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  • L'invité

    Amanda Lear

    Invitée : Amanda Lear, animatrice, chanteuse et actrice française.

    Animatrice, chanteuse, actrice, Amanda Lear sort « Délires », un livre dans lequel elle joue avec ses souvenirs et son image.

    Présentation : Patrick Simonin.

    Transcription

    Bonjour, Amanda Lear. Bonjour. "Je déteste la modération, vive l'exagération", c'est l'une des citations de ce bouquin, qui s'appelle "Délires", publié au Cherche-Midi. Ça vous ressemble tellement. Mais oui, c'est tellement ennuyeux, la modération. Ohlala, non non ! Je pense que de plus en plus, on va redécouvrir justement l'outrance,  l'exagération ; dans la mode aussi, dans la mode, dans le spectacle, dans la musique, dans les films. Dans tout, oui.

    On ose de plus en plus alors q (...)

    Bonjour, Amanda Lear. Bonjour. "Je déteste la modération, vive l'exagération", c'est l'une des citations de ce bouquin, qui s'appelle "Délires", publié au Cherche-Midi. Ça vous ressemble tellement. Mais oui, c'est tellement ennuyeux, la modération. Ohlala, non non ! Je pense que de plus en plus, on va redécouvrir justement l'outrance,  l'exagération ; dans la mode aussi, dans la mode, dans le spectacle, dans la musique, dans les films. Dans tout, oui.

    On ose de plus en plus alors qu'avant, on était toujours un peu dans la retenue, le correct. Oui. S'il y a une chose que je déteste, c'est le "politiquement correct". Vous dites ça d'ailleurs, vous détestez le "politiquement correct". Ah oui, attendez. Ça vous insupporte, hein ? Mais oui le consensus, il faut tout le temps dire : "C'est bien," tout ça, ne pas vexer les gens. Moi, je dis ce que je pense. Alors évidemment bon,  ça fait rire un petit peu, heureusement. Mais il y a beaucoup de gens qui se vexent, ils disent : "Oh la la quand même, elle exagère Amanda, elle dit ça" ! Eh bien oui, je suis désolé, moi je dis… Il y a beaucoup d'autodérision. Ah, il faut ! Il y a beaucoup de vous. Vous avez vu un jour un magazine qui disait : "Au fond, qui est véritablement Amanda Lear"? Oui. Vous dites : "Moi j'ai toujours cultivé une certaine ambiguïté, qui je suis…" Non mais Amanda Lear, c'est celle que je vois à l'écran, à la télé, ce n'est pas moi. Je voit une artiste qui s'est créée un rôle,  qui joue un rôle en fait, un personnage, mais ce n'est pas moi. Moi, je suis celle qui suis chez moi, avec mes chats, mes oliviers, dans ma cuisine, voilà, c'est tout. En revanche, je pense que tous les artistes sont comme moi : il y a une schizophrénie, vous savez, entre les deux. Oui, oui oui. Il y a un personnage public et puis un personnage privé. Et le personnage public souvent, moi je ne l'aime pas du tout. Je la trouve parfois un peu ridicule, exagérée etc. mais enfin, ça c'est Amanda Lear, voilà. Oui, c'est vous, c'est vous. Mais vous dites aussi : "Il y a eu des rumeurs toute ma vie… Oh là là, mon pauvre ami ! …sur "je cultive mon genre", on va dire, "je n'ai pas choisi de genre", mais vous dites : "Au fond, même si je pose nue… Ah, mais ce n'est pas fini ! Ce n'est pas fini, attendrez Patrick!

    …je pose nue dans Playboy et ça continue quand même la rumeur". Oui, je n'aurais peut-être pas dû poser nue dans Playboy, mais enfin bon, c'était des belles photos, on ne regrette pas. Mais ça me sert beaucoup, vous savez, c'est merveilleux. C'est Oscar Wilde, qui disait : "Qu'on parle en bien, en mal, on s'en fout, pourvu qu'on en parle". Donc plus on parle de moi, plus on vend des disques, plus on vend des livres…et ça c'est important, dans le métier que je fais, c'est très important, à part votre travail, c'est aussi qu'on en parle. Oui. Parce que si on ne parle pas de moi, bon eh bien personne ne s'y intéresse. Donc ça sert beaucoup, de se faire de la pub, bonne, mauvaise, de bon goût, de mauvais goût, on s'en fout. L'essentiel, c'est qu'on parle de vous. Oui, mais cette ambiguïté, vous dites c'est Dali qui vous a dit : "Vas-y, vas-y fonce, parce que ça va faire vendre des disques". Oh mais Dali, vous savez Dali, c'était le roi des publicitaires. Être avec Dali, c'était à aller à l'école, c'est vrai, c'était une école. Je le regardais faire, je disais : "Mais ce n'est pas possible, mais comment il fait, pour réussir à chaque fois de s'imposer, de faire parler de lui etc." ? Et j'ai appris avec Dali évidemment, tout ça : la provoc etc., ça vient de Dali ça. David Bowie aussi, oui.   Ah oui. Parce que vous savez, les bonshommes, ils vous draguent et souvent, ils oublient de vous dire qu'ils sont mariés, on ne s'en aperçoit qu'après. Et donc, ce n'est qu'après avoir passé plusieurs nuits avec David Bowie, qu'il m'a dit : "Mais tu sais, je suis marié". "Ah bon ? Ah, je savais pas". Et donc sa femme m'a appelée un jour, elle m'a dit : "Est-ce que vous pouvez me passer mon mari" ? Et là, je suis tombée des nues, je ne savais pas. Mais on est devenus copines, on est devenues copines.

