oui, mais on vit mieux où ? En France.

    Oui.

    Mais si on prend un peu de recul et qu’on a une vision globale quoi, il y a aussi des gens pour qui la santé c'est difficile, les gens qui sont en guerre, et où nous avons décidé de faire des guerres chez eux. Il y a tout ça aussi. Et de prendre comme ça, et de faire des analyses, et de se dire de faire un livre là-dessus, d'avoir une réflexion là-dessus, tu vois. Juste sur notre pays quoi. Je trouve que c'est une forme d'égoïsme quoi, voilà. Si on pense que chez nous tout va bien et puis à côté on crève de faim, tout va bien aussi quoi. Non moi je ne suis pas… Je suis contre les frontières aussi. Disons d'essayer d’avoir une vision un peu plus globale et faire en sorte que tout le monde soit heureux. Et ne pas tirer des conclusions en disant : "Tiens, moi dans mon pays super, on vit bien, et tout va bien". Non.

    Oui, ça, on peut le dire avec des petits dessins comme ça. Avec des images, avec…

    C'est le minimum de traits, avec le minimum de mots, qui nous amènent à un maximum de réflexion. En tout cas pour moi. Après chacun il fait ce qu'il veut.

    Oui.

    Il peut y trouver ce qu’il a envie d’y trouver selon sa vie ou pas. Dans tous les cas, c’est parce que ces trucs, je les fais pour moi quoi. Aujourd’hui, je les publie parce que je les ai montrés à ma femme, elle m'a dit c’est super. Elle m'a dit : "Tiens, j'ai une copine qui fait ça, c’est notre amie". Eh bien OK, elle a trouvé ça super, elle a présenté à Flammarion, ils ont trouvé ça super et puis…

    Finalement, il y a beaucoup de poésie dans ces petits dessins, des simplicités finalement qui disent des choses bien grandes, mais…

    Je vis avec tout ça, c'est ma vie quoi, tout ça.

    Besoin comme ça, de dessiner, ne pas garder comme ça, un besoin de…

    Des fois on me voit, il y a des gens qui ont des regards ça, bon ils sont rares aujourd’hui. Parce que comme je disais ils sont plutôt comme ça. Mais, et puis moi ça m’arrive aussi quoi. Je suis dans un train je regarde le paysage, ça m'inspire quoi. Voilà c’est… Je trouve qu'il n'y a rien de plus inspirant qu'un voyage. C’est pour ça que je trouve des… Je ne comprends pas, mais… Et puis, on peut en arriver à regarder comme ça, et puis justement ça nous inspire. On part dans un truc, c'est la pensée positive quoi. Et c'est beau quoi. C’est un beau voyage quoi. C’est un voyage excitant quoi, c'est une sensation de bien-être quoi. Et puis, on finit et on a l'impression d'avoir fait quelque chose pour quelque chose quoi. Parce que ça va nous mener vers autre chose. Et on est là, on est dans un truc de réflexions continuelles quoi.

    Oui, de rêve.

    De rêve aussi quoi.

    Le mot rêve, il y est dans ce livre.

    Oui.

    C’est que, c’est un tel besoin de rêver dans un monde comme ça, terre-à-terre avec… Oui.

    Oui, il y a un dessin qui dit "rêve de plaisanteries", puis devant le rêve il y a une croix, qui pourrait nous mener à une trêve de plaisanterie quoi. Voilà, et puis de la religion, est-ce une plaisanterie, ou est-ce qu'on rêve de plaisanterie, ou est-ce qu’on doit pouvoir rire de tout. Oui, on doit pouvoir rire de tout.

    Oui, il y a une phrase aussi au tout début qui dit : "je suis, donc je panse". P. A. N. S. E.

    Oui.

    Ça veut dire qu’on doit aider finalement. Soigner les autres.

    Oui. Je suis donc je panse, on peut le décliner à plein de trucs. Je pense donc je m'essuie. Dans les toilettes par exemple.

    Mais, Éric, vous avez toujours été iconoclaste dans le foot. On vous a toujours dit… Vous avez votre personnalité, et qu'au fond, cette liberté de ton décalé.

    Mais la liberté, ça naît de ça justement. Pour avoir le sentiment de liberté, il faut vivre dans une cage quoi, voilà. Donc, c'est justement parce qu’on peut avoir tendance justement à être dans le contrôle permanent, qu’on a besoin de tout ça pour pouvoir s’exprimer, et avoir ce sentiment de liberté. C’est pour ça que j’ai dit que c’est un sentiment hyper agréable.

    On était vraiment ravis Éric de vous recevoir aujourd’hui.

    Merci beaucoup.

    Voir plusmoins
    00:08:26
    Tous publics
    Tous publics