    Oui oui mais Bowie, vous dites : "Ce n'est pas du tout mon genre". Vous dites : "Moi, j'aimais les guitaristes, avec des longs cheveux et je me suis retrouvée avec un type rouquin comme ça, avec la coiffure de Régine et maquillé". Oui c'est vrai que c'était…non physiquement, ce n'était pas trop…

    Vous dites : "Ça tâchait les draps", vous dites : "Ça tâchait les draps".  Ce n'était pas trop mon idéal de beauté, mais il me fascinait, parce qu'il était tellement créatif, tellement spécial, c'est ça qui me fascinait. Mais physiquement c'est vrai…alors en plus, à l'époque, tous les garçons se maquillaient, tous les groupes de rock, Alice Cooper, Keith tout ça, c'était la grande époque où ils se maquillaient. Et le problème des mecs, c'est qu'ils ne se démaquillent pas. Nous les filles, on se démaquille le soir, on se met une crème et tout ça. Les mecs ne se démaquillent pas. Alors donc ils rentrent, ils vous salopent l'oreiller et c'est très désagréable.

    Oui. Oui, c'est ça. Et vous avez découvert cela, on peut le montrer… Il est tombé amoureux. …c'est la pochette de Roxy Music, de Bryan Ferry, c'est vous là, sur cette pochette.

    Il n'est pas tombé amoureux de moi, voilà, il est tombé amoureux de cette femme, sur la pochette de Roxy Music. Il a dit : "Cette fille, elle est géniale, je veux la rencontrer" ! Mais il n'est pas tombé amoureux de moi, il est tombé amoureux d'une photo. Oui.

    Ah ! Il faut bien réfléchir à ça. Oui, mais vous dites : "Je suis tombée amoureuse de Bryan Ferry", vous avez encore eu une belle histoire, une courte histoire, avec Bryan Ferry. Ah ce n'est pas pareil. Oui parce que Bryan était un garçon - enfin était, il l'est toujours d'ailleurs - était un garçon, qui avait fait les Beaux-Arts comme moi et il adorait la peinture, il adorait les Beaux-Arts. Là, ce n'est pas Bryan Ferry du tout, derrière en photo, on va en parler après. Non là, c'est Brian Jones. Et un jour, je vais chez Bryan Ferry, il avait un grand piano blanc et sur le piano, il y avait une photo encadrée, de Kim Novak. Et comme moi j'adorais Hitchcock, " Sueurs froides" vous savez, "Vertigo" avec Kim Novak, donc on a trouvé ce point en commun et il a dit : "Cette pochette de disque, je veux que vous soyez hitchcockienne. C'est-à-dire une créature de Hitchcock, blonde, un petit peu mystérieuse, avec une panthère en laisse", et ça a démarré comme ça. Oui. Et donc, il a créé ce personnage, très avant-garde. Parce qu'à l'époque, on n'avait pas ce look cuir noir, talons aiguilles etc.. Et David Bowie est tombé amoureux de ce personnage.

    Oui, on a vu un visage tout à l'heure derrière, sur la photo, c'est Brian Jones. Je voudrais qu'on dise quand même…et surtout qu'on écoute, on écoute quelque chose, écoutez ça, Amanda. Miss Amanda Jones, oui, ça c'est "Miss Amanda Jones".

    (langue étrangère)

    Les paroles ne sont pas très sympas. C'est un album qui s'appelait "Between the Buttons", c'étaient les Rolling Stones et la chanson s'appelle "Miss Amanda Jones", c'est vous, Amanda.

    C'étaient les Rollings Stones. Voilà exactement, parce que Brian est venu habiter chez moi pendant quelque temps, il était un paumé. Vous savez, quand il s'est séparé du groupe, ça s'est très mal passé et donc, il était un peu paumé. Vous avez encore eu une relation avec Brian. Eh bien moi à l'époque, vous savez, j'ai été très attirée par tout ce qui était musique. Aujourd'hui, les filles sont attirées par les footballeurs, vous avez remarqué ? Oui. Elles sont toutes amoureuses de footballeurs. Moi à mon époque, c'étaient surtout les guitaristes, voilà. Dès qu'un mec avait des cheveux longs et une guitare, on était… Il n'avait pas les cheveux tellement longs, mais il était oui… Ah, mais on était amoureuses, on trouvait que c'était génial. Et puis il y en avait des beaux, il y avait Led Zeppelin, il y avait Mick Jagger tout ça et c'étaient des beaux garçons. Et donc voilà, on était toutes plus ou moins groupies, amoureuses de tous ces groupes-là, donc j'en ai connu quelques-uns, c'est vrai.

    Oui, donc vous avez eu une relation avec Brian Jones. Une relation avec Brian Jones. Vous dites : "J'étais un peu sa maman, c'est ça qui a fait que ça n'a pas marché". Eh bien tous, vous voyez, ils cherchent…une fille comme moi, qui suis plutôt les pieds sur terre, bien équilibrée et tout, ça doit leur rappeler un peu leur maman, c'est-à-dire ils cherchent à se faire materner, voilà. Comme ils sont un peu paumés, ils ne sont pas capables tout seuls d'organiser leur vie, alors ils ont besoin d'une fille qui soit plus organisée et qui les contrôle un petit peu. Oui, c'est drôle vraiment, Amanda, parce que vous avez une autodérision sur vous dans ce livre, c'est étonnant ! Comment vous aimez vous moquer de vous-même !

    Moi j'accepte qu'on se moque de moi, parce que comme je suis très moqueuse…d'ailleurs dans ce livre, il y a plein de vannes rigolotes etc., parce que je me moque un peu de tout ; mais la règle numéro un, c'est il faut accepter qu'on se moque de moi aussi.

    Mais oui. Ça, c'est la règle numéro un. Oui, vous dites par exemple : "J'ai lu quelque part, on me compare à Brigitte Macron, on dit que j'ai la même tête". C'est vrai, on me dit ça souvent. C'est vrai ça ? Attendez quand même, ce n'est pas parce qu'elle est blonde… Non mais on va comparer, je ne sais pas si on a la photo de Brigitte. Est-ce que vraiment, vous ressemblez à Brigitte Macron ?

    Moi personnellement, je ne trouve pas. Mais c'est vrai que peut-être de loin, blonde, avec une grande bouche, un petit nez peut-être, je ne sais pas. Mais enfin Brigitte n'a pas ma taille, elle est beaucoup plus petite, elle est toujours très bronzée, moi je suis plutôt…je ne me mets pas au soleil, donc moi je ne trouve pas. Mais enfin bon, pourquoi pas ? Je préfère ressembler à Brigitte Macron que ressembler à… À Tante Yvonne. …à Yvonne de Gaulle, voilà.

    C'est ça que vous dites dans le livre. Alors vraiment là, on vous a sauvée. Mais vraiment, votre vie est incroyable, Amanda, tellement de rencontres, tellement de rires. Eh bien, j'espère que ce n'est pas fini, vous savez. Oui. Moi de toute façon, je crois beaucoup au destin. Tout ça est écrit là-haut, quelque part, donc je ne force rien, je laisse faire, je me dis que peut-être en sortant là aujourd'hui de votre studio, je vais croiser Woody Allen, là en bas de l'escalier, on ne sait pas.

    Amanda Lear était notre invitée aujourd'hui, ça s'appelle "Délires", vous avez tous compris, c'est publié au Cherche-Midi. Ça vous fera rire, c'est surtout un bouquin pour les fêtes. Ça fait rigoler, il y a toutes ces vannes idiotes que j'ai dites. C'est plein, on peut prendre une page au hasard. Oui, à chaque page, il y a une vanne, que j'ai écrite, grande comme ça. Oui. "Parler avec les morts, c'est un peu comme discuter avec un journaliste people". Eh oui hélas. Vous savez bien ce que c'est. Et puis je dis aussi : "Mon secret de beauté, c'est de m'asseoir à côté d'une moche".

    Merci beaucoup. Amanda Lear était avec nous aujourd'hui, merci Amanda.

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    00:08:27
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